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{mooblock=Quel niveau de matériel sur pied
pour renouveler le douglas en futaie jardinée ? [1208]}

La possibilité de régénérer une essence comme le douglas, considéré comme héliophile tolérant un léger ombrage, dans des forêts à structure complexe, a souvent été discuté de manière controversée. Traditionnellement, seules des essences tolérantes à l’ombrage ont été favorisées dans les futaies jardinées. On peut considérer que le renouvellement du douglas dans ce type de forêt à structure complexe est acquis à partir du moment où les semis sont capables de survivre dans les conditions ombragées du sous-bois et assurent une continuité démographique à long terme. Cette continuité peut être jugée comme acceptée à partir du moment où tous les stades de développement sont représentés dans des proportions adéquates au sein du peuplement.

Pour déterminer si le douglas est capable ou non de se régénérer dans des futaies à structure complexe, des chercheurs ont étudié la dynamique de recrutement des semis au sein d’un peuplement situé au Pays de Galles. Les stades de développement de la régénération ont été décrits au travers du nombre de tiges par classe de diamètre. La croissance en diamètre, la compétition, mais aussi la mortalité naturelle ou encore les prélèvements ont également été pris en compte par classe de diamètre. À partir de ces données, un niveau d’équilibre démographique a pu être déterminé pour le peuplement étudié.

Il ressort que, pour le peuplement concerné, le douglas peut se développer de manière durable au sein d’une forêt à structure complexe avec une surface terrière de 27,4 m2/ha, ce qui correspond à un volume de 342 m3/ha. Ces recommandations permettent un éclairement idéal pour un recrutement suffisant de semis. Ces résultats montrent qu’il n’est pas nécessaire de créer de très grandes trouées, de l’ordre de l’hectare, pour régénérer le douglas. L’ouverture de relativement petites trouées au sein du peuplement, par l’abattage de gros bois, permet d’apporter une lumière plus favorable au développement des semis. Le niveau de matériel sur pied considéré comme optimal pour le renouvellement du douglas est inférieur à celui préconisé pour l’épicéa. Cependant, l’accroissement annuel en volume correspondant (15 m3/ha/an) reste bien supérieur pour le douglas par rapport à celui de l’épicéa.

Cette étude montre que la futaie jardinée de douglas n’est donc pas seulement possible, mais elle est aussi très attrayante si l’on considère sa bonne productivité et la large amplitude écologique de l’essence, notamment en regard du changement climatique. [S.P.]

Schütz J.P., Pommerening A. [2013]. Can Douglas fir (Pseudotsuga menziesii (Mirb.) Franco) sustainably grow in complex forest structures ? Forest Ecology and Management 303 : 175-183 (9 p., 9 fig., 5 tab., 48 réf.)

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{mooblock=Les sols engorgés et la croissance radiale du chêne et du hêtre [1209]}

Les scénarios de changement climatique prévoient, entre autres, des hivers plus humides en Europe Centrale. Ce phénomène pourrait entraîner des sols engorgés au printemps, provoquant un stress plus important pour les arbres se situant sur des sols hydromorphes. L’influence des sols engorgés sur la croissance du hêtre et du chêne a été étudiée de manière intensive sur des semis, en milieu expérimental. Reste à savoir si les résultats de ces études peuvent être extrapolés aux arbres matures en conditions de croissance naturelle.

Dans ce contexte, une étude réalisée dans le nord-est de l’Allemagne a analysé la croissance en relation avec le climat de quatre peuplements de hêtre et chêne, par le biais des méthodes dendro-chronologiques.

Les résultats ont confirmé la tolérance attendue du chêne par rapport aux fortes variations du niveau d’eau. Contrairement aux attentes, le hêtre montre relativement peu de sensibilité aux périodes de haute saturation en eau. Ce sont plutôt les sécheresses estivales qui s’avèrent être le facteur principal qui influence la largeur des cernes du hêtre, même sous les conditions spécifiques d’humidité périodique. Cette tendance se confirme avec les tendances générales au cours du siècle dernier, à savoir que les sécheresses estivales sont significativement corrélées aux problèmes de croissance. Les différences remarquées entre les croissances des deux essences de l’étude s’expliquent par la différence de profondeur d’enracinement.

Les auteurs concluent en indiquant qu’en vue des changements climatiques, le hêtre pourrait souffrir du stress provoqué par les sécheresses de plus en plus fréquentes, même sur les sols hydromorphes. Le chêne parviendra peut-être à maintenir une hydratation suffisante durant les sécheresses estivales en atteignant l’eau des couches plus profondes avec son système racinaire. Les sols engorgés au printemps et même en été n’ont donc qu’une faible influence sur la croissance radiale des deux espèces. [C.S.]

Scharnweber T., Manthey M., Wilmking M. [2013]. Differential radial growth patterns between beech (Fagus sylvatica L.) and oak (Quercus robur L.) on periodically waterlogged soils. Tree Physiology 33 : 425-437 [(13 p., 6 fig., 1 tab., 96 réf.).

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{mooblock=Des études génétiques sur le pin sylvestre en Écosse [1210]}

Dans les Highlands de l’Écosse, le pin sylvestre se situe à l’extrême nord-ouest de son aire naturelle. Les populations locales qui restent sont inégalement distribuées dans des conditions très variables, allant des milieux continentaux plus secs de l’Est de la péninsule, jusqu’à la côte ouest, plus humide. Ces pinèdes étant les vestiges de forêts naturelles, elles constituent une source de matériel précieuse pour des analyses génétiques, en particulier concernant les variations génétiques dues à l’adaptation aux milieux différents.

Cette étude a analysé les variations génétiques intra et inter-population grâce à des échantillons prélevés à travers les différentes populations écossaises.

Les analyses démontrent avant tout une diversité intra-population très élevée. Par contre, entre les populations plus continentales, de moindres différenciations génétiques ont été relevées, même pour les populations très éloignées les unes des autres. Dans l’ensemble, aucun regroupement clair ne se dégage des échantillons prélevés, suggérant que les populations éloignées et faisant l’objet d’une grande diversité génétique intra-population ne sont pas fortement isolées ou différenciées les unes des autres.

Un des mitotypes (type de l'ADN mitochondrial) présent dans les populations de pin sylvestre de l’est et du nord-est de l’Europe continentale est absent dans les échantillons de populations écossaises, indiquant que ces populations continentales n’auraient pas participé à la colonisation la plus récente des Îles britanniques. [C.S.]

Wachowiak W., Iason G.R., Cavers S. [2013]. Among population differentiation at nuclear genes in native Scots pine (Pinus sylvestris L.) in Scotland. Flora 208 : 79-86 (8 p., 2 fig., 3 tab., 57 réf.).

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{mooblock=Les dépôts illégaux de déchets verts en forêt
favorisent l’expansion des invasives [1211]}

En Suisse, sur les 3 000 plantes recensées, on compte actuellement 350 néophytes, dont vingt-trois sont considérées comme invasives.

C’est dans ce contexte qu’une étude a été effectuée, à Bâle, sur l’impact des dépôts illégaux de déchets verts sur le cortège floristique en forêts périurbaines ou parcs boisés. Il s’agit des déchets de jardins, de compost ou de tailles et coupes d’arbustes. Ainsi, vingt sites connus pour servir régulièrement de décharges sauvages, situés à proximité de routes forestières ou de parking des parcs, ont fait l’objet d’une évaluation du volume de ces déchets et du nombre de plantes néophytes présentes dans ces zones. Dans chaque cas, une placette éloignée de 100 à 200 m servait de surface témoin.

En ce qui concerne les volumes de détritus verts, ils varient entre 0,1 et 12,5 m3, les plus grandes quantités de déchets étant déposées en été et en automne. Sur l’année, le volume cumulé moyen atteint les 17,8 m3.

Ces importantes quantités de déchets, dits naturels, abandonnées en décharges illégales ont des conséquences graves puisqu’elles entraînent une modification du cortège floristique. En effet, l’étude a prouvé que 37 des 163 espèces végétales inventoriées, soit 22,7 %, étaient des néophytes, mais seulement trois de ces espèces néophytes ont été trouvées dans les placettes témoins. Dans les décharges, le nombre moyen de néophytes était de cinq contre seulement 0,2 pour les surfaces témoin. Cependant, le nombre des espèces forestières indigènes n’était pas diminué au sein des zones de décharge.

La néophyte la plus fréquente était l’impatiente glanduleuse. D’autres, comme le laurier-cerise, divers bambous et le seringat pubescent sont également des néophytes qui ont été souvent inventoriées.

Les conséquences économiques sont également lourdes. La région de Bâle produit annuellement entre 12 800 et 14 000 tonnes de déchets végétaux et entre 190 et 350 tonnes sont déposées illégalement en forêt chaque année. Les coûts pour l’enlèvement de cette quantité par les services municipaux représenteraient un total allant de 34 000 € à 57 000 €, soit 30 à 55 centimes par ménage privé par an.

Pourtant, bien qu’une grande partie de la population soit d’accord pour payer l’enlèvement de leurs ordures ménagères, ce n’est pas le cas pour leurs déchets de jardins. Voilà qui souligne l’importance d’apporter à la population une information adaptée et facilement compréhensible sur la problématique des espèces néophytes. [A.D.]

Rusterholz H.-P., Baur B. [2013]. Des intruses profitent des dépôts illégaux. La Forêt : 7-9 (3 p., 4 fig., 8 réf.).

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{mooblock=Révision de la circulaire sur les plantes invasives en Wallonie [1212]}

Le Gouvernement wallon a revu la semaine dernière sa circulaire sur les plantes invasives. Deux listes d’espèces ont été mises à jour. La première interdit le recours à ces espèces pour toute plantation commandée par le Service public de Wallonie. L’interdiction s’étend aux projets ou travaux subsidiés par le SPW. La seconde liste exclut ses espèces de certains sites domaniaux bénéficiant d’un statut de protection ou de grand intérêt biologique ou encore à proximité des cours d’eau. Le remaniement des listes s’est fait en adéquation avec les mesures reprises dans le Code de conduite belge sur les plantes ornementales invasives qui vient d’être élaboré avec le secteur horticole. [C.H.]

Liste des plantes invasives dont l’usage est interdit :
• Faux-vernis du Japon
• Aster lancéolé
• Aster à feuilles de saule
• Baccharide
• Bident à fruits noirs
• Crassule des étangs
• Souchet vigoureux
• Fraisier des Indes
• Égéria
• Renouée du Japon
• Renouée de Sakhaline
• Renouée de Bohème
• Berce du Caucase
• Jacinthe d’Espagne
• Hydrocotyle fausse-renoncule
• Balsamine de l’Himalaya
• Balsamine à petites fleurs
• Élodée à feuilles alternes
• Jussie à grandes fleurs
• Jussie rampante
• Mimule tacheté
• Myriophylle du Brésil
• Myriophylle hétérophylle
• Renouée à nombreux épis
• Cerisier tardif
• Séneçon sud-africain
• Solidage du Canada
• Solidage glabre

Liste des plantes invasives dont l’introduction est interdite dans et à proximité des sites protégés et de grande valeur biologique et à proximité des cours d’eau :
• Érable negundo
• Érable jaspé de gris
• Amélanchier d’Amérique
• Aster de Virginie
• Azolla
• Arbre aux papillons
• Cornouiller soyeux
• Cotonéaster horizontal
• Olivier de Bohème
• Élodée du Canada
• Élodée de Nuttall
• Frêne rouge
• Topinambour
• Lentille d’eau minuscule
• Lupin vivace
• Faux-arum
• Mahonia faux-houx
• Vigne vierge commune
• Vigne vierge à cinq folioles
• Laurier cerise
• Rhododendron
• Sumac de Virginie
• Rosier rugueux
• Rudbéckie laciniée
• Spirée blanche
• Spirée de Douglas
• Spirée de Billard

Communiqué de presse du Ministre Carlo Di Antonio, 30 mai 2013.

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{mooblock=Les producteurs de bois européens
concernés par la lutte contre le bois illégal [1213]}

FLEGT est un paquet législatif mis en place par l’Union européenne en 2003 et qui vise à éradiquer le trafic du bois illégal. Il est basé sur une série de règlements forestiers et commerciaux censés empêcher le commerce de bois douteux à l’intérieur des frontières de l’UE. Deux volets le composent donc : sécuriser les approvisionnement des pays producteurs non européens et bloquer le commerce illicite au sein de l’UE.

Le principe est que le premier metteur en marché doit pouvoir prouver la légalité du produit (bois ronds, sciage ou papier). Pour cela, il doit mener une analyse de risque raisonné qui demande une connaissance assez poussée du commerce du bois international. Heureusement les pays européens commencent à mettre en place des outils afin d’aider les entreprises dans cette démarche (voir notamment legal-timber.info).

Mais les pays non européens ne sont pas les seuls concernés. Une bonne part de bois illégal provient notamment de Biélorussie, d’Ukraine ou de certains pays des Balkans et transite par des pays membres de l’UE. À ce titre, les producteurs et exploitants forestiers européens sont donc concernés par FLEGT et sont dans l’obligation de produire des documents prouvant que le bois est légal. Comment ? Les initiatives commencent également à fleurir chez les États membres. En France, par exemple, il est prévu d’ajouter une annexe aux contrats de vente qui répondrait aux exigences de FLEGT.

D’après le vice-président de la Fédération belge des importateurs de bois, si, « dans l’esprit, c’est une excellente initiative, dans les faits, son application est au point mort » et de pronostiquer une arrivée des premiers certificats FLEGT au mieux à partir de 2015. [C.H.]

Wood R. [2013]. L’Europe en guerre contre le trafic du bois illégal. Le Journal de la Mécanisation Forestière 132 : 46-48 (3 p., 1 tab.).

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{mooblock=La Chevêchette d’Europe est présente en Wallonie :
récit des premières observations [1214]}

Durant le mois de février 2012, un mâle de Chevêchette d’Europe a pu être observé en Wallonie, à quelques kilomètres de la frontière allemande. L’oiseau, repéré grâce à ses vocalises, était présent au sein d’un massif résineux. Les forêts de conifères constituent le biotope de prédilection de cette espèce, réputée absente en Belgique.

Outre l’observation de ce mâle chanteur, deux autres individus ont été découverts et les observateurs ont également eu la chance de pouvoir suivre les prémices d’une tentative de nidification. En effet, deux individus ont été observés durant le mois d’avril 2012. Ils se tenaient à proximité d’une cavité située dans une chandelle de hêtre comportant plusieurs trous de Pic épeiche. Malheureusement, quelques jours plus tard, des plumes de Chevêchette d’Europe jonchant le sol ont été découvertes. Leur examen semblait montré qu’elles avaient été arrachées, probablement suite à l’attaque d’un autre rapace. La reprise du chant par le mâle durant les jours qui ont suivi a alors laissé penser qu’il était de nouveau célibataire et à la recherche d’une nouvelle partenaire.

Au cours de l’automne 2012, un mâle et une femelle ont été vus en train de visiter une cavité. Il est toutefois impossible de savoir s’il s’agissait d’une nouvelle femelle ou de celle ayant survécu à l’attaque.

L’origine des oiseaux ne peut être connue avec certitude. Les populations les plus proches sont situées dans le Nord des Vosges, en Rhénanie-Palatinat et en Westphalie.

La présence de plusieurs individus de Chevêchette d’Europe en Wallonie au sein du même massif forestier et leur comportement nuptial constitue un événement important pour les ornithologues belges. Le maintien d’arbres à cavités et d’arbres morts ou dépérissants ainsi que le vieillissement progressif des peuplements résineux engendre sans conteste une augmentation de la capacité d’accueil de nos forêts. Par ailleurs, le DNF a pris des mesures exceptionnelles concernant la circulation en forêt afin de garantir la tranquillité des oiseaux. [S.P.]

Sorbi S. [2013]. Découverte de la Chevêchette d’Europe (Glaucidium passerinum) en Belgique et suivi d’une tentative de nidification. Aves 50 : 2-8 (7 p., 9 réf.)

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{mooblock=Constats et chiffres clefs du changement climatique
par l’Organisation Météorologique Mondiale [1215]}

Selon les estimations de l’OMM, la moyenne mondiale de la température a augmenté de + 0,6 °C dans le courant du XXe siècle. La décennie 2001-2010 est la plus chaude constatée depuis le début des mesures de températures, il y a plus de 160 ans. La température moyenne à la surface du globe pour cette décennie présente une anomalie estimée à + 0,47 °C. C’est en Europe et en Asie que l’écart par rapport à la normale est le plus marqué, puisqu’il se trouve à + 0,97 °C.

Les conséquences de ce réchauffement sont de plus en plus visibles, comme en témoigne l’évolution de la banquise de l’Arctique. Jusqu’aux années ‘60, la banquise s’étendait sur 7 à 9 millions de kilomètres carrés à la fin de l’été. En 2012, le minimum saisonnier de l’étendue de la couverture neigeuse a été battu le 16 septembre, avec une surface s’étalant sur seulement 3,3 millions de kilomètres carrés, soit une diminution de 49 % de la surface.

Dans le même temps, le niveau de la mer augmente partout dans le monde. Les couches supérieures des océans se dilatent à mesure qu’elles se réchauffent, tandis que l’eau des glaciers et des calottes glaciaires vient s’ajouter au volume d’eau de mer. De ce fait, le rythme d’augmentation du niveau moyen de la mer entre 2001 et 2010 a été de 3,2 mm par an, soit deux fois plus que la moyenne constatée pour le XXe siècle (1,6 mm par an).

Au cours des dix dernières années, la climatologie est devenue une science suffisamment solide pour donner des chiffres crédibles et ainsi proposer aux gouvernements et organisations concernées des outils qui leur permettent de gérer les risques et d’exploiter les opportunités liées au climat. [A.D.]

Organisation Météorologique Mondiale [2013]. Changement climatique : constat et chiffres clefs. Note d’information de l’OMM (11 p., 1 fig., 4 tab., 25 réf.).

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{mooblock=Du jus d’oignons pour piéger les vers de terre [1216]}

Dans le sud du Brésil, des chercheurs ont testé des alternatives au piégeage des vers de terre. Dans le cadre de recherches scientifiques, la solution d’extraction utilisée le plus couramment est le formaldehyde (0,5 %). Cette solution standardisée pose toutefois question au vu de ses propriétés toxiques et cancérigènes, et au risque liés à la santé humaine et à l’environnement.

Les chercheurs proposent donc une solution bon marché et non toxique : le jus d’oignons (Allium cepa L.). Testé jusqu’à présent dans deux types de sol au sud du Brésil, la concentration la plus efficace semble être 175 g d’extrait d’oignons pour 1 litre d’eau.

Il reste à présent à confirmer les résultats dans d’autres sols, climats et conditions de végétation. [C.H.]

Pauli Kist Steffen p., Antoniolli Z.I., Bemfica Steffen R., Josemar Seminoti Jacques R., Leandro dos Santos M. [2013]. Earthworm extraction with onion solution. Applied Soil Ecology 69 : 28-31 (4 p., 3 fig., 33 réf.).

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{mooblock=Mais quel est donc ce vers de terre ? [1217]}

Toujours à propos des vers de terre, plusieurs scientifiques plaident pour un système de reconnaissance des espèces grâce à un court fragment d’ADN. 3 600 espèces de vers de terre sont aujourd’hui identifiées et on estime leur nombre à au moins deux fois plus. Leur identification est particulièrement difficile au vu du peu de caractères morphologiques qui les distinguent et à leur grande variabilité phénotypique.

L’idée serait donc d’utiliser un petit fragment d’ADN pour les différencier immédiatement. Le problème de l’identification des juvéniles serait ainsi également levé. Les analyses préliminaires sont assez prometteuses notamment en ce qui concerne les études sur la biodiversité à large échelle.

En fait, ce programme s’inscrit dans celui plus large de iBOL, « International Barcode of Life » (ibol.org), qui a pour ambition de rassembler une foule d’informations sur les espèces, disponibles immédiatement grâce à l’ADN de celles-ci. [C.H.]

Decaëns T., Porco D., Rougerie R.,Brown G.G., James S.W. [2013]. Potential of DNA barcoding for earthworm research in taxonomy and ecology. Applied Soil Ecology 65 : 35-42 (8 p., 4 fig., 88 réf.).

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Télécharger le forêt-MAIL 98 en version pdf

{mooblock=Le mélange d’essences pour augmenter la rentabilité
et la stabilité des peuplements d’épicéa [1198]}

À l’heure actuelle, les peuplements d’épicéa sont généralement monospécifiques. Une des raisons qui pousse à ce genre de sylviculture exclusive vient du fait qu’il est souvent admis que la rentabilité y est plus élevée.

Cependant, au cours des dernières décennies, la sylviculture de l’épicéa a été quelque peu remise en question. Notamment, en raison de son manque de capacité d’adaptation lors d’événements climatiques extrêmes. Dans ce contexte, le mélange d’essences semble être une solution de choix afin de maintenir une productivité élevée tout en augmentant la résilience des peuplements. Malheureusement, les études économiques concernant le mélange d’essences n’en sont qu’à leurs débuts et les effets écologiques sont encore rarement pris en compte.

Des études récentes ont pourtant montré le bien-fondé du mélange sur la productivité des peuplements d’épicéa. Ainsi, accompagné de hêtre, les épicéas peuvent augmenter leur production en volume de 15 % selon les conditions stationnelles. Leur survie est également améliorée grâce à une résistance accrue aux chablis et aux attaques de pathogènes.

Dans ce contexte, des chercheurs allemands ont comparé la rentabilité de six types de peuplements différents :

  • peuplement pur d’épicéa ;
  • peuplement pur de hêtre ;
  • peuplement mélangé avec 93 % de tiges d’épicéa et 7 % de hêtre répartis en petits groupes ;
  • peuplement mélangé avec 49 % de tiges d’épicéa et 51 % de hêtre répartis en petits groupes ;
  • peuplement mélangé avec 93 % de tiges d’épicéa et 7 % de hêtre répartis en groupes importants ;
  • peuplement mélangé avec 49 % de tiges d’épicéa et 51 % de hêtre répartis en groupes importants.

Il en ressort que les peuplements comportant 7 % de tiges de hêtre ont une valeur actuelle nette supérieure de 8 % aux peuplements purs d’épicéa, alors que le risque (représenté par la déviation standard de la valeur actuelle nette), est inférieur de 18 %. Les peuplements avec 51 % de hêtre voient leur valeur actuelle nette diminuer de 23 % par rapport à un peuplement pur d’épicéa, mais leur risque est réduit de 55 %. Dans la plupart des cas, le mélange d’essences par petits groupes offre une meilleure rentabilité et un risque amoindri.

L’hypothèse provenant d’études plus traditionnelles, ne prenant pas ou peu en compte les aspects écologiques, est ainsi remise en question. Plus particulièrement, cette étude montre que l’introduction d’une faible proportion de hêtre au sein des peuplements d’épicéa procure des bénéfices substantiels en termes économique et écologique. [S.P.]

Griess V. C., Knoke T. [2013]. Bioeconomic modelling of mixed Norway spruce-European beech stands : economic consequences of considering ecological effects. European Journal of Forest Research 132 : 511-522 (12 p., 5 fig., 4 tab., 59 réf.).

{/mooblock}

{mooblock=La végétation accompagnatrice favorise
la croissance des jeunes chênes [1199]}

La présence d’une plante peut faciliter directement ou indirectement le développement d’autres espèces végétales. Par exemple, de manière directe, la présence d’une espèce végétale peut amener une augmentation de la disponibilité de ressources ou modifier favorablement le microclimat. De manière indirecte, la présence de deux espèces de plante, luttant pour s’approprier une ressource limitée peut favoriser le développement d’une troisième.

Partant de ce constat, des chercheurs suédois se sont demandé si la présence de végétation accompagnatrice ligneuse pouvait faciliter le développement des plants de chêne pédonculé en éliminant la compétition herbacée. Ils ont maintenu leur expérience pendant trois années afin de mesurer l’évolution des effets de compétition et éventuellement de facilitation de la croissance des chênes. Pour ce faire, quatre modalités de compétition différentes ont été mises en place :

  • pas de végétation concurrente ;
  • compétition herbacée ;
  • compétition de végétation ligneuse ;
  • compétition de végétation ligneuse et herbacée.

Après trois années de suivi, l’expérience montre que la végétation concurrente aussi bien herbacée que ligneuse réduit le diamètre des plants de chêne ainsi que leur biomasse par rapport à une situation sans aucune concurrence. Cependant, la présence de l’une ou l’autre de ces végétations provoque une différenciation de l’allocation de biomasse. En effet, les plants soumis à la compétition ligneuse allouent plus d’énergie à la croissance en hauteur de leur tige. En revanche, ceux subissant la compétition herbacée investissent plutôt dans le développement de leur système racinaire.

La présence des deux types de végétation concurrente réduit le développement aérien des herbacées, ce qui permet un meilleur développement des chênes durant les deux premières années. Ensuite, au cours de la troisième année, la compétition de la végétation ligneuse a un impact négatif sur la croissance des plants. L’absence totale de concurrence permet le meilleur développement des chênes. Cependant, il n’est pas envisageable de pratiquer des dégagements complets en forêt. En raison de la relativement courte période durant laquelle les effets de la végétation ligneuse sont positifs, les auteurs recommandent de mener des investigations plus poussées avant d’appliquer les résultats de cette étude sur le terrain. [S.P.]

Jensen A.M., Löf M., Witzell J. [2012]. Effects of competition and indirect facilitation by shrubs on Quercus robur saplings. Plant Ecology 213 : 535-543 (9 p., 3 fig., 1 tab., 40 réf.).

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{mooblock=Exploitation de gros bois au-dessus d’îlots de régénération [1200]}

Le cantonnement de Bullange a participé à l’élaboration d’un petit film, d’une durée de 3’15’’, montrant les méthodes à suivre pour exploiter les gros bois en présence de régénération. L’exploitation a lieu dans un peuplement d’épicéa de 81 ans, avec un volume moyen de 2,1 m3 de bois fort par arbre abattu. Ce support vidéo est un moyen efficace de mettre des images concrètes sur des recommandations théoriques.

On y voit en premier lieu le gestionnaire délimiter à la peinture les layons de débardage, d’une largeur de 5 mètres et distants de 40 mètres. En utilisant ces seuls accès, l’abatteuse et la débardeuse concentrent les tassements sur ces layons et préservent ainsi le reste du peuplement.

Les arbres à couper, de plus de 30 mètres de hauteur, sont abattus manuellement en direction des layons, ce qui aura pour effet de faciliter la sortie des bois, tout en préservant les îlots de régénération naturelle d’une largeur d’environ 7 mètres.

L’ébranchage se fait ensuite sur les layons, à l’aide d’une abatteuse, et les rémanents disposés au sol permettrons de limiter les tassements et les créations d’ornières dans les cloisonnements. Il est fortement conseillé d’utiliser des machines munies de tracks, chenilles montées sur pneus, pour diminuer les risques de tassement.

La vidange des grumes, du bord des layons jusqu’à l’air de dépôt, est réalisée par la débardeuse. Il est utile de commencer la vidange tant que l’abatteuse est encore sur place, afin de permettre une coopération ou une entraide si besoin. Cela a surtout l’avantage de faciliter la manipulation des gros bois et donc de préserver la régénération.

Au final, cette vidéo est l’exemple d’une exploitation délicate, mais possible, et surtout respectueuse des sols et de la régénération. [A.D.]

Voir la vidéo

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{mooblock=Conséquence du prélèvement des rémanents d’exploitation
sur l’accroissement des peuplements de pin et d’épicéa [1201]}

L’intérêt des bioénergies ne cesse d’augmenter ces dernières années, du fait de leur caractère renouvelable. En Norvège, le gouvernement souhaite doubler l’utilisation des bioénergies d’ici 2020, la plupart de cette augmentation provenant de la biomasse forestière.

Une étude a été réalisée en Norvège, depuis 1972, afin de quantifier les effets de l’exploitation des arbres en entier, où l’arbre est sorti sans être ébranché ou façonné, sur la productivité de la station et l’accroissement des arbres restants.

L’étude s’est portée sur huit sites où les peuplements étaient jeunes et n’avaient jamais été éclaircis. Quatre étaient composés de peuplements purs de pin sylvestre en station pauvre (4,5 à 7,5 m3/ha/an) et quatre autres en peuplements purs d’épicéa commun sur station plus riche (9 à 13 m3/ha/an). Dans chacun de ces sites, les deux modalités d’éclaircies ont eu lieu (exploitation des arbres en entier et exploitation avec ébranchage et façonnage sur la coupe). Les peuplements comparés avaient le même stade, les mêmes caractéristiques dendrométriques et subissaient les mêmes intensités d’éclaircie.

Après 20 ans de suivi pour les pins et 25 ans pour les épicéas, les résultats sont plus significatifs pour ces dernier. En effet, pour le pin la croissance en volume a diminué seulement de moins de 5 % pour les peuplements ayant subi l’exploitation des arbres en entier par rapport à ceux ayant subi des éclaircies traditionnelles. En revanche, les résultats pour l’épicéa sont plus démonstratifs. La croissance en volume a diminué de 15 % pour les peuplements dont les rémanents n’étaient pas laissés sur le parterre de la coupe par rapport aux peuplements éclaircis traditionnellement. [A.D.]

Tveite B., Hanssen K.H. [2013]. Whole-tree thinnings in stands of Scots pine (Pinus sylvestris) and Norway spruce (Picea abies) : Short and long term growth results. Forest Ecology and Management 298 : 52-61 (10 p., 8 tab., 50 réf.).

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{mooblock=La sécheresse réduit la biomasse et la conductivité hydraulique
des aiguilles et des racines d’épicéa [1202]}

La vulnérabilité des arbres à la sécheresse est un risque majeur dans le contexte des changements climatiques. Pour mieux la comprendre, des chercheurs norvégiens et tchèques ont soumis de jeunes épicéas de 5 ans à onze semaines de sécheresse en laboratoire.

Leurs observations ont notamment porté sur la structure des trachéides et la croissance racinaire et aérienne.

Au niveau du houppier, les aiguilles présentent une biomasse moindre et les rameaux ont moins de trachéides que les plants non asséchés.

Mais c’est au niveau des racines que l’effet se fait le plus sentir. Les tissus racinaires sont plus touchés que les aériens. Pour les racines fines (moins de 2 mm de diamètre) la sécheresse réduit la biomasse, le diamètre, la longueur et la surface des racines en contact avec le sol. Le diamètre des trachéides et la conductivité hydraulique sont aussi diminués, quelle que soit la taille des racines. [C.H.]

Eldhuset T.D., Nagy N.E., Volařík D.,Børja I., Gebauer R., Yakovlev I.A., Krokene p. [2013]. Drought affects tracheid structure, dehydrin expression, and above- and belowground growth in 5-year-old Norway spruce. Plant and Soil 366 : 305-320 (16 p., 4 fig., 4 tab., 64 réf.).

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{mooblock=Les infestations de scolytes dans les lisières forestières récentes [1203]}

Le scolyte de l’épicéa (Ips typographus) est considéré comme un des ravageurs les plus néfastes de l’épicéa commun. La dispersion et le comportement des scolytes sont des processus complexes et peu compris et donnent lieu à des formes d’infestations bien spécifiques.

Une étude réalisée en Allemagne s’est donnée comme objectif de quantifier l’attrait de différents types de lisières forestières en analysant leur probabilité d’infestation. Plus précisément, l’analyse porte sur la probabilité que les arbres de lisière soient infestés en comparaison avec les arbres à l’intérieur du peuplement mais situés à la même distance d’une source de scolytes.

Des images aériennes couplées à des informations dendrométriques, biologiques (concernant les infestations de scolytes), des coupes sanitaires et des lisières forestières ont été utilisées dans l’analyse. Des méthodes de SIG et d’analyse d’images ont été combinées pour investiguer les probabilités d’infestations dans trois types de lisières, en comparaison avec des arbres situés à l’intérieur du peuplement.

Une nette prédisposition à l’infestation a été démontrée en ce qui concerne les arbres de lisière situés dans les zones ayant fait l’objet de coupes sanitaires, en particulier dans le secteur face au sud. Les lisières proches de zones infestées n’ayant pas fait l’objet d’une coupe sanitaire se sont révélées moins vulnérables aux attaques, tout en restant plus sensibles que les arbres situés à l’intérieur du peuplement.

L’étude définit certaines conditions microclimatiques (appelés « sun-effect ») comme facteurs décisifs facilitant l’infestation dans les lisières récentes de pessières. Ces résultats pourront contribuer à la prise de décision en matière de gestion forestière. [C.S.]

Kautz M., Schopf R., Ohser J. [2013]. The « sun-effect » : microclimatic alterations predispose forest edges to bark beetle infestations. European Journal of Forest Research 132 : 453-465 (13 p., 6 fig., 1 tab., 71 réf.).

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{mooblock=Les plantes ont une conscience… de leur forme [1204]}

Contrairement à ce qui est encore souvent admis, les plantes sont conscientes de la forme qu’elles prennent. À ce titre, elles doivent orienter leur développement en fonction des contraintes qu’elles subissent. Notamment, la gravité et le vent, deux contraintes primordiales à considérer étant donné leur orientation perpendiculaire et très variable en ce qui concerne la deuxième. Dans ce contexte, des chercheurs de l’INRA (en France) ont montré que la forme des plantes ne résulte pas de la seule perception de la gravité, mais aussi de leur propre forme.

Ainsi, les plantes corrigent non seulement leur inclinaison par rapport à la gravité, mais aussi la courbure de leur tige et tentent toujours de la rectifier. Il s’agit d’un phénomène de proprioception, identique à ce qui est observé chez les animaux et qui leur permet d’être conscients de leur forme et de leur mouvement.

Cette découverte, établie sur des organes allant du germe de blé au tronc de peuplier, change l’idée que nous avions de la sensibilité des plantes. Qui plus est, elle promet de grandes améliorations génétiques en matière de verse des cultures et de production de troncs rectilignes. [S.P.]

Communiqué de presse INRA, 5 décembre 2012 (mis à jour le 13 février 2013).

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{mooblock=Équilibre forêt-gibier : outils techniques et légaux [1205]}

L’équilibre sylvo-cynégétique consiste à rendre compatible, d’une part, la présence durable d’une faune sauvage telle que le gibier et, d’autre part, la pérennité et la rentabilité économique des activités sylvicoles, notamment la régénération des peuplements forestiers.

Pour estimer si cet équilibre est atteint, une évaluation des effectifs du gibier est bien sûr à effectuer. Mais l’unique estimation de la densité d’animaux ne renseigne par sur l’adéquation des populations avec la capacité d’accueil des milieux. En effet, pour une quantité donnée d’animaux, la pression peut être plus ou moins forte, en fonction de l’état du massif. L’évolution des populations de gibier doit ainsi être évaluée dans sa globalité, par le suivi de bio-indicateurs : bio-métriques (poids des jeunes animaux, reproduction), variation des effectifs (indice kilométrique, écoute de brames) et impact sur la végétation, qui dépend de son accessibilité pour le gibier.

Il est possible, pour une même densité de gibier, d’accroître la capacité d’accueil du milieu forestier et de permettre ainsi, pour une même population, de causer moins de dégâts aux peuplements. Cet équilibre passe par des mesures sylvicoles améliorantes vis-à-vis de l’accueil de la faune sauvage, telles que :

  • la création de cloisonnements sylvicoles : créant de nouvelles lisières, les cloisonnements augmentent l’offre alimentaire facilement accessible, ne poussant pas les ongulés à chercher les plants forestiers appétents ;
  • éclaircir dynamiquement : en apportant de la lumière, les éclaircies entraînent l’installation d’une flore variée et diverse, renforçant l’offre alimentaire ;
  • favoriser la présence de trouées : en ne replantant pas systématiquement les trouées naturelles (chablis, dépérissements…), le forestier favorise la création de puits de nourriture et de zones refuges ;
  • maintenir du taillis : les jeunes taillis constituent des zones d’alimentation et de refuge ;
  • entretenir les bords de route : la fauche ou le gyrobroyage des bas cotés de voirie permettent d’améliorer sensiblement le milieu pour la faune ;
  • maintenir des prairies en forêt : les prairies permettent de favoriser ou de conserver des herbages naturels en forêt ;
  • répartir dans l’espace les parcelles en régénération : les parcelles isolées en renouvellement constituent des points attractifs pour le gibier, surtout lorsque les secteurs contigus sont peu favorables (peuplement à forte surface terrière avec absence de végétation au sol ou dans le sous-étage) ;
  • maintenir des arbres abîmés : un même arbre pouvant être écorcé à plusieurs reprises, le maintien d’un certain nombre d’arbres abîmés par le cerf peut aider à limiter l’expansion des tâches de dégâts.

D’un autre côté, une fois l’équilibre atteint, le recours à l’engrillagement doit rester exceptionnel. Les protections individuelles peuvent être utilisées parfois pour protéger des essences très sensibles introduites en amélioration de la régénération naturelle existante.

Ces préconisations sont bien sûr à compléter par des plans de chasse adaptés qui peuvent être soutenus par les communes (lorsque celles-ci sont les bailleurs). Plusieurs outils légaux sont à leur disposition à cette fin. La commune peut par exemple décider de louer la chasse à l’amiable ou de procéder à une adjudication. Dans les deux cas, un contrat de location complet doit définir les droits et devoirs des parties prenantes et garantir les aspects techniques et financiers.

En France, une commune peut réaliser la demande du plan de chasse si cela est prévu dans son cahier des charges. Dans ce cas, la commune reçoit le plan de chasse et le notifie au locataire qui est tenu de le respecter. Dans le cas de dépôt par le locataire, il est vivement recommandé de prévoir dans les clauses que le bailleur puisse donner son avis sur la demande de plan de chasse. [A.D.]

Warzée p. [2013]. Équilibre forêt-gibier, regards croisés en forêt transfrontalière. Les infos de RND, 1er trimestre 2013 : 12-19 (8 p.).

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{mooblock=Monitoring des coléoptères : un effort d’échantillonnage
plus poussé est nécessaire [1206]}

L’observation des coléoptères saproxyliques est couramment utilisée pour évaluer la pertinence des mesures de conservation en forêt. Les forestiers et les écologues utilisent traditionnellement des pièges à fenêtres qui interceptent l’insecte en vol. Les auteurs de cette étude ont voulu estimer la différence pouvant apparaître dans la richesse spécifique et la composition en espèce des groupes lorsqu’on augmente l’effort d’échantillonnage.

Ils ont montré qu’en ajoutant des pièges et en allongeant la durée de l’étude, le nombre d’espèces de coléoptères récolté augmentait significativement, que ce soit au niveau de la placette ou de la forêt. Au niveau de la placette, le fait d’ajouter un piège supplémentaire et une année d’étude en plus permet de détecter en moyenne 50 % d’espèces en plus. Pour les espèces rares l’effet est encore plus fort, avec 75 % d’espèces en plus. Au niveau plus global de la forêt, l’effet est moindre, mais reste conséquent, 25 et 31 % respectivement si l’on augmente le nombre de pièges ou d’années.

Cette mise en lumière des différences montre qu’une légère variation dans l’effort d’échantillonnage (ajouter un piège ou une année) affecte profondément les données récoltées et donc l’estimation de la richesse spécifique et la composition en espèce des groupes de coléoptères saproxyliques. [C.H.].

Parmain G., Dufrêne M., Brin A., Bouget C. [2013]. Influence of sampling effort on saproxylic beetle diversity assessment: implications for insect monitoring studies in European temperate forests. Agricultural and Forest Entomology 15 : 135-145 (11 p., 3 fig., 4 tab., 58 réf.).

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{mooblock=Du bois illégal dans le marché européen ? [1207]}

Le commerce de bois illégal est un problème mondial qui aggrave le changement climatique et détruit des habitats forestiers de valeur. Il contribue également à affaiblir la viabilité économique de la gestion durable des forêts en décourageant la gestion respectueuse de la nature. Pour combattre de telles pratiques, un plan européen (FLEGT pour « EU Forest Law Enforcement, Governance and Trade ») qui interdit le commerce de bois exploité illégalement a été adopté en 2003. Ce plan est entré en vigueur en mars 2013.

Une étude a analysé l’offre de bois et le commerce international à partir de données de la FAO et de l’ONU. La méthodologie adoptée pour l’estimation intègre non seulement le commerce entre deux pays, mais également le commerce « tierce personne », c’est-à-dire lorsque le bois illégal transite par un pays pour être transformé avant d’être vendu dans un autre pays. Les auteurs insistent sur la pertinence d’inclure ce type de commerce dans les estimations.

Les résultats montrent que les importations de bois illégal en Europe s’élèvent entre 8 et 18 millions de mètres cubes en 2009, ce qui représente entre 6 et 13 % des importations totales. Malgré l’incertitude qui persiste dans ces résultats, les auteurs concluent que cette méthodologie constitue un pas en avant dans l’obtention de résultats plus fiables et fournit actuellement les meilleures estimations disponibles. [C.S.]

Dieter M., Englert H., Weimar H. [2013]. Wood from illegal harvesting in EU Markets : estimations and open issues. Applied Agricultural and Forestry Research 62(4) : 247-254.

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{mooblock=Provenances du douglas et résistance à la sécheresse [1188]}

Le douglas est souvent cité comme essence d’avenir en raison de sa résistance aux sécheresses et, par conséquent, il est considéré comme une alternative de choix à l’épicéa en Europe.

Une équipe de chercheurs allemands a profité d’un test de provenance pour étudier les variations de croissance selon les conditions climatiques le long d’un gradient altitudinal. Les accroissements en diamètre ainsi que la composition en oxygène et en carbone ont été mesurés durant sept années. Les résultats montrent des différences incontestables de sensibilité dans la station la moins bien alimentée en eau lors de l’épisode de sécheresse de 2003.

Pour certaines provenances, la réduction d’accroissement peut être clairement mise en relation avec la diminution de conductance des stomates grâce aux relations établies entre oxygène et carbone dans les cernes d’accroissement. Par ailleurs, les provenances avec le plus faible potentiel de croissance en hauteur ont été les moins affectées par la sécheresse de 2003.

Cette étude montre une fois de plus la très grande importance du choix des provenances pour le boisement ainsi que la nécessité d’évaluer au mieux le risque de déficit hydrique des stations afin de trouver le meilleur compromis entre croissance et résistance à la sécheresse. [S.P.]

Jansen K., Sohrt J., Kohnle U., Ensminger I., Gessler A. [2013]. Tree ring isotopic composition, radial increment and height growth reveal provenance-specific reactions of Douglas-fir towards environmental parameters. Trees - Structure and Function 27 : 37-52 (16 p., 6 fig., 5 tab., 69 réf.).

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{mooblock=Le mélange hêtre et chêne, productif ? [1189]}

Les peuplements mélangés hêtre/chêne sont très répandus en Europe, et le seront certainement davantage dans le contexte du changement climatique. Une étude basée sur des expériences réalisées en Pologne, Allemagne et Suisse a été réalisée dans le but de comparer la performance des peuplements mélangés avec les peuplements purs. Plus précisément, l’effet du mélange sur la productivité du peuplement a été analysé selon un gradient écologique (richesse du site).

Les résultats montrent qu’en moyenne, la productivité en biomasse des peuplements mélangés dépasse de 30 % celle des peuplements purs. Cependant, une nuance est observée dans les peuplements mélangés en fonction de la richesse du site. L’effet de la compétition entre essences est important sur les sites riches, tandis que sur les sites pauvres, le phénomène de la facilitation écologique est omniprésent (la relation bénéficie aux deux essences sans causer de dommage à aucune des deux).

En conclusion de l’étude, il y a un effet important de la station dans la relation entre le mélange d’essence et la productivité de biomasse. En conséquence, dans le cadre du changement climatique, un mélange adéquat d’essences devrait donner lieu à une augmentation de la productivité. [C.S.]

Pretzsh H., Bielak K., Block J., Bruchwald A., Dieler J., Ehrhart H-P., Kohnle U., Nagel J., Spellmann H., Zasada M., Zingg A. [2013]. Productivity of mixed versus pure stands of oak (Quercus petraea and Quercus robur) and European beech (Fagus sylvatica) along an ecological gradient. European Journal of Forest Research 132 : 263-280 (18 p., 9 fig., 73 réf.).

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{mooblock=La richesse du sol influence la morphologie
du douglas et de l’épicéa [1190]}

Deux sites aux conditions climatiques identiques mais différents en ce qui concerne la disponibilité des éléments minéraux ont servi de base pour comparer la morphologie de l’épicéa et du douglas. Les critères morphologiques étudiés sont le diamètre à 1,3 mètre, la hauteur, la proportion de houppier et la surface occupée par la projection du houppier.

L’épicéa montre une différence morphologique significative entre site riche et pauvre. Le douglas quant à lui, n’est pas affecté par la modification de richesse minérale, ce qui laisse penser que son pattern d’allocation est peu sensible à ce facteur. Pour les deux essences, l’accroissement en diamètre a été mesuré de manière hebdomadaire durant deux saisons consécutives. Celui-ci est dépendant des conditions climatiques et de l’eau disponible dans le sol. Pour les deux sites, le douglas débute sa croissance annuelle deux semaines avant l’épicéa. Au sein de la station la plus riche, la majorité de l’accroissement est réalisée durant le début de la saison de végétation, alors qu’elle est plus équitablement distribuée sur station pauvre. [S.P.]

Urban J., Holusova K., Mensik L., Cermak, Kantor p. [2013]. Tree allometry of Douglas fir and Norway spruce on a nutrient-poor and a nutrient-rich site. Trees - Structure and Function 27 : 97-110 (14 p., 8 fig., 3 tab., 82 réf.).

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{mooblock=L’effet à long terme du dépressage des semis d’épicéa [1191]}

Depuis quelques décennies, la régénération naturelle se voit offrir un intérêt croissant. Elle semble procurer quelques avantages par rapport à une plantation classique : impact réduit sur les sols, contrôle de la végétation adventice, coûts initiaux réduits, bonne adaptation aux conditions environnementales locales, possibilité de diversification en essence et de meilleure structuration des peuplements. Cependant, les semis pouvant être très denses, la question de réaliser ou non un dépressage se pose souvent au gestionnaire.

Trois expériences mises en place en Grande-Bretagne sur trois stations différentes ont analysé l’effet du dépressage selon différentes modalités sur des semis d’épicéa de Sitka dont la hauteur était comprise entre 1 et 2 mètres. Les différentes modalités testées réduisaient le nombre de semis avec des espacements de (en mètre) 1,8 × 1,8, 2,1 × 2,1, 2,6 × 2,6 et 3,3 × 3,3. Un témoin dans lequel aucune intervention n’a été réalisée a également été mis place. L’impact des différents dépressages a été mesuré 11 à 17 ans après réduction du nombre de tiges et des prévisions ont pu être établies pour le peuplement à 50 ans.

Les résultats montrent qu’au plus la distance entre semis est grande après dépressage, au plus le diamètre moyen des semis est grand. En revanche, aucune différence significative de volume sur pied n’est détectée. La prédiction de l’évolution du peuplement à 50 ans montre que la modalité de dépressage mettant à distance de 2,6 × 2,6 mètres permet d’obtenir le plus grand volume à l’âge adulte. Dans deux des expériences étudiées, aucune différence de hauteur dominante entre semis dépressés et non dépressés n’est mise en évidence. Pour une des expériences les semis non dépressés ont une hauteur dominante inférieure aux semis dépressés, sans que cela ne puisse être expliqué. [S.P.]

Stokes V., Kerr G. [2013]. Long-term growth and yield effects of respacing natural regeneration of Sitka spruce in Britain. European Journal of Forest Research 132 : 351-362 (12 p., 6 fig., 3 tab., 57 réf.).

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{mooblock=Le hêtre s’adapte aux changements climatiques [1192]}

Une étude dendroécologique menée en Suisse a comparé la croissance de hêtres sur des sites secs et d’autres à humidité moyenne, à la limite de l’aire de distribution. Sans surprise, les sites secs ont montré une sensibilité plus élevée en moyenne sur l’ensemble de la période (1930-2006) : les cernes sont environ deux fois plus larges sur les sols moyennement humides.

Par contre, les années pointées comme sensibles ont fortement augmenté durant le dernier quart de siècle sur les sites moyennement humides. Les sites secs, eux, sont restés relativement constants.

Dans le contexte des changements climatiques, les chercheurs suggèrent que les hêtres à la limite sèche de leur distribution se sont déjà adaptés aux conditions extrêmes, et que des changements dans les schémas de croissance en conditions moyennement humides sont à attendre. [C.H.]

Weber p., Bugmann H., Pluess A.R., Walthert L., Rigling A. [2013]. Drought response and changing mean sensitivity of European beech close to the dry distribution limit. Trees - Structure and Function 27 : 171–181 (11 p., 3 fig., 4 tab., 57 réf.).

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{mooblock=TRAITAUT : un portail sur l’autécologie des essences [1193]}

Le projet TRAITAUT, qui porte sur l’étude des traits de vie et de l’autécologie des essences forestières a permis de mettre en ligne un portail collaboratif servant de support d’un réseau de compétences. Il contient notamment :

  • une base de données bibliographiques en libre accès ;
  • un recensement d’outils sur l’autécologie ;
  • un espace de dialogue autour des projets sur l’autécologie des essences.

L’objectif à long terme de ce projet sera de constituer un outil d’aide à la décision dans le contexte des changements climatiques. [S.P.]

Michelot A. [2013]. À voir : un portail collaboratif sur l’autécologie des essences forestières ! Écho d’Ecofor 27 : 3 (1 p., 1 tab.).

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{mooblock=Des hybrides de frênes provenant d’Europe continentale
se retrouvent en Irlande [1194]}

Les programmes de reboisement à grande échelle entraînent souvent une source de matériel génétique inadéquat, ce qui peut avoir des conséquences sur la diversité génétique locale.

En Irlande, le frêne a récemment fait l’objet d’une campagne de reboisement, à partir de plants venant d’Europe continentale. Ces plants, dont l’appellation botanique n’est souvent pas connue (Fraxinus excelsior, Fraxinus angustifolia ou hybrides présents en Europe continentale), présentent fréquemment une forme de tige de mauvaise qualité. Etant donné que l’unique espèce indigène de frêne en Irlande est le Fraxinus excelsior, les nouvelles populations présentent une menace pour la diversité génétique des populations indigènes.

Une analyse génétique de deux plantations contenant des plants d’Europe continentale a été réalisée en comparaison avec les populations indigènes. Parmi les résultats de l’étude, la présence d’hydrides a été détectée dans les populations introduites. Des orientations de gestion doivent être choisies dans l’optique de réduire l’impact de ces populations introduites. [C.S.]

Thomasset M., Fernandez-Manjarrées J.F., Douglas G.C., Bertolino p., Frascaria-Lacoste N., Hodkinson T.R. [2013]. Assignment testing reveals multiple introduced source populations including potential ash hybrids (Fraxinus excelsior x F. angustifolia) in Ireland. European Journal of Forest Research 132 : 195-209 (15 p., 3 fig., 6 tab., 85 réf.).

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{mooblock=Pour une conservation des ressources génétiques forestières
en Europe plus efficace [1195]}

La conservation dynamique des ressources génétiques forestières (RGF) en Europe est assurée par un réseau d’unités de conservation. Ce réseau pan-européen compte 1967 unités de conservation, 2737 populations et 86 essences différentes.

Un large groupe de chercheurs de tous pays a tenté d’évaluer l’efficience de ce réseau.

Il apparaît tout d’abord qu’il pourrait être mieux connectés aux autres réseaux dédiés à la conservation de la biodiversité.

Ensuite, les différences dans les niveaux de conservation entre essences est frappant : sept espèces sont conservées dans 60 % des unités de conservation. En gros, les essences à haute valeur économique actuelle concentre la plupart des efforts. Or, il est primordial d’augmenter les unités de conservation des autres essences à l’échelle européenne afin de pouvoir, dans le futur, diversifier la production forestière ou maintenir ou restaurer la biodiversité.

Pour plusieurs essences principales, les unités de conservation sont redondantes entre pays voisins. Elles devraient être mieux triées sur base d’analyse génétique.

Les chercheurs proposent de mieux rationaliser les unités de conservation à l’intérieur et entre les pays sur base de cinq indices combinant les proportions de zones de conservation, les aires de distribution, les éco-régions et les efforts de conservation dans les zones marginales représentant moins de 5 % de la distribution des espèces.

Il est dès à présent clair que les zones méditerranéennes et boréales souffrent d’un manque d’unité de conservation. Aussi bien pour les espèces inféodées que pour celle qui s’y trouve en limite d’aire.

Contrôler l’efficience de la conservation de chaque unité reste un challenge. Toutefois, à l’heure actuelle, moins de 2 % des populations conservées semblent présenter un risque d’extinction. [C.H.]

Lefèvre F., Koskela J., Hubert J., Kraigher H., Longauer R., Olrik D.C., Schüler S., Bozzano M., Alizoti p., Bakys R., Baldwin C., Ballian D., Black-Samuelsson S., Bednarova D., Bordacs S., Collin E., De Cuyper B., De Vries S.M.G., Eysteinsson T., Frydl J., Haverkamp M., Ivankovic M., Konrad H., Koziol C., Maaten T., Notivol Paino E., Öztürk H., Pandeva I.D., Parnuta G., Pilipovic A., Postolache D., Ryan C., Steffenrem A., Varela M.C., Vessella F., Volosyanchuk R.T., Westergren M., Wolter F., Yrjänä L., Zarina I. [2013]. Dynamic Conservation of Forest Genetic Resources in 33 European Countries. Conservation Biology 27(2) : 373–384 (12 p., 4 fig., 3 tab., 34 réf.).

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{mooblock=Deux nouvelles homologations françaises
pour des produits phyto [1196]}

La France vient d’autoriser l’utilisation de deux nouveaux produits phyto sur son territoire :

  1. Le répulsif cervidés TRICO, à base de graisse de mouton, a un mode d’action olfactif et gustatif. Il n’a pas de classement toxicologique et est donc sans danger pour les plants ou la végétation adventice. Sa durée d’action est de 4 à 6 mois.
  2. La préparation biologique ROTSTOP, pour lutter contre le Fomes des résineux, est composée de spores et de mycélium de Phlebiopsis gigantea, un microorganisme saprophyte naturellement présent en forêt et qui a une action antagoniste au développement du Fomes. Le principe est de recouvrir les souches fraîches de la préparation afin de bloquer l’installation du Fomes. [C.H.]

Anonyme [2013]. Un nouveau répulsif homologué arrive en France. La Forêt Privée 329 : 12 (1 p.).
Anonyme [2013]. La préparation biologique Rotstop homologuée pour lutter contre le Fomes des résineux. Le Journal de la Mécanisation Forestière 130 : 9 (1 p.).

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{mooblock=Marmottes : des Alpes aux Pyrénées, un transfert réussi [1197]}

À partir de 1948, et en plusieurs vagues successives, environ cinq cents marmottes furent introduites dans les Pyrénées pour libérer les isards de la pression de prédation des aigles royaux. À l’époque, aucune des recommandations actuelles de l’IUCN sur l’introduction d’espèces non-indigènes ne fût évidemment respectées, ni évaluation initiale, ni système de contrôle.

Soixante ans plus tard, une équipe de chercheurs a tenté d’évaluer le succès de cette introduction et les impacts potentiels sur l’écosystème. Pour ce faire, ils ont comparé les structures et les dynamiques de population avec leurs consœurs alpines et il semble que les paramètres (structure et densité) soient similaires dans et en dehors de l’aire de distribution historique de l’espèce. Le caractère approprié de l’environnement (climat et habitat) est une des raisons principales du succès de la marmotte dans les Pyrénées.

En ce qui concerne les impacts sur l’écosystème, ils sont de deux types :

  1. Le pâturage des marmottes et leurs terriers peuvent avoir un impact négatif sur les prairies pyrénéennes.
  2. Les marmottes pourraient être un vecteur de parasites et de maladies.

Malgré cela, les chercheurs estiment que l’introduction est une réussite. [C.H.]

Barrio I.C., Herrero J., Bueno C.G., Lopez B.C., Aldezabal A., Campos-Arceiz A., Garcia-Gonzalez R. [2013]. The successful introduction of the alpine marmot Marmota marmota in the Pyrenees, Iberian Peninsula, Western Europe. Mammal Review 43 : 142–155 (14 p., 2 fig., 3 tab., 131 réf.).

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{mooblock=Du chêne wallon à 1600 €/m3 [1178]}

La vingtième édition de la vente franco-allemande de feuillus précieux a vu l’arrivée de cinq grumes de chêne de très haute qualité en provenance de la forêt domaniale de Saint-Michel-Freÿr (communes de Saint-Hubert et Nassogne, Belgique), le 19 février dernier. Cette incursion wallonne dans la vente franco-allemande est le fruit d’une coopération étroite des services forestiers belges, français et allemands depuis plus d’un an, initiée par l’asbl Forêt Wallonne via le projet Interreg CoForKo.

Les 20 m3 de chêne présentés se sont vendus au prix moyen de 1250 €/m3, avec un maximum à 1600 €/m3. Cinq amateurs belges se trouvaient parmi les quatorze soumissionnaires des lots wallons.

Le reste de la vente franco-allemande fut également un succès (plus 25 % par rapport à 2012 pour les lots français), rattrapant ainsi la forte chute de l’an passé. Le nombre de soumissionnaires est également en forte hausse et aucun lot n’est resté invendu.

Parmi les lots français, les chênes sont toujours fortement demandés (596 €/m3, en moyenne). L’érable sycomore est plutôt moyen (403 €/m3). L’alisier torminal bénéficie d’une sélection sévère sur les diamètres (760 €/m3). La demande en frêne ne faiblit pas (223 €/m3) et le merisier voit un redressement spectaculaire des cours, peut-être dû au manque d’approvisionnement actuel (304 €/m3).

Suite à l’expérience wallonne, très réussie, de cette année, des forestiers de la Région flamande ont également demandé à présenter quelques chênes lors de la prochaine vente belgo-franco-allemande. [C.H.]

Vuidel B. [2013]. Communiqué ONF, 5 mars 2013.
Lekane E. [2013]. Le chêne wallon flambe en Allemagne. L’avenir Namur, 2 mars 2013 : 11.

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{mooblock=Les samares de frênes, une source potentielle
d’infection de la chalarose ? [1179]}

Le frêne commun (Fraxinus excelsior) ainsi que d’autres espèces de frênes (Fraxinus spp.) à travers l’Europe sont sérieusement menacés par une maladie émergente causée par le champignon Chalara fraxinea. La maladie se propage localement par la dissémination de spores sur les pétioles des feuilles mortes de frêne se trouvant dans la litière. L’infection initiale d’un arbre débute au niveau des feuilles et des pétioles et provoque éventuellement le dépérissement des bourgeons, brindilles, branches des arbres de tous âges. Le champignon constitue une menace imminente pour le frêne, à l’intérieur mais aussi au-delà de la zone actuelle d’infection, par le biais de l’introduction de matériel végétal infecté.

Malgré le manque de connaissance sur le sujet, on pense que d’autres sources d’infection telles que les insectes suceurs, le bois et potentiellement les graines peuvent jouer un rôle dans la dissémination de la chalarose sur de grandes distances.

Une étude effectuée en Lettonie et en Suède s’est efforcée de déterminer l’occurrence de la chalarose dans les graines de frênes infectés. Une analyse moléculaire des graines a révélé la présence de trente taxons de champignons. Chalara fraxinea a été détecté dans une faible proportion des graines testées (8,3 %). Malgré cette faible proportion, il est donc possible que la chalarose soit introduite dans une nouvelle localité lors des échanges intracontinentaux et de commerces de graines, mais également à une échelle mondiale. En conclusion, les auteurs annoncent que des mesures phytosanitaires pour réguler l’import et l’export et le mouvement domestique des graines de frênes deviennent urgentes. [C.S.]

Cleary M.R., Arhipova N., Gaitnieks T., Stenlid J., Vasaitis R. [2013]. Natural infection of Fraxinus excelsior seeds by Chalara fraxinea. Forest Pathology 43 : 83–85 (3 p., 1 tab., 12 réf.).

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{mooblock=La production de gros bois a-t-elle un intérêt ? [1180]}

La production de gros bois est une pratique courante en Europe depuis plus de 60 ans. La plupart des essences forestières, lorsqu’elles sont en station, sont capables d’atteindre de grandes dimensions et de soutenir leur croissance jusqu’à un âge avancé. Une critique très souvent émise au sujet de cette pratique sylvicole, plus particulièrement en ce qui concerne les résineux, tient au fait que les unités de transformation actuelles ne permettent pas de valoriser les bois de grande circonférence. Cependant, il existe des canters capables de transformer des grumes jusqu’à 90 cm de diamètre. Qui plus est, le progrès technique évoluant très rapidement, les unités de transformation seront certainement à même d’accepter d’encore plus grosses dimensions dans le futur. La concurrence d’autres pays étant très forte, il est primordial de soutenir l’industrie de la première transformation. Dans cette optique, proposer des produits semis-finis ou finis innovants à forte valeur ajoutée et issus de grumes de haute qualité fait certainement partie des pistes de solution. [S.P.]

Schütz J.-P., Gehri E. [2010]. Starkholz hat nicht ausgedient. Wald Holz 91(6) : 22-24 (3 p., 5 fig.).

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{mooblock=La futaie régulière, championne de biomasse [1181]}

Des chercheurs allemands ont comparé la productivité en biomasse des régimes du taillis, du taillis-sous-futaie et de la futaie régulière en chêne. De l’analyse des nombreuses données qu’ils ont compilées il ressort que les peuplements de futaie régulière de première et seconde classe de production sont supérieurs, au regard de la production de biomasse aérienne, aux taillis et aux taillis-sous-futaie de chêne. La futaie régulière apparaît donc être le système le plus productif.

Cette analyse prend place dans le contexte grandissant de la biomasse-énergie.

En résumé, on peut retenir que la conversion brutale de futaie régulière en taillis ou taillis-sous-futaie ou la réactivation d’anciens taillis et taillis-sous-futaie, pour des aspects de production de biomasse, n’est pas recommandé.

Ces recommandations n’excluent pas qu’il puisse être judicieux localement de gérer certaines portions de forêt en taillis ou taillis-sous-futaie pour des raisons de protection de la faune ou de la flore. [C.H.].

Albert K., Ammer C. [2013]. Biomasseproduktivität ausgewählter europäischer Mittel- und Niederwaldbestände - Ergebnisse einer vergleichenden Metaanalyse. Allgemeine Forst- und Jagdzeitung 183(11/12) : 225-237 (13 p., 6 fig., 4 tab., 129 réf.).

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{mooblock=Épicéa et douglas : des différences de reprise
selon les types de préparation de sol [1182]}

L’objectif de la préparation mécanique du sol avant plantation est d’assurer au plant une croissance initiale forte afin de le mettre rapidement hors de portée des facteurs de stress. Une croissance précoce et rapide des racines facilite l’accès des plants aux nutriments et à l’eau et par là augmente leur taux de croissance.

Le but de cette étude menée en Suède est de tester les effets de différents types de préparation de sol sur la survie et la croissance des plants de douglas et d’épicéa.

Les quatre méthodes testées sont les suivantes :

  • la scarification localisée augmente la température du sol (effet particulièrement recherché dans le sud de la Suède) et réduit la compétition avec les adventices mais peut aussi réduire l’accès aux nutriments en enlevant la couche d’humus ;
  • le buttage crée des buttes favorisant également la température du sol mais augmente les risques de sécheresse ;
  • le retournement crée des places de plantation au même niveau que le sol.

Les deux dernières méthodes créent toutes deux des emplacements de plantation où l’humus est enterré sous une couche de sol minéral. Si la plantation est réalisée correctement, les racines auront accès à une large couche riche en nutriments et propre à faciliter la croissance des racines. De plus, la couverture de sol minéral entourant le plant est réputée réduire les dégâts causés par l’hylobe.

Enfin, la quatrième méthode, le mix, mélange finement l’humus au sol minéral et permet d’augmenter la température du sol et d’élever le taux de minéralisation.

Les résultats montrent que la préparation de site a peu ou pas d’effet sur la survie et la croissance de l’épicéa : seuls quelques plants sont morts durant les deux premières années. Pour le douglas, par contre, tous les traitements de préparation de site augmentent la survie comparé au site témoin où la mortalité était élevée. Le traitement préparatoire du sol le plus intensif, le mix, augmente significativement la croissance des racines et la biomasse totale.

En ce qui concerne l’hylobe, il cause des dégâts plus importants aux plants de douglas qu’à ceux d’épicéa et vise des localisations différentes pour les deux espèces, causant comparativement plus de dégâts sur les pousses principales des plants de douglas. [C.H.]

Wallertz K., Malmqvist C. [2013]. The effect of mechanical site preparation methods on the establishment of Norway spruce (Picea abies (L.) Karst.) and Douglas fir (Pseudotsuga menziesii (Mirb.) Franco) in southern Sweden. Forestry 86 : 71-78 (8 p., 4 fig., 1 tab., 31 réf.).

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{mooblock=Le bouleau résiste-t-il bien à la coloration du bois ? [1183]}

Une équipe de chercheurs a étudié le phénomène de coloration sur des bouleaux verruqueux âgés de 50 à 70 ans. Les septante tiges observées ont subi des blessures voilà entre 4 et 18 ans suite à une exploitation. En moyenne, la coloration du bois s’étend radialement sur presque 3 cm et longitudinalement sur près de 50 cm. L’ampleur de la coloration du bois est fortement corrélée à la superficie de la plaie causée par l’exploitation mais pas à son âge. Les principaux champignons identifiés dans les tiges contaminées sont des ascomycètes (Epicoccum, Cadophora, Neonectria, Alternaria spp.), capables de causer une coloration et une altération limitées du bois sur arbre sain et ayant peu d’influence sur ses propriétés mécaniques. Le bouleau semble donc bien compartimenter ses blessures et est capable de limiter la coloration du bois qui en découle. [S.P.]

Vasaitis R., Bakys R., Vasiliauskas A. [2012]. Discoloration and associated fungi in stems of silver birch (Betula pendula Roth.) following logging damage. Forest Pathology 42 : 387-392 (6 p., 2 fig., 1 tab., 33 réf.).

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{mooblock=La vulnérabilité des arbres face à la sécheresse [1184]}

En période de sécheresse, les arbres du monde entier fonctionnent de la même manière : ils réduisent leur transpiration en fermant leurs stomates, ces orifices par lesquels les feuilles respirent, assimilent et transpirent. En cas de sécheresse intense et prolongée, deux phénomènes peuvent se produire et conduire à des dépérissements de feuilles, de rameaux, voire de l’arbre entier. Le premier est la conséquence du maintien du système hydraulique dans un mode de fonctionnement économique : l’assimilation de carbone est réduite, voire interrompue, ce qui peut obliger l’arbre à puiser dans ses réserves. Le deuxième concerne une défaillance du système hydraulique causé par la cavitation : la tension de la colonne d’eau entre racines et feuilles peut être telle qu’un phénomène de vide se produit, provoquant la formation de bulles d’air. Celles-ci provoquent la rupture de la colonne d’eau et une embolie irréversible d’une partie ou de l’ensemble du système hydraulique.

C’est ce deuxième phénomène qui a fait l’objet d’une étude dont un article est publié dans l’édition en ligne de la revue Nature. Vingt-quatre scientifiques du monde entier ont participé à cette étude qui consistait en une synthèse des données de résistance à la cavitation des arbres. L’étude portait sur 226 espèces réparties dans 81 sites.

Parmi les résultats de l’étude, il a été confirmé que les espèces des zones arides sont plus résistantes à la cavitation que celles des forêts humides. Elle a également montré que 70 % des espèces testées fonctionnent avec une marge de sécurité hydraulique réduite, très proche de leur limite de vulnérabilité et ceci, quel que soit le niveau des précipitations annuelles. La plupart des arbres fonctionnent à la limite du point de rupture du système hydraulique, ce qui les rend particulièrement vulnérable à la sécheresse, que l’on se situe en zone aride ou humide.

Les résultats permettent de mieux comprendre pourquoi les dépérissements des forêts provoqués par les sécheresses se produisent non seulement dans les zones arides, mais aussi dans les forêts humides, non considérées à risque jusqu’à ce jour. Ces recherches devraient également aider à prédire l’évolution de la mortalité des arbres à travers le monde ainsi que le déplacement de l’aire de répartition des différentes espèces dans le cadre du changement climatique.

Une vidéo réalisée par l’INRA résume les objectifs, les méthodes et les résultats de l’étude sous forme d’interview du chercheur français Sylvain Delzon (UMR Biogeco INRA Université Bordeaux I) impliqué dans l’étude. [C.S.]

Choat B. et al. [2012]. Global convergence in the vulnerability of forests to drought. Nature 491 : 752-755 (DOI: 10.1038/nature11688) (8 p., 3 fig., 30 réf.).

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{mooblock=Un guidage GPS pour ouvrir et entretenir les cloisonnements [1185]}

Le Département Recherche et Développement de l’ONF a testé et validé l’utilisation d’un système GPS embarqué sur tracteur pour ouvrir et entretenir les cloisonnements. Ce système, initialement développé en agriculture pour optimiser les parcours sur champ, calcule la position de l’engin et matérialise sur un écran une ligne indiquant la trajectoire à suivre.

Traditionnellement, les cloisonnements mobilisent un à deux ouvriers pour préparer à pied le traçage des lignes à broyer ou pour les jalonner. Ce travail est pénible pour les ouvriers et coûte environ 3 heures par kilomètre, avec un supplément de 30 % pour le jalonnement. Ensuite, un tracteur équipé d’un broyeur à axe vertical ou horizontal réalise le cloisonnement proprement dit.

L’idée de la barre de guidage GPS est d’éviter les travaux préparatoires. Le système est composé d’un PC de poche solidement ventousé à la vitre, d’une antenne fixée par un aimant sur le toit, d’une protection pour l’antenne, d’un câble d’alimentation à brancher sur le tracteur et du logiciel de guidage et d’arpentage. Le plan de la parcelle et des cloisonnements à créer ou à entretenir est enregistré au bureau, avant de débuter le travail.

Les trois systèmes testés sont ISAGUIDE+ avec IsaGPS+ de la société ISAGRI (système assez complexe, remplacé fin 2010 par le PackISA 360), GENITRONIC et TRIMBLE EZ GUIDE 20 (systèmes plus simples).

La méthode testée évite complètement l’intervention à pied des ouvriers et permet un gain de productivité d’au moins 50 %, tout en garantissant un travail de qualité. Elle est optimale pour le travail en plaine (surface à régénérer, jeunes plantations). Pour le travail en peuplement adulte, il vaut mieux travailler en période hors feuilles et dans des parcelles assez claires. [C.H.]

Ulrich E., Lafay C., Laurent D., Jovignot B., Barbier J.-L. [2012]. Guidage GPS embarqué sur tracteur pour la création et l’entretien des cloisonnements : pénibilité réduite et économie. Rendez-Vous techniques 36-37 : 64-69 (5 p., 4 fig.).

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{mooblock=Les oiseaux et les papillons face aux changements climatiques [1186]}

Suite aux changements climatiques, il est attendu que les espèces animales s'adapteront en se déplaçant vers le nord pour pouvoir rester dans leur fourchette idéale de températures. Cependant, les chercheurs ont remarqué que les populations d'oiseaux et de papillons ne suivent pas cette évolution de la température.

Les oiseaux et les papillons sont mieux en mesure de parcourir des grandes distances que les espèces terrestres qui ne peuvent pas se disperser si facilement. Ces dernières seront probablement plus lentes à s'adapter au changement climatique. Alors que des recherches précédentes ont démontré comment les espèces s'adaptent au changement climatique individuellement, les chercheurs sont incertains sur la manière dont les changements environnementaux à grande échelle pourraient affecter des groupes d'espèces. Une équipe de chercheurs européens a examiné comment la distribution d'oiseaux et de papillons a changé en Europe entre 1990 et 2008.

De nombreux recensements et des calculs d'indices ont été réalisés pour les différents sites de l'étude, et en particulier l'indice CTI « Community Temperature Index », correspondant à l'indice moyen de température pour toutes les espèces d'oiseaux et de papillons situées à un endroit donné.

Les résultats ont révélé que l'indice CTI pour les oiseaux et les papillons a augmenté de manière stable sur la période de l'étude et que les oiseaux et les papillons se sont déplacés de 37 km et de 114 km vers le nord. En comparaison, les fourchettes de températures ont bougé de 249 km vers le nord pour la même période. De manière générale, les résultats de cette recherche suggèrent que, pendant que le changement climatique altère les habitats à travers l'Europe, les communautés de papillons et d'oiseaux s'adaptent à des rythmes différents, ce qui pourrait à terme altérer les interactions complexes et essentielles entre espèces. [C.S.]

DG Environnement [2013]. Birds and butterflies fail to follow climate change temperature rise. News Alert Service (1 p.).
Source : Devictor V., van Swaay C., Brereton T. et al. [2012]. Differences in the climate debts of birds and butterflies at a continental scale. Nature Climate Change 2 : 121-124.

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{mooblock=Impact des routes forestières sur la flore [1187]}

Le réseau routier en forêt constitue un ensemble de milieux ouverts particuliers comparable à une phase de début de succession. Il est une voie de dispersion pour certaines plantes et son influence dépend de la largeur de la route, de sa fréquentation ou du type de matériau utilisé.

L’impact sur les oiseaux et mammifères est relativement bien étudié et une analyse récente a montré que la portée de l’effet pouvait aller jusqu’à 1 km pour les premiers et 5 km pour les seconds. La portée est toutefois moindre en forêt qu’en milieu ouvert, sans doute dû à la visibilité de la route.

Une étude française s’est intéressée à l’influence des routes forestières sur la biodiversité floristique en forêt de plaine (Orléans). Les chercheurs ont mis en évidence l’influence du réseau routier et l’ont mis en balance avec les aspects économiques qui rendent nécessaire la présence de routes et de voies de débardage.

Les points positifs de la présence de route pour la flore sont une richesse beaucoup plus élevée en bord de route, la constitution d’un habitat refuge pour les espèces de prairie et de pelouse et même, dans le cas de peuplement mâture, pour les espèces des stades jeunes de la forêt.

Les points négatifs sont la présence éventuelle d’espèces exotiques potentiellement invasives, une modification du pH du sol en cas d’utilisation de calcaire pour la route qui a pour effet de faire reculer les espèces acidiphiles dans le peuplement (jusque 5 mètres), diffusion d’espèces non forestières en forêt (de 20 à 60 mètres), recul de 5 à 20 mètres des espèces peu tolérantes aux perturbations fréquentes…

L’effet des cloisonnements est particulièrement mis en exergue par les auteurs et ces derniers conseillent de limiter leur densité dans les situations à risque et de promouvoir des solutions alternatives comme l’utilisation du cheval ou du câble-mât.

Enfin, l’entretien et la réfection des routes par des matériaux ne modifiant pas le pH du sol, comme les liants hydrauliques, est absolument nécessaire. L’utilisation de gravats rudéraux est à proscrire en raison du risque d’introduction d’espèces indésirables. [C.H.]

Bergès L., Avon C., Chevalier R., Duma Y. [2012]. Impact des routes forestières sur la biodiversité floristique : synthèse de trois études menées en forêt de plaine. Revue Forestière Française 64(4) : 447-466 (20 p., 6 fig., 2 tab., 51 réf.).

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{mooblock=Les dispositifs d’alarme pour travailleurs isolés [1168]}

De nombreux métiers attachés au bois nécessitent de passer régulièrement du temps seul en forêt. Divers équipements sont mis en vente sur le marché afin de prévenir les secours au plus vite en cas d’accident. Ils reposent sur différents systèmes de transmission (radio, GPS, GSM) et différents modes de déclenchement du signal d’alerte (perte de verticalité, absence de mouvement). L’achat d’un dispositif d’alarme doit être réfléchi pour qu’il réponde au mieux aux besoins de chaque utilisateur et particulièrement dans le contexte forestier. [S.P.]

Bigot M. [2012]. DATI en forêt : comment choisir ? FCBA Info, novembre 2012.

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{mooblock=Contraintes de croissance et morphologie des hêtres [1169]}

Les contraintes de croissance peuvent provoquer des défauts importants pour la valorisation des grumes. Plus particulièrement, elles sont à l’origine des fentes de retrait qui peuvent entraîner des pertes de rendement considérables en scierie. Une équipe de chercheurs a tenté d’expliquer l’apparition de ces contraintes à l’aide de la morphologie des arbres.

Contrairement à ce qui est généralement accepté dans le cas de jeunes peuplements, l’inclinaison n’est pas corrélée à un fort niveau de contrainte chez les arbres adultes. Deux facteurs expliquent bien la présence de contraintes : le facteur d’élancement (h/d) et la largeur du houppier. Au plus le premier est important, au plus la probabilité de forte contrainte augmente. En revanche, au plus le houppier est grand, au moins les chances d’apparition de fentes de retrait sont élevées.

En conséquence, les martelages dynamiques sont à préconiser pour produire du bois de qualité. [S.P.]

Jullien D., Widmann R., Loup C., Thibaut B. [2013]. Relationship between tree morphology and growth stress in mature European beech stands. Annals of Forest Science 70 : 133-142 (10 p., 8 fig., 4 tab. 25 réf.).

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{mooblock=Le douglas, aussi fragile que l’épicéa face aux tempêtes ? [1170]}

Le douglas serait aussi sensible que l’épicéa aux déracinements provoqués par les tempêtes. C’est le constat qui a pu être tiré d’une étude réalisée dans le sud-ouest de l’Allemagne. Celle-ci est basée sur les données d’inventaire relevées après les deux tempêtes majeures de 1990 et 1999. Les résultats montrent que les douglas ont connu les mêmes niveaux de dégâts que les épicéas. Parmi les quarante variables testées, les éclaircies (généralement réalisées par le haut dans cette région), la topographie et les caractéristiques stationnelles expliquent le mieux le risque de chablis. La classification du douglas en tant qu’essence à risque moyen de chablis devrait probablement être reconsidérée. [S.P.]

Albrecht A., Kohnle U., Hanewinkel M., Bauhus J. [2013]. Storm damage of Douglas-fir unexpectedly high compared to Norway Spruce. Annals of Forest Science 70 : 195-207 (13 p., 5 fig., 6 tab., 46 réf.).

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{mooblock=Architecture, couverture et interception de la lumière
par la ronce [1171]}

La ronce (Rubus fruticosus) est connue pour son caractère compétitif vis-à-vis de la régénération ligneuse. C’est une espèce cosmopolite qui croît sur une large variété de types de sols (avec une préférence pour les sols acides) et peut envahir rapidement des trouées. Son caractère envahissant peut parfois présenter une menace pour les espèces locales et les semis ligneux. Cependant lorsque sa densité foliaire est réduite par rapport à celle de la régénération ligneuse, il est souvent considéré qu’elle protège les jeunes arbres contre les mauvaises conditions climatiques ainsi que contre la dent du gibier.

Il est bien connu que la ronce les plants forestiers pour l’eau pendant une sécheresse, et pour l’azote dans le sol, mais il existe très peu d’informations sur son développement par rapport à la lumière ou son influence sur l’atténuation de la lumière du sous-étage.

Une vaste étude réalisée simultanément en France et en Angleterre s’est efforcée de (1) caractériser la structure de la ronce à l’échelle botanique, (2) évaluer son développement et sa couverture en fonction de la disponibilité en lumière dans le sous-étage, (3) mesurer l’interception de la lumière par la ronce en fonction de son architecture.

Parmi les résultats de l’étude, une bonne relation entre l’interception de la lumière et l’index foliaire a été révélée, indépendamment du site, ce qui laisse entendre qu’un seul modèle pourrait prédire l’interception de la lumière par la ronce dans des conditions différentes. Il a aussi été démontré que la ronce est capable de tolérer une forte ombre, ce qui est en contradiction avec sa réputation d’espèce héliophile, mais tolérante à l’ombre. Cette dernière découverte suggère qu’il est difficile de contrôler cette espèce en manipulant le couvert forestier. [C.S.]

Balandier p., Marquier A., Casella E., Kiewitt A., Coll L., Wehrlen L., Harmer R. [2012]. Architecture, cover and light interception by bramble (Rubus fruticosus): a common understorey weed in temperate forests. Forestry 86 : 39-46 (8 p., 5 fig., 2 tab., 48 réf.).

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{mooblock=Autécologie du sapin et de l’épicéa
face au changement climatique [1172]}

Le forestier joue un rôle central dans l’optique du changement climatique, notamment en ce qui concerne l’adaptation des peuplements forestiers, tout en prenant en compte les dimensions socio-économiques de la question. Le premier objectif du forestier est de vérifier l’adéquation entre les besoins physiologiques de l’arbre et le climat actuel ou futur.

Dans le cadre de cette réflexion, une synthèse bibliographique sur l’autécologiqe et la vulnérabilité comparée de l’épicéa commun (Picea abies) et du sapin pectiné (Abies alba) a été réalisée. Cet article fait le point des connaissances sur l’autécologie comparée du sapin et de l’épicéa dans la perspective de l’adaptation des forêts au changement climatique. Même si l’autécologie de ces deux essences est relativement bien connue, l’auteur insiste sur l’importance de les replacer dans le cadre des changements globaux.

Le sapin et l’épicéa sont la première et la deuxième essences résineuses en superficie dans les forêts publiques françaises. Ces deux essences résineuses importantes et en expansion, ont toutefois un avenir incertain. Ce sont deux essences à l’habitat comparable mais aux dynamiques d’installation différentes. Une différence dans la sensibilité de ces essences vis-à-vis du climat apparaît clairement dans la bibliographie. En ce qui concerne le régime hydrique, une sensibilité nette se révèle pour les deux essences. Par contre, concernant la sensibilité au régime thermique, les deux essences se différencient.

L’auteur termine avec quelques préconisations sylvicoles dans la perspective du changement climatique, notamment concernant la dynamisation de la sylviculture (gestion de la densité). Il semble que, en raison de sa faible amplitude écologique et de sa sensibilité à la température, l’épicéa sera le grand perdant du changement climatique. L’espace libéré par l’épicéa pourrait être colonisé, sur les contextes stationnels appropriés, par le sapin, mieux adapté aux augmentations de température. [C.S.]

Gomez N. [2012]. Quel avenir pour le sapin et l’épicéa ? Synthèse bibliographique sur l’autécologie et la vulnérabilité comparée du sapin et de l’épicéa dans le cadre des changements climatiques. Rendez-Vous techniques 36-37 : 3-8 (6 p., 58 réf.).

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{mooblock=Le douglas face aux sécheresses [1173]}

Un dossier spécial est consacré à cette problématique dans le numéro de janvier de Forêt-entreprise. Il s’intéresse tout d’abord aux différences entre provenances originaires du nord de l’Amérique. Pour l’instant aucune distinction n’a pu être détectée entre les différentes origines testées, peut-être en raison du caractère relativement modéré des sécheresses qui ont eu lieu durant la période étudiée (1989-2008). Un deuxième article fait également le point sur les risques dans l’aire naturelle du douglas. Il semble notamment que cette dernière devrait être fortement modifiée suite aux changements climatiques. Ce dossier se termine en soulevant la question la plus importante pour les gestionnaires : comment intégrer les dangers liés à la sécheresse dans la gestion des peuplements ? Des outils sont proposés afin de poser un diagnostic et évaluer les risques de dépérissements. [S.P.]

• Sergent A.-S., Bréda N., Rozenberg p. [2013]. Sécheresse et douglas : réaction différente entre provenances du cœur de l’aire naturelle ? Forêt-entreprise 8 : 32-33 (2 p., 1 fig.).
• Girard S. [2013]. La sécheresse : principal facteur de risque des douglasaies américaines. Forêt-entreprise 8 : 34-36 (3 p., 1 fig., 2 réf.).
• Lemaire J. [2013]. Comment intégrer le risque de sécheresse dans la gestion du douglas ? Forêt-entreprise 8 : 37-42 (6 p., 4 fig., 1 tab.).

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{mooblock=Des champignons passeurs de mémoire [1174]}

Les insectes herbivores sous-terrain, mangeurs de racines, peuvent gravement affecter les performances des insectes aériens en modifiant certains composés chimiques de la plante. Ces interactions ont été largement étudiées lors d’expérimentations où insectes aériens et sous-terrains se nourrissaient sur la même plante. Toutefois, on en sait peu sur la manière dont ces insectes interagissent quand ils se nourrissent sur des plantes qui se succèdent dans un même sol.

Une étude néerlandaise menée sur le Séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris) montre que lorsque cette plante est mangée par des insectes herbivores aériens et sous-terrains, des changements dans la composition des champignons du sol interviennent.

Ces changements dans les organismes du sol influencent fortement le contenu en alcaloïde, la biomasse et les interactions trophiques avec les phytophages des plantes suivantes.

Il semble donc que le sol garde « en mémoire » les attaques précédentes et la communique aux plantes suivantes via les champignons de la rhizosphère. [C.H.]

• Kostenko O., van de Voorde T.F.J., Mulder p.P.J., van der Putten W.H., Bezemer T.M. [2012]. Legacy effects of aboveground–belowground interactions. Ecology Letters 15(8) : 813–821.
• ChD [2012]. La mémoire du sol. La Garance Voyageuse 100 : 4.

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{mooblock=Bilan sylvosanitaire 2012 du DSF [1175]}

Le Département de la Santé des Forêts (DSF), en France, vient de publier son bilan sylvosanitaire pour l’année 2012. Grosso modo, ce sont les événements climatiques, plus que les agresseurs biotiques, qui ont touché les peuplements forestiers.

Les gels intenses de février ont touché les peuplements sensibles (eucalyptus et cèdre) mais pas le reste de la végétation forestière encore en période de latence hivernale. Cet événement contribue à repenser la pertinence de l’introduction massive de telles essences. La majorité des dégâts dus au gel sur les autres essences sont le fait des gelées tardives d’avril et mai.

Quelques tempêtes et coups de vent ont bousculé des peuplements de douglas et d’épicéa, avec des taux de dégâts dépassant les 30 %.

Sur le douglas, des phénomènes de rougissement suivi de pertes d’aiguilles importantes au printemps ont été observés. Les analyses ont montré la présence simultanée sur les aiguilles de Rhizosphaera sp. et de rouille suisse. Cette présence est parfois couplée à un rougissement physiologique dû au gel intense de février suivi d’un redoux très sensible.

Les régénérations de hêtre ont subi des attaques de larves de hannetons dans le Haut-Rhin. Les vols importants de l’année 2011 les laissaient présager. Ils ont profité des travaux préparatoires ou de mises en lumière des futaies en régénération pour s’installer massivement dans des conditions qui leur étaient favorables. Les clôtures à sanglier, destinées à protéger les jeunes plants, ont empêché l’animal de jouer son rôle de principal prédateur.

Des symptômes de déficit foliaire pouvant atteindre 60 % du houppier ont également été observés sur les hêtres sans raison apparente. Ces nouveaux cas de dépérissement seront suivis en 2013.

En chênaie, c’est le hanneton adulte qui commet les dégâts, responsable de défoliations importantes. Les larves sont toutefois également coupables de dégâts aux jeunes plants et semis. Les tordeuses et géométrides sont également assez actives mais leurs dommages ont pu être masqués par ceux du gel tardif. La processionnaire du chêne est surtout active dans le Nord-Est avec des foyers d’infestations pouvant provoquer localement des dégâts de plus de 50 % dans le houppier. Enfin, de nouveaux dépérissements ont été observés en Moselle, dans les Vosges et en Alsace. Les causes sont multiples : âge, hydromorphie du sol, incidents climatiques, atteintes régulières au feuillage (défoliateurs ou oïdium), tassement du sol…

Un nouveau foyer de cynips du châtaignier a été identifié en Île-de-France.

Et pour finir, Chalara fraxinea a poursuivi son avancée vers l’ouest et le sud de la France. En zone contaminée, les observations de placettes de frênes infectés depuis plus de trois ans révèlent une dégradation lente des arbres et de premières mortalités en Haute-Saône. Dans la Meuse, les Ardennes et le Haut-Rhin, les frênes adultes montrent des tiges très fortement dégradées ou moribondes. [C.H.]

DSF [2012]. Bilan phytosanitaire 2012. La Lettre du DSF 45 : 3-9 (7 p.).

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{mooblock=2012, une année normale du point de vue climatologique [1176]}

L’année 2012 s’est avérée normale du point de vue climatologique. Seules la vitesse moyenne du vent et la quantité de précipitations ont atteint des valeurs anormalement élevées par rapport aux normales. Deux faits remarquables méritent toutefois d’être signalés. La Belgique a connu une vague de froid intense. Celle-ci a duré 14 jours et a débuté à la fin du mois de janvier. Le mois de décembre a quant à lui été particulièrement venteux et pluvieux. A Uccle, il a plu 28 jours sur les 31 que compte le dernier mois de l’année. Les précipitations ont atteint plus du double (172,7 mm) du total mensuel normal (81 mm). [S.P.]

Institut Royal Météorologique [2013]. Bilan climatologique de 2012. Newsletter IRM, 28 janvier 2013 (4 p., 2 fig., 2 tab.)

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{mooblock=L’effet du réchauffement climatique sur les tourbières [1177]}

Les tourbières dominées par les mousses de la famille des sphaignes stockent plus de carbone que tous les autres écosystèmes terrestres en raison du déséquilibre entre les apports de litière et les sorties de carbone par la respiration. Des liens complexes entre les communautés de micro-organismes aériennes et souterraines régulent cette séquestration de carbone, qui peut diminuer ou même se renverser en réponse au changement climatique.

Très peu d’études se sont penchées sur le sujet précis du lien entre les communautés aériennes et souterraines. Une étude réalisée dans le Jura français s’est concentrée sur l’effet du réchauffement sur les acteurs principaux des flux de carbone dans les tourbières de sphaignes. Plus précisément, les objectifs de l’étude étaient de (1) quantifier comment les communautés de micro-organismes ainsi que la composition chimique de l’eau du sol se modifient en réponse à un réchauffement, (2) clarifier si un réchauffement déstabilise le fonctionnement de la tourbière en modifiant les interactions entre le sol, les microorganismes et les plantes.

Les résultats montrent une grande réduction (70 %) de la biomasse des « grands-prédateurs » (les Thécamœbiens, un groupe de rhizopodes) dans les placettes chauffées. Le réchauffement a également causé une réduction de la quantité de sphaignes et une augmentation du couvert de plantes vasculaires. L’ensemble des résultats suggère que le réchauffement va déstabiliser le recyclage de carbone et des éléments nutritifs des tourbières en raison des modifications profondes des liens existants entre les communautés aériennes et souterraines. Par conséquent, les chaines alimentaires associées aux sphaignes auront comme effet de renforcer le réchauffement climatique en déstabilisant le cycle du carbone.

Jassey V.E.,Chiapusio G., Binet p., Buttler A., Laggoun-Défarges F., Delarue F., Bernard N., Mitchell E., Toussaint M.-L., Francez A.-J., Gilbert D. [2013]. Above- and belowground linkages in Sphagnum peatland: climate warming affects plant-microbial interactions. Global Change Biology 19 : 811-823 (13 p., 6 fig., 2 tab., 73 réf.).

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{mooblock=La renaissance du taillis [1158]}

L’importance croissante de la biomasse comme source d’énergie renouvelable a réveillé l’intérêt pour les taillis. Toutefois, il faudrait savoir si nos anciens taillis, convertis depuis en futaie, seraient capables de retourner à ce type de régime et avec quel succès. C’est ce qu’a tenté de savoir une étude allemande dans une chênaie sessile dont le dernier recépage datait de 80 à 100 ans.

Trois types d’exploitation et une série de paramètres ont été analysés. De manière générale, le succès était au rendez-vous dans les différents essais. Aucun paramètre seul ne peut expliquer les différences de reprises. C’est donc plutôt une combinaison de facteurs qui entre en jeu, notamment la circonférence des arbres-parent, la hauteur moyenne des souches et, surtout, la pression d’abroutissement.

L’article met en perspective ses résultats par rapport à d’autres nombreuses études dont les conclusions peuvent être contrastées. [C.H.]

Pyttel p.L., Fischer U.F., Suchomel C., Gärtner S.M., Bauhus J. [2013]. The effect of harvesting on stump mortality and re-sprouting in aged oak coppice forests. Forest Ecology and Management 289 : 18–27 (10 p., 5 fig., 3 tab., 62 réf.).

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{mooblock=Comment éviter le développement de la pourriture rouge ? [1159]}

Deux modalités de lutte préventive ont été testées par une équipe de chercheurs suédois pour répondre à cette question et éviter la propagation du champignon au sein des jeunes peuplements d’épicéa. La première solution expérimentée était le maintien d’une souche plus haute lors de l’exploitation. La deuxième, un badigeonnage des souches. Après analyse, la hauteur des souches laissées après coupe n’a pas permis de réduire significativement le taux d’infection. En revanche, le badigeonnage a réduit de plus de 60 % le nombre de tiges infectées. L’efficacité de la méthode et son intérêt économique doivent toutefois encore faire l’objet d’investigations plus poussées. [S.P.]

Gunulf A., Mc Carthy R., Rönnberg J. [2013]. Control efficacy of stump treatment and influence of stump height on natural spore infection by Heterobasidion spp. of precommercial thinning stumps of Norway spruce and birch. Silva Fennica 46(5) : 655-665 (11 p., 1 fig., 5 tab., 40 réf.).

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{mooblock=Quels paramètres de lumière utiliser pour expliquer
la croissance de la régénération ? [1160]}

En Slovénie, une étude menée sur des peuplements équiennes d’épicéa s’est attachée à comparer différents paramètres de lumière relevés à l’aide de photographies hémisphériques. Le but de l’équipe de chercheurs était de détecter l’effet de la radiation instantanée et potentielle sur la croissance de jeunes hêtres plantés en sous-étage. Il s’est avéré qu’un angle de photographie de 120°, la « gap-fraction » et l’ouverture de canopée expliquent le mieux la variance de lumière transmise au sous-bois. Des plantations de hêtre en sous-étage ont également été effectuées. Leur croissance en hauteur et la surface foliaire spécifique sont le mieux expliquées par les mesures instantanées de lumière. [S.P.]

Cater M., Schmid I., Kazda M. [2012]. Instantaneous and potential radiation effect on underplanted European beech below Norway spruce canopy. European Journal of Forest Research 132 : 23-32 (10 p., 4 fig., 4 tab., 62 réf.).

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{mooblock=L’effet de l’épicéa sur la végétation herbacée forestière [1161]}

La végétation herbacée forestière contribue de manière considérable à la biodiversité globale des forêts tempérées. La composition spécifique de l’étage dominant affecte le sous-étage, à travers la disponibilité en lumière et la compétition pour l’eau et les nutriments. Les arbres ont également des effets indirects sur le sous-étage, surtout concernant la quantité et la qualité de la litière.

Une étude en Belgique s’est efforcée d’évaluer les effets de la transformation de peuplements feuillus mélangés en plantations d’épicéas sur la composition et la diversité de la végétation herbacée. L’aire d’étude située en Gaume (sud de la Belgique) est constituée de peuplements feuillus composés essentiellement de hêtre, chêne et charme. Des plantations d’épicéas ont été établies il y a 30 à 50 ans au sein de cet ensemble feuillus. La végétation du sous-étage et de l’étage dominant a été recensée dans une quarantaine de placettes installées dans les plantations ainsi que dans les peuplements feuillus adjacents.

Parmi les nombreux résultats de l’étude, il a été démontré que la végétation herbacée des plantations d’épicéas était composée d’espèces plus acidophiles et héliophiles que dans les peuplements feuillus adjacents. De plus, l’étude montre que les plantations d’épicéas contribuent positivement au nombre total d’espèces herbacées, augmentant ainsi la richesse spécifique globale du massif. [C.S.]

Verstraeten G., Baeten L., De Frenne p., Vanhellemont M., Thomaes A., Boonen W., Muys B., Verheyen K. (2012). Understorey vegetation shifts following the conversion of temperate deciduous forest to spruce plantation. Forest Ecology and Management 289 : 363-370 (8 p., 5 fig., 3 tab., 55 réf.).

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{mooblock=La taille des trouées pour la régénération naturelle de l’épicéa [1162]}

En Finlande, une grande proportion des peuplements d’épicéa établis sur sol humide arrive petit à petit à maturité. La question de leur régénération surgit et peu de connaissances existent quant à la possibilité de recourir à la régénération naturelle dans ce type de peuplement. Une étude réalisée en Finlande s’est donné comme objectifs de (1) comparer la régénération naturelle de l’épicéa dans des petites trouées et petites coupes à blanc et (2) étudier l’effet de la préparation du sol sur l’installation de la régénération naturelle.

La zone d’étude était composée de quatre parcelles contenant dans l’ensemble quatre coupes à blanc (de 0,25 à 0,37 ha) et trente-trois trouées (de 78, 177 et 314 m2). L’installation de semis était recensée annuellement dans des placettes situées dans les trouées et coupes à blanc ayant subi ou non une préparation du sol.

Les résultats montrent clairement l’inutilité de la préparation du sol, voire l’effet négatif de celle-ci, surtout dans les trouées. Le nombre de semis a augmenté rapidement dans les trouées et plus graduellement dans les coupes à blanc. La proportion de semis de bouleau était beaucoup plus importante dans les coupes à blanc (45 %) que dans les touées (22 %). La distribution spatiale des semis était plus inégale dans les coupes à blanc que dans les trouées : 41 % de placettes situées dans les trouées étaient vides contrairement à 20 % pour les coupes à blanc. [C.S.]

Hökkä H., Repola J., Moilanen M., Saarinen M. (2012). Seedling Establishement on Small Cutting Areas with or without Site Preparation in a Drained Spruce Mire – a Case Study in Northern Finland. Silva Fennica 46(5) : 695-704 (11 p., 5 fig., 2 tab., 23 réf.).

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{mooblock=Bilan du Life Hautes-Fagnes [1163]}

Lors du Life Hautes-Fagnes, plusieurs problématiques liées à la restauration des tourbières se sont présentées qui ont demandé aux gestionnaires une approche à tâtons faute de pouvoir bénéficier d’une véritable expérience préliminaire.

Tout d’abord, l’élimination de l’aulne blanc (Alnus incana), non indigène et invasif, a fait l’objet de plusieurs tentatives. L’espèce fut introduite dans le but de lutter contre la propagation des incendies. La coupe simple de l’arbre est inutile car l’aulne rejette de souche. La recoupe des rejets est peine perdue. L’application d’herbicide peut être envisagée sur les souches mais pas dans les zones de source. Finalement, c’est le fraisage suite à la coupe des arbres qui semble donner les meilleurs résultats. Les bourgeons présents dans les premiers centimètres du sol sont détruits, mais des semis apparaissent encore dans les deux années qui suivent l’opération. Leur arrachage manuel doit dès lors être envisagé.

La réhabilitation de tourbières occupées par des vieux peuplements d’épicéa a également été l’une des actions du Life. Cent dix hectares de pessières de 30 à 105 ans étaient concernés. L’exploitation s’est déroulée exclusivement sur cloisonnement et lit de branches ou de rondins, et avec des engins de débardage à quatre roues arrières jumelées. Près de 25 000 m3 ont été vendus en 2006 et 2008. Une fois les épicéas partis, les coupes ont été mises sous eau, à faible profondeur, pour favoriser la réapparition de la végétation typique des tourbières.

Les actions de réhabilitations ont encore concerné des comblements de fossés de drainage, du décapage de portions de tourbières hautes dégradées ou encore de l’étrépage et du fraisage de zones détériorées. [C.H.].

• Dahmen E. [2012]. Élimination d’aulnes blancs dans les Fagnes de l’Est. Hautes Fagnes 78(4) : 18-19 (2 p., 2 fig.).
• Pieper Y. [2012]. Les déboisements d’épicéas sur sols tourbeux suivis de mesures de réhabilitations de tourbières. Hautes Fagnes 78(4) : 20-21 (2 p., 4 fig.).
• Frankard p. [2012]. L’impact des travaux de restauration menés dans le cadre du projet Life Hautes-Fagnes sur la flore et les habitats de tourbières et de landes. Les premières tendances. Hautes Fagnes 78(4) : 22-25 (4 p., 2 fig.).

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{mooblock=Un film sur les Hautes-Fagnes [1164]}

À l’occasion du colloque de restitution du Life Hautes-Fagnes, qui avait pour but la restauration des landes et tourbières sur cette réserve de près de 10 000 ha, les porteurs du projet ont dévoilé un film réalisé sur les actions entreprises. Les images aériennes (drone) donnent au film la hauteur nécessaire pour embrasser l’ampleur du projet.

Les actions ont été de trois types :

  • déboisement de 960 ha d'épicéas sur sols très humides, peu aptes à une sylviculture économiquement rentable, et coupe de 500 ha de semis naturels de feuillus ou résineux présents sur les landes et tourbières. Achat de terrains privés (144 ha) destinés à devenir des Réserves Naturelles Domaniales ;
  • restauration de landes (170 ha), en enlevant quelques centimètres de sol et en fauchant la végétation herbacée. Pose de clôtures pour permettre le pâturage et l'entretien des landes (125 ha) par des moutons et des vaches de races rustiques ;
  • restauration de tourbières (25 ha) par ennoiement, grâce à la création de barrages ou au comblement de drains, et par décapage du sol, par fauchage ou fraisage de la molinie. [C.H.]

Communiqué Life Hautes-Fagnes, décembre 2012.

Restaurer les landes et tourbières dans les Hautes-Fagnes (réalisation Gerd Herren)

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{mooblock=L’ouette d’Égypte : état des lieux des connaissances
au sujet d’un nouvel envahisseur [1165]}

Au cours des dernières années, le nombre d’individus d’ouettes d’Égypte observés en Europe s’est considérablement accrû. Cet oiseau d’eau, dont la répartition s’étendait à l’origine du sud du continent africain au sud de l’Europe et au Moyen-Orient, a fait son apparition en Europe depuis le 17e siècle. Les oiseaux présents en Belgique sont probablement des descendants issus de couples échappés de captivité et originaires des Pays-Bas. Un suivi de plusieurs dizaines d’années a pu montrer que le taux de croissance des populations d’ouettes d’Égypte atteignait 33 % en moyenne.

Bien que les impacts de cette espèce sont difficiles à évaluer, il semblerait qu’ils se rapprochent de ceux de la bernache du Canada : diminution de la végétation rivulaire ou des macrophytes en eau peu profonde, destruction de habitats de ponte des poissons et eutrophisation des plans d’eau avec pour conséquence une perte de biodiversité. En raison de son fort potentiel de développement en Europe et de ses impacts sur le milieu, l’ouette d’Égypte a été placée en tête de liste des espèces qui présentent le plus haut niveau de préoccupation du point de vue environnemental, sanitaire et économique. [S.P.]

Fouque C., Benmergui M., Bullifon F., Schricke V. [2012]. L’ouette d’Égypte : une espèce exotique en plein essor en France. Faune Sauvage 296 : 15-25 (11 p., 7 fig.).

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{mooblock=L’Ardenne : une nouvelle marque [1166]}

Plusieurs partenaires institutionnels et privés se sont réunis pour mettre en place un code de marque partagé « Ardenne ». Cette marque permettra d’établir une réelle stratégie de marketing mais surtout d’offrir une meilleure visibilité à cette région. Cette année 2013 sera donc celle du lancement de la marque, mais aussi celle du lancement d’un vaste programme d’actions pour les trois prochaines années. [S.P.]

Rousseau F., Willems p. [2012]. L’Ardenne, terre d’enchantement. Luxembourg Tourisme 188 : 6-9 (4 p.).

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{mooblock=Pot de vin, blanchiment et criminalité organisée :
les dessous du commerce de bois illégal [1167]}

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et Interpol ont sorti un rapport alarmant sur le commerce mondial de bois illégal. Nommé « Carbone vert, marché noir », il met au jour les pratiques d’exploitations illégales ainsi que les mécanismes de blanchiment d’argent utilisés par les organisations criminelles à travers le monde.

En quelques chiffres :

  • les profits issus du commerce de bois illégal sont estimés entre 30 et 100 milliards de dollars par an ;
  • le bois illégal représente entre 15 et 30 % du volume de bois commercialisé dans le monde ;
  • dans les pays tropicaux bordant le bassin de l’Amazone, en Afrique centrale et en Asie du Sud, 50 à 90 % de l’exploitation forestière est au main du crime organisé.

Pour lutter contre ce fléau, qui met à mal les programmes de la communauté internationale destinés à réduire les émissions de gaz carbonique (la déforestation est responsable de 17 % des émissions mondiales), mais qui surtout entretien l’insécurité et la criminalité dans les zones où il est actif, le rapport propose une série de pistes dont notamment améliorer la formation des enquêteurs dans les pays concernés, centraliser les autorisations de défrichement ou encore encourager la lutte contre la fraude fiscale. [C.H.]

Communiqué de presse PNUE et Interpol, 27 septembre 2012.

Rapport complet (en français)

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{mooblock=La grande aigrette fait son nid en Wallonie [1149]}

Originaire des grands marais du sud-est de l’Europe la population de grande aigrette a fait preuve d’un dynamisme remarquable dans le courant du 20e siècle. Ce dynamisme s’est accompagné d’une forte augmentation de l’hivernage dans le centre et dans l’ouest de l’Europe. Certains pays comme les Pays-Bas, la Lettonie, l’Italie ou la France ont déjà pu assister à la nidification de cet oiseau durant les années ‘90. La Belgique a maintenant, elle aussi, vu éclore les premiers individus de cette espèce sur son territoire. Deux oisillons ont effectivement vu le jour dans le site des Argilières de Ploegsteert situé dans la Province du Hainaut. Ces premières naissances font suite à une augmentation spectaculaire du nombre d’individus migrateurs et hivernants, puis estivants en Wallonie. [S.P.]

Tancrez T., Windels M., Join-Spriet H., Lefranc T., Deramaux A., Dubuc Y. [2012]. Première nidification réussie de la grande aigrette Casmerodius albus en Belgique. Aves 49(3) : 129-138 (10 p., 17 réf.).

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{mooblock=Des essais de provenances pour reconstituer
les populations de frêne [1150]}

En Allemagne, un test de huit provenances établi sur quatre stations écologiques a permis de suivre l’évolution de la chalarose du frêne. Les premiers résultats montrent que quelle que soit la station ou la provenance, la proportion de plants atteints n’a fait qu’augmenter au cours des trois années de suivi. Certaines provenances ont montré une tolérance accrue à la maladie. L’intensité de cette dernière reste néanmoins très variable au sein des différentes provenances, provoquant tantôt de faibles symptômes, tantôt la mort des sujets. Une forte réduction d’accroissement a été constatée sur les plants les plus touchés. La multiplication de tels essais pourrait à terme permettre de reconstituer des populations de frêne. [S.P.]

Metzler B., Enderle R., Karopka M., Töpfner K., Aldinger E. [2012]. Entwicklung des Eschentriebsterbens in einem Herkunftsversuch an verschiedenen Standorten in Süddeutschland. Allgemeine Forst- und Jagdzeitung 183 : 168-180 (13 p., 7 fig., 4 tab., 30 réf.).

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{mooblock=La restauration des taillis : comment s’y prendre ? [1151]}

Pour des raisons de production de biomasse ou de conservation de la nature, la restauration des taillis est parfois évoquée comme alternative à la futaie. Mais est-ce possible de restaurer des taillis dans tous les types de futaie ?

Un groupe de scientifiques tchèques s’est penché sur la question de la restauration de taillis à partir de futaies de chêne sessile, de tilleul à petites feuilles et de charme. La conclusion générale de l’étude est qu’il est possible de restaurer des taillis à partir de n’importe quelle futaie constituée de ces trois espèces, même à un âge avancé ou après une longue période de négligence.

Le tilleul et le charme rejettent depuis des souches de n’importe quel diamètre, le chêne sessile, quant à lui, rejette moins bien lorsque le diamètre des souches augmente.

Le nombre de rejets par souche augmente avec le diamètre de celle-ci, et ce, pour toutes les essences. Le diamètre de la souche n’a pas d’effet sur la hauteur des rejets de chêne, alors qu’un grand diamètre engendre des pousses de charme et de tilleul plus grandes.

Enfin, plus il y a d’arbres résiduels dans le peuplement, plus le charme rejette de souche, au contraire du chêne. [B. de P.]

Matula R., Svatek M., Kurova J., Uradnicek L., Kadavy J., Kneifl M. [2012]. The sprouting ability of the main tree species in Central European coppices : implications for coppice restoration. European Journal of Forest Research 131 : 1501-1511 (11 p., 4 fig., 2 tab., 60 réf.).

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{mooblock=Gestion de la diversité génétique des arbres forestiers [1152]}

Un groupe européen de chercheurs a défini les exigences minimales nécessaires pour la gestion de la diversité génétique forestière, comblant ainsi un manque principalement dû à la complexité naturelle et institutionnelle de l’Europe ainsi qu’à une méconnaissance ordinaire des besoins de gestion.

Ils proposent donc la création d’unités de conservation dynamiques de la diversité génétique des arbres en forêt. Les unités sont des populations naturelles ou artificielles qui sont gérées pour maintenir les processus évolutifs et le potentiel adaptatif à travers les générations. Chaque unité devrait avoir un statut de désignation et un plan de gestion, et une ou plusieurs essences identifiées comme espèces cibles pour la conservation génétique.

Les objectifs de conservation sont multiples et d’eux dépendent la taille des unités :

  • maintenir la diversité génétique dans une large population d’arbres (taille : 500 arbres reproducteurs) ;
  • conserver des traits spécifiques d’adaptation ou autres dans des populations d’arbres marginales ou dispersées (taille : 50 arbres reproducteurs) ;
  • conserver des essences rares ou en danger, avec des populations ne comptant plus qu’un faible nombre d’individus (taille : 15 arbres reproducteurs).

Les interventions sylvicoles sont autorisées, si nécessaires, et ont pour but d’assurer l’existence continue des populations d’arbres dont on vise la conservation génétique ou pour créer des conditions favorables à la croissance et à la vitalité des arbres visés et leur régénération naturelle.

Enfin, des inventaires devraient y être menés afin de pouvoir suivre la régénération et la taille des populations. [C.H.]

Koskela J., Lefèvre F., Schueler S., Kraigher H., Olrik D.C., Hubert J., Longauer R., Bozzano M., Yrjänä L., Alizoti p., Rotach p., Vietto L., Bordács S., Myking T., Eysteinsson T., Souvannavong O., Fady N., De Cuyper B., Heinze B., von Wühlisch G., Ducousso A., Ditlevsen B. [2012]. Translating conservation genetics into management: Pan-European minimum requirements for dynamic conservation units of forest tree genetic diversity. Biological Conservation 157 : 39-49 (11 p., 1 fig., 1 tab., 105 réf.).

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{mooblock=La plantation de forêts peut-elle aider à maintenir
la diversité végétale ? [1153]}

En Irlande, une étude a comparé les communautés de plantes présentes au sein de peuplements d’épicéas commun et de Sitka, de mélèze du Japon et de frêne avec celles installées dans des chênaies et frênaies semi-naturelles.

Seul un cortège de plantes s’est avéré semblable aux deux types de forêts semi-naturelles étudiées. Cette communauté était située dans une plantation de frêne se développant sur un sol riche et à proximité d’une forêt semi-naturelle dont la communauté végétale est similaire à celle des frênaies. Bien que ce type de plantation permette de maintenir un cortège de plantes comparable à celui des frênaies semi-naturelles, il comporte significativement moins d’espèces. Alors qu’aucune autre communauté végétale proche de celles des chênaies et frênaies n’a pu être observée dans les autres types de plantation, les auteurs insistent sur le fait que ces peuplements ont le potentiel de favoriser un grand nombre d’espèces forestières.

Par ailleurs, les auteurs ont mis en évidence l’importance des paramètres géographiques, édaphiques et surtout sylvicoles dans la détermination et le maintien des communautés végétales. Les facteurs géographiques et édaphiques étant difficilement contrôlables, la gestion des forêts peut être réfléchie afin de favoriser la diversité végétale des forêts. [S.P.]

Coote L., French L.J., Moore K.M., Mitchell F.J.G., Kelly D.L. [2012]. Can plantation forests support plant species and communities of semi-natural woodland ? Forest Ecology and Management 283 : 86-95 (10 p., 3 fig., 7 tab., 73 réf.).

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{mooblock=Imagine un monde sans disperseurs de graines [1154]}

Les animaux disperseurs de graines procurent un service crucial à un grand nombre d’espèces de plante à travers le monde. Dans les régions tropicales, plus de 90 % des espèces végétales sont dispersées par les animaux. Les principaux sont des mammifères, des oiseaux ou des fourmis.

Les avantages pour la plante sont que la graine échappe à la compétition des frères et sœurs, aux ennemis naturels proches des parents et que cela lui permet de coloniser de nouveaux habitats. De plus, la dispersion des graines est primordiale pour le maintien de la diversité génétique d’une espèce et de son potentiel d’adaptation, que ce soit au sein de son micro-habitat ou à une plus large échelle écologique.

Les menaces pesant sur les animaux disperseurs sont liées aux activités humaines directes ou indirectes : chasses, utilisation de pesticides, déforestation, fragmentation des habitats… La perte d’habitats et leur dégradation entraînent un grand nombre de menaces secondaires comme la colonisation par des espèces invasives ou la propagation de maladies.

Un déclin parmi ces disperseurs pourrait mener à des dysfonctionnements dans les processus de dispersion des graines. L’impact serait différent suivant que la plante dépende d’un ou de plusieurs disperseurs. Il pourrait aller de problèmes de régénération de l’espèce, au changement de communauté, en passant par un déclin du fonctionnement des écosystèmes. La variabilité génétique serait réduite, tout comme la diversité des espèces. À long terme, certaines plantes ou essences présentant un intérêt économique pourraient venir à disparaître, comme d’autres produits non ligneux de la forêt.

Afin d’éviter d’en arriver là, il convient de protéger le bon fonctionnement des écosystèmes, ce qui implique de protéger à la fois les plantes et les animaux liés entre eux mais aussi de proposer des habitats de haute qualité à différentes échelles. La protection de grandes espèces charismatiques est très efficace dans la mesure où elle oblige à conserver des grandes zones d’habitats continues, ce qui permet la préservation simultanée d’espèces moins visibles. Cette option n’est malheureusement pas toujours accessible mais la protection d’une mosaïque d’habitats, efficacement reliés, fournissant une grande quantité de ressources alimentaires et de sites de nidification semble aussi avoir un bon potentiel pour la conservation du fonctionnement des écosystèmes. [C.H.]

Farwig N., Berens D.G. [2012]. Imagine a world without seed dispersers : a review of threats, consequences and future directions. Basic and Applied Ecology 13 : 109-115 (7 p., 1 fig., 75 réf.).

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{mooblock=Quand l’exploitation forestière rencontre
la préservation de l’environnement [1155]}

Dans le cadre du projet de recherche « Forgeco », le FCBA a présenté à un ensemble d’exploitants forestiers quelques unes des bonnes pratiques sur le thème de l’exploitation et la préservation de l’environnement.

La coordination des acteurs est tout d’abord mise en avant. Elle permet de réduire les dégâts aux chemins et au milieu, d’apaiser les tensions entre parties prenantes (forestiers, exploitants, touristes…) et d’abaisser de manière générale les coûts de remise en état ou de déplacements supplémentaires d’engins et de personnel. L’organisation de réunions de chantier permet de coordonner l’abattage directionnel et le sens de débardage, ainsi que la mise en place des dépôts. La concertation préalable permet enfin de se mettre d’accord sur les méthodes de travail à appliquer et d’identifier ensemble les contraintes environnementales telles que les zones humides ou les îlots de régénération.

Le cloisonnement est ensuite abordé. Le FCBA rappelle que tout arbre martelé doit pouvoir être récolté en minimisant les dégâts. Les chantiers suivis montrent des surfaces circulées de respectivement 28 et 40 %, avec et sans cloisonnement. Même chose pour les arbres blessés qui passent de 6 à 17 %.

L’utilisation de chaînes et de tracks doit se faire de manière anticipée. Ils sont souvent mis en place lorsque les engins sont déjà en limite de franchissement et ont donc déjà provoqué des dégâts. Autre mesure préventive, l’entretien des machines. Il permet d’éviter les pollutions dues aux pannes et aux fuites, et les pertes de temps liées aux dépannages et aux interventions. Par ailleurs, l’entretien préventif baisserait la consommation d’huile de 30 % en moyenne sur un an.

Enfin, l’éco-conduite (vitesse adaptée, accélération limitée, utilisation efficiente de l’électronique des engins) est aussi applicable en forêt et permet une baisse des consommations.

Les participants ont mis en avant que pratiquer une exploitation en phase avec la préservation de l’environnement abaisse la productivité et augmente les coûts. Ils plaident pour une répartition équitable des charges supplémentaires. [C.H.]

JMF [2012]. Exploitation forestière et protection de l’environnement : un double enjeu pour la forêt. Le Journal de la Mécanisation Forestière 127 : 11-13 (3 p., 2 fig.).

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{mooblock=Populations d’espèces invasives menacées d’extinction [1156]}

Les invasions par des espèces exotiques sont considérées comme une des causes majeures de perte de biodiversité, sur le même plan que la destruction des habitats, la pollution et les changements climatiques. Dès lors, de nombreux pays ont commencé le monitoring et l’évaluation des impacts des espèces invasives et, dans certains cas, ont entamé l’éradication de celles-ci.

Un groupe de chercheurs de l’Université de Rio de Janeiro, au Brésil, s’est penché sur le cas particulier des populations d’espèces invasives qui sont menacées d’extinction dans leur habitat d’origine. Deux cas au Brésil illustre ce cas particulier. Le lézard Liolaemus lutzae, qui est une espèce localement menacée, a été introduit dans une zone située en dehors de sa distribution naturelle, zone dans laquelle une population locale s’est établie avec succès. Le deuxième cas concerne une espèce de singe, Leonthopithecus chrysomelas, qui a été commercialisée illégalement en tant qu’animal de compagnie dans une région située en dehors de son aire de distribution naturelle. Les deux espèces rivalisent potentiellement avec les espèces locales pour les ressources et, dans le cas de L. chrysomelas, s’hybride avec les espèces locales, affaiblissant ainsi le pool génétique des espèces indigènes.

Dans le cas de ces populations appartenant à une espèce menacée mais qui se situent en dehors de la zone d’origine, les auteurs recommandent un programme d’actions comprenant les étapes suivantes : (1) identification de zones au sein de l’aire de distribution naturelle dans lesquelles l’espèce a disparue, (2) suppression des causes de disparition dans ces zones, (3) suppression progressive de l’espèce dans la zone d’introduction et (4) libération dans les zones identifiées dans l’aire naturelle, tout en respectant le protocole IUCN pour la réintroduction d’espèces. [C.S.]

Rocha C.F.D., Bergallo H.G. [2012]. When invasive exotic populations are threatened with extinction. Biodiversity and Conservation 21 : 3729-3730 (2 p., 10 réf.).

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{mooblock=Qu’est-ce qui motive les étudiants en foresterie ? [1157]}

C’est la question sur laquelle se sont penchés plusieurs chercheurs en analysant la motivation d’étudiants en foresterie issus de divers pays. Cinq cent quatre-vingt-quatre étudiants bacheliers ont ainsi participé à l’enquête, issus de trois universités : brésilienne, chinoise et finlandaise.

Notons qu’après leurs études, la majorité des étudiants souhaiterait travailler dans la gestion des forêts publiques, et ce, peu importe leur nationalité. Viennent ensuite la recherche scientifique pour les étudiants chinois et le travail dans l’industrie du bois ou du papier pour les brésiliens et les finlandais.

L’importance accordée à certains sujets spécifiques des études en foresterie varie assez fort entre les trois pays. Si les brésiliens et les chinois accordent le plus d’importance à la protection de l’environnement, ce choix n’est que le quatrième pour les étudiants finlandais qui préfèrent de loin approfondir un sujet en particulier à l’intérieur du vaste domaine forestier. La gestion des ressources forestières et naturelles interpelle la majorité des participants à l’enquête : c’est le deuxième choix pour les finlandais et les brésiliens, et le quatrième pour les chinois. La sylviculture n’arrive au mieux qu’à la troisième place chez les finlandais, et respectivement aux quatrième et cinquième places, chez les brésiliens et les chinois.

Enfin, les trois groupes d’étudiants s’accordent à dire que des études pratiques réalisées sur le terrain pendant leurs études sont probablement la meilleure expérience dont ils disposent pour la suite de leur carrière : l’expérience pratique est, aux yeux des étudiants, de loin plus importante que d’autres types d’expériences. [B. de P.]

Arevalo J., Mola-Yudego B., Pelkonen p., Qu M. [2012]. Students’ views on forestry éducation : A cross-national comparison across three universities in Brazil, China and Finland. Forest Policy and Economics 25 : 123-131 (9 p., 7 tab., 41 réf.).

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{mooblock=Comment favoriser le recrutement de jeunes hêtres ? [1139]}

Une étude menée sur les données de l’inventaire slovène a permis de mettre en évidence les principaux facteurs influençant le recrutement des jeunes hêtres. Il s’est avéré qu’une faible surface terrière favorise le passage à la futaie. Un pourcentage de surface terrière de hêtre élevé au sein du peuplement dominant l’encourage également. Il semble être facilité dans les jeunes peuplements équiennes ainsi que dans les futaies jardinées et sur les stations de productivité moyenne. La récolte de bois a une influence positive sur le recrutement alors que la présence de grands ongulés le contrarie. Parmi les variables climatiques étudiées, la température moyenne ainsi que les précipitations annuelles influencent la probabilité de passage à la futaie. Une augmentation de la température annuelle moyenne réduit les chances de recrutement. À l’inverse, des précipitations annuelles élevées encouragent le développement des jeunes hêtres. Des résultats intéressants afin d’envisager le futur de cette essence en Europe. [S.P.]

Klopcic M., Poljanec A., Boncina A. [2012]. Modelling natural recruitment of European beech (Fagus sylvatica L.). Forest Ecology and Management 284 : 142-151 (10 p., 4 fig., 5 tab., 59 réf.).

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{mooblock=Vieux chênes en pessière : orienter les trouées vers le sud [1140]}

On sait que les vieux arbres feuillus sont particulièrement intéressants pour le maintien de la biodiversité en forêt. Des chercheurs suédois ont voulu savoir comment maximiser le bénéfice apporté par ces arbres. Le contexte est particulier et s’inscrit dans les grandes pessières à objectif de production du sud de la Suède, où une pratique commune consiste à laisser des vieux chênes au sein des pessières, au-delà donc de la coupe finale.

Les chercheurs ont mis en évidence l’importance de la taille de la trouée entourant ces vieux chênes sur la diversité et l’abondance des coléoptères saproxyliques. Le nombre de branches mortes que porte l’arbre est également un facteur important. Ils ont encore remarqué que l’orientation de la trouée jouait un rôle.

Afin de maximiser le bénéfice de ces vieux chênes répartit dans les pessières, en regard du sacrifice consenti par le propriétaire, les chercheurs conseillent d’orienter les trouées vers le sud et de conserver des arbres présentant de grosses branches mortes. [C.H.]

Koch Widerberg M, Ranius T., Drobyshev I, Nilsson U., Lindbladh M. [2012]. Increased openness around retained oaks increases species richness of saproxylic beetles. Biodiversity and Conservation 21 : 3035–3059 (25 p., 5 fig., 8 tab., 48 réf.).

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{mooblock=L’effet des distances de plantation et des types d’éclaircie
sur le développement des épicéas en phase de qualification [1141]}

La stabilité des peuplements est considérée comme un paramètre crucial dans la gestion forestière, surtout dans le cas des pessières pures pour lesquelles le développement optimal dépend fortement des interventions réalisées. La recherche de la stabilité doit se faire dans le jeune âge, dès la fin de la phase d’installation et pendant toute la durée de la phase de qualification grâce à la désignation et le détourage des arbres d’avenir.

Une étude réalisée en République tchèque a analysé le développement des arbres d’avenir en fonction de différentes distances initiales de plantation ainsi que l’application de différents types d’éclaircie. L’étude s’étend sur 20 ans et le peuplement était âgé de 40 ans à la fin de la période.

Quatre distances de plantation ont été testées : 1,5 x 1, 2,5 x 1, 2,5 x 1,5 et 2,5 x 2,5 mètres. Trois types d’éclaircie ont été appliqués à chaque modalité de plantation : éclaircie systématique, éclaircie sélective et pas d’éclaircie. Les arbres d’avenir ont été désignés dès le début de la période d’étude et leur développement analysé en fonction des conditions initiales de plantation et des modalités d’éclaircie.

Les résultats montrent que les conditions les plus favorables à la stabilité du peuplement concernent les éclaircies sélectives et la distance de plantation la plus grande (2,5 x 2,5 m). [C.S.]

Stefancik I.[2012]. Development of spruce (Picea abies L. Karst.) target (crop) trees in pole-stage stand with different initial spacing and tending régime. Journal of Forest Science 58(10) : 456-464.

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{mooblock=Bientôt une réduction des populations de grand gibier ? [1142]}

Durant le mois d’octobre, le Ministre Carlo Di Antonio a présenté son « Plan stratégique de réduction des populations de grand gibier en Wallonie » afin de rétablir un meilleur équilibre faune-flore.

Le plan comprend vingt-cinq mesures différentes réparties en quatre grands objectifs :

  • réduire les populations là où elles sont excédentaires ;
  • éviter des concentrations et proliférations de grand gibier ;
  • responsabiliser le monde la chasse ;
  • et établir un état des lieux précis de la situation.

Le plan stratégique vise, d’ici trois ans, à réduire d’un tiers la population de sanglier, et à revenir à une population d’environ 10 000 cerfs au lieu des 12 600 estimés à l’heure actuelle. Pour y arriver, diverses mesures seront assouplies : une période de battue pour les espèces sanglier, cerf, daim et mouflon qui va s’étaler jusqu’au 31 janvier, au lieu du 31 décembre. À partir de 2013, les battues qui auront lieu entre le 20 décembre et le 31 janvier seront cependant autorisées uniquement la semaine, afin de ne pas importuner les autres usagers de la forêt. La régulation des populations lors de la récolte des cultures sera autorisée également.

Pour éviter les concentrations et proliférations de grand gibier, le ministre a choisi de réglementer beaucoup plus strictement le nourrissage. Le nourrissage du grand gibier va être interdit au nord du sillon Sambre et Meuse. À partir du 15 novembre 2012, les silos en forêt seront interdits, de même que la mécanisation et la motorisation du nourrissage. Seules deux formes de nourrissage seront encore autorisées au sud du sillon Sambre et Meuse :

  • un nourrissage supplétif entre le 1er novembre et le 30 avril, avec du foin de graminée ou de légumineuse, les betteraves devenant interdites ;
  • un nourrissage dissuasif du sanglier entre le 1er avril et le 30 septembre, sans maïs, mais avec des céréales indigènes avec ajout de pois ;
  • pendant une période de trois ans, le nourrissage dissuasif reste autorisé entre le 1er octobre et le 31 mars, sauf pour les territoires « points noirs » sanctionnés pour défaut de prélèvement en sanglier suffisant. [B. de P.]

Communiqué de presse du Ministre Carlo Di Antonio, 24 octobre 2012.

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{mooblock=Pistes de rétablissement pour la perdrix grise [1143]}

Les populations de perdrix grise montrent une diminution drastique de leur nombre partout en Europe. Les connaissances actuelles sur les causes du déclin et l’efficacité des mesures de conservation sont passées en revue dans cet article. L’évolution des populations étudiées au Royaume-Uni montre trois périodes : une population stable avant 1950, une diminution brutale de leur nombre entre 1950 et 1970, et un déclin continu après 1970. Les autres pays européens s’inscrivent dans le même schéma, avec parfois un décalage de 10 ans pour chaque période (déclin entre 1960 et 1980).

Le début du déclin des populations coïncide avec une diminution brusque de la survie des poussins, principalement causée par la réduction de la disponibilité en insecte, elle-même causée par l’utilisation de pesticides. Ensuite, plusieurs facteurs causent le déclin continu des populations après 1970, comme la diminution du succès des couvaisons et une augmentation du rôle de la prédation.

Les mesures pour restaurer le nombre de perdrix devraient d’abord se concentrer sur l’amélioration des habitats dans lesquels les poussins sont élevés. Après cela, d’autres facteurs sont importants comme la survie des couvées et celle des poules durant la période d’incubation et l’hiver. La gestion devrait donc se focaliser sur la restauration : (1) des habitats riches en insecte pour les poussins, (2) des habitats hivernaux riches en graine et (3) des couverts adaptés à la nidification. La régulation des prédateurs ne devrait pas distraire le gestionnaire de l’objectif numéro 1 de restauration qui est l’amélioration de l’habitat.

Ces améliorations doivent s’inscrire dans une gestion intégrée avec l’agriculture conventionnelle. À côté des bandes spécialement créées pour augmenter la ressource en nourriture ou celle disponible en hiver, l’agriculture conventionnelle peut également jouer un rôle en diversifiant les cultures et en réduisant ou en utilisant de manière plus sélective les pesticides. Laisser les bordures de champ non pulvérisées est une solution pratique qui pourrait être généralisée.

Seule une approche intégrée, permettant une amélioration à large échelle des habitats, parviendra à restaurer les niveaux de population actuels à ceux d’avant 1950. [C.H.]

Kuijper D.P.J., Oosterveld E., Wymenga E. [2009]. Decline and potential recovery of the European greypartridge (Perdix perdix) population - a review. European Journal of Wildlife Research 55(5) : 455–463 (9 p., 3 fig., 59 réf.).

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{mooblock=Après le cheval de fer, le cheval à roues [1144]}

Petit à petit, le cheval de fer a fait son chemin dans le paysage forestier européen. Cet engin à chenille, qui se conduit à l’aide d’un manche et non à partir d’une cabine, permet de nombreux travaux de faible envergure en terrain difficile. Depuis son apparition, plus de trois cents exemplaires ont ainsi fait leur apparition en France, principalement pour travailler sur de petits chantiers forestiers ou pour des travaux en ripisylve.

Une nouvelle variante prometteuse fait maintenant son apparition : le « cheval à roues », traduction littérale de son nom anglais « Wheelhorse ». Il s’agit d’une machine à six roues motrices de 1100 kg à vide, longue d’un peu plus de 4,6 mètres et large de 1,3 mètre. C’est une sorte de mini-porteur articulé : derrière la commande à main, on retrouve une petite remorque de type porteur pouvant accueillir des bois de 2 à 6 mètres et une charge jusqu’à 1,5 tonne. Il se conduit soit en marchant à côté de la machine, manche en main, soit en se mettant debout à l’avant de la machine. Une vitesse lente et une vitesse rapide sont proposées, pour atteindre 15 km/h dans le meilleur des cas. Le Wheelhorse peut grimper des dénivelés jusque 25 %.

Le prix du Wheelhorse est inférieur à 30 000 euros, qu’il soit équipé d’une remorque de type porteur, d’un rollerbuche hydraulique, d’une tarrière ou d’une benne. Cette solution peut donc être intéressante économiquement pour des travaux sur de petites surfaces, des sols sensibles, des milieux particuliers comme les ripisylves ou encore des parcelles en forte pente. [B. de P.]

S.A.[2012]. Le cheval de fer évolue en cheval à roues pour le débardage de bois court. Le Journal de la Mécanisation Forestière 126 : 33-34 (2 p.).

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{mooblock=L’exploitation de l’eucalyptus au Brésil [1145]}

L’article nous plonge dans le gigantisme des exploitations forestières au Brésil et prend l’exemple de la société Veracel, active dans la production de pâte à papier. La société est détenue à moitié par les finno-suédois de Stora Enso (n° 1 des grandes compagnies forestières en Europe) et par le brésilien Fibria (leader mondial des pâtes et papiers).

Veracel possède 211 000 ha de forêt dont 91 000 dans un rayon de 50 km autour de l’usine. Dans leur pépinière, 17 millions de boutures d’eucalyptus sont produites chaque année. Il s’agit de différents clones d’urograndis, essence exclusive de l’usine. Les plantations donnent en moyenne 40 m3 de bois par hectare et par an. En 7 ans, les arbres atteignent 15 mètres de haut et 20 cm de diamètre. Ils sont alors exploités en billons de 3 et 6 mètres.

14 000 ha sont exploités chaque année. La coupe est réalisée à blanc sur plusieurs centaines d’hectares d’un seul tenant. Les abatteuses tournent en deux équipes de 8 heures par jour pour une production de 24 m3 par heure de travail. Toutes les conditions sont réunies pour une exploitation la plus productive possible : grands chantiers, terrains plats et porteurs, coupe à blanc, plantation en ligne d’une seule essence, bois calibrés, peu d’écorce et de branches…

Plus de 10 000 m3 de bois sont livrés chaque jour à l’usine pour entretenir un stock permanent de 120 000 m3. C’est donc près de 4 millions de mètres cubes de bois par an qui sont utilisés par l’usine pour produire 1,1 million de tonne de pâte chimique. [C.H.]

Wood R., APFB [2012]. Au Brésil, l’exploitation mécanisée des petits bois avance à grands pas. Le Journal de la Mécanisation Forestière 126 : 39-41 (3 p.).

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{mooblock=L’état des connaissances sur l’eucalyptus en France [1146]}

Le FCBA (ancien AFOCEL) propose une synthèse des connaissances actuelles sur la sylviculture de l’eucalyptus en France. Cette essence, qui couvre 19 millions d’hectares dans le monde, est particulièrement appréciée pour la fabrication de papier et, plus récemment, pour la production de biomasse énergétique.

En France, sous l’impulsion de grands groupes papetiers, plusieurs programmes de recherches ont été menés depuis les années ‘70. Ils visaient principalement à mettre au point les itinéraires techniques et les provenances possibles pour une culture dans les régions méridionnales.

L’enjeux principal est de concilier productivité et résistance aux grands froids. Aujourd’hui, des clones adaptés semblent au point et le taillis à courte rotation (TCR) permet de récolter environ 10 tonnes de matière sèche par hectare et par an. Les eucalyptus sont plantés à 1000 ou 1250 plants/ha, la rotation est de 10 à 12 ans et on autorise trois à quatre rotations avec le même ensouchement. Les arbres sont récoltés à 30 cm de diamètre de souche.

Les travaux de préparation et de plantation sont lourds et sont plutôt à comparer à des pratiques agricoles que sylvicoles.

Les recherches actuelles s’orientent vers l’impact sur le milieu et notamment sur le cycle de l’eau. Les questions de biodiversité et d’acceptation sociétale sont également au cœur des préoccupations des chercheurs. [C.H.]

Melun F., Nguyen T.N. [2012]. L’Eucalyptus en France : une espèce remarquable pour la production de biomasse. Revue Forestière Française 64(1) : 7-26 (20 p., 6 fig., 1 tab., 23 réf.).

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{mooblock=Stère ou mètre cube ? [1147]}

Depuis le 1er janvier 1980, le stère n’est plus reconnu comme unité de mesure légale en Belgique. Il convient donc d’utiliser la seule unité autorisée pour le volume de bois : le mètre cube, ou le mètre cube apparent dans le cas du bois de chauffage.

Les entreprises qui veulent vendre du bois ne peuvent donc légalement renseigner sur les annonces les factures et les étiquettes qu’un volume en mètre cube. Annoncer un volume en stère peut donc conduire à des sanctions pénales. En effet, le Service Public Fédéral Économie a l’intention d’effectuer plus de contrôle en ce sens, selon un communiqué de l’UREBO (Union Régionale des Entreprises du Bois). [B. de P.]

Communiqué UREBO, 19 octobre 2012

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{mooblock=Une dévalorisation des forêts européennes à prévoir d’ici 2100 [1148]}

Une étude menée par une équipe internationale de scientifiques dirigée par Marc Hanewinkel de l’Institut fédéral de recherches (WSL) en Suisse affirme que d’ici 2100, les changements climatiques pourraient réduire la valeur économique des forêts en Europe de 14 à 50 %, ce qui équivaudrait, en l’absence de mesures efficaces, à une perte potentielle de plusieurs centaines de milliards d’euros.

Même avec un scénario de changement climatique modéré, les modifications de température et de précipitations influenceront fortement la répartition de la plupart des essences forestières. À long terme, les espèces adaptées au froid et à une humidité moyenne, comme l’épicéa commun, seront exposées à une forte diminution de leur superficie. Or, dans beaucoup de pays européens, l’épicéa commun contribue aujourd’hui à une grande part de la valeur d’exploitation des forêts.

L’étude a appliqué trois scénarios de changement climatique parmi les quarante du GIEC et dans les trois cas, l’épicéa commun s’établira plus au nord et disparaîtra probablement d’une grande partie de l’Europe centrale, orientale et occidentale. Les essences méditerranéennes comme le chêne-liège (Quercus suber) ou le chêne vert (Quercus ilex), profiteront du changement climatique et s’implanteront beaucoup plus au nord. Ces essences méditerranéennes sont mieux adaptées à la sécheresse mais ont une croissance plus lente et offrent donc un faible rendement économique pour l’industrie du bois. Ces futures forêts à croissance lente capteront également moins de carbone qu’aujourd’hui.

Les auteurs indiquent qu’il pourrait s’avérer nécessaire de recourir à des mesures de gestion adaptées, voire d’envisager l’introduction d’espèces non indigènes mais plus productives comme le douglas (Pseudotsuga menziesii), le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) ou des variétés de pin ou d’eucalyptus. [C.S.]

Communiqué complet, graphiques et informations complémentaires : www.wsl.ch

Hanewinkel M., Cullmann D.A., Schelhaas M-J., Nabuurs G-J, Zimmermann N.E. [2012]. Climate change may cause severe loss in the economic calue of European forest land. Nature Climate Change, published online.

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Télécharger le forêt-MAIL 91 en version pdf

{mooblock=Le grand corbeau en Wallonie :
quelques nouvelles de sa situation [1129]}

Le suivi des populations de grands corbeaux en Wallonie pose un bilan plutôt positif, qu’il s’agisse du nombre d’individus observés ou de leur aire de répartition : la tendance est à l’optimisme.

La majorité des observations sont réalisées en Famenne et en Ardenne. Dans les autres régions, la présence est plutôt sporadique. Les observations font souvent état d’un ou de deux oiseaux, rarement plus, exception faite d’un groupe de neuf oiseaux observés au printemps 2011.

Même si les populations sont concentrées à l’est de la Meuse, des premières nidifications réussies ont déjà eu lieu à l’ouest de la Meuse en 2010. Ces observations indiquent, entre autres, une plus grande aire de répartition de notre plus grand corvidé.

Les nids ont été suivis par des ornithologues et ont permis d’obtenir des renseignements sur le régime alimentaire de ce grand oiseau. Bien que les petits mammifères constituent une proportion très importante du régime de ce chasseur, qui peut aussi être charognard quand l’occasion se présente, il ne semble pas exceptionnel qu’il consomme aussi du maïs. Les nids observés à l’ouest de la Meuse sont situés à proximité d’aires de nourrissage sur lesquelles les rongeurs sont nombreux : il ne se priverait alors pas de picorer quelques grains au passage. [B. de P.]

Doucet J. [2012]. Premier cas de nidification du grand corbeau Corvus corax à l’Ouest de la Meuse. Aves 49(1) : 1-12 (12 p., 10 réf.).
Anonyme [2012]. Observations de mars à mai 2011. Aves 49(1) : 29-47 (12 p., 9 fig.).

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{mooblock=La tuberculose chez le grand gibier [1130]}

Une récente étude vient de faire le point sur la présence de tuberculose chez les populations d'animaux sauvages européens. Cette maladie chronique, causée par Mycobacterium bovis, affecte le cheptel bovin, d’autres animaux d’élevage, mais aussi certains animaux de compagnie, des mammifères sauvages, et plus rarement les humains.

La Belgique, de même que les Pays-Bas et le Luxembourg sont officiellement considérés comme « sans tuberculose ». Cependant, avec la proximité de la France et à cause de fréquents échanges de bétails avec le Royaume-Uni, la faune sauvage fait l’objet de surveillance rapprochée, les deux derniers pays cités étant particulièrement touchés.

La tuberculose a été détectée en France dès 2001 sur des cerfs élaphes, réservoir principal, avec des contaminations par la suite de sangliers et de blaireaux. D’autres cas ont alors aussi été identifiés en d’autres endroits que la Normandie et se sont étendus aux blaireaux et de manière occasionnelle aux chevreuils, au cheptel bovin et aux porcs. Au Royaume-Uni, ce sont les très nombreux blaireaux qui sont les principaux porteurs de la maladie ; en Espagne, c’est le sanglier. [B. de P.]

Gortazar C., Delahay R.J., McDonald R.A., Boadella M., Wilson G.J., Gavier-Widen D., Acevedo p. [2012]. The status of tuberculosis un European wild mammals. Mammal Review 42 : 193-206 (14 p., 1 fig., 95 réf.).

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{mooblock=La plantation en cellule plutôt qu’en ligne pour les chênes [1131]}

Jusqu’à ce jour, les chênes pédonculés et sessiles étaient plantés selon la méthode classique, c’est-à-dire en ligne. Une étude menée en Allemagne, en Suisse et en Autriche a été réalisée afin de comparer cette méthode usuelle à la plantation en cellule.

Cette dernière a été introduite durant les années ‘80 et ‘90, en tant qu’alternative économique et écologique à la plantation traditionnelle. Chaque cellule étant composée de l’essence-objectif et d’essences d’accompagnement.

Au cours de cette étude, deux modalités de plantations en cellule ont été testées, chacune étant comparée à la méthode classique. La première, dite « en nid », laissait un espace de 0,2 mètre entre les plants. La seconde, dite « en groupe », maintenait quant à elle une distance de 1 mètre entre les jeunes chênes. Dans chacun des cas, vingt à trente plants ont été installés par cellule. Généralement, cent groupes ou deux cents nids par hectare ont été répartis selon une distribution uniforme.

Les critères retenus pour comparer les méthodes étaient la croissance et la qualité des plants (forme de la tige, forme du houppier, hauteur de fût sans branche et nombre d’arbres d’avenir).

L’étude a démontré que les plants issus de la méthode en nid présentaient un taux de survie plus faible ainsi qu’une croissance et une qualité moindres que ceux provenant de la méthode en ligne. En revanche, la survie, la croissance et la qualité des chênes émanant de la plantation en bouquet se sont avérées similaires, voire supérieures en comparaison à la méthode en ligne.

Dès lors, les auteurs recommandent la plantation en groupe en tant qu’alternative à nos plantations traditionnelles. [S.P.]

Saha S., Kuehne C., Kohnle U., Brang p., Ehring A., Geisel J., Leder B., Muth M., Petersen R., Peter J., Ruhm W., Bauhus J. [2012]. Growth and quality of young oaks (Quercus robu and Quercus petraea) grown in cluster plantings in central Europe: A weighted meat-analysis. Forest Ecology and Management 283 : 107-118 (12 p., 6 fig., 4 tab., 83 réf.).

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{mooblock=L’effet du climat et du mélange sur la productivité
des peuplements d’épicéa et hêtre [1132]}

Le mélange d’essences est réputé pour stabiliser la productivité, améliorer la résilience et minimiser les risques de tous types. Cependant, la recherche scientifique étudiant l’effet du mélange sur la productivité et l’utilisation des ressources donne jusqu’à présent des résultats relativement incohérents.

Une étude réalisée près de Munich en Allemagne a analysé l’influence du mélange d’essences sur la productivité des peuplements, en prenant en compte les conditions climatiques ainsi que différents modèles d’agencement du mélange (répartition spatiale des essences au sein du peuplement, mélange par groupe versus mélange intime).

Un total de six peuplements, quatre peuplements purs (deux pessières et deux hêtraies) ainsi que deux peuplements mélangés hêtre-épicéa, ont fait l’objet de mesures pendant une dizaine d’années. Parmi les deux peuplements mélangés, l'un présente un agencement par groupe et l’autre présente un mélange pied à pied.

Les résultats de l’étude peuvent se résumer de la manière suivante :

  1. Le mélange n’a aucun effet sur la productivité primaire annuelle du peuplement lorsque les deux essences se trouvent en mélange par groupe. Par contre, cette productivité augmente de 37 % lorsque le mélange est intime (pied à pied). Cette constatation s’explique par la meilleure efficacité de l’utilisation de l’eau et de la lumière en mélange intime.
  2. Des conditions climatiques favorables augmentent la productivité des peuplements mélangés par rapport aux peuplements purs. Par contre le bénéfice du mélange s’annule en cas de stress hydrique.
  3. Une interaction entre l’agencement du mélange et les conditions climatiques variables a été identifiée : l’utilisation des ressources (lumière et eau) est améliorée en mélange intime au cours des années à conditions climatiques favorables. Cependant, en cas de conditions climatiques défavorables, l’agencement du mélange joue un rôle moins important en terme de productivité. [C.S.]

Pretzsch H., Dieler J., Seifert T., Rötzer T. [2012]. Climate effects on productivity and resource-use efficiency of Norway spruce (Picea abies) and European beech (Fagus sylvatica) in stands with different spatial mixing patterns. Trees - Structure and Function 26 : 1343-1360 (18 p., 7 fig., 6 tab., 71 réf.).

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{mooblock=L’effet du mélange d’essences sur la production de racines fines [1133]}

L’amélioration de la productivité des peuplements mélangés par rapport aux peuplements purs s’explique généralement par l’utilisation complémentaire des ressources. La différenciation verticale des niches souterraines est une hypothèse très souvent avancée. Cependant, la plupart des études analysent la relation entre la productivité et la différenciation verticale des niches souterraines dans des peuplements mûrs ou d’âge intermédiaire.

Une étude en Allemagne s’est focalisée sur la problématique en peuplements jeunes, dans lesquels l’occupation de l’espace souterrain par les racines est en cours. L’objectif de l’étude était d’analyser comment se comportent les racines fines (diamètre inférieur à 2 mm) dans un jeune peuplement mélangé âgé de 5-6 ans.

Le peuplement étudié est issu d’une plantation de 2003 de quatre essences en mélange (épicéa, douglas, hêtre et chêne sessile). Des échantillons de sol (carottes) de 30 cm de profondeur ont été prélevés au pied des plants pour estimer la production de racines fines en fonction de l’environnement direct des plants.

Les résultats de l’étude montrent entre autres, que la production de racines fines des essences dominantes (épicéa, douglas) est plus grande en mélange qu’en peuplement pur. De manière plus détaillée, les auteurs ont observé que les plants d’épicéa produisent plus de racines dans les couches supérieures du sol (0 à 15 cm) alors que les racines des plants de douglas sont plus abondantes entre 15 et 30 cm.

De manière générale, l’étude indique que le mélange d’essences provoque une augmentation considérable de la production, de la distribution verticale et du renouvellement des racines fines. De plus, ce phénomène s’accentue avec la diversité en essences du mélange. [C.S.]

Lei p., Scherer-Lorenzen M., Bauhus J. [2012]. The effect of tree species diversity on fine-root production in a young temperate forest. Oecologia 169 : 1105-1115 (11 p., 4 fig., 2 tab., 6 réf.).

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{mooblock=Comment grandit un cerne annuel ? [1134]}

Des scientifiques viennent de se pencher sur la croissance au sein d’une année de trois essences européennes : le hêtre, le chêne sessile et le pin sylvestre.

Pour ces trois espèces, la largeur du cerne est influencée significativement par la durée de croissance du cerne et non par la rapidité avec laquelle celui-ci grandit. Cela signifie qu’un cerne qui prend plus de temps à se former sera plus grand qu’un cerne qui pousse très vite mais sur peu de temps.

Le début de la croissance du cerne annuel varie par contre selon les espèces :

  • le hêtre commence son cerne juste après le débourrement, la croissance du cerne étant maximale quand les feuilles sont matures : la croissance annuelle du hêtre dépend donc fortement de la photosynthèse ;
  • le cerne annuel du chêne sessile débute, quant à lui, avant le débourrement ;
  • la croissance du pin sylvestre commence avant le déroulement des aiguilles. [B. de P.]

Michelot A., Simard S., Rathgeber C., Defrêne E., Damesin C. [2012]. Comparing the intra-annual wood formation of three European species (Fagus sylvatica, Quercus petraea and Pinus sylvestris) as related to leaf phenology and non structural carbohydrate dynamics. Tree Physiology 32(8) : 1033-1045 (13 p.).

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{mooblock=Parlons un peu de mycosylviculture [1135]}

La mycosylviculture est un terme qui met en évidence le lien entre les champignons et l’écosystème forestier : l’influence pour la gestion forestière peut s’avérer importante. Les champignons servent en effet d’interface entre le sol et les arbres, grâce à leur mycélium, avec d’importants rôles dans la résilience des écosystèmes, mais aussi dans la nutrition des plantes et le recyclage de la matière organique.

Dans certaines régions européennes, la production de champignon peut s’avérer importante financièrement pour le propriétaire. Un projet européen est en développement dans le sud-ouest de la France, en Espagne et au Portugal, là où la production de cèpes de Bordeaux atteint par exemple :

  • 40 kg en moyenne par hectare et par an sur une pinède espagnole de 12 000 hectares ;
  • ou encore 15 kg par hectare et par an dans des forêts feuillues mélangées des Hautes-Pyrénées.

La mycosylviculture telle qu’elle est proposée dans le sud-ouest de l’Europe, propose ainsi plusieurs améliorations dans le but d’optimiser le fonctionnement des écosystèmes :

  • des forêts mélangées : la diversité d’essences favorise la diversité de champignons. Le fonctionnement de l’écosystème est alors amélioré : meilleure résilience, meilleur recyclage des éléments nutritifs et meilleure efficacité des systèmes racinaires. Il faut évidemment favoriser les essences-hôtes des champignons comestibles recherchés ;
  • des forêts avec présence de plusieurs âges : le système irrégulier s’avère plus intéressant pour la production de champignons ;
  • des forêts à faciès différents selon les expositions en cas de pentes ;
  • une volonté de laisser du bois mort en forêt, ce qui favorise les micro-habitats, propices aux fructifications de champignons.

Enfin, la production de champignons peut être particulièrement intéressante dans les sols peu fertiles : les sols peu profonds ou avec des problèmes de circulation d’eau. Cependant, ces sols doivent avoir une bonne porosité et un cycle de la matière organique qui fonctionne bien. Les sols ayant subi un tassement ou présentant une importante accumulation de matière organique sont dès lors peu favorables à la production de champignons. [B. de P.]

Rondet J. [2012]. La mycosylviculture. Forêt de France 556 : 24-27 (4 p.).

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{mooblock=Les gastéropodes face aux renouées invasives [1136]}

Les renouées invasives (Fallopia sp.) sont connues pour diminuer la diversité spécifique des plantes dans les lieux qu’elles colonisent. Des chercheurs suisses ont tenté de mettre en évidence l’effet de ces plantes invasives sur le recouvrement végétal et la diversité et l’abondance des espèces de gastéropode. Pour cela, ils ont comparé des parcelles témoins et des parcelles envahies de renouée du Japon.

Les résultats montrent que la richesse spécifique en plante des parcelles envahies est 50 % inférieure à celle des parcelles témoin, tant pour les espèces herbacées que pour les espèces ligneuses. Les espèces les plus affectées sont notamment le houblon, le fusain d’Europe, l’ortie et l’égopode podagraire.

Concernant les gastéropodes, des résultats analogues ont pu être constatés pour les espèces dont les coquilles dépassent 5 mm de diamètre et qui ont une espérance de vie supérieure à deux ans. Les limaces et les escargots à courte durée de vie ne subissent pas d’effet ou montrent au contraire une présence plus importante au sein des parcelles de renouée du Japon. [D.A.]

Stolla p., Gatzscha K., Rusterholza H.-P., Baura B. [2012]. Response of plant and gastropod species to knotweed invasion. Basic and Applied Ecology 13 : 232-240 (9 p., 2 tab., 3 fig., 38 réf.).

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{mooblock=Sur la constitution des méandres [1137]}

Les nombreux méandres et chenaux formés par les cours d’eau des plaines alluviales n’ont pas toujours existé : les sédiments fluviaux caractéristiques des plaines alluviales actuelles n’apparaissent qu’à la fin du Dévonien, précédent le Carbonifère (environ 360 millions d’années).

Les études sédimentologiques et paléontologiques montrent que les premiers arbres et les premières forêts sont à l’origine de la morphologie des plaines alluviales actuelles. En effet, la stabilisation des zones inondables et l’apparition des méandres seraient liées à la complexification et à la diversification des assemblages racinaires des plantes vasculaires. [C.S.]

Dabonneville C. [2012]. Brève paléontologie. Arbres et méandres : une histoire conjointe. La Garance Voyageuse 97 : 2 (1 p.).

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{mooblock=Du miscanthus dans les pellets [1138]}

La compétition entre les différents usages du bois (énergie, industrie papetière, panneaux, etc.) fait que d’autres sources de matériaux sont prospectées pour répondre à la demande croissante en pellets dans certains pays. Le miscanthus, une graminée pouvant atteindre 4 mètres de haut, serait une alternative intéressante au bois. Il présenterait en effet des avantages économiques et environnementaux tels que de hauts rendements, une facilité de récolte, une faible émission de gaz à effet de serre par unité de biomasse et par unité de surface agricole, ainsi qu’une action bénéfique sur l’érosion des sols agricoles.

Des chercheurs allemands ont étudié l’influence d’une proportion de miscanthus sur la qualité des pellets du point de vue de leurs propriétés physiques. Les résultats montrent qu’il est possible d’obtenir des pellets répondant aux standards de qualité communément admis. [D.A.]

Lehmann B., Schröder H.-W., Wollenberg R. Repke J.-U. (2012). Effect of miscanthus addition and different grinding processes on the quality of wood pellets. Biomass and Bioenergy 44 : 150-159 (10 p., 2 tbl., 12 fig., 51 réf.).

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{mooblock=Fourches chez le chêne sessile :
un effet clair de la densité de plantation [1119]}

L'observation de trois densités de plantation en chêne sessile, en Normandie, durant 23 ans, a apporté des résultats intéressants en ce qui concerne le nombre et la hauteur des fourches. Les trois densités de plantation étaient de 1333, 2667 et 5333 plants par hectare. Il ressort clairement que le nombre de fourches dépend de la densité de plantation : la densité la plus faible montrant le plus grand nombre de fourches. La hauteur de la première fourche est également expliquée par la densité mais avec en plus un effet de l'âge. Pour les auteurs, il semble évident qu'une densité initiale de 2667 plants par hectare serait une densité pertinente pour éviter l'émergence de trop de fourches et leur insertion trop basse. [C.H.]

Colin F., Ningre F., Fortin M., Huet S. [2012]. Quantification of Quercus petraea Liebl. forking based on a 23-year-long longitudinal survey. Forest Ecology and Management 282 : 133-141 (9 p., 5 fig. 3 tab., 43 réf.).

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{mooblock=La rouille suisse est américaine et bien présente au printemps 2012 [1120]}

La rouille suisse du douglas est un champignon de type ascomycète, et non une vraie rouille comme son nom le laisse penser. Son aire de dispersion naturelle est située aux États-Unis, mais elle a été découverte sur le continent européen en Suisse, et plus précisément dans le canton de Berne. La France a ensuite été contaminée par des plants infectés.

Le champignon en question engendre une coloration des aiguilles, jaune puis brune, avant de provoquer leur chute de manière précoce.

Les premiers symptômes sont des fructifications visibles : de petits points noirs sur les aiguilles. Quatre à cinq mois après l’infection, les fructifications obstruent les stomates du douglas, ce qui pose problème l’année suivante. L’activité photosynthétique baisse alors considérablement, de même que l’assimilation du carbone. Enfin, au delà de 50 % de stomates bouchés, les aiguilles tombent.

De nombreux peuplements de douglas français ont présenté des rougissements et des chutes d’aiguilles au printemps 2012, principalement dans le Nord-Est, la Bourgogne et le Beaujolais. Enfin, il est important de signaler que la rouille suisse est liée au climat : elle est favorisée par une humidité de l’air importante au printemps, mais aussi par une hausse des températures hivernales. [B. de P.]

Anonyme [2012]. Un point sur la rouille suisse du douglas. La Lettre du DSF 44 : 7 (1 p.).

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{mooblock=Incidence du type d’engrais azoté
sur le système racinaire des plants [1121]}

L’un des plus grands stress subi par les plants après leur plantation sur le terrain est le manque d’eau. Il peut notamment être dû à un contact insuffisant des racines avec le sol ou à une perméabilité racinaire insuffisante.

Le succès de la plantation dépend de la capacité du plant à acquérir assez d’eau pour alimenter sa pousse feuillée. La taille et la distribution du système racinaire sont donc des caractéristiques déterminantes pour faire face aux stress survenant après la plantation.

Plusieurs études montrent que les plantes favorisent la croissance de la pousse feuillée lorsque l’azote est disponible en quantité. Lorsque l’azote n’est pas disponible en suffisance, c’est le développement du système racinaire qui est favorisé. Les plants de pépinière qui reçoivent une forte concentration de fertilisant sous forme d’azote minéral voient souvent leur grande taille acquise aux dépens d’un système racinaire bien développé.

Des plants nouvellement plantés avec un système racinaire restreint et une grande proportion de pousse feuillée semblent plus susceptibles de se dessécher, ce qui conduit à un taux de survie très bas.

On pourrait arriver à une meilleure conformation des plants en diminuant les fertilisants azotés. Seulement, cela conduirait à des plants stressés qui, une fois en place, pourraient être plus sensibles à d’autres stress biotiques ou abiotiques.

L’objectif de cette étude suédoise était d’enquêter sur l’incidence de la forme chimique d’azote (organique ou minérale) sur la morphologie et la croissance des plants d’épicéa et de pin sylvestre cultivés en pépinière et de déterminer dans quelle mesure cet effet influence les performances des plants après leur plantation sur le terrain.

Les plants cultivés en pépinière sur une source d’azote organique ont bien montré des systèmes racinaires plus conséquents, un ratio racine/pousse plus élevé, une plus grande proportion de fines racines et une colonisation plus importante des racines par des mycorhizes par rapport à ceux ayant bénéficié d’azote minéral. Un an après la plantation, les pousses feuillées des plants à azote organique montraient une plus grande croissance et suggéraient donc une meilleure reprise que celles des autres plants. [D.A.]

Gruffman L., Ishida T., Nordin A., Näsholm T. [2012]. Cultivation of norway spruce and scots pine on organic nitrogen improves seedling morphology and field performance. Forest Ecology and Management 276 : 118-124 (7 p., 5 tab., 2 fig., 37 réf.).

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{mooblock=Avez-vous vu ces espèces ? [1122]}

Le DEMNA lance une première expérience de « science participative » en Wallonie. L'idée est de proposer au grand public de signaler les observations qu'il pourrait faire à propos de quatre espèces protégées. Elles ont été choisies car elles peuvent être rencontrées dans la plupart des régions et sont relativement faciles à identifier. La meilleure connaissance de la répartition géographique de ces espèces et de la situation actuelle de leurs populations permettra de mieux cibler les mesures et actions de protection.

Les quatre espèces sont l'escargot de Bourgogne (Helix pomatia), le lucane cerf-volant (Lucanus cervus), l’écaille chinée (Euplagia quadripunctaria ou Callimorpha q.) et le sphinx de l’épilobe (Proserpinus proserpina).

Un module d'encodage en ligne a été développé pour permettre de déposer ses observations et photos. Les observations peuvent être anciennes ou récentes : nom de l'espèce, localisation précise, date d'observation, type de milieu, nombre d'individus, état, sexe… La prise de photos est encouragée et peut concerner l'animal ou son milieu.

Adresse du module d'encodage : observatoire.biodiversite.wallonie.be/enquetes. Des fiches descriptives des quatre espèces sont disponibles à la même adresse. [C.H.]

Communiqué de presse DEMNA, 2 août 2012.

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{mooblock=Un GPS forestier pour les grumiers [1123]}

Le temps passé en forêt par les grumiers à la recherche des places de dépôt est parfois anormalement long. Une étude allemande publiée en 1999 a montré que le temps du trajet aller était de 31 % du temps total passé en forêt, contre 9 % pour le trajet retour.

Cette perte de temps implique une consommation supplémentaire de carburant, des dommages potentiels additionnels à l’environnement et une dégradation inutile du réseau de desserte.

Une solution apportée par l’Allemagne à ce problème est la mise au point d’un système de guidage en forêt. L’association NavLog a été créée pour recueillir les données relatives aux routes forestières : aptitude porteuse, largeur des chaussées, pente, rayon de courbe des virages, places de manœuvre… Les données sont relevées par les entreprises forestières et transmises à NavLog. Elles alimentent un fichier vectoriel navigable appelé ShapeForst qui sert lui-même de fond de données pour un logiciel de guidage hors route.

Ce guidage vient en complément du GPS traditionnel, il prend le relais lorsque l’utilisateur arrive en lisière de forêt.

Outre les gains de temps et de carburant évoqués plus haut, ce GPS pourrait également être bénéfique pour optimiser la gestion des stocks en entreprise. Les services de secours et les sapeurs-pompiers pourraient également bénéficier du service. Enfin, il peut également contribuer à la protection des zones sensibles en interdisant l’accès à certaines routes et en redirigeant le transporteur de manière ciblée. [C.H.].

Blattert C., Lem R. [2012]. Un GPS pour le transport du bois. La Forêt 65(6) : 14-16 (3 p., 5 fig., 8 réf.).

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{mooblock=La tonnellerie française se porte bien [1124]}

La Fédération des Tonneliers de France vient de faire part de son bilan pour l’année 2011 : la production de fûts a augmenté de 3,3 % pour un chiffre d’affaire en hausse de 6 %. La tonnellerie est considérée comme l’unique activité excédentaire de la filière bois française.

En tant que leader mondial de la production de fûts de chêne, la production française, pour l’année 2011, se répartit comme ceci :

  • 178 325 fûts vendus en France (+ 2,4 %)
  • 324 525 fûts vendus à l’exportation (+ 3,8 %) : les États-Unis achètent environ 37 % du total, l’Italie et l’Australie 11 % chacune, et l’Espagne 10 %.

Soit un total de 502 850 fûts produits en 2011, destinés à faire mûrir les vins les plus prestigieux.

Signalons que le leader mondial de la fabrication de grands contenants en chêne sur mesure propose deux nouveaux types de cuve en chêne. Une en forme d’œuf et l’autre, de forme carrée, est destinée à optimiser le volume de stockage par rapport à la place utilisable, sans modifier l’élevage du vin. [B. de P.]

Anonyme [2012]. La tonnellerie française continue à être l’unique activité excédentaire de la filière. La Forêt Privée 325 : 24 (1 p.).

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{mooblock=Pourra-t-on bientôt identifier les cerfs
uniquement en les entendant bramer ? [1125]}

C’est la question que l’on peut se poser suite aux grandes avancées dans le domaine de la bioacoustique. Relativement peu connue, cette technique permet d’analyser les sons émis par des espèces animales dans le but d’étudier certaines de leurs particularités. Cette discipline scientifique permet par exemple de dénombrer précisément des coqs faisans chanteurs car ils ont chacun une signature sonore bien individualisée.

Les signaux acoustiques émis par les cerfs lors du brame ont permis aux chercheurs d’établir un lien entre certains paramètres acoustiques et les conditions physiologiques de l’animal. De cette manière, la fréquence des sons les plus graves, obtenue lorsque le larynx est le plus rentré vers le sternum, montre une forte corrélation avec le poids, l’âge et le succès reproducteur de l’individu. Des indices acoustiques peuvent mettre en évidence certaines caractéristiques physiologiques des animaux. Les portes sont donc ouvertes à de nombreuses études futures dans ce domaine : sur la rivalité, le choix du partenaire sexuel, des analyses démographiques plus poussées ou, qui sait, une identification précise des cerfs sans aucun dérangement. [B. de P.]

Sebe F. [2012]. La bioacoustique : un outil d’avenir pour le suivi et la gestion des espèces animales. Faune Sauvage 295 : 4-7 (4 p., 3 fig., 9 réf.).

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{mooblock=Les sites Natura 2000 globalement biens connectés entre pays [1126]}

Une équipe de chercheurs franco-lituanienne s'est penchée sur la cohérence spatiale et la connectivité des sites Natura 2000 frontaliers à travers les 34 frontières terrestres qui traversent l'Union européenne. Elle a notamment observé, parmi 192 espèces présentes dans l'annexe II de la directive Habitat, lesquelles se trouvaient des deux côtés de la frontière.

Les résultats sont mitigés mais globalement bons selon les auteurs. Ils ont entre autres observés qu'une bonne cohérence ne passe pas toujours forcément par une bonne connectivité et qu'une bonne connectivité n'est pas toujours possible vu les différences d'habitat ou de gestion d'un côté et de l'autre de la frontière. La meilleure cohérence s'observe lorsqu'une rivière forme la frontière.

Finalement, ce ne sont pas tant les facteurs géographiques ou politiques qui influencent la cohérence et la connectivité mais plutôt le temps qui sépare la désignation des deux sites et les inventaires disponibles. [C.H.].

Opermanis O., MacSharry B., Aunins A., Sipkova Z. [2012]. Connectedness and connectivity of the Natura 2000 network of protected areas across country borders in the European Union. Biological Conservation 153 : 227-238 (12 p., 4 fig., 5 tab., 75 réf.).

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{mooblock=Vous avez dit microhabitat ? [1127]}

En abordant le concept de biodiversité, la notion de microhabitat est souvent évoquée. De quoi s’agit-il exactement ?

Une étude s’est récemment penchée sur le sujet dans des hêtraies, sapinières et peuplements mélangés hêtre-sapin dans les Pyrénées. Aucune coupe n’y a été effectuée depuis au moins 60 ans.

Sept types de microhabitats différents ont été définis par les chercheurs :

  • cavité avec entrée de plus de 3 cm de diamètre ;
  • cavité avec pourriture ;
  • champignons saproxyliques, comme les pleurotes ou les polypores ;
  • bénitiers et autres « cuvettes » dans les arbres accumulant eau et matières diverses, scientifiquement appelés « dendrotelmes » ;
  • écoulement de sève d’au moins 10 cm de long ;
  • absence d’écorce sur au moins 100 cm2 ;
  • fissures de 1 à 5 cm de large dans l’écorce.

Afin de favoriser la présence de ces différents microhabitats dans les peuplements, les scientifiques recommandent de conserver :

  • des peuplements mélangés plutôt que monospécifiques ;
  • des hêtres de plus de 90 cm de diamètre (280 cm de circonférence) ;
  • des sapins de plus de 100 cm de diamètre (310 cm de circonférence). [B. de P.]

Larrieu L., Cabanettes A. [2012]. Species, live status, and diameter are important tree features for diversity and abundance of tree microhabitats in subnatural montane beech-fir forests. Canadian Journal of Forest Research 42 : 1433-1445 (13 p., 5 fig., 5 tab., 64 réf.).

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{mooblock=Quel rendement pour les cèpes et lactaires sous pineraies ? [1128]}

L'article propose un modèle permettant de prévoir le rendement de certains champignons en fonction de différents types de gestion forestière et de scénarios climatiques. Il s'intéresse au cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) et au lactaire délicieux (Lactarius groupe deliciosus) dans les peuplements purs et équiennes de pin sylvestre.

Si la pluviosité et la température sont bien sûr des facteurs déterminants du rendement de champignons, la hauteur dominante et l'âge du peuplement l'influencent également. Pour les lactaires, la hauteur dominante et la surface terrière interviennent. Pour les cèpes, c'est la surface terrière qui semble déterminante. [C.H.]

Martínez-Peña F., de-Miguel S., Pukkala T., Bonet J.A., Ortega-Martínez p., Aldea J., Martínez de Aragón J. [2012]. Yield models for ectomycorrhizal mushrooms in Pinus sylvestris forests with special focus on Boletus edulis and Lactarius group deliciosus. Forest Ecology and Management 282 : 63-69 (7 p., 6 fig., 2 tab., 35 réf.).

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{mooblock=Sensibilité climatique du douglas en Eifel et dans le Kellerwald [1109]}

Pour évaluer la sensibilité du douglas aux variations du climat, une équipe de chercheurs s’est lancée dans une analyse dendroécologique de 389 arbres adultes issus de 28 peuplements différents dans le nord-ouest de l’Allemagne. L’analyse a porté non seulement sur le douglas mais aussi sur le pin sylvestre, l’épicéa commun, le hêtre commun et le chêne sessile, le but étant de voir comment les essences répondent aux anomalies climatiques.

Sur la période allant de 1910 à 2002, seule l’année 1976 a provoqué des réactions négatives sur l’ensemble des essences suite à un été chaud et sec précédé d’un début de période de croissance sec et de températures en dessous de la moyenne les étés précédents.

En 1917, seul le douglas montre une réduction significative de croissance. La situation climatique cette année-là peut être décrite par un mois de février froid et sec et un printemps assez froid.

Toutes les espèces montrent une corrélation importante aux températures et aux précipitations. Les espèces indigènes présentent une réponse homogène : corrélation aux températures négative en été et par rapport à l’été précédent et positive en hiver. Corrélation positive aux précipitations surtout du début de l’été et de l’automne précédent. Le douglas montre des réactions différentes, en particulier pour les températures : il est moins sensible aux températures de l’été précédent et pas du tout à celles de l’été considéré. Par contre, il révèle une corrélation hautement positive aux températures du mois de février.

Les chercheurs utilisent ces résultats comme arguments en faveur d’une utilisation plus large du douglas dans les scénarios de changement climatique où les espèces indigènes auraient à souffrir d’étés secs et chauds. [D.A.]

Fischer S., Neuwirth B. [2012]. Klimasensitivität der Douglasie in Eifel und Kellerwald. Allgemeine Forst- und Jagdzeitung 183(1/2) : 23-33. (11 p., 3 fig., 1 tab., 44 réf.).

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{mooblock=Le mouvement des coopératives forestières en France [1110]}

Une coopérative forestière est par définition un outil de mise en commun des moyens, une organisation de producteurs capable de relier l’industrie à la forêt. Chaque année en France, le nombre de propriétaires qui font confiance à la coopération forestière augmente. Aujourd’hui, plus de 2 millions d’hectares de forêt privée française sont confiés aux coopératives, ce qui signifie une part de marché significative (20 % du marché total de bois commercialisé).

La coopération forestière est parfois critiquée dans son action, à cause des failles sur les chantiers forestiers, mais de gros efforts sont consentis en matière de formation professionnelle. Lors de cette année internationale des coopératives (2012), l’Union de la coopération forestière française (UCFF) est très attentive aux attentes et réticences des producteurs forestiers.

L’auteur de l’article insiste sur plusieurs valeurs qui sont au cœur du projet coopératif : transparence, équité et engagement. Ces valeurs impliquent l’acceptation de contraintes fortes de la part des organisations, qui sont contrôlées par le Ministère de l’agriculture et le Haut Conseil de la coopération agricole. Tous les producteurs associés ont accès à la totalité des comptes annuels et peuvent participer à l’assemblée générale. L’engagement est un principe fondamental de l’adhésion à une coopérative, il peut être total ou partiel, le propriétaire peut choisir des services à la carte, adaptés à ses choix et sa situation.

En ce qui concerne les choix de gestion, la coopérative ne définit pas la gestion des massifs qui lui sont confiés, c’est bien le propriétaire qui reste seul décideur de son choix. Son interlocuteur, technicien, est là pour éclairer ce choix. Concernant la mise en marché des bois, 94 % des volumes de bois commercialisés par les coopératives le sont sous forme de vente directe aux usines de transformation du bois, par « contrat d’approvisionnement », en produits triés et calibrés. [C.S.]

Ducray P. [2012]. Coopératives forestières. Vraies/fausses idées. Forêt de France 554 : 23-29 [9 p., 1 fig.].

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{mooblock=Un contrat d’approvisionnement : pourquoi ? [1111]}

On parle régulièrement de l’existence de contrat d’approvisionnement. L’interview évoquée ici est l’occasion d’aborder un peu ce sujet qui reste souvent énigmatique en Wallonie, mais dont la place grandit continuellement en France.

Un contrat d’approvisionnement est un accord entre un client et un producteur, le producteur étant souvent une coopérative en France. Dans ce type de contrat, on ne recherche pas à faire la bonne affaire du moment, mais plutôt à valoriser sur le moyen, voire le long terme, ses produits. Le contrat décrit alors précisément la durée, les quantités, qualités et prix des produits à l’avance.

L’intérêt pour l’industriel est principalement d’avoir un approvisionnement assuré pendant une période déterminée, avec un produit défini et un prix fixé : les transformateurs peuvent donc mieux s’organiser et passer plus de temps à améliorer la transformation plutôt qu’à chercher du bois.

Le propriétaire peut quant à lui écouler une partie de ses ressources à un prix convenu, avec une garantie de débouché pour ses produits, pour les bonnes et moins bonnes périodes. Cela permet aussi de travailler de manière plus régulière et non par « à coups ». Les acheteurs d’un contrat d’approvisionnement sont aussi prioritaires à plusieurs niveaux, par rapport aux autres acheteurs et vendeurs de bois plus irréguliers.

Si le contrat a été bien négocié, il peut en résulter un véritable partenariat sur le long terme entre deux acteurs, bénéfiques aux deux parties qui ne doivent pas chercher tous azimuts à vendre ou acheter du bois. Pour des coopératives forestières regroupant un grand nombre d’adhérents, cela permet une certaine stabilité dans le souci de l’intérêt collectif. [B. de P.]

Jobin N., Klotz J. [2012]. Le contrat d’approvisionnement pour sécuriser les ventes. Forêt de France 554 : 30-31 (2 p.).

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{mooblock=Influence de l’urbanisation sur la croissance des semis [1112]}

Une récente recherche vient d’étudier la croissance des semis de chêne rouge d’Amérique (Quercus rubra) selon un gradient d’urbanisation. Cette étude a été réalisée en extérieur mais aussi sous des conditions recréées expérimentalement au sein de « cabinets de croissance », où toutes les conditions sont choisies et contrôlées.

L’étude a été réalisée aux États-Unis, entre New York et les montagnes « Catskill », la différence entre ces deux extrêmes est en moyenne de 2,4 °C pour les températures maximales et de 4,6 °C pour les températures minimales.

Quelques résultats ont été mis en évidence suite à cette comparaison :

  • les semis urbains développent une croissance des feuilles bien plus importante que les semis ruraux : la surface de photosynthèse devenant ainsi dix fois plus grande que pour les semis ruraux ;
  • les semis urbains ont des concentrations en azote plus importantes qu’à des températures plus fraîches ;
  • les semis urbains développent des enracinements plus faibles.

Les chênes rouges favorisent donc leur développement aérien au détriment de leur croissance racinaire lorsqu’ils sont dans des conditions plutôt urbaines et de températures plus chaudes. [B. de P.]

Yearle S., Turnbull M., Boelman N., Schuster W. [2012]. Urban environment of New York City promotes growth in northern red oak seedlings. Tree Physiology 32(4) : 389-400 (12 p.).

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{mooblock=L’effet lotus [1113]}

De nombreuses plantes possèdent des surfaces hydrophobes. Il s’agit en général de plantes herbacées, de graminées ou de plantes aquatiques mais certains arbres en possèdent également, comme le robinier et le gingko. Le lotus est un des cas les plus spectaculaires et les mieux étudiés.

Sa feuille est recouverte d’une structure à deux échelles : tout d’abord une multitude de petits plots dressés sur les cellules épidermiques ; ces plots sont recouverts d’une couche huileuse hydrophobe, appelée cutine, et de cires qui cristallisent en surface.

La structure en « fakir » diminue la surface de contact avec la goutte de pluie et les cires empêchent que l’eau ne pénètre entre les plots. Lorsque la cire, très fragile, est abîmée par la pluie ou par abrasion mécanique, le système perd de son efficacité.

L’enjeu pour la plante est important. Les gouttes de pluie, en roulant, emportent avec elles les impuretés et les débris posés sur les feuilles. De plus, en éliminant l’eau de sa surface, la plante ôte aux pathogènes les moyens de se développer. [C.H.]

van Panhuys-Sigler M. [2012]. L’effet lotus ou comment les feuilles ont inventé la « superhydrophobie ». La Garance Voyageuse 97 : 38-43 (6 p., 2 fig., 4 réf.).

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{mooblock=Réduction des populations de grand gibier en Wallonie :
bientôt du concret [1114]}

Comme annoncé depuis quelques mois, un plan de réduction des populations de grand gibier est en train de voir le jour : un ensemble de vingt-cinq mesures est maintenant sur la table. Ces mesures ont été présentées ce 2 juillet par le Ministre Di Antonio à la presse. Le but à atteindre est de rétablir ou d’assurer un équilibre entre les populations de grand gibier et le milieu dans lequel elles vivent. À cette fin, vingt-cinq mesures sont avancées et réparties selon quatre grands objectifs :

  • établir un état des lieux précis de la situation ;
  • réduire les populations excédentaires ;
  • éviter les surpopulations ;
  • et responsabiliser le monde de la chasse.

Pour le premier objectif, il est ainsi demandé d’établir les « points noirs » où les prélèvements moyens en sanglier des trois dernières années sont particulièrement importants, afin de pouvoir suivre leur évolution et prendre les mesures ad hoc. De même, un cadastre précis des clôtures sera effectué, afin de demander le démontage des clôtures en infraction.

Concernant les réductions de population, plusieurs mesures nouvelles sont avancées pour permettre de prélever plus de grands animaux : notamment la possibilité de « chasse-régulation » dans les réserves naturelles, l’augmentation des périodes de chasse ou des possibilités de destruction élargies accompagnées de demandes simplifiées par rapport à la situation actuelle.

Pour éviter des concentrations et proliférations, le nourrissage est le point le plus problématique. Il devrait être particulièrement réduit et bien plus réglementé au sud du sillon Sambre-et-Meuse, et simplement interdit au nord. Notons la volonté de laisser une période transitoire, qui devrait permettre de diminuer en priorité les populations et éviter de trop nombreux dégâts pendant cette période.

Enfin, le fonctionnement des conseils cynégétiques devra être amélioré, et ceux-ci seront dorénavant mieux encadrés.

Le communiqué de presse, salué par les associations naturalistes, est disponible ici. [B. de P.]

Communiqué de presse du Ministre Carlo Di Antonio, 2 juillet 2012.

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{mooblock=Historique et perspectives du rempoissonnement en Wallonie [1115]}

Le sujet du rempoissonnement de nos rivières a été de tout temps une problématique délicate. Vue par les uns comme une pratique non durable, voire néfaste, dans le seul but de satisfaire quelques pêcheurs et par les autres comme un moyen essentiel de restauration de nos populations de poissons et d’écrevisses, la pratique a pourtant bien évolué avec le temps.

C’est à la fin du XIXe siècle que le Gouvernement belge autorisa les premiers rempoissonnements comme moyen de lutter contre le dépeuplement piscicole lié à la destruction des habitats (aussi bien physique que chimique). Le rempoissonnement de l’époque concernait alors principalement des alevins et était accompagné de mesures de destruction des prédateurs comme la loutre et le héron. Cette politique fut globalement un échec sur le long terme mais se perpétua pourtant jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour faire face à un nouvel enjeu, celui de l’augmentation considérable du nombre des pêcheurs récréatifs. La politique fût adaptée et le rempoissonnement concerna plutôt des poissons adultes de taille pêchable mais durant tout ce laps de temps, jusqu’à la fin des années ‘80, la qualité des habitats continua à se dégrader.

Avec le développement des connaissances scientifiques et l’apparition de l’écologie politique, les choses commencèrent à bouger, notamment du fait des pêcheurs eux-mêmes. La contradiction devint de plus en plus grande entre l’objectif de satisfaction immédiate de la demande sociale pour la pêche récréative et celui de la préservation à long terme des écosystèmes aquatiques.

La politique, devenue wallonne entre temps, changea donc radicalement de cap et s’engagea dans des voies plus vertueuses :

  • études de l’impact des rempoissonnements sur la pêche et les écosystèmes aquatiques, notamment les impacts génétiques négligés jusqu’alors ;
  • adaptation des rempoissonnements en fonction de la qualité des milieux, diagnostiquée grâce à la mise en place de plans de gestion piscicole et halieutique ;
  • priorité à la restauration des habitats ;
  • renforcement des contrôles afin d’éviter la diffusion accidentelle d’espèces non souhaitées, exotiques ou non.

Les résultats des recherches mirent en avant la structure génétique complexe, par rivière, des populations de truite fario. Les rempoissonnements successifs conduisent à une banalisation génétique des truites de rivière et à une perte de leur capacité adaptative.

Les mesures qui ont été prises ne sont pas compatibles avec une satisfaction immédiate de la demande sociale des pêcheurs. Un long travail de dialogue avec les sociétés de pêche a donc été mené parallèlement à la mise en place des mesures. Ces dernières peuvent être rassemblées comme ceci :

  • promotion de la pratique du « Catch & Release », qui remet à l’eau les individus pêchés. Elle présente néanmoins des aspects négatifs en termes de bien-être animal et de mortalité des individus relâchés ;
  • meilleure répartition spatiale et temporelle de la pression de pêche ;
  • amélioration de la qualité des poissons de repeuplement (qualité sanitaire et génétique). Toute espèce exotique est interdite depuis début 2012. Utilisation de poissons stériles ou de qualité génétique irréprochable en cas de rempoissonnement à but de restauration durable des populations ;
  • minimisation de l’impact des rempoissonnements sur le milieu naturel, via l’instauration d’un plan de gestion piscicole et halieutique et le lâcher dans nos rivières d’individus descendants de première génération de poissons sauvages. [C.H.]

Rollin X. [2012]. La politique des rempoissonnements du Service de la Pêche. Parcs et Réserves 67(1) : 11-21 (11 p., 1 fig., 11 réf.).

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{mooblock=Les ratons-laveurs, ces invasifs porteurs de maladies… [1116]}

Originaires d’Amérique du Nord, les ratons-laveurs sont connus, dans leur aire d’origine, pour être les hôtes de nombreuses maladies transmissibles aux autres animaux et à l’homme. Ces petits mammifères opportunistes s’adaptent à de nombreux environnements grâce à leur régime omnivore, leur taux de reproduction élevé et le manque de prédateurs naturels.

Les ratons-laveurs ont été importés en Europe à partir des années ‘20. Les populations actuelles sont surtout issues de lâchers et d’évasions depuis des élevages. Depuis quelques années, il semblerait que de nombreuses populations se soient considérablement développées un peu partout en Europe.

Les problèmes que posent ces êtres invasifs sur notre biodiversité sont préoccupants, mais à côté de cela, les problèmes de santé publique qui pourraient survenir semblent autrement inquiétants.

Les ratons-laveurs peuvent être porteurs de maladies virales ou bactériennes, mais aussi de parasites dangereux. Ainsi, ils pourraient être des réservoirs de maladies virales telles que la rage, la maladie de carré, la maladie d’Aujeszky, mais aussi le virus du Nil occidental. Des maladies bactériennes comme la leptospirose, la tularémie et les tuberculoses et paratuberculoses pourraient être véhiculées par ce petit envahisseur, sans oublier de nombreux parasites internes et externes.

Les auteurs de cette étude sont assez pessimistes et estiment que l’introduction du raton-laveur en Europe a causé et causera de nombreux effets indésirables sur la santé humaine et animale en Europe. À cause de cet être non désiré, de nouvelles zoonoses pourraient ainsi apparaître chez nous. Si les nombreux pathogènes dont le raton-laveur peut être porteur existent dans son environnement, l’extension de certaines maladies en serait grandement facilitée. Et le fait que ces opportunistes s’adaptent très bien à la présence de l’homme pourrait s’avérer très néfaste pour la santé publique. Les auteurs estiment que cela pourrait aussi être le cas d’autres espèces invasives. [B. de P.]

Beltran-Beck B., Garcia F.J., Gortazar C. [2012]. Raccoons in Europe : disease hazards due to the establishment of an invasive species. European Journal of Wildlife Research 58(1) : 5-15 (11 p., 1 fig., 3 tab., 121 réf.).

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{mooblock=Importance de la structure des forêts pour les écureuils [1117]}

L’écureuil roux est une espèce en danger au Royaume-Uni. Il bénéficie d’ailleurs d’un statut de protection assez strict. Dans ce contexte, la gestion de ses habitats est un point clef de la stratégie de conservation. Or, jusqu’à présent, les critères utilisés pour la sélection d’espaces protégés et leur gestion se basent principalement sur la composition en espèce et la disponibilité en nourriture.

Une équipe britannique a tenté de mieux comprendre et quantifier les relations entre l’abondance d’écureuils, l’utilisation de leur habitat et les éléments de structure des forêts. Ils se sont basés sur le nombre de cônes dénudés trouvés sur les zones d’étude pour quantifier la présence des écureuils.

Les résultats montrent que les caractéristiques structurelles jouent un rôle significatif dans la présence de signe d’alimentation des écureuils, principalement le recouvrement de la canopée et le nombre d’arbres. [C.H.]

Flaherty S., Patenaude G., Close A., Lurz P.W.W. [2012]. The impact of forest stand structure on red squirrel habitat use. Forestry 85(3) : 437-444 (8 p., 2 fig., 3 tab., 34 réf.).

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{mooblock=Fête de nouvel an troublée pour nos oiseaux [1118]}

Une étude réalisée aux Pays-Bas montre des envols massifs d’oiseaux et surtout d’oiseaux aquatiques lors des feux d’artifice du nouvel an. Le même phénomène serait observé en Belgique. Les images du radar météorologique de Zaventem, relevant habituellement les précipitations, montrent des signaux non équivoques de vols d’oiseaux, d’ordinaire invisibles car le nombre d’individus est normalement insuffisant pour produire un signal observable.

Avant minuit, les images radar révèlent un calme plat et juste après minuit, on peut observer les échos nombreux produits par le vol des oiseaux. Plus d’une demi-heure après, le calme revient. La frayeur entraînée par les feux d’artifices pourrait être à l’origine de vagues de décès observées parfois dans les populations d’oiseaux après le nouvel an. [D.A.]

Delobbe L. [2012]. Les feux d’artifice du nouvel an à l’origine d’un envol massif des oiseaux. Aves 49(1) : 62-64 (3 p., 3 fig., 1 réf.).

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logoFMnewÉtudier le futur du secteur forestier [1218]

Les études prospectives ont une longue tradition dans le secteur forestier qui remonte aux années '50. Jusqu'à très récemment, les approches utilisées dans ces études sont demeurées relativement inchangées. Toutefois, le secteur forestier mondial a été confronté à d'importants changements structurels (déclin de la consommation de papier à vocation de communication pour la première fois depuis cent ans, déplacement de l’importance des marchés du bois des régions traditionnellement les plus productrices, Europe, Amérique du Nord, Japon, vers les pays émergents, etc.) et il est devenu de plus en plus complexe et interdépendant avec d'autres secteurs (changements climatiques, politiques énergétiques, technologies des nanofibres et de la biochimie, augmentation des fonctions de service par rapport à celles de production, etc.).

Cet article examine les approches sur les perspectives du secteur forestier face à ces changements et analyse la façon dont elles ont été capables de prévoir les changements. Par ailleurs, les auteurs soulèvent la question de savoir si elles apportent des informations suffisantes pour les besoins des décideurs d'aujourd'hui.

Les résultats indiquent que les études prospectives existantes n'ont pas été en mesure de prévoir suffisamment les changements structurels sur le marché mondial du papier, et qu'elles auraient donc peut être des difficultés à anticiper les changements structurels dans d'autres marchés. Afin d'évaluer plus systématiquement les changements intervenants dans le secteur et de mieux répondre aux besoins des décideurs, il y aurait des avantages à compléter l'approche actuelle de modélisation dominant le secteur forestier avec d'autres méthodes du domaine de la prospective. Celles sur lesquelles s’attardent les auteurs sont la modélisation individu-centrée (agent-based modeling – ABM), la modélisation globale intégrée (Integrated Global Modeling) et l’analyse rétrospective (backcasting). [D.A.]

E. Hurmekoski, L. Hetemäki [2013]. Studying the future of the forest sector : Review and implications for long-term outlook studies. Forest Policy and Economics (dx.doi.org/10.1016/j.forpol.2013.05.005) (13 p., 6 fig., 4 tab., 126 réf.).

 

L’adaptation de la gestion forestière face au changement climatique [1219]

Le changement climatique devrait impacter considérablement la gestion des forêts et la conservation de la nature dans les forêts. À travers les espèces forestières, ce sont les stratégies et les références pour la gestion et la conservation qui seront affectées. Des chercheurs allemands ont voulu vérifier si la conservation et les pratiques de gestion forestières ont déjà été adaptées en fonction des prévisions annoncées du changement climatique et dans quelle mesure ces pratiques reflètent les stratégies d'adaptation préconisées dans des publications scientifiques internationales.

À cette fin, ils ont effectué treize entretiens approfondis avec des praticiens forestiers (agents forestiers) dans quatre régions en Allemagne. Les régions ont été sélectionnées de façon à représenter la diversité des essences, des régimes de propriété forestière et de vulnérabilité au changement climatique.

Bien que les personnes interrogées ont affirmé prendre le changement climatique et les stratégies d'adaptation en compte, dans la pratique, ces stratégies ne sont que très peu mises en œuvre. Les résultats suggèrent que les stratégies d'adaptation de la gestion forestière face au changement climatique ne sont que dans les premières phases de développement ou qu’elles ne font que compléter des stratégies existantes en matière de réduction des risques ou en matière de gestion forestière proche de la nature. L'absence de stratégies spécifiques reflète également les incertitudes existantes sur les changements climatiques à venir et sur la capacité des écosystèmes forestiers à s'adapter.

Les auteurs concluent que, dans le contexte du changement climatique, la gestion forestière aura une influence majeure sur la composition future de la biodiversité des écosystèmes forestiers. Ils préconisent de développer un cadre pour la conservation des forêts qui fournirait des recommandations prenant également en compte les conséquences du changement climatique. [D.A.]

Milad M., Schaich H., Konold W. [2013]. How is adaptation to climate change reflected in current practice of forest management and conservation? A case study from Germany. Biodiversity and Conservation 22(5) : 1181-1202. (22 p., 73 réf., 4 tbl., 1 fig.)

 

La plasticité des houppiers réduit la compétitivité entre arbres en forêt mélangée [1220]

La plasticité phénotypique (c’est-à-dire la capacité d'un organisme à exprimer différents phénotypes à partir d’un génotype donné selon les conditions environnementales) est une notion très importante en écologie forestière. En effet, elle contribue de manière importante à la capacité des arbres individuels à se développer dans des conditions environnementales stressantes. Le changement de la forme du houppier en réponse aux variations des conditions locales est une expression bien connue de cette plasticité. En particulier, les houppiers réagissent à la compétition entre arbres ; les arbres isolés présentant une forme de houppier bien plus régulière que les arbres forestiers.

Une étude réalisée en France s’est penchée sur cette plasticité en analysant (1) dans quelle mesure la plasticité horizontale des houppiers réduit la compétition inter-arbres à l’échelle du peuplement et (2) comment cette plasticité intervient dans la stratégie de croissance de différentes espèces. Deux composantes de la plasticité du houppier ont été considérées : la distorsion du houppier (crown shape distortion – CSD) et le déplacement du houppier par rapport à l’axe principal de l’arbre (crown displacement relative to stem – CRD). Les analyses ont été effectuées dans une forêt feuillue mélangée située en Lorraine.

Des résultats contrastés ont été exposés pour le hêtre (Fagus sylvatica), le chêne (Quercus sp.) et le charme (Carpinus betulus). Ces résultats sont liés aux stratégies écologiques spécifiques bien connues de ces différentes espèces. Le hêtre, espèce sciaphile, montre des houppiers larges, des index CSD et CRD bas, montrant une faible plasticité et suggérant une forte capacité compétitive. Au contraire, le chêne, plus héliophile, montre une croissance réduite, associé à des index de CSD et CRD élevés, indiquant une haute plasticité et suggérant une faible capacité compétitive. Le charme par contre montre un comportement contrasté avec des index de plasticité élevés, une présence importante dans le peuplement, suggérant une grande plasticité ainsi qu’une forte capacité compétitive. [C.S.]

Longuetaud F., Piboule A., Wernsdörfer H., Collet C. [2013]. Crown plasticity reduces inter-tree competition in a mixed broadleaved forest. European Journal of Forest Research 132 : 621-634.

 

Le point sur l’équilibre forêt-cervidés en France [1221]

Un numéro spécial de Forêt-Entreprise (n° 210, mai 2013) propose de faire le point sur les connaissances autour de la notion d’équilibre forêt/cervidés en France, de définir ce terme, de relever les difficultés pour sa mise en œuvre et d’émettre quelques recommandations pour une meilleure prise en compte des aspirations des différents acteurs.

Le premier article s’attarde sur la complexité de sa mise en œuvre. La notion d’équilibre agro-sylvo-cynégétique s’est imposée comme un objectif à atteindre depuis la mise en œuvre du plan de chasse en 1979. Toutefois, sa mise en application reste très complexe et les débats entre partenaires sont nombreux et parfois très animés. Avec les difficultés rencontrées pour renouveler la forêt qui sont de plus en plus fréquentes, il s’avère nécessaire de disposer d’éléments d’appréciation des situations d’équilibre ou de déséquilibre.

Les problèmes posés par l’application de ce concept sont mis en avant : le manque de dialogue entre forestiers et chasseurs entraîne un climat conflictuel avec des zones ou l’exercice du métier de forestier n’est plus possible sans surcoûts insupportables. Le suivi des équilibres est abordé, avec les outils écologiques et sylvicoles à disposition. Divers outils techniques ont été validés par la communauté scientifique pour aider à la fixation du niveau des plans de chasse afin de maintenir l’équilibre. Il reste à les mettre en œuvre et à les utiliser pour partager le diagnostic du déséquilibre.

Les auteurs concluent en affirmant qu’une meilleure communication entre les chasseurs et les forestiers améliorera la prise en compte de ces outils, et les rendra opérationnels. [C.S.]

Ballon P., Klein F., Picard O. [2013]. L’équilibre forêt-cervidés en question ? Forêt-entreprise 210 : 6-10 (5 p., 4 fig., 3 réf.).

 

La mortalité du sanglier en Europe [1222]

Depuis quelques années, les populations de sangliers (Sus scrofa) ont fortement augmenté partout en Europe. Les prélèvements réalisés semblent insuffisants pour réguler cette augmentation. Les densités de population et le taux de reproduction de l’espèce semblent être sous-estimés. Une équipe de chercheurs européens venant d’Allemagne, de France, d’Autriche, de Suisse, d’Italie, de Pologne, de Suède et de Belgique a estimé le taux de mortalité au sein de plusieurs populations durant une dizaine d’années.

Les résultats montrent que le taux de mortalité annuel est bas, y compris pour les marcassins : la quasi totalité des individus survivent au moins jusqu’à la période de reproduction suivante. Le taux de mortalité varie toutefois quelque peu entre régions, sexes et classes d’âge. Chez les jeunes, les chasseurs ne semblent pas avoir de préférence de tir pour l’un ou l’autre sexe. La chasse est la principale cause de mortalité et très peu d’animaux meurent de cause naturelle. Qui plus est, l’étude confirme les résultats mis en avant par d’autres chercheurs qui montrent que la prédation, la mortalité naturelle et la mortalité due aux collisions n’ont qu’un très faible impact sur les populations, alors que la nutrition ou la chasse sont des facteurs décisifs. Sur l’ensemble des sites étudiés, le taux de mortalité, et par conséquent le taux de prélèvement, est inférieur au taux net de reproduction.

Pour réguler l’accroissement des populations les prélèvements doivent avant tout se focaliser sur les animaux reproducteurs. En conclusion, les chercheurs préconisent des tirs plus conséquents chez les jeunes (80 % des individus) et le prélèvement de femelles adultes. [S.P.]

Keuling O., Baubet E., Duscher A., Ebert C., Fischer C., Monaco A., Podgorski T., Prévot C., Ronnenberg K., Sodeikat G., Stier N., Thurfjell H. [2013]. Mortality rates of wild boar Sus scrofa L. in central Europe. European Journal of Wildlife Research : published online 04/06/2013 (10 p., 2 fig., 3 tab., 72 réf.).

 

Le lynx ne chasse pas de la même manière que l’homme [1223]

La chasse est la principale cause de mortalité dans les populations d’ongulés sauvages en Europe. Elle a donc sans conteste des conséquences sur la biologie des espèces. Par ailleurs, la communauté scientifique s’interroge de plus en plus sur les possibles effets secondaires engendrés par les prélèvements artificiels. Afin de comparer ceux-ci avec la mortalité naturelle, une étude a mis en évidence les différences en terme d’étendue de prélèvement, d’âge et de sexe des individus prélevés, de distribution spatiale et temporelle des prélèvements humains comparés à la prédation par le lynx (Lynx lynx) dans une population de chevreuil (Capreolus capreolus).

Comparé à l’humain, le lynx tue moins de faons et de chevrillards que d’adultes. Parmi les adultes, il prélève plus de femelles. Proportionnellement, le lynx s’attaque également plus souvent à des animaux en moins bonne santé. Le nombre moyen de chevreuils tués par an par le lynx est de 47,8 et est bien inférieur au prélèvement réalisé par l’homme dans la même région. Si le nombre d’animaux prélevés par l’homme augmente avec la densité de population, il n’en est rien concernant le lynx. L’étude montre également que les différences entre prélèvements par l’homme et mortalité naturelle varient fortement d’une région à l’autre de l’Europe.

Par conséquent, afin d’éviter les effets secondaires d’une sélection artificielle sur les populations d’ongulés sauvages, les auteurs préconisent de varier les pratiques de chasse. Ils mettent également en évidence l’importance du rôle de la prédation naturelle pour tamponner les effets des prélèvements humains. [S.P.]

Krofel M., Jerina K., Kljun F., Kos I., Potocnik H., Razen N., Zor p., Zagar A. [2013]. Comparing patterns of human harvest and predation by Eurasian lynx Lynx lynx on European roe deer Capreolus capreolus in a temperate forest. European Journal of Wildlife Research : published online 27/06/2013 (11 p., 2 fig., 4 tab., 69 réf.)

 

Un nouveau système de bogie pour réduire l’impact de l’exploitation sur les sols [1224]

L’exploitation mécanisée des peuplements peut causer de graves dommages aux sols forestiers. Ces dégâts peuvent être de différents ordres : compaction, création d’ornières, blessures aux racines des arbres restés sur pied. La compaction du sol et ses effets à long terme peuvent provoquer une diminution de 50 % de productivité des arbres restants et des générations suivantes, dans le cas d’une mise à blanc.

Pour permettre une exploitation mécanisée tout en épargnant les propriétés du sol et donc en préservant la productivité des forêts, une équipe de chercheurs a imaginé un nouveau système de bogie qui est actuellement à l’étude. Le système est composé d’une grande roue qui est assemblée à l’axe principal du châssis. Deux plus petites roues viennent également se raccorder de part et d’autre de la roue principale, dans le même axe et peuvent pivoter librement. Pour permettre les déplacements, une chenille métallique recouvre les trois roues.

Ce montage permet une meilleure mobilité et surtout, provoque moins de dégâts au sol que les systèmes conventionnels. Il requiert néanmoins un couple plus important pour une force de traction équivalente à un assemblage classique. Néanmoins, grâce à sa forme et à sa taille, ce concept peut franchir des fossés plus larges. [S.P.]

Edlund J., Keramati E., Servin M. [2013]. A long-tracked bogie design for forestry machines on soft and rough terrain. Journal of Terramechanics 50 : 73-83 (11 p., 14 fig., 4 tab., 22 réf.).

 

Potentiel de restauration des forêts naturelles après le retrait de plantations d’épicéa commun [1225]

Les essences de reboisement ont montré qu’elles pouvaient changer et homogénéiser les conditions environnementales locales et réduire la diversité des plantes indigènes. L’épicéa commun est l’essence la plus importante plantée à travers le nord et le centre de l’Europe. Cependant, elle possède toutes les caractéristiques pour stopper les dynamiques des écosystèmes : un ombrage important lié à sa densité de plantation qui réduit la richesse des plantes ainsi que la décomposition de la matière organique. Cette acidification est amplifiée par ses aiguilles, moins riches que celles d’essences feuillues.

Partant de ce constat, une étude effectuée en Norvège a observé l’impact d’une plantation d’épicéas communs sur la végétation indigène en comparant la nature du sol ainsi que la végétation présente au sein même de plantations d’Épicéas et de coupes à blanc non reboisées depuis 4 ans. Les pessières étaient âgées de 40 à 60 ans et toutes constituent une première génération d’épicéas. Les parcelles mises à blanc résultent de peuplements de chablis d’épicéas, de première génération également, suite aux tempêtes de 1991/1992. Elles ont été observées en 1996 et 1997. Des boulaies ont également été inventoriées, elles constituent les forêts indigènes de la région. Elles permettent ainsi de comparer les résultats des pessières et de coupes rases à une forêt naturelle locale.

Chaque placette faisait l’objet d’une évaluation de l’occupation des plantes vasculaires et des bryophytes selon cinq classes (Classe 1 : entre 1 et 5 % ; classe 2 : entre 5 et 10 % ; classe 3 : entre 10 et 25 % ; classe 4 : entre 25 et 50 % et classe 5 : > à 50 %). Les variables suivantes du sol ont également été analysées : le pH, la présence de nitrogène, et la présence de cations.

En ce qui concerne la végétation, les résultats prouvent qu’après quatre ans de mise à nue, la végétation devient semblable à celle des boulaies. La diversité la plus grande en termes de nombre d’espèces se situe également dans les placettes après tempête, puis viennent les boulaies et les pessières. Pour les bryophytes, il y a plus de similarité entre les plantations et les parcelles mises à nue qu’avec celles des boulaies.

L’étude montre également que les hépatiques sont plus abondantes en pessières qu’en boulaies. Enfin, une grande proportion de plantes vasculaires (45 %) et de bryophytes (38 %) ne sont répertoriées que dans les placettes mises à nue à la suite de la tempête.

Au niveau du sol, les parcelles mises en lumières suite à la tempête ont une plus forte hétérogénéité en calcium et magnésium par rapport aux plantations d’épicéa. L’humus y est également de meilleur type, tout comme le pH et l’azote.

En conclusion, quatre ans après la mise à nue d’un peuplement pur d’épicéa de première génération, la composition végétale se rapproche de celle des boulaies indigènes. De plus, on constate plus d’hétérogénéité en ce qui concerne les propriétés du sol. Ainsi, cette étude nous prouve que les enrésinements récents en peuplements monospécifiques présentent tout de même un caractère réversible. [A.D.]

Saure H.-I., Vetaas O.-R., Odland A., Vandvik V. [2013]. Restoration potential of native forests after removal of Picea abies plantations. Forest Ecology and Management 305 : 77-87 (11 p., 4 fig., 3 tab., 112 réf.).

 

Les vieux parcs ruraux accueillent une biodiversité plus importante que les forêts matures [1226]

Un des principaux défis à relever concernant la conservation de la biodiversité est de freiner la dégradation continue et la perte des habitats de haute qualité. Cette problématique est de plus en plus prise en compte au sein des politiques forestières. Cependant, la valeur en hébergement de la biodiversité des vieux parcs historiques ou des jardins paysagers autour des manoirs et châteaux, bien qu’ils représentent un patrimoine familial culturel ou historique, reste mal reconnue.

C’est dans ce contexte que l’Institut de l’Écologie et des Sciences de la Terre, situé à Tartu en Estonie, a évalué le potentiel des vieux parcs ruraux pour servir d'habitat pour les espèces forestières. L’étude s’est basée sur la structure des peuplements et la présence d'indicateurs de la biodiversité. Les variables répertoriées ont été les suivantes : diversité et proportion des essences, signes de l’intervention humaine, surface terrière sur deux classes de diamètre (8-40 cm et supérieure à 40 cm). Pour la structure verticale, trois intervalles de hauteur ont été évalués, à savoir 1 à 4 m, 4 à 10 m et supérieur à 10 m. Le nombre de volis et de chablis a également été recensé, ainsi que les différents degrés des arbres dépérissants (dépérissement à court, moyen ou long terme). Le sous-bois a aussi été estimé, en fonction de son couvert, de même pour les gaules. Enfin, les différents cortèges floristiques ont été inventoriés. L’ensemble de ces données a été comparé entre les peuplements de parcs à couvert fermé (septante-quatre sites) et les forêts de production matures, au stade adulte avant leur récolte (nonante-quatre sites).

En ce qui concerne la structure, la surface terrière des gros bois (supérieurs à 40 cm de diamètre) s’est avérée nettement supérieure dans les parcs par rapport aux peuplements forestiers. Et c’est le même constat en ce qui concerne la diversité en essences. De plus, on trouve une plus grande proportion de feuillus dans les bois de parcs, cette proportion étant en moyenne trois fois plus grande qu’en forêt de production.

Cependant, le couvert de la strate située entre 1 et 4 m est plus important en forêt, alors que les résultats pour les strates 4 à 10 m et 10 m et plus, sont similaires au sein des parcs. Le sous-bois des parcs (1 à 4 m et 4 à 10 m) est dominé par des feuillus, alors que la proportion entre feuillus et résineux est sensiblement la même au sein des peuplements forestiers.

En ce qui concerne le bois mort, les forêts ont en moyenne une plus grande surface terrière de bois mort sur pied, alors que les bois de parcs possèdent un plus gros diamètre moyen de branches mortes sur arbre.

Cette étude met en avant la valeur écologique non négligeable des bois de parcs, en plus de leurs qualités historiques et culturelles. [A.D.]

Kertu L., Jaan L. [2012]. Old parks support higher biodiversity than forest remnants. Basic and Applied Ecology 14(2) : 165-173 (9 p., 1 fig., 3 tab., 39 réf.).

 

Les prix des forêts en France se stabilisent en 2012 [1227]

Une brève du dernier « Journal de la mécanisation forestière » fait l’état des lieux de la situation du marché des forêts en France. En 2012, le prix des forêts s’élevait à 3930 €/ha, chiffre similaire à la valeur de 2011. Cette stabilisation fait suite à une forte augmentation (19,5 %) observée entre 2009 et 2011. Parallèlement, le prix du bois a subi une baisse de 8 % et le marché immobilier a également connu un recul sensible.

Une progression des transactions de petites parcelles (de 1 à 10 ha) a été constatée et il est probable que la recherche croissante de petites parcelles boisées pour un approvisionnement en bois énergie soit une des raisons de l’augmentation du nombre total des échanges.

Une suractivité a été constatée en janvier 2012 due à la réforme de la fiscalité des plus-values immobilières qui est entrée en vigueur le 1er février 2012. Pour ne pas être soumises aux nouvelles modalités d’imposition, de nombreuses transactions ont été conclues avant cette date. [C.S.]

Anonyme [2013]. 2012 : Le marché des forêts se stabilise après une période de forte hausse. Le Journal de la Mécanisation Forestière 133 : 8 (1 p.).

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logoFMnewImpact de l’oïdium sur l’architecture des semis de chêne [1324]

On sait qu’un parasite tel que l’oïdium du chêne impacte négativement la croissance de son hôte, à travers l'exploitation des ressources de celui-ci. Une étude française s’intéresse plus spécifiquement aux modifications que le parasite peut provoquer sur l’hôte, favorisant une tolérance accrue au parasite ou facilitant sa transmission. En d’autres mots : aux manipulations phénotypiques qu’il induit sur l’hôte pour son propre compte.

Une expérience de terrain a donc été menée sur des semis inoculés et suivis pendant 3 ans. Les résultats montrent que l’infection d’oïdium a provoqué à la fois une perte de croissance importante et des changements qualitatifs dans l'architecture des plants. Le changement le plus étonnant a été l’augmentation du polycyclisme (plusieurs pousses au cours de la même saison de végétation) chez les plants infectés. Cela a bénéficié à la fois à l'hôte, en lui procurant une forme de compensation pour la perte de hauteur causée par l'infection, et à l'agent pathogène, en augmentant sa sporulation. [D.A.]

Desprez-Loustau M.-L., Gilles Saint-Jean G., BarrèsB., Dantec C. F., Dutech C. [2014]. Oak powdery mildew changes groxth patterns in itd host tree : host tolérance response and potential manipulation of host physiology by the parasite. Annals of Forest Science 71 : 563-573 (11 p., 6 fig., 3 tab., 42 réf.).

 

Peupliers OGM ré-autorisés en Flandre [1325]

La Ministre fédérale des affaires sociales et de la santé publique et le Ministre fédéral de l’environnement, de l’énergie et de la mobilité ont autorisé le renouvellement pour une période de 5 ans de la culture de peuplier génétiquement modifié à Wetteren. Un première autorisation avait été accordée en 2009 en vue de tester en conditions réelles de croissance les potentialités de ces peupliers destinés à la production de bioéthanol.

C’est le Vlaamse Insituut voor Biotechnologie de Gand qui coordonne les recherches. L’AFSCA précise que le Conseil Consultatif de Biosécurité a rendu un avis favorable et que « selon le Conseil, les risques pour la santé humaine et pour l’environnement sont négligeables pourvu que des conditions strictes soient respectées ».

Inter-Environnement Wallonie, de son côté, a relevé plusieurs anomalies liées à ce dossier et au fonctionnement du Conseil Consultatif de Biosécurité (voir le communiqué de presse) [C.H.]

Anonyme [2014]. Actualités populicoles : autorisation de culture OGM en peuplier. Bulletin du Centre de Populiculture du Hainaut n° 1-2014 (1 p.).

 

L’apport d’un inventaire national
pour les inventaires d’aménagement [1326]

En Finlande, il y a actuellement deux types d’inventaire forestier en cours qui diffèrent de par leur méthodologie, leur plan d’échantillonnage et leur objectif. L’Inventaire Forestier National (IFN) se base sur des placettes relascopiques et vise à récolter de l’information fiable sur la ressource forestière à l’échelle nationale ou régionale. Sa méthodologie est optimisée pour des estimations très précises de volumes (et notamment de disponibilités futures).

L’autre inventaire en cours est un inventaire de type « aménagement » dont le but est d’obtenir des informations locales et précises à l’échelle de la forêt. Ce dernier se base sur l’interprétation de données issues d’images aériennes et de télédétection par laser (LiDAR) avec l’aide de placettes de terrain.

Dans l’étude, les auteurs ont testé la faisabilité de l’apport de l’IFN comme information complémentaire à l’inventaire d’aménagement. Diverses combinaisons de placettes IFN et de placettes d’aménagement ont été testées en complément à l’interprétation des données laser et d’images aériennes.

Les résultats de l’étude montrent que l’utilisation des placettes IFN en complément des placettes d’inventaire d’aménagement a amélioré la précision des estimations de volume par essence. En revanche, les estimations de volume total, de hauteur et de diamètre moyens ne sont pas améliorées. Malgré les difficultés liées aux différences méthodologiques entre les inventaires (combinaison difficile des deux bases de données), ces résultats encouragent le développement de l’utilisation des placettes IFN en complément des inventaires d’aménagement. [C.S.]

Tuominen S., Pitkänen J., Balazs A., Korhonen K. T., Hyvönen p., Muinonen E. [2014]. NFI plots as complementary reference data in forest inventory based on airborne laser scanning and aerial photography in Finland. Silva Fennica 48(2) : 1-20 (20 p., 3 fig., 4 tab., 46 réf.).

 

Les inventaires « multi-ressource » ont de l’avenir [1327]

Afin de répondre aux exigences de la gestion forestière durable et aux engagements internationaux, les pays européens ont développé une panoplie de systèmes de monitoring forestier pour des besoins spécifiques. Dans la plupart des pays, ces inventaires sont indépendants et à but unique. Néanmoins, certains pays ont fusionné leur IFN avec d’autres systèmes de monitoring (notamment le monitoring de la santé des forêts) pour obtenir un inventaire « intégré » ou « multi-ressource ».

Une étude européenne a analysé l’efficacité statistique de plusieurs inventaires intégrés. Les paramètres statistiques estimés étaient le volume sur pied, la proportion d’arbres endommagés et le volume de bois mort. Les aspects méthodologiques de trois inventaires (Slovénie, Suède et Bavière) ont été présentés et les caractéristiques statistiques ainsi que l’efficacité financière ont été analysées. Un état des lieux des dernières innovations d’autres inventaires intégrés déjà existants en Europe a également été présenté.

Les auteurs concluent qu’il y a un besoin grandissant d’informations fiables sur les forêts au sein d’un pays mais également dans le cadre de la collaboration internationale. Ce type d’information peut être fourni de manière rentable à condition que les inventaires indépendants au sein d’un pays fusionnent et s’harmonisent correctement afin que les résultats soient cohérents et puissent être facilement comparés entre pays. Le développement d’inventaires multi-ressource apporterait non seulement des données intégrées nécessaires aux évaluations statistiques complexes, mais également des économies financières. [C.S.]

Kovac M., Bauer A., Stahl G. [2014]. Merging national forest and national forest health inventories to obtain an integrated forest resource inventory – Experiences from Bavaria, Slovenia and Sweden. PLoS ONE 9(6) : e100157 (doi:10.1371/journal.pone.0100157) (13 p., 3 fig., 7 tab., 66 réf.).

 

Peu d’espoir dans la restauration assistée des sols tassés [1328]

L’ONF a installé deux sites expérimentaux pour mesurer les effets du tassement dû aux engins d’exploitation en forêt et la capacité de restauration de ces sols.

Les deux sites font 5 et 6 ha et sont situés dans les départements de la Meurthe-et-Moselle et de la Meuse. Les objectifs de l’étude sont triples :

  1. Identifier les modifications physiques, chimiques et biologiques des sols après tassement.
  2. Identifier les dynamiques de régénération de la structure et du fonctionnement biologique et géochimique des sols.
  3. Évaluer l’intérêt d’une assistance physique ou chimique en vue de récupérer les propriétés du sol.

Les parcelles ont été exploitées au câble-mât et ensuite tassées à l’aide d’un porteur. Elles ont ensuite été replantées en chêne sessile. Les traitements pour aider la régénération des sols ont été de deux types : décompactage par discage en plein ou par potet localisé au profit des plants et amendement calco-magnésien.

Quatre ans après l’installation des dispositifs, les premiers résultats montrent que même si l’orniérage est faible, les impacts de la circulation du porteur sur le fonctionnement du sol et sur les plantations de chêne sont importants.

La limitation de l’enracinement des plants a un effet variable sur leur croissance mais risque surtout de les rendre vulnérables face aux événements climatiques extrêmes.

Les techniques de restauration assistée (cover crop, potet et amendement) ne semblent pas suffisantes pour contrer les effets négatifs du tassement sur les sols et les plantations.

Ces résultats démontrent une fois de plus l’impérieuse nécessité d’utiliser un réseau de cloisonnements en forêts. Les auteurs insistent aussi sur l’importance de dégrader le moins possible ces cloisonnements en n’y circulant que lorsque le sol est « sec » ou gelé et en les protégeant à l’aide de rémanents d’exploitation. [C.H.]

Télécharger l’article complet sur le site de l'ONF

Goutal-Pousse N., Bock J., Ranger J. [2014]. Impacts de la circulation d’un porteur forestier sur deux sols sensibles au tassement et dynamique de restauration naturelle. Rendez-Vous techniques 43 : 33-39 (7 p., 3 fig., 5 réf.).

 

L’effet des changements climatiques
sur les conditions de travail en forêt [1329]

Les changements climatiques ont des conséquences non seulement sur l’écosystème forestier, mais également sur les forestiers et sur les conditions de travail en forêt. Un séminaire a été organisé sur ce thème par la FAO à Genève (Suisse) en fin d’année 2013.

Le Réseau européen des entrepreneurs de travaux forestiers était invité à présenter sa position sur le sujet. Il déplore le peu de débat actuel avec la recherche scientifique et les administrations forestières qui envisagent surtout les conséquences des changements climatiques sous l’angle de la protection de l’écosystème.

En ce qui concerne les conditions de travail qui vont se dégrader, l’évolution de l’état des sols est évoquée : les durées de gel vont diminuer et la teneur en eau des sols va augmenter. Les périodes d’exploitation vont se concentrer sur des laps de temps de plus en plus courts. Et les exigences pour la protection des sols deviendront plus grandes.

Plusieurs pistes sont évoquées pour pallier ces inconvénients :

  • l’utilisation de systèmes de management du personnel et de planification des chantiers ;
  • le ciblage des interventions sur la saison d’été en augmentant les jours de travail et les horaires par journée (même le travail la nuit est envisagé) ;
  • l’édition de nouvelles cartes forestières indiquant la praticabilité des sols ;
  • l’emploi du câble aérien.

En ce qui concerne les surcoûts liés à ces changements, ce sont les entrepreneurs de travaux forestiers qui devront les assumer selon le Réseau européen, ce qui risque de rendre le métier d’ETF moins attractif, à moins que des mesures compensatoires ne soient prises. [C.S.]

Wood R. [2014]. ETF, préparez-vous aux changements climatiques ! Le Journal de la Mécanisation Forestière : 54-55 (2 p., 1 tab.).

 

La végétation en place ne reflète pas le potentiel
de la banque de graines d’un sol [1330]

Des chercheurs allemands et tchèques ont mis en évidence la différence pouvant exister entre la composition de la banque de graines d’un sol et sa végétation effective. Ils ont travaillé sur la comparaison de prairies calcaires anciennes et récentes et ont trouvé que la banque de graines dans les prairies calcaires contemporaines reflète l’histoire de l’usage ancien de ces terres (même si cet usage ancien date de plus de 150 ans).

Entre les prairies calcaires anciennes (gérées en pâture de manière continue depuis au moins 1830) et récentes (établies sur des terres arables abandonnées), une des différences est la présence dans les secondes de graines d’adventices, absentes dans les premières.

Parmi les espèces adventices présentes dans la banque de graines, plusieurs ne sont pas présentes dans la végétation actuelle des prairies et sont même rares ou en danger dans la région de l’étude. Cet aspect plaide pour une meilleure connaissance et conservation de ces espaces. [C.H.]

Karlík p., Poschlod p. [2014]. Soil seed-bank composition reveals the land-use history of calcareous grasslands. Acta Oecologica 58 : 22-34 (13 p., 6 fig., 4 tab., 120 réf.).

 

301 loups en France [1331]

Le réseau Loup-Lynx de l’ONCFS (Office national de la Chasse et de la Faune sauvage, en France) publie les dernières statistiques de présence du loup en France pour cet inventaire hivernal 2013-2014.

On y compte 301 individus contre 250 lors du dernier comptage. Le taux de croissance de l’espèce, depuis 1992, date de son retour naturel dans les Alpes, est de 20 %. Ce sont maintenant 38 zones qui sont occupées de manière permanente (voir la carte de l'évolution de la répartition du loup en France entre 1992 et 2014).

La dispersion des individus a lieu avant et après l’hiver, respectivement lors de la compétition pour la nourriture et lors de la période du rut. Les individus qui cherchent un nouveau territoire peuvent se déplacer de 40 à 50 km par nuit pour s’installer en moyenne à 200 km de la meute d’origine.

Le nombre de brebis tuées ou blessées est passé de 1476 en 1998 à 6786 en 2013. Parallèlement, les indemnisations ont été multipliées par 11 depuis 1998 pour atteindre 2 548 000 € en 2012.

Le « Plan national Loup 2013-2017 » prévoit le prélèvement de 24 loups par an. Ils peuvent être tirés par les agents de l’ONCFS à la condition que les tirs d’effarouchement et de défense aient échoué à éloigner l’animal. Pour l’hiver 2013-2014, 12 loups ont été tués, dont 4 par braconnage. [C.H.]

Garric A. [2014]. La population de loups en France atteint plus de 300 individus. Le Monde, 10 juin 2014.

 

Suivi du Milan royal en Haute-Ardenne [1332]

Une étude a été lancée cette année par Aves-Natagora dans le but de suivre des Milans royaux en Haute-Ardenne, territoire où les populations de cette espèce se portent bien par rapport à d’autres régions d’Europe. Le but est de comprendre les facteurs qui permettent le maintien de ces oiseaux.

Quatre adultes ont été équipés de balises GPS fin mai et une première carte de localisation du mâle et de la femelle d’un même couple illustre clairement les comportements de chacun liés à l’utilisation de l’espace en période de développement des oisillons. Une affaire à suivre… [D.A.]

Voir la carte de localisation

AVES [2014]. Suivi des milans royaux. Aves-COA News n° 66.

 

Le projet LIFE Hautes-Fagnes à l’honneur [1333]

Chaque année la Commission européenne finalise l’évaluation d’un certain nombre de projets LIFE arrivés à leur terme. Parmi ceux-ci, elle attribue une distinction honorifique au projet qui s’est montré le meilleur selon les critères suivants : améliorations biologiques, économiques et sociales immédiates et à long terme, degré d'innovation et de transférabilité, pertinence de la stratégie et du rapport coût-efficacité. Parmi les projets évalués en 2013, le projet LIFE Hautes Fagnes s’est donc vu attribuer la distinction de « Best of best LIFE Nature Project » parmi un panel de trente-quatre autres projets. Il partage ce titre avec trois autres projets LIFE en Grèce et en Finlande.

Le projet LIFE Hautes-Fagnes s’est déroulé de 2007 à 2012. C'est le quatrième projet LIFE élaboré dans le cadre d’un vaste programme de restauration des tourbières en Wallonie couvrant les différents Hauts-Plateaux ardennais et comptant six projets LIFE au total. Il visait initialement la restauration de 1800 ha de plusieurs habitats naturels de grand intérêt biologique. À l’issue du projet, c’est plus du double de cette superficie qui a pu être restauré. [D.A.]

Herman R. (2014). L’Europe célèbre la réussite du projet LIFE Hautes Fagnes. Hautes Fagnes 294 : 3 (1 p.).

 

Seulement quatre Tétras lyres mâles recensés ce printemps [1334]

Malgré des conditions d’observations idéales, seulement quatre Tétras lyres mâles ont été dénombrés lors des trois recensements collectifs de ce printemps 2014. C’est le nombre le plus bas jamais constaté depuis le début des recensements en 1967.

L’hiver dernier, particulièrement clément, n’a pratiquement pas permis aux tétras de s’abriter dans des igloos. En revanche, l’absence de couverture neigeuse leur a permis d’accéder très facilement aux ressources alimentaires. En plus, les températures douces et les précipitations réduites ont été favorables à la survie des oiseaux. Les conditions météorologiques n’expliquent donc pas à elles seules la diminution constatée ce printemps.

Il est probable que la prédation représente un facteur explicatif important du déclin, vu l’effectif de départ particulièrement faible de la population. En effet, un Autour des palombes, prédateur potentiel du Tétras lyre, a été observé à plusieurs reprises en Fagne Wallonne en février et mars dernier. [C.S.]

Ghiette p. [2014]. Compte rendu des recensements des Tétras lyres de 2014. Hautes Fagnes 294 : 6 (1 p., 1 tab.).

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{mooblock=L’aulne en mélange pour mieux fixer l’azote [1099]}

La concentration en CO2 de l’atmosphère est supposée augmenter dans le futur et les arbres sont considérés comme des puits importants pour les émissions anthropogéniques de CO2. La croissance des arbres est sensée être stimulée par une présence accrue de CO2 dans l’atmosphère. En même temps cette croissance est limitée par la disponibilité de l’azote dans le sol et par la faculté des racines des arbres à le prélever. L’aulne est une essence connue pour son efficacité particulière à fixer l’azote du sol.

Des chercheurs anglais ont notamment émis les hypothèses suivantes. En conditions d’augmentation du CO2 atmosphérique :

  • la fixation de l’azote dans le sol en aulnaie pure augmenterait ;
  • l’impact de l’augmentation de CO2 atmosphérique sur la fixation d’azote dans le sol serait identique en aulnaie pure et en aulnaie mélangée avec le bouleau verruqueux et le hêtre.

Ils ont testé leurs hypothèses sur des peuplements soumis à un enrichissement du CO2 atmosphérique. Les résultats montrent que la fixation de l’azote augmente dans le peuplement mélangé sans constat de croissance accrue, alors qu’il n’en est pas de même en monoculture (croissance accrue et fixation d’azote inchangée). Cela tient du fait des transferts de l’azote fixé par l’aulne glutineux vers le bouleau et le hêtre en peuplement mélangé. La fixation de l’azote par l’aulne glutineux serait donc meilleure dans une atmosphère enrichie en CO2 mais uniquement en peuplement mélangé. [D.A.]

Millett J., Godbold D., Smith A.R., Grant H. [2012]. N2 fixation and cycling in Alnus glutinosa, Betula pendula and Fagus sylvatica Woodland exposed to free air CO2 enrichment. Oecologia 169 : 541-552. (12 p., 2 tab., 5 fig., 64 réf.).

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{mooblock=Adaptabilité génétique du hêtre face au changement climatique [1100]}

Le hêtre est bien connu pour sa sensibilité à la sécheresse et les prévisions de changement climatique ne jouent pas en sa faveur de ce point de vue dans la région centrale de l’Europe.

En Allemagne, des chercheurs ont voulu étudier l’adaptabilité du hêtre. À cet effet, deux populations ont été étudiées du point de vue de leur différenciation génétique au sein d’une même forêt, l’une d’une exposition nord-est froide et humide, l’autre d’une exposition sud-ouest chaude et sèche. Les résultats montrent que la régénération naturelle de l’exposition sud-ouest est génétiquement plus proche de la régénération naturelle et des adultes de l’exposition nord-est que des adultes de l’exposition sud-ouest. Pour les chercheurs, cela démontre l’importance de la sélection naturelle et du potentiel d’adaptabilité dans les changements génétiques observés entre les deux populations adultes de cette étude. [D.A.]

Bilela S., Dounavi A., Fussi B., Konnert M., Holst J., Mayer H., Rennenberg H., Simon J. [2012]. Natural regeneration of Fagus sylvatica L. adapts with maturation to warmer and drier microclimatic conditions. Forest Ecology and Management 275 : 60-67. (8 p., 6 tab., 3 fig., 64 réf.).

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{mooblock=Le lynx est-il un grand prédateur de chevreuils ? [1101]}

Oui. Il est considéré comme responsable de 43 % des causes de décès des chevreuils du parc national de la forêt bavaroise, à la frontière entre l’Allemagne et la Tchéquie. D’autres études réalisées ailleurs en Europe font état de 12 à 62 % de décès de chevreuils attribués au lynx. Dans certaines régions européennes, le lynx peut aussi consommer des cerfs, chamois ou rennes, par exemple.

Cette étude s’est déroulée en deux temps, d’abord dans les années ‘80, le lynx étant pratiquement absent, puis entre 2002 et 2009, avec une population de lynx bien installée suite à des réintroductions réussies. Le taux de survie des chevreuils, adultes et sub-adultes, est évalué dans cette étude à 79 % en l’absence de lynx et à 61 % en leur présence.

Pour la deuxième partie de cette étude, nonante-cinq chevreuils ont été attrapés et équipés de colliers GPS, avec détecteur interne de mortalité. Pour chaque animal mort, la cause de la mort a été déterminée. Trente-cinq chevreuils ont ainsi été retrouvés morts, avec pour causes :

  • 42,9 % attribués aux lynx ;
  • 14,3 % au trafic routier ;
  • 11,9 % à la chasse ;
  • 31,0 % sont dus à d’autres causes, en ce compris les mortalités hivernales.

Il est à noter que les chevreuils suivis ne sont que des animaux de plus de six mois lors de leur marquage, l’importante mortalité estivale des faons n’est donc pas évaluée dans cette étude.

Aucun décès n’a pu être attribué au renard : les renards auraient plutôt prélevés des faons de moins de deux mois. Diverses études suédoises et norvégiennes estiment que 10 à 58 % des faons de chevreuils peuvent être consommés par les renards dans les deux premiers mois de leur vie.

Depuis le milieu des années ‘90, l’habitat de cette région s’est considérablement amélioré pour le chevreuil grâce aux importantes invasions de scolytes : plus de 5600 hectares d’épicéas situés sur la zone étudiée ont été décimés, laissant la place à d’autres types de végétation. Malgré cela, et à cause des hivers rigoureux et de la prédation par le lynx, le taux de survie des chevreuils a baissé entre les deux périodes de l’étude. [B. de P.]

Heurich M., Möst L., Schauberger G., Reulen H., Sustr P., Hothorn T. [2012]. Survival and causes of death of European Roe Deer before and after Eurasian Lynx reintroduction in the Bavarian Forest National Park. European Journal of Wildlife Research 58 : 567-578 (12 p., 5 fig., 5 tab., 68 réf.)

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{mooblock=Détruire les sangliers pour éviter
qu’ils ne transmettent la brucellose ? [1102]}

La brucellose inquiète beaucoup les éleveurs de bétail pour le moment : plusieurs foyers ont été découverts. Généralement, c’est plutôt l’espèce Brucella abortus qui en est la cause. Cependant, pour une exploitation de la province de Namur, c’est la bactérie Brucella suis biovar 2. Cette dernière bactérie est principalement présente chez les ongulés sauvages et en particulier chez le sanglier, le bétail n’est normalement qu’un hôte accidentel. Cette découverte indique que ce nouveau foyer n’a pas de lien avec les autres foyers découverts. Aussi, peut-être l’exploitation aurait-elle été contaminée par les sangliers locaux ?

Afin d’en avoir le cœur net, le ministre wallon Carlo Di Antonio a pris des mesures exceptionnelles, pour une durée d’un mois, à savoir :

  • une destruction, de jour comme de nuit, de sangliers, sur plusieurs communes de la province namuroise située sur la rive gauche de la Meuse ;
  • la destruction peu se faire à l’aide d’armes à feu et d’appâts non empoisonnés, les appâts ne peuvent cependant pas être utilisés sur les prairies pâturées ;
  • cette destruction peut être réalisée par les chasseurs, gardes champêtres, agriculteurs ou agents du DNF ou de l’UAB, selon des modalités bien précises ;
  • tous les sangliers détruits dans ce cadre doivent être signalés au DNF, les deux premiers tirés dans chaque commune seront analysés.

C’est surtout le fait que la destruction puisse se faire de jour comme de nuit à l’aide d’appâts qui semble être particulière.

Suivant les analyses effectuées sur les premiers sangliers tirés, il conviendra de voir si certains sangliers constituent une menace réelle pour les éleveurs de bétail. Affaire à suivre… [B. de P.]

AFSCA [2012]. Communiqué de Presse 18/05/2012 : Mise en évidence de Brucella suis dans le 5ème foyer détecté le 2 mai en province de Namur. AFSCA, 1 p.

Arrêté ministériel autorisant la destruction de sangliers dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publique, 19 mai 2012.

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{mooblock=Deux documents de Pro Silva France [1103]}

Pro Silva France a rédigé récemment deux documents qui sont disponibles en téléchargement sur leur site (prosilva.fr). Le premier est une prise de position sur le thème général du bois énergie, sur lequel l’association est régulièrement sollicitée. Le deuxième est un manifeste pour des forêts naturelles de production, qui propose des compléments à un autre manifeste rédigé récemment sur les forêts de plantation par l’Alliance forêt-bois (association d’industriels du bois).

Bois énergie

L’utilisation du bois à des fins énergétiques est actuellement au cœur des débats forestiers. En France, des objectifs ambitieux pour l’utilisation de la biomasse forestière ont été adoptés depuis 2007 et sur ces bases, toute une série d’outils et d’objectifs chiffrés ont été fixés, aboutissant par exemple, à des tarifs préférentiels de rachat d’électricité à base de biomasse. Toutefois, des incertitudes sont apparues sur la capacité de la forêt française à fournir, à long terme, l’ensemble des besoins en bois dont la qualité importe peu, mais dont les volumes seraient très importants.

Dans son document, Pro Silva France rappelle que l’approche sylvicole qu’elle préconise (la sylviculture irrégulière, continue et proche de la nature) aboutit à terme à la production d’une très large proportion de bois d’œuvre de haute qualité, et ceci de manière continue. Et au final, il reste pour l’énergie autant de bois que dans d’autres modes de traitement : bois d’éclaircie, houppiers des grands arbres, produits connexes issus de la transformation, et notamment du sciage. Cette sylviculture permet de mobiliser à la fois du bois d’œuvre, du bois d’industrie et du bois énergie.

La spécialisation sur le terrain, d’une part de forêts de pure production de masse (produisant par exemple exclusivement du bois énergie) et, d’autre part, de forêts à objectifs purement esthétique ou biologique n’ont pas leur place dans un pays de haute culture et de haute démographie comme la France. Elle ne permettrait pas non plus de modifications de traitement, au cas où des changements de conditions, physiques ou socio-économiques, l’exigeraient. Pro Silva soutient, en sylviculture, l’intégration de toutes les fonctions, mais non pas leur ségrégation par massif.

Dans les forêts feuillues notamment, des débouchés tels que le bois-énergie sont nécessaires, mais ce seul marché n’est pas en mesure de régler tous les problèmes de mobilisation du bois. Il est important également de ne pas extraire de la forêt jusqu’à la dernière brindille au risque de dégrader l’écosystème. Les fonctions écologiques (et donc économiques) du bois mort en forêt sont maintenant bien connues.

En conclusion, Pro Silva France n’est pas contre le développement de l’utilisation énergétique du bois, sous réserve du respect des certaines conditions. Il convient notamment que la récolte représente un réel intérêt pour l’écosystème forestier, l’avenir du peuplement, l’économie et le propriétaire, et que les bois exploités n’aient pas le potentiel, ni actuel ni futur, pour servir à d’autres usages plus nobles et plus rémunérateurs que la seule production énergétique.

Manifeste pour des forêts naturelles de production

L’Alliance Forêts-Bois a publié en janvier 2012 un Manifeste en faveur des forêts de plantation. Pro Silva France reconnaît le bien fondé de beaucoup d’affirmations exprimées dans ce texte mais a souhaité réagir sur plusieurs points.

Pro Silva France émet des doutes sur la menace qui pèserait sur la France par suite de la diminution actuelle de plantations en affirmant que les régénérations naturelles peuvent remplacer les plantations artificielles sans que la production de bois soit diminuée. Les causes les plus importantes de la diminution des plantations ne sont pas abordées dans le Manifeste : pullulation du gibier, chute de la rentabilité sylvicole, risques induits surtout dans des peuplements artificiels…

La ségrégation proposée entre forêts de protection, de production et de plantation est également remise en cause. Il existe en effet des exemples de forêts naturelles de production dans lesquelles ces fonctions sont accomplies simultanément.

En ce qui concerne la valorisation énergétique de tous les rémanents d’exploitation, selon Pro Silva France celle-ci peut aboutir à une réduction des coûts sylvicoles, mais elle entraîne, dans la plupart des cas, une perte de fertilité des sols par l’exportation de sels minéraux et de matières organiques.

Les propositions visant à réduire fortement les durées de révolution et les âges d’exploitabilité des arbres sont également remises en question. La nécessité affichée de produire plus de petits bois et moins de grumes de gros diamètre, par suite de la demande actuelle de l’industrie, ne concerne que les résineux blancs, et pas les bois résineux rouges (hors pin maritime), ni les feuillus de bonne qualité, dont les gros continuent à être bien mieux payés que les petits.

Le document termine par une présentation des principes généraux de la sylviculture prônée par Pro Silva France, la sylviculture irrégulière, continue et proche de la nature (SICPN). [C.S.].

Pro silva France [2012]. Position de Pro Silva France à propos du bois-énergie. Pro silva France, 2 p.

Pro silva France [2012]. Pour une forêt continue, proche de la nature et multifonctionnelle. Manifeste pour des forêts naturelles de production. Réponse de Pro Silva France au Manifeste en faveur des forêts de plantation (Alliance Forêts-Bois, janvier 2012). Pro silva France, 8 p.

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{mooblock=Un érable qui vaut de l’or [1104]}

Un érable aux dimensions et qualités esthétiques exceptionnelles vient d’être acheté à l’ONF (agence de Langres, en Haute-Marne) à prix d’or. Ses caractéristiques sont :

  • érable sycomore ondé ;
  • diamètre de 79 cm au milieu de grume ;
  • 8 mètres de long classé en qualité A ;
  • ondulation double : sur sections radiale et tangentielle ;
  • aucun défaut si ce n’est un cœur creux, arrondi, bien centré et peu développé.

Une dizaine de soumissions ont été proposées pour ce bois abattu. L’exploitant qui a vu son offre retenue a remis un prix de 62 537 euros pour les 4,6 m3 de grume, soit plus de 13 000 €/m3.

Cette grume devrait plus que probablement être tranchée sur quartier et faux-quartier, en tranches de 0,5 mm, afin d’aller orner la coupole d’une nouvelle mosquée en pays arabe. [B. de P.]

Poncelet J. [2012]. Un record européen. La Forêt Privée 324 : 20-21 (2 p.).

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{mooblock=Les puits de carbone forestiers bientôt valorisés ? [1105]}

En juin prochain, au même endroit, 20 ans après la conférence de Rio qui avait alerté l’opinion publique sur le rôle joué par l’augmentation du CO2 atmosphérique dans le changement climatique, les Nations Unies vont à nouveau débattre de la problématique du développement durable qui semble n’avancer qu’à (très) petits pas.

L’idée d’une taxe carbone est dans l’air mais la crise financière mondiale risque bien de refroidir l’enthousiasme.

Pourtant, les forestiers pourraient voir avancer l’une de leur revendication : la prise en compte de la séquestration du carbone forestier et des produits bois, après 2012.

Concrètement, l’Union Européenne oblige ses entreprises les plus polluantes à racheter, sur des marchés spécialisés, des quotas de CO2, lorsque celles-ci dépassent leur plafond autorisé. Le carbone prend ainsi de la valeur.

La Suisse, par exemple, qui a rejoint les pays de l’UE dans le système communautaire d’échanges de quotas de CO2, a créé un fond climatique prenant en compte l’effet puits de carbone de ses forêts. Elle évitera ainsi l’achat de 3 millions de tonnes de CO2 en certificats d’émissions sur les marchés internationaux (pour la période 2008-2012). Les forestiers helvétiques attendent donc aujourd’hui que cet argent économisé leur revienne.

Les industriels n’ont toutefois pas attendu les forestiers et ont commencé à investir dans des forêts à reconstruire, principalement en Amérique du Sud. [C.H.]

Rérat B. [2012]. Le stockage du carbone en débat à Rio, une opportunité pour les forestiers ? La Forêt 65(5) : 9-12 (4 p., 2 tab.).

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{mooblock=Évaluation économique de différents scénarios de transformation
de peuplements résineux  [1106]}

Des initiatives de transformation des peuplements équiennes en peuplements plus proches de la nature ont été initiées un peu partout en Europe, et surtout dans la région atlantique. Les principales raisons sont relatives à la stabilité limitée, la faible performance économique et la moindre biodiversité des peuplements existants.

Une étude économique a été réalisée au Danemark, dans une forêt principalement constituée d’épicéa commun, mais également de hêtre, de douglas et d’épicéa de Sitka. L’objectif de l’étude était de comparer les conséquences physiques et économiques de plusieurs scénarios de transformation. L’évaluation économique de ces scénarios a été réalisée par simulation. La méthode de modélisation utilisée prend en compte l’interdépendance entre les espèces issues de la régénération ainsi que le risque de chablis.

Les différents scénarios étaient définis selon plusieurs facteurs : la durée de la rotation, la proportion d’arbres exploités dans chaque classe de diamètre (stratégie d’exploitation) et la durée de la période de transformation. En combinant ces trois facteurs, un total de quinze scénarios ont été évalués.

Les trois différentes stratégies d’exploitation (c’est-à-dire la nature de l’exploitation en termes de proportion d’arbres exploités dans chaque classe de diamètre) testées étaient :

  1. La stratégie active pour laquelle la transformation se fait progressivement grâce à une exploitation initiée avant que le diamètre cible ne soit atteint.
  2. La stratégie passive pour laquelle l’exploitation progressive est initiée à l’âge optimal de rotation (selon le schéma classique de peuplement régulier).
  3. La stratégie stricte de diamètre cible pour laquelle l’exploitation progressive se fait lorsque les arbres ont atteint le diamètre cible.

Les résultats de l’étude montrent l’importance primordiale des conditions locales et initiales des peuplements. Dans le cas d’un peuplement économiquement mature, des revenus d’exploitation très importants sont engendrés en début de période de transformation pour toutes les stratégies. Par conséquent, il existe peu de différences entre stratégies ce qui augmente la souplesse du choix de stratégie.

La stratégie active avec une période de rotation de deux ans était la moins vulnérable aux chablis mais liée aux performances économiques les plus faibles, soulignant ainsi l’importance du compromis entre vulnérabilité aux chablis et coûts d’exploitation. [C.S.]

Schou E., Jacobsen J.B., Kristensen K.L. [2012]. An economic évaluation of strategies for transforming even-aged into near-natural forestry in a conifer-dominated forest in Denmark. Forest Policy and Economics 20 : 89-98 (10 p., 4 fig., 4 tab., 46 réf.).

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{mooblock=Cloisonnements tous les 40 mètres pour une pessière irrégulière [1107]}

Dans le contexte d’une pessière irrégulière, les auteurs de cette étude ont voulu comparer deux espacements de cloisonnement en termes de dégâts aux arbres restant dans le peuplement.

En irrégulier, l’enjeu consiste à exploiter quelques arbres par hectare sans abîmer la régénération présente.

Les deux espacements testés sont de 20 et 40 mètres. Les cloisonnements font 4 mètres de large. Le volume prélevé est le même dans les deux dispositifs. Pour le 20 mètres, on a prélevé tous les arbres du cloisonnement, pour le 40 mètres idem plus une éclaircie entre les cloisonnements.

Le nombre d’arbres restants blessés est assez faible et similaire dans les deux cas : 4,5 % des arbres restants. Parmi ceux-ci, plus de 80 % sont des arbres de moins de 15 cm de diamètre. Les deux tiers des dégâts sont des écorçages, le reste, des bris de branches.

Les résultats passablement identiques pour les deux écartements de cloisonnement amènent les auteurs à conclure que la distance de 40 mètres est préférable vu le moindre investissement qu’elle nécessite. [C.H.]

Modig E., Magnusson B., Valinger E., Cedergren J., Lundqvist L. [2012]. Damage to residual stand caused by mechanized selection harvest in uneven-aged picea abies dominated stands. Silva Fennica 46(2) : 267-274 (8 p., 3 fig., 4 tab., 19 réf.).

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{mooblock=La compaction des sols forestiers sableux et argileux  [1108]}

La mécanisation fait aujourd’hui partie intégrante des activités d‘exploitation forestière. Des machines telles que les porteurs, abatteuses et débardeuses dont le poids se rapproche des 20 tonnes (ou plus lorsqu’elles sont chargées) sont fréquemment utilisées. Malgré la planification prudente de ces opérations, des préoccupations demeurent d’actualité par rapport aux impacts négatifs sur l’écosystème forestier.

La plupart des études existantes sur le sujet concernent une texture de sol, un type de machine ou un niveau d’intensité de trafic. Or, la comparaison des différents niveaux de facteurs doit être réalisée pour pouvoir tirer des conclusions générales fiables. L’objectif de cette étude était donc de tirer des conclusions générales concernant l’impact de l’exploitation forestière mécanisée sur la densité apparente du sol. Pour ce faire, des données issues de plusieurs études ont été combinées à l’aide d’une approche de méta-analyse.

Parmi les résultats, de nombreuses informations sont réunies : la vulnérabilité à la compaction des sols de texture différente, l’impact de la densité apparente du sol sur la compaction, l’impact du poids des machines sur la compaction et l’impact de l’intensité du trafic sur la compaction.

Dans la discussion de l’article, plusieurs conclusions sont tirées. De manière générale, l’impact des machines sur le sol diminue à partir de la surface vers les couches plus profondes. Dans la couche de 0 à 10 cm de profondeur, l’impact sur les sols argileux est le plus important. Des densités apparentes initiales plus élevées (par exemple sur des sols déjà compactés), font moins l’objet d’une augmentation de densité après le passage des machines.

En conclusion, une compaction systématique est observée dans les sols argileux et sableux, surtout dans le cas de faible densité initiale (sols non compactés) et d’engins lourds. L’article termine par des recommandations pour la gestion forestière qui incluent notamment le recours aux cloisonnements d’exploitation et le bon choix du type de machine pour chaque opération d’exploitation. [C.S.]

Ampoorter E., de Schrijver A., van Nevel L., Hermy M., Verheyen K. [2012]. Impact of mechanized harvesting on compaction of sandy and clayey forest soils : results of a meta-analysis. Annals of Forest Science : DOI 10.1007/s13595-012-0199-y (10 p., 1 fig., 3 tab., 55 réf.).

{/mooblock}

logoFMnewLa sylviculture proche de la nature pourrait mieux adapter les forêts aux changements climatiques [1335]

Dans de nombreux pays d’Europe, la sylviculture proche de la nature est largement préconisée comme étant la meilleure approche de gestion forestière pour faire face aux changements climatiques. Une synthèse a identifié et évalué six principes de gestion qui améliorent la capacité d'adaptation des forêts tempérées en Europe :
1. Augmenter la diversité spécifique des arbres.
2. Augmenter la diversité structurelle.
3. Maintenir et augmenter la diversité génétique au sein des différentes espèces d'arbres.
4. Augmenter la résistance des arbres individuels aux stress biotiques et abiotiques.
5. Remplacer les peuplements à haut risque.
6. Maintenir des volumes sur pied modérés.

Ces principes sont utilisés pour évaluer comment les stratégies sylvicoles qualifiées de « proche de la nature » répondent à l’adaptation aux changements climatiques. Étant donné que les méthodes de gestion en sylviculture irrégulière sont très diversifiées, trois groupes de stratégies ont été dégagés : le prélèvement pied par pied (ou jardinage), le prélèvement par groupe et les coupes progressives, ce dernier groupe étant le moins proche des principes de sylviculture proche de la nature.

Les résultats de l’étude montrent que de nombreux attributs des stratégies « proche de la nature » peuvent augmenter la capacité d'adaptation des forêts tempérées européennes. En effet, la diversité structurelle et la résistance des arbres aux facteurs de stress sont favorisées et les volumes sur pied peuvent être maintenus à des niveaux faibles.

Toutefois, quelques lacunes existent en ce qui concerne l’augmentation de la richesse spécifique des arbres, le maintien et l'augmentation de la diversité génétique et le remplacement des peuplements à haut risque. Pour combler ces lacunes, les stratégies proches de la nature pourraient recourir à d’autres méthodes de régénération de sorte à favoriser l’apparition d’essences héliophiles, d’espèces non indigènes et de provenances non locales. [C.S.]

Brang P, Spathelf p., J. Bo Larsen J., Bauhus J., Bonc̆ìna A., Chauvin C., Drössler L., García-Güemes C., Heiri C., Kerr G., Lexer M. J., Mason B., Mohren F., Mühlethaler U., Nocentini S. and Svoboda M. [2014]. Suitability of close-to-nature silviculture for adapting temperate European forests to climate change. Forestry 87 : 492-503 (12 p., 2 tab., 141 réf.).

 

L’aulne facilite la restructuration des sols forestiers compactés [1336]

Le compactage du sol en raison de l’utilisation de machines lourdes pour la récolte de bois est un problème très répandu dans le secteur forestier. De plus, peu d’études portent sur la restructuration des sols forestiers compactés.

Des chercheurs suisses se sont intéressés à la capacité de l’aulne glutineux à accélérer la réhabilitation de ces sols compactés. En 2003, ils ont introduit des plants dans des ornières fortement compactées sur deux sites forestiers. Certaines des ornières ont été remplies avec du compost. En 2009 et 2010, ils ont évalué le succès de ces mesures par l’analyse des paramètres physiques de la structure du sol (densité apparente, porosité totale, macroporosité et perméabilité à l’air), la densité des racines et la croissance des arbres.

La croissance des arbres y a été exceptionnellement forte. La porosité totale du sol, la macroporosité et la perméabilité à l’air ont montré une augmentation significative dans les couloirs de débardage plantés par rapport aux témoins non traités. Les valeurs étaient proches de celles trouvées pour un sol non compacté dans le voisinage immédiat. Tous les paramètres physiques du sol ont été étroitement corrélés à la densité de la masse racinaire. L’application de compost n’a pas montré d’effet probant.

La plantation d’aulnes glutineux aurait donc un grand potentiel en tant que mesure écologique pour accélérer la restructuration des sols forestiers compactés dans des climats tempérés humides. [D.A.]

Meyer C., Lüscher p., Schulin R. [2014]. Enhancing the regeneration of compacted forest soils by planting black alder in skid lane tracks. European Journal of Forest Research 133 : 453-465 (13 p., 8 fig., 3 tab., 71 réf.).

 

La plantation entièrement mécanisée, fantasme ou réalité ? [1337]

En France, le recours à la plantation a fortement diminué durant ces dernières décennies dans les forêts publiques. Cette diminution a pu être réalisée grâce aux forestiers qui ont su tirer profit de la régénération naturelle. Cependant, les gestionnaires tiennent de plus en plus compte des changements climatiques annoncés pour la réalisation des plans de régénération des futaies. En conséquence, cela nécessitera d’adapter, voire de réorienter la composition des peuplements. La réalisation de plantations sera donc nécessaire. Inquiet de cette future augmentation des surfaces à boiser, un groupe de travail a été mis en place par l’Office National des Forêts afin d’évaluer la possibilité d’avoir recours à la plantation mécanisée plutôt que manuelle. Ce groupe de travail a tenté d’évaluer la possibilité d’utilisation d’une planteuse manuelle tout en tenant compte des critères à remplir afin qu’elle puisse au moins égaler les qualités d’un travail manuel.

Les premières planteuses mécaniques ont vraisemblablement vu le jour à la fin du 19e siècle aux États-Unis. Il existe actuellement différents types de planteuses mécaniques. La plupart des modèles sont attelés sur l’attache trois-points d’un tracteur. Le principe est qu’un sillon est ouvert dans le sol et permet à deux opérateurs, installés à l’arrière du tracteur, de placer les plants à intervalles réguliers. Un dispositif referme ensuite le sillon et tasse le sol de chaque côté du plant. La productivité de ce type de machine est estimée à environ 3 000 plants par jour, mais nécessite trois opérateurs. Le système ne convient toutefois pas à tous les types de sol car l’ouverture du sillon tasse les parois dans les sols limoneux à argileux. Les effets ne se font parfois sentir que quelques années plus tard, lorsque le sylviculteur s’aperçoit de la faiblesse du système racinaire qui n’a pu se développer que le long du sillon. Par ailleurs, le sillon n’est pas toujours correctement refermé, ce qui entraîne le dessèchement des plants.

Les planteuses scandinaves sont adaptées aux plants en godet. Leur fonctionnement repose sur un système similaire à un barillet de revolver. Elles doivent être portées par des pelles mécaniques en raison de leur poids. La productivité est d’environ de 1 000 plants par jour.

D’autres prototypes sont également en cours de test. Ainsi, un nouveau concept monté sur quatre pattes permet de réduire la pression au sol. Un autre associe trois planteuses réalisant chacune un petit travail du sol avant plantation.

Le groupe de travail a déduit qu’une machine unique, mais capable de s’adapter à toutes les situations (chaque parcelle ayant ses particularités) était nécessaire. Un outil porté par un tracteur semble être le meilleur choix afin que la plupart des entreprises de travaux puissent s’en équiper.

Par ailleurs, la machine doit pouvoir s’adapter à de nombreuses situation suivant la préparation de terrain réalisée, le type de plant (racines nues ou godet), mais aussi la taille et la forme des plants afin que le collet soit toujours bien positionné ou encore pouvoir gérer le mélange des essences. La question du pralinage ou encore de l’habillage des racines doit aussi pouvoir être traitée. Enfin, idéalement, une protection devrait également pouvoir être apposée afin de ne pas devoir effectuer un retour sur les lignes de plantation.

Du point de vue économique, l’investissement dans une planteuse devrait pouvoir se justifier à condition d’obtenir un rendement au moins égal à celui d’un planteur manuel. À l’heure actuelle, pour compenser les coûts liés à l’utilisation des machines, une planteuse devrait pouvoir mettre en terre au moins 1 200 plants par jour, soit un plant toutes les 24 secondes. Cette estimation ne tient toutefois pas compte des pannes qui immobilisent dans ce cas l’opérateur et la machine concernée, tracteur ou planteuse. Au contraire, si un membre d’une équipe de planteurs est en incapacité de travail, il peut être plus facilement remplacé.

Le problème de la plantation mécanisée a été soulevé il y a maintenant bien longtemps. Cependant, elle n’a pas connu de développement significatif. Force est de constater que les défis techniques sont nombreux pour parvenir à un travail de qualité. Par ailleurs, un ouvrier aura toujours une plus grande facilité de s’adapter aux situations de terrain. La plantation manuelle a donc encore tout son sens à l’heure actuelle et mériterait une attention particulière afin que ce savoir-faire technique soit conservé et revalorisé. [S.P.]

Ulrich E. [2014]. Nouveaux besoins de plantation en forêt publique française : réflexion sur la plantation mécanisée ou manuelle. Rendez-Vous techniques 43 : 3-10 (8 p., 3 réf.).

 

L’impact écologique du dépérissement du frêne [1338]

L’étude de l’impact écologique potentiel d’une maladie doit identifier les fonctions écosystémiques associées à l’essence en question, quels organismes utilisent l’essence et de quelle manière, ainsi que la possibilité de remplacer l’essence menacée par une essence alternative.

Une étude réalisée en Grande-Bretagne a évalué l’impact écologique de la chalarose. Un total de 953 espèces ont été identifiées comme associées au frêne, dont quarante-quatre fortement inféodées. Le remplacement du frêne par d’autres essences est une solution envisageable, même si aucune espèce d’arbre ne peut agir seule comme hôte de toutes les espèces associées.

Les scénarios de gestion proposés par les auteurs pour réduire l’impact de la maladie et pour minimiser les effets sur les espèces associées impliquent généralement de ne pas retirer les arbres morts ou dépérissants. [C.S.]

Mitchell R.J. et al. [2014]. Ash dieback in the UK : A review of the ecological and conservation implications and potential management options. Biological Conservation 175 : 95-109 (15 p., 5 fig., 9 tab., 69 réf.).

 

Le douglas augmente la richesse spécifique du sous-bois [1339]

En République tchèque, une étude a été réalisée afin d’évaluer l’impact de l’introduction du douglas sur la composition du sous-bois. En effet, chaque essence influence son milieu et les modifications engendrées par l’introduction d’une espèce peuvent être évaluées grâce aux changements de composition du sous-bois et de l’abondance de certaines plantes.

Durant cette étude, 153 relevés phytosociologiques ont été réalisés dans des peuplements de douglas, d’épicéa, de hêtre et de chêne pour décrire la composition en espèces du sous-bois et évaluer les différences entre communautés.

La culture du douglas augmente la diversité en espèce dans les peuplements, mais diminue l’abondance de certaines d’entre elles. La différence n’est toutefois pas aussi marquée si des peuplements de hêtre et de chêne sont remplacés par du douglas. Toutefois, même dans ce dernier cas, on voit apparaître des espèces nitrophiles comme le Géranium herbe à Robert, l’Ortie dioïque et le Gaillet gratteron. Ces plantes indiquent qu’une grande quantité de nitrates est disponible dans l’humus et dans les horizons superficiels du sol. Cela devra toutefois être confirmé grâce à des analyses de sol, mais pourrait représenter un risque potentiel de l’introduction du douglas. [S.P.]

Podrazsky V., Martinik A., Matejka K., Viewegh J. [2014]. Effects of Douglas-fir (Pseudotsuga menziesii [Mirb.] Franco) on understorey layer species diversity in managed forests. Journal of Forest Science 60 : 263-271 (9 p., 3 fig., 4 tab., 45 réf.).

 

La taille du corps et la période d’activité guident les réactions des mammifères face aux changements climatiques [1340]

La plupart des modélisations prédictives de la réponse des mammifères aux changements climatiques estime que toutes les espèces réagiront de manière similaire, avec toutefois des amplitudes différentes. À l’inverse, les modèles pour les animaux vertébrés ectothermes (dont la température corporelle est la même que celle du milieu extérieur ; reptiles et poissons, par exemple) ont intégré des différences physiologiques entre espèces qui discriminent leurs réponses face au changement climatique.

Pourtant, il ressort clairement de l’analyse des fossiles de mammifères que ces animaux n’ont pas tous répondu de manière similaire aux changements de température paléolithiques.

Cette étude menée aux États-Unis montre que certains mammifères réagissent négativement, avec des extinctions locales de population, des contractions de l’aire de distribution et des diminution dans la taille des populations. C’est le cas par exemple pour l’ours polaire, le pika ou le chipmunk. D’autres mammifères réagissent positivement en élargissant leur aire de distribution, la taille de leur population ou leur taux de croissance, comme par exemple plusieurs musaraignes ou la marmotte à ventre jaune. Enfin, un nombre important d’espèces, presque la moitié, ne réagit pas du tout au changement climatique.

Le fait qu’un mammifère réagisse ou non au changement climatique est conduit principalement par la taille de son corps et sa période d’activité. Il est intéressant de noter que l’extinction de la mégafaune du Pléistocène comprenait principalement les grands mammifères.

Ce caractère de taille du corps peut indiquer des interactions climatiques qui n’avaient pas été prises en compte précédemment dans la réaction des mammifères aux changements climatiques. Les petits mammifères ressentent le climat différemment que les plus grands à cause de la disponibilité de micro habitats proches ou en dessous du sol qui modèrent la température et l’humidité. Les plus grands mammifères ont moins de flexibilité face au climat et aux températures qu’ils rencontrent. D’un autre côté les grands mammifères sont plus mobiles et seraient donc plus capables d’étendre leur aire de distribution pour fuir les changements et trouver des refuges. Mais les observations de diminution d’aire de distribution et d’abondance de population indiquent plutôt un impact négatif des changements climatiques qu’une simple réponse d’augmentation de la mobilité.

Ces résultats indiquent donc que certains mammifères peuvent, par leurs comportements, échapper au changement climatique, alors que d’autres ne le peuvent pas, à l’instar de certaines hypothèses paléontologiques. Les mammifères de grande taille et strictement diurne ou nocturne ont rapidement réagit au changement climatique actuel et la plupart de ces réactions indiquent un plus haut risque d’extinction. La plupart de ces mammifères font partie de la faune emblématique de l’Amérique du Nord : le mouflon canadien, le pika et l’ours polaire.

Ceux qui ont le plus de chance de réagir positivement ou qui ont étendu leur aire de distribution sont petits, flexibles et invisibles : comme les musaraignes ou les souris qui vivent dans le sol et sous la végétation.

Le microclimat disponible et les choix comportementaux sur le temps d’activité, même pour deux espèces sur le même terrain, ont des implications en cascade sur la manière dont elles ressentent le climat, et dictent la nécessité de réagir en recherchant une niche climatique ou en échappant aux changements.

Une meilleure compréhension de la réaction des espèces et des raisons biologiques qui la sous-tendent sont des impératifs pour les actions de conservation et de gestion. [C.H.]

McCain C.M., King S.R.B. [2014]. Body size and activity times mediate mammalian responses to climate change. Global Change Biology 20 : 1760-1769 (10 p., 4 fig., 60 réf.).

 

Les impacts des surdensités de cerfs se font encore ressentir 20 ans plus tard [1341]

Les cerfs, s’ils sont en surdensité, ont un impact dramatique sur la régénération des forêts, mais aussi sur la composition, la densité et la diversité du sous-bois. En fonction de l’attractivité de certaines espèces pour l’abroutissement, ils modifient à long terme la composition des forêts.

Une étude menée aux États Unis a analysé l’impact sur les plantes herbacées du sous-bois en fonction de différentes densités de cerfs de Virginie. Les populations d’animaux étaient maintenues à des densités allant de 3,9 à 31,2 animaux par kilomètre carré, selon les parcelles. Ces densités ont été maintenues identiques durant 10 ans. Ensuite, les clôtures ont été démontées et les peuplements ont été soumis à la pression de gibier normale de la région (entre 10 et 12 cerf/km2). Les effets ont été analysés dans des zones mises à blanc et aussi sous couvert forestier entre les années ‘90 et 2010, soit pendant vingt ans.

Vingt années après l’ouverture des clôtures, dans les peuplements qui avaient été exposés aux densités de cerfs les plus élevées, les fougères recouvrent cinq fois plus le sol comparé aux peuplements où les densités étaient réduites et ce au détriment des angiospermes significativement moins présents.

Cette étude à long terme montre de manière univoque les effets à longue échéance des surdensités d’ongulés sauvages sur la végétation du sous-bois : 20 ans plus tard, les impacts sont toujours marqués. Par ailleurs, la seule diminution du nombre d’animaux ne suffira pas à restaurer l’état initial et des mesures de gestion devront probablement être prises pour permettre la régénération, comme la suppression des fougères. [S.P.]

Nuttle T., Ristau T. E., Royo A. A. [2014]. Long-term biological legacies of herbivore density in a landscape-scale experiment: forest understoreys reflect past deer density treatments for at least 20 years. Journal of Ecology 102 : 221-228 (8 p., 3 fig., 38 réf.).

 

Utilisation de bois suisse dans la construction : surcoût ? [1342]

Selon une étude comparative menée conjointement par l’association Forêt Valais et l’Office romand de Lignum, les surcoûts occasionnés par la mise en œuvre de bois suisse dans la construction (par rapport aux bois étrangers) sont insignifiants. Ces surcoûts se situent entre 1 et 2 % pour une maison individuelle en bois de 150 m2.

La consommation locale (ou la « filière courte ») peut s’appliquer à la construction en bois. Un bois abattu et transformé en Suisse permet de limiter les émissions de CO2 et, vu les normes strictes qui s’appliquent dans le cadre de l’exploitation de la forêt suisse, il est écologiquement responsable de privilégier le bois indigène.

Le rapport de l’étude « Plus-value bois suisse » est disponible sur goo.gl/tkCcfT. [C.S.]

Anonyme [2014]. Le bois suisse est très abordable. La Forêt 67(4) : 6 (1 p.).

 

L’avenir de la scierie française à l’horizon 2020 [1343]

En France, l’Observatoire du Métier de la Scierie a réalisé une étude prospective sur le devenir du secteur des scieries à l’horizon 2020 au travers de trois scénarios.

En 2010, le secteur comptait 1750 scieries pour plus de 8 000 000 m3 sciés.

Trois scénarios sont envisagés.

1. Productivité et rentabilité

Pour ce scénario, seules quelques « super scieries » subsistent et intègrent la transformation du bois dont les sciages bruts, les produits techniques (contrecollé, abouté) et les produits connexes (plaquettes, pellets), voire la cogénération.

Les scieries moyennes sont arrêtées, incapables de rivaliser et les scieries artisanales survivent en proposant des produits sur mesure et un service de proximité.

2. Complémentarité et diversité des structures

Ici, chaque type de scierie tient sa place dans son secteur de prédilection :

  • les grosses unités vont vers la production de masse des sciages bruts et techniques et la mise en œuvre des produits ;
  • les moyennes s’orientent vers le sur-mesure et les produits de niche ;
  • les plus petites font du service de proximité.

Dans ce scénario, le secteur feuillu retrouve sa première place au niveau européen grâce à différents facteurs : première transformation réalisée sur place, exportation massive des sciages, redéveloppement de l’emploi du bois dans la construction.

Ce scénario est le plus favorable et permettrait de maintenir le plus grand nombre d’unités de sciage, toutes catégories confondues, mais demande une production plus importante (11 000 000 m3 de sciages), ce qui semble toutefois réalisable selon les professionnels du sciage.

3. Stagnation et déclin du milieu

Dans ce scénario, les scieries de résineux sont incapables de s’approvisionner en raison des prix trop compétitifs de la matière première. Le secteur feuillu est presque à l’arrêt car il n’a pas su rebondir en trouvant de nouveaux débouchés et en raison de la forte demande du secteur du bois énergie qui s’étend.

Le secteur du sciage connaît une période difficile, comme il en a déjà vécu, mais malgré les inquiétudes, les scieurs, tous passionnés, sont prêts à relever les défis qui les attendent. Ils doivent néanmoins prendre conscience de leurs forces et faiblesses afin d’innover et d’augmenter leurs rendements, tout en maintenant la qualité de leurs produits et en développant leur compétitivité.

L’étude complète est disponible sur goo.gl/4r4yHe. [S.P.]

Chalayer M. [2014]. Prospective 2020 : la scierie française. Le Bois International 113 : supplément (36 p.).

 

Lampiris se lance dans la livraison de bois [1344]

Lampiris, fournisseur belge d’énergie, se lance dans la livraison de stères de bois et de pellets. Sa nouvelle filiale « Lampiris Wood », compte déjà trois centres de distribution, à Charleroi, Westerlo et Liège. L’idée est de fournir les clients dans un rayon de 50 à 60 km autour de ces centres. En 2015, toute la Belgique devrait pouvoir être livrée. Le bois provient de forêts belges et du Nord de la France partiellement certifiées. L’objectif est de ne pas lui faire parcourir plus de 100 à 150 km. Les pellets sont produits en Belgique.

Les dernières statistiques indiquent que 800 000 foyers belges sont équipés de poêle à bois et 150 000 à 200 000 de poêle à pellets. [C.H.]

Martin p. [2014]. Lampiris se lance dans la fourniture de bois-énergie. ValBioMag juillet 2014 (1 p., 1 réf.).

logoFMnewPeut-on investir dans les gros bois de douglas ? [1345]

De nombreux propriétaires en France se demandent quand récolter leur douglas. Ils considèrent en effet, d’une part, les demandes de bois moyens en qualité courante des scieries à canter et, d’autre part, la volonté de faire fructifier leur capital.

L’article fait un état des lieux de la situation grâce à l’étude de l’environnement économique actuel, des qualités intrinsèques du douglas ainsi que des témoignages de gestionnaires et de propriétaires.

Le douglas est en pleine activité à partir de 40 ans. En effet, un douglas a besoin 35 à 40 ans pour produire un mètre cube de bois mais après 40 ans, chaque mètre cube supplémentaire est produit en moins de 10 ans. De plus, en vieillissant, le douglas améliore les performances mécaniques de son bois par un accroissement de la proportion de duramen. Ce dernier, qui résiste bien à l’humidité, est recherché pour fabriquer des bardages et des platelages destinés à un usage extérieur. En plus, un arbre plus âgé affiche une plus faible décroissance.

Dans cette optique, la conversion en futaie irrégulière présente des avantages supplémentaires pour de nombreux propriétaires. En effet, le traitement en irrégulier permet de conserver une bonne qualité du sol. Tous les éléments minéraux que le douglas a absorbé depuis sa plantation sont restitués à partir de 60-70 ans. La production de gros bois permet également de laisser entrer la lumière qui va favoriser l’apparition de la régénération et de feuillus, et donc d’humus.

L’état actuel du marché suscite d’inévitables questions chez les sylviculteurs. Est-ce que les gros bois se vendent moins bien ? Il est un peu réducteur de dire que les bois moyens se vendent aujourd’hui plus cher que les gros bois. Pour ces derniers, les acheteurs commencent à adopter les techniques de cubage des feuillus, c’est-à-dire en détaillant les qualités (par exemple : six premiers mètres à 100 €/m3 et la surbille à 35-40 €/m3, ce qui peut faire chuter la moyenne générale).

Beaucoup de scieries en France préparent une ligne de sciage pour les gros bois. La scierie Fruytier, par exemple, installée en Bourgogne, transforme déjà de gros bois à l’extérieur de ses scies à canter pour profiter des vertus du duramen.

L’auteur termine en concluant que, vu le peu de risque, il n’est pas déraisonnable d’investir dans la production de gros bois de qualité. Le marché, qui consomme actuellement une majorité de petits et moyens bois, se tournera inévitablement vers les gros bois lorsque les petits diamètres viendront à s’épuiser. [C.S.]

Charoy p. [2014]. Quand récolter ses douglas ? La Forêt Privée 339 : 32-37 (6 p.).

 

Estimer la qualité du bois énergie à partir de sa composition minérale [1346]

Le pouvoir calorifique supérieur du bois permet de connaître son potentiel énergétique. Sa mesure permet de comparer entre eux différents combustibles solides. Le pouvoir calofirique supérieur permet donc d’estimer les différences au sein d’un arbre ou entre arbres. La méthode de mesure a l’avantage de s’affranchir des conditions de stockage : humidité, conditionnement, etc.

Bien entendu, le pouvoir calorifique « réel » ou inférieur du bois dépend de nombreux facteurs. Parmi ceux-ci, l’humidité joue un rôle crucial : si le bois n’est pas sec, une partie de l’énergie est dépensée inutilement dans la production de vapeur d’eau. Qui plus est, du bois très humide ne subit pas une combustion complète, ce qui diminue fortement le pouvoir calorifique.

L’essence fait aussi varier le pouvoir calorifique, mais elle n’est pas le seul facteur à l’influencer : le type de compartiment dans l’arbre joue également un rôle important (bois, écorce, tronc, menus bois…). Les différences entre essences sont assez faibles, mais les résineux ont un meilleur pouvoir calorifique que les feuillus grâce à la présence de résines. Cependant, leur combustion dans des chaudières inadaptées entraîne des problèmes d’encrassement et de rejets indésirables dans l’air.

Des chercheurs ont tenté d’établir la relation entre qualité du bois énergie, taux de cendres et pouvoir calorifique. Il semble que pour déterminer la qualité du combustible, le pouvoir calorifique et le taux de cendres sont deux mesures complémentaires. Les résultats montrent que les branches ont un pouvoir calorifique proche de celui du bois de la tige. [S.P.]

Bilot N., Saint-André L., Rogaume Y., Deleuze C. [2014]. Qualification du bois énergie : peut-on aller jusqu’au pouvoir calorifique ? Rendez-Vous techniques 44 : 73-81 ( 9 p., 4 fig., 2 tab., 5 réf.).

 

Douglas : les provenances côtières résistent mieux au déficit hydrique [1347]

Depuis la sécheresse et la vague de chaleur de 2003, des dépérissements de douglas sont rapportés un peu partout en France sur des arbres adultes (plus de 30 ans). Dans le contexte des changements climatiques, ces épisodes de sécheresse sont annoncés comme étant plus graves et plus fréquents à l’avenir. Une équipe de chercheurs de l’INRA et de l’Université de Lorraine a voulu vérifier la bonne adaptation de différentes provenances de douglas non utilisées actuellement en plantation en France. Ainsi, la réponse en termes de croissance face à un déficit en eau du sol a été analysée sur des arbres adultes issus de deux essais de provenances situés dans le Sud de la France.

Les vingt-deux provenances échantillonnées couvrent une large partie de l’aire de répartition naturelle du douglas : de l'Oregon à la Californie pour les provenances côtières ; et de la Colombie-Britannique au Nouveau-Mexique pour les provenances intérieures.

Signalons d’abord qu’aucune mortalité n’a été observée dans les essais de provenance du Sud de la France suite à la sécheresse de 2003. Ensuite, quelle que soit la provenance, la croissance des arbres adultes est très dépendante du déficit local en eau du sol même si de grandes différences apparaissent entre elles. La variabilité entre les provenances, pour ce qui concerne la modification de croissance en réponse à un déficit hydrique, est principalement structurée géographiquement. Les provenances côtières sont plus performantes en productivité et ont présenté une faible réduction de la croissance en 2004, la deuxième année de sécheresse consécutive. Étonnamment, les provenances intérieures méridionales, situées dans l’environnement le plus sec de toute l’aire naturelle, montrent une forte réduction de la croissance en 2004.

Ces différences pourraient résulter de l’évolution historique de la distribution de l’espèce. Les dernières glaciations auraient en effet mené à une séparation géographique entre les variétés côtières et intérieures méridionales. Le résultat de cette séparation serait une différenciation génétique entre les nouvelles populations qui auraient grandi sous des climats contrastés, différenciation due à des tendances à la fois adaptatives et évolutives. C’est en tout cas ce qui est attendu d’une espèce couvrant des conditions si diverses et possédant une capacité de dispersion des graines limitée.

Des études écophysiologiques complémentaires seraient toutefois nécessaires avant d’envisager inclure ces provenances dans les programmes d’améliorations génétiques. [C.H.]

Sergent A.-S., Bréda N., Sanchez L., Bastein J.-C., Rozenberg p. [2014]. Coastal and interior Douglas-f ir provenances differ in growth performance and response to drought episodes at adult age. Annals of Forest Science 71 : 709-720 (12 p., 4 fig., 3 tab., 40 réf.).

 

Réduire l’âge d’exploitabilité des arbres pour faire face à la sécheresse ? [1348]

Face aux risques accrus de dépérissement liés à la sécheresse, la réduction de la révolution est parfois évoquée comme une stratégie d’adaptation. Cependant, les forestiers s’interrogent sur l’acceptabilité économique d’une telle modification de stratégie sylvicole. L’INRA a réalisé un exercice de simulation sylvicole et économique pour apporter des éléments de réflexion à cette question.

La stratégie qui consiste à réduire la révolution a deux objectifs : diminuer la durée d’exposition du peuplement aux aléas naturels et réduire la vulnérabilité des arbres en réduisant leur âge et leur hauteur.

L’étude a intégré le risque de perte de production et de dépérissement face au bilan économique d’une réduction de révolution. L’étude porte sur le douglas et plusieurs scénarios sont testés grâce à une analyse coût-bénéfice des itinéraires sylvicoles.

En conclusion, il apparaît que la réduction de la révolution pour adapter les peuplements de douglas aux futurs risques induits par les sécheresses peut s’avérer une option économiquement acceptable, à condition que les dommages potentiels soient élevés. Ceci est le cas dans les peuplements à fort capital sur pied, en retard d’éclaircie, ou encore soumis à des dommages phytosanitaires. Les auteurs rappellent également que la réduction de la révolution est synonyme d’une plus grande exportation d’éléments minéraux, ce qui, à terme, réduit la fertilité du sol et donc impact la productivité et la rentabilité. [C.S.]

Bréda N., Brunette M. [2014]. Réduire l’âge d’exploitabilité : une stratégie d’adaptation économiquement acceptable face aux risques induits par la sécheresse ? Forêt-entreprise 217 : 46-49 (4 p., 1 fig., 1 tab., 4 réf.).

 

Les actions de chasse isolées et ponctuelles sont inefficaces pour réguler le renard [1349]

Le renard est considéré en Australie comme un nuisible, ravageur de l’agriculture (prédation sur les jeunes animaux) et de la biodiversité. La plupart des programmes de contrôle sont isolés et non coordonnés, effectués dans le cadre d’une chasse récréative. Si leur but est de réduire le nombre de renards, il faut bien constater que des dizaines d’années de telles pratiques n’ont rien changé à leur densité.

Des chercheurs australiens ont donc tenté d’estimer l’efficacité de ces programmes de régulation isolés. Ils ont estimé, par comptage de nuit et prises au piège, la densité de renards sur une propriété agricole de 7900 ha avant et après une action de régulation. L’action, ponctuelle, a consisté à tirer le plus de renards durant douze nuits. La densité est ainsi passée de 4,18 à 3,26 renards au kilomètre carré. 47 individus ont été tirés.

Le coût global de l’action (basé sur le nombre de kilomètres parcourus, le nombre de balles tirées (58 pour 47 renard) et le nombre d’heures passées (66 heures en 12 nuits) est de 32 $ australiens, soit 22,24 €, par renard.

Malgré l’importance de l’effort de chasse réalisé, les chercheurs constatent que le contrôle isolé et ponctuel à l’échelle de la propriété n’est pas efficace pour réduire vraiment la densité de renard. La recolonisation rapide depuis les territoires voisins non contrôlés en est la principale raison. [C.H.]

Newsome T.M., Crowther M.S., Dickman C.R. [2014]. Rapid recolonisation by the European red fox : how effective are uncoordinated and isolated control programs ? European Journal of Wildlife Research 60 :749-757 (9 p., 5 fig., 2 tab., 34 réf.).

 

Le geai des chênes et son étroite association avec le chêne [1350]

Le geai des chênes (Garrulus glandarius) est une espèce de passereaux de la famille des Corvidés. Son comportement alimentaire se distingue par le fait qu’il stocke de la nourriture (glands, faines…) pour l'hiver et le printemps.

Grâce à l’observation de l’espèce et surtout de la récolte de glands, une équipe d’AVES a pu décrire et illustrer les différents comportements de l’espèce.

Les premières récoltes se font à la fin de l’été, dans le feuillage des chênes. L’oiseau fouille parmi les feuilles mortes et sélectionne les glands sains. Le transport couvre de quelques mètres à plusieurs kilomètres. Les années où la glandée est déficitaire, les geais se rabattent sur d’autres ressources (noix, châtaignes, maïs). Le ou les glands (jusqu’à six !) sont transportés dans le jabot, la poche sous-linguale et le bec. Les glands sont enfouis en sol meuble, dans des zones ouvertes ou dans des trouées forestières, et contrairement aux idées courantes, le geai retrouve facilement ses caches. Ensuite, il couvre l’endroit de feuilles ou de mousses.

C’est au printemps, entre avril et août, que le geai interrompt la recherche de glands et que germe la graine du chêne. Le geai va ensuite se mettre en quête de pousses dont la première couronne de feuilles est déroulée mais dont la tige est encore verte. À cette étape, la plantule est apte à survivre sans le gland, bien qu’elle soit encore attachée. Le geai saisit la jeune tige (d’un gland qu’il a caché) dans le bec et tire doucement, de façon à extraire le gland, sans déraciner la plantule. On peut ainsi observer la cicatrice imprimée par le bec du geai sur des plants bien épanouis.

La fine association entre le geai et le chêne est qualifiée de symbiose vu l’avantage tiré par les deux parties. En effet, le geai sélectionne les meilleurs fruits, les met à l’abri des prédateurs (souris, écureuil) et leur fournit un lieu d’épanouissement idéal, tout en assurant sa consommation alimentaire. [C.S.]

Fouarge J. [2014]. Le geai des chênes Garrulus glandarius : illustration d’une étroite association avec le chêne. Aves 51(2) : 109-112 (4 p., 17 fig., 4 réf.).

 

La gestion du loup au centre des conflits [1351]

En Finlande, le redressement des populations de grands carnivores dans les années ’80 a mené à un enjeu politique grandissant. Depuis maintenant plusieurs années, l’ours brun, le lynx, le glouton et le loup font l’objet de plans de gestion. La gestion des prédateurs nécessite de prendre des décisions qui tiennent compte des aspects sociaux, économiques et politiques. Des études récentes ont montré que les besoins des populations locales et la légitimité socio-culturelle dans la gestion des grands prédateurs ne sont pas suffisamment pris en compte dans les politiques établies : dans les faits, les possibilités pour les habitants d’influencer les politiques de gestion sont plus ou moins inexistantes. La gestion de ces espèces est maintenant mise à mal par le braconnage qui s’est développé après l’établissement des plans nationaux de gestion.

Ces prélèvements illégaux ne peuvent avoir lieu sans le support des habitants locaux. Des chercheurs ont donc tenté de déterminer l’origine du soutien aux braconniers par les habitants en interrogeant les chasseurs et les femmes. Pour la collecte des données, ils ont gardé un rôle passif, basé sur l’empathie et sur des histoires fictives. Ils ont analysé les différentes argumentations pour connaître les espèces touchées, le contexte des tirs illégaux et plus spécialement, les justifications et l’importance du soutien fourni par les communautés locales.

Un conflit a été relevé : il est basé sur des émotions fortes étant donné qu’à la fois le braconnage et le soutien à cette pratique sont basés sur la colère, la peur pour les enfants et les animaux domestiques, mais aussi sur la frustration envers les autorités et le manque d’actions appropriées de gestion. Le loup est au centre du conflit en raison de la menace qu’il pourrait provoquer pour le bien-être des hommes. Sa présence amène un sentiment d’insécurité.

Les politiques de gestion actuelles ne sont pas parvenues à établir leur légitimité dans la gestion des grands carnivores. Elles ont mené à des conflits entre les autorités de gestion des populations (chasseurs et scientifiques) et les citoyens. Pour faciliter le changement dans les attitudes, des actions doivent être menées pour construire une relation de confiance entre décideurs, chercheurs, chasseurs et locaux. [S.P.]

Pohja-Mykrä M., Kurki S. [2014]. Strong community support for illegal killing challenges wolf management. European Journal of Wildlife Research 60 : 759-770 (12 p., 6 tab., 63 réf.).

 

La perception de la forêt en milieu rural en France [1352]

Une enquête de l’ONF s’est penchée sur les relations entre le monde rural et la forêt, et les a comparées à celles liant la forêt et les citadins. L’objectif est de mieux comprendre des attentes complexes et parfois contradictoires afin de pérenniser la gestion forestière et la production de bois.

Tout d’abord, rappelons que 80 % de la population française est citadine, c’est à dire résidant dans des communes de plus de 2000 habitants. À l’inverse, les forêts publiques sont majoritairement situées dans des communes rurales. Les agriculteurs sont surreprésentés parmi les maires et les conseillers municipaux de ces communes rurales. En tant que partenaires privilégiés, ce sont ces derniers qui ont particulièrement intéressés l’ONF durant cette enquête.

Parmi les résultats ont peut noter :

  1. L’intervention humaine en forêt est considérée comme nécessaire, en référence au modèle de l’agriculture raisonnée. La majorité des répondants émettent le souhait d’une gestion plutôt interventionniste.
  2. Toutefois, la frontière est mince entre une forêt trop propre, trop ordonnée qui ne correspond pas non plus à ce qu’on attend d’une forêt bien gérée.
  3. Les résineux sont vus comme le symbole d’une gestion guidée par la seule rentabilité et mise à mal par les tempêtes.
  4. Les ruraux ont globalement une vision claire du cycle de la forêt gérée et de sa longue durée.
  5. La forêt est vue comme « sale » ou exploitée sans soin lorsque l’impact des gros engins d’exploitation est trop visible (ornières) ou lorsque le terrain reste nu, en attente de replantation.
  6. Les menaces les plus importantes qui pèsent sur la forêt sont les mêmes que pour les citadins (incendies, pollutions et danger naturel). Toutefois, la menace « manque d’entretien » prend une grande place chez les ruraux. En corollaire, la présence de bois mort en forêt est plutôt perçue négativement.
  7. De manière contradictoire, l’exploitation pour la production de bois est aussi vue comme une menace sur la forêt. Dans ce sens, on remarque que le milieu rural ne reste pas à l’écart des tendances générales dans la population.
  8. Globalement, les ruraux montrent une spécificité par rapport aux citadins. Les premiers voient dans la forêt un milieu où l’homme doit intervenir et y prélever des ressources. Les second y voient « la mise en scène de nature sauvage » par une main invisible. Ce qui est intéressant, ce que la physionomie de ces deux forêts idéales, propre mais sans trop, n’est pas très différente.

Les enseignements de cette enquête sont notamment que, finalement, parmi les ruraux, les agriculteurs sont ceux qui ont le plus perdu le contact avec la forêt car ils la fréquentent rarement. Même en milieu rural, ce sont les activités de loisirs qui sont les mieux connues en forêt. Deuxièmement, alors que la priorité de la fonction environnementale est reconnue par tous les participants à l’enquête, les actes de gestion qui y sont liés restent mal compris. Dans ce domaine, une plus grande pédagogie serait utile. [C.H.]

Granet A.-M., Amand R. [2014]. Représentations de la forêt et de la gestion forestière en milieu rural. Rendez-Vous techniques 44 : 82-88 (7 p., 2 tab., 8 réf.).

 

Parution du deuxième numéro du magazine Solon [1353]

Le deuxième numéro du magazine « Solon » est paru. Consacré à la nature, la gestion et l’image, il est le fruit des bénévoles de l’association du même nom. Au sommaire, on retrouve notamment plusieurs portfolios présentant le travail des membres photographes, une présentation du blaireau, une longue interview du chasseur et naturaliste Jean Delacre…

Le magazine est consultable gratuitement en suivant ce lien. Une formule d’abonnement papier est décrite dans les premières pages. [C.H.]

Solon [2014]. Solon. Nature-Gestion-Image n° 2 (septembre 2014).

 

Congrès de Pro Silva Europe en septembre dernier [1354]

Le congrès annuel de Pro Silva Europe s’est tenu du 11 au 14 septembre dernier, à proximité de Zürich, en Suisse.

Ce meeting fut l’occasion pour les représentants de chaque pays membre de Pro Silva Europe de visiter plusieurs futaies irrégulières, dans différentes régions de la Suisse : le plateau de Zurich, les pré-alpes et le Jura. Quelques-unes des plus belles futaie irrégulières (Grün Stadt Zürich, Oberägeri, Deinikon, etc.) qui font l’objet d’une gestion en futaie irrégulière ou plus particulièrement en futaie jardinée depuis de nombreuses décennies, ont été visitées grâce aux explications des gestionnaires, de Jean-Philippe Schütz et d’autres membres de Pro Silva Suisse.

La prévision des activités et des projets de Pro Silva Europe était également à l’ordre du jour, avec la constitution de groupes de travail en vue de maintenir une bonne coopération internationale.

Pro Silva Wallonie était représenté par une délégation : Charles Debois (Pro Silva Wallonie), Patrick Auquière (DNF) et Christine Sanchez (Forêt Wallonne asbl). Un compte-rendu technique sera publié dans le prochain bulletin de Pro Silva Wallonie.

Ce meeting fut également l’occasion pour la délégation wallonne de présenter la nouvelle circulaire DNF relative aux mesures sylvicoles Pro Silva. Le document de vulgarisation illustrant cette circulaire a été distribué aux participants et l’idée de traduire le document en anglais a été discutée. [C.S.]

Communiqué Pro Silva Wallonie, septembre 2014.

logoFMnewExploitation sur sol sensible : évolution des équipements spécialisés [1355]

Les longs hivers doux et pluvieux de 2013 et 2014 sont la hantise des exploitants forestiers. Ils obligent les acteurs de la mobilisation du bois à trouver des solutions pour assurer l’approvisionnement régulier et constant des industries du bois tout en préservant les sols forestiers. Or, si l’on se réfère aux évolutions annoncées du climat, ces hivers ne devraient plus être des exceptions.

En Allemagne, le KWF, Centre technique pour les travaux forestiers, planche depuis plusieurs années sur des techniques de récolte respectueuses des sols sensibles au tassement. Les « KWF-Focus Days », en octobre 2013, furent l’occasion de présenter certaines solutions de matériel à plus de deux mille visiteurs professionnels.

Deux stratégies principales guident les constructeurs en ce qui concerne le débardage :
• réduire la pression exercée au sol par l’engin et le bois qu’il transporte ;
• éviter toute circulation dans la parcelle grâce à l’utilisation d’un câble téléphérique.

Ainsi, des petits porteurs voient le jour. De moins de 5 tonnes à vide, ils peuvent transporter jusqu’à 4,5 tonnes de bois. La productivité moyenne de 7 m3 par heure est fortement impactée par la distance de débardage, d’où l’importance de bien choisir son chantier.

Autre évolution, l’utilisation de tracks (semi-chenille, en bon français) est la solution la plus répandue. Des tracks synthétiques sont arrivés sur le marché ces dernières années avec pour avantage de pouvoir circuler aussi bien sur piste que sur route forestière. Il faut compter entre 25 et 30 000 € pour un équipement complet sur les quatre boggies. Certains fabricants proposent de remplacer les roues traditionnelles par un ensemble roues jumelées et tracks synthétiques avec patins en caoutchouc durci. L’augmentation de la taille des pneumatiques est aussi explorée. Un constructeur allemand propose des pneus de 940 mm de large (30 à 50 % de plus que des pneus standard) pour une largeur totale de l’engin d’environ 3 mètres.

Des câbles-mâts pliants pour pelle hydraulique de 25-27 tonnes étaient aussi présentés. Le coût de débardage pour une utilisation en plaine est d’environ 2 à 3,5 fois plus élevé qu’un système traditionnel.

Des solutions intéressantes existent donc mais ont toutes un coût et si la plupart permettent d’augmenter les possibilités de travail sur sol sensible, ce n’est que dans une certaine mesure.

Le surcoût de débardage est le principal frein au développement des engins spécialisés. Dès que les conditions de sol redeviennent favorables, les engins traditionnels sont beaucoup plus compétitifs. Les exploitants qui décident de s’équiper doivent être certains de trouver des chantiers adaptés toute l’année.

Les coûts indirects devraient également être pris en compte. En effet, les équipements spécialisés permettent d’éviter les remises en état des infrastructures ; le tassement des sols et donc les conséquences sur le peuplement ; et surtout les pertes liées aux arrêts des usines en cas de rupture d’approvisionnement. [C.H.]

Ruch p. [2014]. Pour une exploitation forestière respectueuse sur sols peu portants : retour d’expériences d’Allemagne ! FCBA Info, juillet 2014 (6 p., 15 fig.).

 

La largeur des vaisseaux responsables du dépérissement du chêne [1356]

Le chêne, et plus particulièrement le chêne pédonculé, connaît en Europe des dépérissements importants depuis plusieurs années. Ces dépérissements sont complexes et semblent impliquer de nombreux facteurs explicatifs capables de causer la mort des arbres.

Des chercheurs ont tenté de déceler si l’anatomie du bois est en mesure d’expliquer, au moins en partie, le déclin du chêne. Pour cela, ils ont étudié la structure du bois et plus particulièrement du point de vue des éléments conducteurs que sont les vaisseaux. Les arbres ont été classés en trois catégories selon l’état sanitaire du houppier : les arbres en pleine santé, les arbres dépérissants et les arbres morts. Les traits anatomiques du bois comme la largeur de cerne, la densité de vaisseaux ou le diamètre des vaisseaux ont été mesurés.

Les cernes les plus étroits ont été mesurés sur les arbres morts. Un constat étonnant a été réalisé sur ces chênes : le diamètre de leurs vaisseaux était aussi le plus petit pour le bois juvénile, pas seulement durant la période de dépérissement, mais tout au long de leur vie. Cette découverte laisserait penser que les cernes les plus étroits et des vaisseaux de faible diamètre dans le bois juvénile seraient susceptibles d’augmenter les risques de dépérissement. En effet, un diamètre de vaisseaux réduit modifie la conductivité hydraulique dans les troncs et donc le transport de l’eau, ce qui affecte la santé des arbres.

Les auteurs proposent que le dépérissement du chêne puisse être en quelque sorte considéré comme un processus de sélection naturelle, conduisant à l’élimination des arbres les plus faibles. [S.P.]

Tulik M. [2014]. The anatomical traits of trunk wood and their relevance to oak (Quercus robur L.) vitality. European Journal of Forest Research 133 : 845-855 (11 p., 6 fig., 1 tab., 63 réf.).

 

La maladie de l’aulne et le changement climatique [1357]

La maladie de l’aulne, causée par le champignon phytopathogène Phytophthora alni est l'une des maladies émergentes les plus importantes des écosystèmes forestiers en Europe, où il menace les milieux riverains depuis ces vingt dernières années. Les facteurs environnementaux tels que la température moyenne du site et les caractéristiques du sol jouent un rôle important dans l'apparition de la maladie.

L'objectif de cette étude était de prévoir et modéliser l'effet de l'environnement sur la gravité des épidémies de ce pathogène, et de déterminer si le changement climatique récent pourrait expliquer l'apparition de la maladie. Deux sites en France ont fait l’objet de mesures.

Les principaux facteurs expliquant la variation du dépérissement de la couronne des aulnes ou le rétablissement de celle-ci étaient les températures moyennes hivernales et estivales de l’année précédente. Les températures hivernales basses couplées à des températures estivales élevées se sont révélées défavorables à la maladie. En effet, les hivers froids favorisent le rétablissement des arbres en raison des faibles chances de survie de l'agent pathogène, et les étés chauds limitent le dépérissement des arbres.

Le climat du Sud-Ouest de la France est donc beaucoup plus favorable à la maladie que celui du Nord-Est, car il ne limite que rarement la survie hivernal du pathogène. Selon la zone concernée, le changement climatique pourrait donc accroître ou diminuer la sévérité de la maladie de l'aulne. [C.S.]

Aguayo J., Elegbede F., Husson C., Saintonge F.-X., Marçais B. [2014] Modeling climate impact on an emerging disease, the Phytophthora alni-induced alder decline. Global Change Biology 20 : 3209-3221 (13 p., 8 fig., 2 tab., 46 réf.).

 

La restauration des taillis n’influence pas les populations d’oiseaux forestiers [1358]

Partout en Europe, les populations d’oiseaux forestiers ont connu des pertes d’effectif significatives. Au Royaume-Uni, par exemple, des espèces spécialisées des forêts ont vu leurs populations diminuer de 20 à 40 % depuis les années ’90. Dans le même temps, les espèces généralistes se sont maintenues ou se sont accrues. Bien que ces variations soient bien documentées, les processus en cause ne sont toujours pas compris et les hypothèses avancées sont rarement testées et confirmées sur le terrain. Celle la plus souvent avancée est la modification des pratiques de gestion forestière et plus particulièrement l’abandon du taillis au profit de la futaie.

Des données ont été récoltées durant 55 ans sur la gestion, jusqu’à l’échelle du peuplement, et sur les oiseaux nicheurs dans une forêt de chêne dans le Sud-Ouest de l’Angleterre. Elles ont été utilisées pour étudier l’effet de la restauration des taillis abandonnés vers des peuplements plus naturels avec une structure verticale variée. Les effets de la gestion ont été analysés pour quatre espèces d’oiseaux nichant dans des cavités : les mésanges bleue et charbonnière, le gobemouche noire et le rougequeue à front blanc.

Le taux d’occupation des sites de nidification était plus élevé dans les peuplements gérés pour la mésange bleue, quel que soit le nombre d’années de gestion. Pour le rougequeue à front blanc, le taux était plus faible dans les peuplements gérés depuis plus de 8 ans. En revanche, pour la mésange charbonnière et le gobemouche noir, aucun effet n’a été détecté.

Pour les quatre espèces, la gestion n’a pas amélioré la taille des couvées, contrairement aux conditions climatiques. Pour la mésange bleue, la taille des couvées est plus petite lorsque le printemps est chaud et pluvieux. Si les précipitations sont importantes pendant la période de nourrissage des oisillons, le nombre de jeunes arrivés à maturité diminue pour les quatre espèces.

La gestion des peuplements semble donc avoir peu d’influence dans la détermination des sites de nidification et dans la démographie des populations d’oiseaux nichant dans des cavités. En revanche, les conditions climatiques et plus particulièrement les précipitations en période de nourrissage des oisillons sont capitales. [S.P.]

Burgess M. [2014]. Restoring abandoned coppice for birds : Few effects of conservation management on occupancy, fecundity and productivity of hole nesting birds. Forest Ecology and Management 330 : 205-217 (13 p., 5 fig., 7 tab., 84 réf.).

 

En Allemagne, des plantes indicatrices pour identifier les forêts anciennes [1359]

Les forêts anciennes qui ont été maintenues durant des centaines d’années ont une composition floristique qui diffère grandement des forêts récentes. L’occurence de certaines associations de plantes vasculaires, nommées « plantes indicatrices de forêts anciennes », peuvent être utilisées pour reconnaître la continuité du couvert forestier. Les habitats des forêts anciennes contiennent fréquemment une biodiversité forestière riche et typique et peuvent souvent être considérés comme des hauts lieux de biodiversité. Pour identifier ces habitats en vue de les conserver, il est nécessaire de disposer de listes de plantes indicatrices de forêts anciennes.

C’est ce qu’ont compilé et validé une équipe de recherche allemande pour le Nord-Ouest de l’Allemagne. 67 plantes indicatrices des forêts anciennes ont été identifiées pour cette région (voir tableau 1).

Cette liste est à considérer comme un outil pour la conservation de la nature en forêt. Les applications potentielles sont :
• l’identification des forêts anciennes dans les zones où les cartes historiques sont manquantes ;
• l’identification des hauts lieux de biodiversité ;
• la localisation des forêts anciennes semi-naturelles.

Les auteurs finissent en rappelant l’importance d’une gestion adéquate de ces milieux, qui devrait promouvoir la diversité des plantes typiques, empêcher leur transformation en forêt résineuse ou mixte, créer des connections entre forêts récentes et anciennes par des corridors entre habitats et protéger les sols des dégâts d’exploitation. [C.H.].

Schmidt M., Mölder A., Schönfelder E., Engel F., Schmiedel I., Culmsee H. [2014]. Determining ancient woodland indicator plants for practical use : A new approach developed in northwest Germany. Forest Ecology and Management 330 : 228-239 (12 p., 6 fig., 3 tab., 80 réf.).

 

Tableau 1. Liste des plantes indicatrices de forêts anciennes pour le Nord-Ouest de l’Allemagne

Actaea spicata Allium ursinum Anemone ranunculoides Arum maculatum
Blechnum spicant Brachypodium sylvaticum Campanula trachelium Cardamine bulbifera
Carex pallescens Carex remota Carex strigosa Carex sylvatica
Carpinus betulus Chrysosplenium alternifolium Chrysosplenium oppositifolium Circaea alpina
Circaea lutetiana Circaea x intermedia Convallaria majalis Corydalis cava
Crepis paludosa Dactylorhiza fuchsii Epipactis helleborine Equisetum hyemale
Equisetum pratense Equisetum sylvaticum Equisetum telmateia Festuca altissima
Gagea spathacea Galium odoratum Geum rivale Gymnocarpium dryopteris
Hordelymus europaeus Hypericum pulchrum Ilex aquifolium Impatiens noli-tangere
Lamium galeobdolon Listera ovata Luzula pilosa Luzula sylvatica subsp. sylvatica
Lysimachia nemorum Maianthemum bifolium Melica uniflora Mercurialis perennis
Milium effusum Neottia nidus-avis Orchis mascula Oreopteris limbosperma
Oxalis acetosella Paris quadrifolia Phegopteris connectilis Phyteuma spicatum
Platanthera chlorantha Potentilla sterilis Primula elatior Pulmonaria obscura
Ranunculus auricomus agg. Ranunculus lanuginosus Rumex sanguineus Sanicula europaea
Scrophularia nodosa Scutellaria galericulata Stachys sylvatica Ulmus laevis
Veronica montana Viola reichenbachiana Viola riviniana

 

La question (du Paon) du jour [1360]

Actuellement le Paon du jour est présent de manière ubiquiste, c’est-à-dire dans de nombreux milieux différents. Or, son aire de répartition était autrefois bien plus limitée. En effet, sa plante hôte, l’ortie dioïque, attachée aux milieux riches en azote, était auparavant cantonnée aux trouées présentes dans les forêts. Avec les changements d’utilisation des terres et l’eutrophisation, l’ortie est maintenant quasi omniprésente en Europe de l’Ouest. Pourtant, la sélection de l’habitat pour le développement a des conséquences importantes sur la capacité de reproduction et de survie des larves et des papillons. Le choix des sites de reproduction n’est donc pas anodin.

Pour mesurer l’impact de l’anthropisation des habitats sur la qualité de la plante hôte et les conditions environnementales sur les traits phénotypiques des papillons, une expérience a été conduite parallèlement en forêt, en lisière de champs et dans des jardins urbains. Le développement larvaire a été étudié et les traits des adultes ont été analysés pour tester les effets prédits : des conditions plus chaudes et plus riches en azote en lisière de champs comparées à celles des forêts et jardins.

Les résultats montrent que la survie jusqu’au stade adulte est plus élevée en forêt et plus basse en lisière de champs. Le temps de développement n’est pas différent entre les différents habitats. Cependant, les papillons qui se sont développés en bord de champs sont plus larges et ont un taux de lipides et une charge alaire plus élevés que leur congénères des forêts et des jardins. Les orties en bord de champs fournissent des microclimats plus chauds. Toutefois, et contrairement aux prédictions, le taux d’azote dans les feuilles d’ortie est plus élevé en forêt qu’en bordure de champs. Les paysages anthropisés peuvent donc créer un conflit pour choisir le meilleur environnement de reproduction étant donné que les forêts procurent un meilleur taux de survie, mais les adultes provenant des lisières de champs ont un meilleur succès reproducteur. [S.P.]

Serruys M., Van Dyck H. [2014]. Development, survival, and phenotypic plasticity in anthropogenic landscapes: trade-offs between offspring quantity and quality in the nettle-feeding peacock butterfly. Oecologia 176 : 379-387 (19 p., 1 fig., 3 tab., 46 réf.).

 

Les jeunes lapins bien entourés résistent mieux aux parasites [1361]

Les conditions vécues durant le début de la vie ont fréquemment été montrées comme exerçant des conséquences à long terme sur la fitness des animaux, c’est à dire sur la capacité d'un individu à se reproduire. Chez les mammifères et les oiseaux, La période qui entoure le sevrage et celle juste après est l’une des périodes critiques du début de la vie.

Deux chercheurs allemands ont étudié les conséquences des interactions sociales et des conditions de pluviométrie autour et juste après le sevrage sur le cortège de nématodes gastro-intestinal chez des juvéniles du lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus).

Les infestations de deux nématodes étaient plus élevées chez les animaux ayant été exposés à plus de pluie durant le jeune âge. Ceci est sans doute dû à la meilleure persistance des stades infectieux du nématode en dehors du corps de l’hôte mais aussi à la moindre allocation d’énergie de l’animal pour sa défense immunitaire sous des conditions plus humides et donc plus énergivores.

Par contraste, l’infestation est moindre chez des animaux qui ont plus d’interactions sociales positives avec leur mère et la fratrie. Il serait donc possible que le support social fourni par les membres du groupe familial amortisse les effets de stress négatifs sur les fonctions immunitaires, diminuant ainsi les infestations des endoparasites. [C.H.]

Rödel H.G., Starkloff A. [2014]. Social environment and weather during early life influence gastro‑intestinal parasite loads in a group‑living mammal. Oecologia 176 : 389-398 (10 p., 2 fig., 1 tab., 66 réf.).

 

L’hybridation entre différentes espèces de grenouilles affecte la dynamique de population [1362]

De nombreuses études expérimentales suggèrent que la reproduction entre individus appartenant à des espèces différentes peut sérieusement affecter la dynamique d’une population. Par contre, peu d’études de terrain démontrent cet effet.

Cette étude réalisée en Hongrie a analysé les comportements reproductifs de deux espèces de grenouilles dans vingt-cinq bassins d'élevage naturels : la grenouille rousse (Rana temporaria) et la grenouille agile (Rana dalmatina). Les saisons de reproduction des deux espèces se chevauchent souvent et les mâles des deux espèces s’accouplent souvent avec des femelles hétérospécifiques, même si les accouplements entre individus appartenant à des espèces différentes ne produisent pas de descendance viable.

Les rapports d’abondance spécifique ainsi que le succès de la fécondation des œufs ont été estimés. Les résultats de l’étude montrent que dans les étangs à faible complexité spatiale, le succès de la fécondation des œufs de la grenouille agile a diminué, tandis que cet effet n’est pas détectable dans les étangs spatialement plus complexes.

L’étude est parmi les premières à démontrer que dans des populations de vertébrés se reproduisant naturellement, les interférences entre individus appartenant à des espèces différentes ont le potentiel de diminuer le succès de fécondation au niveau de la population, ce qui peut affecter la dynamique des populations. [C.S.]

Hettyey A., Vagi B., Kovacs T., Ujszegi J., Katona p., Szederkenyi M., Pearman p. B., Griggio M., Hoi H. [2014]. Reproductive interference between Rana dalmatina and Rana temporaria affects reproductive success in natural populations. Oecologia 176 : 457-464 (8 p., 2 fig., 72 réf.).

logoFMnewLa sylviculture d'arbres-objectif produit la plus grande proportion de bois de qualité [1363]

Depuis longtemps, la gestion des plantations de hêtre préoccupe les forestiers. Bien que tous soient sensibilisés à la qualité du bois de cette essence, nous disposons de peu de recul sur leur gestion et peu d'études ont été menées sur le long terme. La production de bois de qualité de deux peuplements de hêtre, éclaircis de différentes manières a été analysée sur une durée de 53 ans.

Les deux peuplements ont été mesurés tous les 5 ans. Au sein de chacun des peuplements, trois modalités d'éclaircie ont été testées : éclaircie forte par le bas, sylviculture d'arbres-objectif (dégagement total du houppier) et enfin un témoin dans lequel aucune éclaircie n'a été réalisée. L'échantillon est conséquent puisqu'au début de l'expérience 6 316 arbres ont été mesurés, il en restait 864 lors de la dernière mesure.

La plus grande proportion d'arbres d'avenir, ayant la meilleure qualité au niveau du tronc et du houppier, est obtenue en pratiquant la sylviculture d'arbres-objectif. Elle est suivie par l'éclaircie forte par le bas et en dernier, le témoin non éclairci. La proportion de qualité tranchage est d'environ un tiers (30 % dans le premier peuplement, 36 % dans le second) grâce à la sylviculture d'arbres-objectif alors qu'elle est de 10 et 19 % pour le peuplement non éclairci.

Les résultats, en termes de qualité des bois sont similaires pour les deux peuplements, ce qui indique que les effets des différentes éclaircies ont été constatés de manière équivalente. La sylviculture d'arbres-objectif est donc celle qui permet de produire les hêtres de plus belle qualité. [S.P.]

Stefancik I., Bosela M. [2014]. An influence of different thinning methods on qualitative wood production of European beech (Fagus sylvatica L.) on two eutrophic sites in the Western Carpathians. Journal of Forest Science 60 : 406-416 (11 p., 2 fig., 3 tab., 30 réf.).

 

Exploitation de gros bois feuillus sur régénération naturelle en forêt de Meerdael [1364]

En novembre dernier, l’association INVERDE a organisé conjointement avec l’ANB (Agentschap voor Natuur en Bos) deux journées de démonstration sur le thème de l’exploitation des gros bois feuillus sur régénération naturelle en forêt de Meerdael. Les participants aux journées étaient essentiellement des exploitants, mais il y avait aussi quelques gestionnaires, formateurs et chercheurs.

La matinée était consacrée à plusieurs présentations en salle. Bart Meuleman (ANB) présentait les résultats de la participation expérimentale de l’ANB à la vente sur le parc à grumes de Saint-Avold, en France, début 2014. Quelques grumes de chêne en provenance de la forêt de Meerdael ont été vendues. Un reportage vidéo réalisé par l’ANB et INVERDE sur le sujet était présenté. Robbie Goris (INVERDE) faisait un exposé sur le tassement du sol et sur les techniques de base d’abattage de gros bois.

L’après-midi était consacrée à une démonstration d’abattage et de débardage de gros bois dans une vieille chênaie à majorité de très gros bois (plus de 200 cm de circonférence) en présence de semis de chêne. La démonstration était effectuée par une équipe allemande d’exploitants du Landesforsten Rheinland-Pfalz (Administration forestière de Rhénanie Palatinat). Au sein de l’équipe, un formateur allemand a expliqué la technique d’abattage (Königsbronner Anschlag Technik).

Leur équipement est constitué d’un débardeur (tracteur WFtrac 6 x 6, équipé d’un double treuil et grue) et d’un câble synthétique pour tirer les arbres dans la bonne direction. Le bûcheron est équipé d’une tronçonneuse, d’un coin d’abattage, d’une hache et des instruments de mesure. Pour placer le câble en hauteur, deux techniques ont été exposées : une tige télescopique terminée par un trident (pour placer la corde à 6-7 mètres de hauteur) et une catapulte pour fixer le câble encore plus haut.

Pour procéder à l’abattage, le bucheron commence par l’entaille de direction en fonction de la direction de chute voulue (vers le layon ou dans le sens contraire si trop près du layon). À l’opposé de l’entaille, le bûcheron taille plusieurs traits horizontaux (voir schéma) de sorte à constituer un « pied » qui permet de sécuriser la chute.

schema abattage

Le débardeur tire ensuite les grumes vers les layons, les ramasse avec un grappin pour les placer sur une grosse pince située sur l’arrière qui permet de débarder plusieurs grumes à la fois.

Cette technique offre un abattage sécurisé des très gros et très très gros bois et permet également d’évacuer les grumes vers le système de cloisonnements.

Quelques culées seront envoyées à la vente franco-allemande de Saint-Avold, les autres bois seront vendus bord de route. Au total, 70 gros chênes ont été exploités, avec des îlots de régénération naturelle préservés. [C.S.]

www.inverde.be

 

La « sélection participative » d’essences forestières marginales en France [1365]

En France, très peu de bonnes variétés de feuillus précieux sont disponibles et passer par un programme de sélection classique est considéré comme trop coûteux et trop long. Une autre démarche récente pourrait se révéler comme solution : la sélection participative.

L’émergence de ce concept pour les plantes annuelles a commencé dans les années ’80. La sélection participative consiste à décentraliser la sélection variétale de la station de recherche vers les producteurs. Les programmes de sélection participative peuvent donc démarrer à l’initiative de chercheurs avec la participation d’agriculteurs et de producteurs. Chez certaines plantes annuelles et certaines espèces forestières tropicales, la sélection participative parvient à de bons résultats et à une meilleure diffusion des variétés.

Cette démarche a été amorcée en France pour les essences forestières marginales en prenant comme modèle le merisier, pour lequel de nombreux cultivars et dispositifs anciens existent. Des variétés sont évaluées et de nouveaux individus sélectionnés tout en réalisant des mises au point méthodologiques. Cette démarche pourrait s’élargir aux autres espèces. En effet, d’après les premiers résultats, il s’avère que les témoins de merisier sont utilisables pour d’autres espèces – si les exigences pédoclimatiques sont similaires – et que la sélection très intensive en pépinière permettrait de créer rapidement des vergers à graines. [C.S.]

Migeot J., Santi F., Dowkiw A., Dufour J. [2014]. La sélection participative en France : des plantes annuelles aux ligneux. Revue Forestière Française 66(2) : 151-162 (12 p., 5 fig., 24 réf.).

 

Quatre nouveaux cultivars de peuplier [1366]

Quatre nouveaux cultivars de peuplier ont été mis sur le marché français : Delrive, Delvignac, Dellinois et Delgas. C’est l’aboutissement de plus de 10 ans de travaux du Groupement d’Intérêt Scientifique « Génétique, amélioration et protection du peuplier ».

Ces quatre cultivars de Populus deltoides ont été testés dans toute la France. Même si ils sont plutôt adaptés au deux tiers Sud de la France, leur comportement dans le Nord semble montrer que leurs caractéristiques technologiques sont semblables.

Les cultivars sont soumis à une protection commerciale et ne seront commercialisés que par des pépinières disposant d’un contrat de licence.

Les fiches synthétiques de présentation sont disponibles sur www.peuplierdefrance.org. [C.H.]

Communiqué de presse commun INRA, FCBA et IRSTEA.

 

Travail en forêt : le nombre d’accidents liés aux outils diminue [1367]

Le Journal de la Mécanisation Forestière fait le point en cette fin d’année sur les accidents du travail dans les domaines de l’exploitation forestière et de la sylviculture en France. La Mutualité sociale agricole (MSA) a fourni les chiffres de 2000 à 2012 et, fait remarquable, ils baissent. Pour les métiers liés à l’exploitation et pour ceux liés à la sylviculture, on est passé, en 2000, de 120 accidents avec arrêt de travail par million d’heures travaillées à 80 en 2012, pour les premiers, et de 90 à 80 pour les seconds. À noter que le nombre s’est croisé en 2011 et qu’aujourd’hui le taux d’accident est plus élevé pour la sylviculture que pour l’exploitation.

L’activité durant laquelle a lieu l’accident est, sans surprise, pour l’exploitation, l’abattage des arbres. Viennent ensuite le billonnage et le tronçonnage sur coupe ou sur parc à grumes. Les travaux de réparation ou de maintenance d’outils ou de véhicules sont bien représentés aussi. Pour la sylviculture, ce sont les activités de débroussaillage, d’éclaircie, de dépressage et d’élagage qui sont les plus touchés.

Le matériel déclaré comme étant à l’origine de l’accident est principalement un élément végétal (branches, billons, souches…). Les outils à main motorisés provoquent trois fois moins d’accidents, la tronçonneuse étant citée dans la majorité des cas.

La prévention s’impose donc, d’autant que les risques d’origine naturelle sont une variable importante. Terrains accidentés, densités de plantation, visibilité réduite, conditions climatiques difficiles font partie intégrante de l’environnement du forestier. Le fait que les engins et outils de travail soient moins souvent source d’accidents peut être considéré comme une amélioration des conditions de travail.

En 2003, une enquête de la MSA avait montré qu’en France un ouvrier forestier sur deux avait été concerné par une interruption de carrière pour maladie ou accident grave. C’est deux fois plus que pour l’ensemble des salariés agricoles. [C.H.]

V.N. [2014]. Travaux forestiers : le point sur les accidents de travail. Le Journal de la Mécanisation Forestière 147 : 24-25 ( 2 p., 3 fig.).

 

Les collisions d'oiseaux dans les parcs éoliens [1368]

La mortalité aviaire due aux collisions avec les éoliennes est l'une des principales préoccupations écologiques associées aux parcs éoliens. Les données sur les facteurs qui influencent le risque de collision et la mortalité des oiseaux sont rares et pourtant essentielles au développement de mesures de prévention efficaces.

Un groupe de chercheurs portugais s’est penché sur le sujet en réalisant une revue de littérature : compilation de 217 documents dont 111 sont pris en compte dans l’article. Les facteurs qui influencent le risque de collision ont été identifiés et concernent essentiellement les caractéristiques de l’espèce, du site et du parc éolien (type et configuration de la turbine et éclairage).

Les collisions résultent d'interactions complexes entre ces différents facteurs. En raison de cette complexité, il n’y a pas de formule simple à appliquer dans le cadre des stratégies de réduction du risque de collisions. La meilleure option semble impliquer une combinaison de plusieurs mesures, en fonction des spécificités de chaque espèce, site et parc éolien. La bonne planification suite aux évaluations effectuées lors du développement du projet de parc éolien est primordiale pour éliminer ou diminuer les risques.

Cependant, les risques peuvent persister et les stratégies existantes pour les atténuer impliquent l’arrêt de la turbine sur demande, de limiter l’utilisation de la turbine à certains moments, la gestion des habitats (par exemple la création de zones alternatives d’alimentation) et l’amélioration de la visibilité des turbines. Une enquête plus approfondie est nécessaire pour identifier les meilleures stratégies pour chaque situation. [C.S.]

Marques A.T., Batalha H., Rodrigues S., Costa H., Ramos Pereira M.J., Fonseca C., Mascarenhas M., Bernardino J. [2014]. Understanding bird collisions at wind farms: An updated review on the causes and possible mitigation strategies. Biological Conservation 179 : 40-52 (13 p., 1 tab., 2 fig., 113 réf.).

 

Parution de La Hulotte : la mulette perlière [1369]

Le dernier numéro de « La Hulotte » relate de manière très didactique le cycle de vie et la biologie d'une espèce méconnue mais présente dans les rivières à truites d'Europe, de Russie, du Canada et de l'Est des États-Unis : la Mulette ou Moule perlière.

Elle exige une eau encore plus pure que la truite ou le saumon et filtre entre 40 et 50 litres d'eau par jour au travers de ses branchies. Au vu de ses exigences en termes de qualité d'eau, elle est une espèce parapluie par excellence puisque là où elle se reproduit, n'importe quel poisson, même le plus exigent peut vivre.

Cette surprenante espèce peut vivre jusqu'à 190 ans dans les pays les plus froids et atteint en moyenne 65 ans. Espèce menacée en raison des pratiques anciennes et du développement de l'agriculture intensive, elle mérite que l'on s'intéresse à nouveau à elle. [S.P.]

La Mulette perlière. La Hulotte 101 : 44 p.

 

Les corridors écologiques sont-ils efficaces ? [1370]

La fragmentation des milieux naturels est une cause majeure de perte de biodiversité. Maintenir des espaces naturels connectés représente par conséquent un enjeu crucial pour permettre la liaison entre habitats. Bien que l'intérêt présumé des corridors écologiques soit maintenant bien compris par les décideurs – ces derniers les ont maintenant intégrés au sein de leur politique – leur efficacité n'a pas été prouvée. Le point mérite donc d'être fait sur ce que l'on sait de ces corridors et du rôle qu'ils jouent réellement.

Juger de l'efficacité des corridors est toutefois très difficile puisqu'il faut pouvoir déterminer si un corridor a rempli ses fonctions de maintien ou d'augmentation de la biodiversité. Dans le cas des passages de faune par exemple, on peut mesurer la fréquentation des animaux. Cependant, on ne peut pas connaître l'effet des déplacements sur les caractéristiques des populations (augmentation des tailles de population, brassage génétique, etc.). Qui plus est, bien souvent, les chercheurs ne s'inscrivent pas dans une démarche d'évaluation lorsqu'ils réalisent des études, mais mesurent plutôt les différences entre habitats avec ou sans corridors.

Des études ont montré que pour la biodiversité, les corridors augmentent de 50 % les déplacements entre taches d'habitats. Les corridors naturels sont par ailleurs plus efficaces que ceux créés pour réaliser des expérimentations. Cependant, l'établissement de corridors pour des espèces en particulier profite à un grand nombre d'autres taxons. Dans certains cas, par exemple lorsque le milieu est aussi propice que les corridors, ceux-ci sont moins utilisés pour les déplacements.

Pour certaines espèces qui ont une faible capacité de dispersion, la taille des corridors est cruciale. De fait, les déplacements se font parfois sur plusieurs générations. En forêt plus particulièrement, des bandes enherbées trop étroite (50 mètres de large) peuvent jouer un rôle efficace pour le déplacement des papillons, mais en aucun cas un habitat, auquel cas une largeur de 250 mètres est nécessaire.

Les études menées actuellement ne peuvent malheureusement pas encore affirmer l'effet à plus long terme des corridors sur la viabilité, la taille des populations ou la diversité.

Pour mieux évaluer l'efficacité des corridors écologiques, et à l'avenir pouvoir mieux prendre en compte les besoins des espèces cibles, il importe que les connaissances scientifiques apportent aux décideurs et aux aménagistes des éléments concrets pour guider les projets de développement ou de restauration du maillage écologique. [S.P.]

Vanpeene-Bruhier S., Bourdil S., Amsallem J. [2014]. Efficacité des corridors : qu'en savons-nous vraiment ? Sciences Eaux & Territoires 14 : 8-13 (6 p., 13 réf.).

 

Incorporer les valeurs culturelles et sociales des vieux arbres pour mieux les protéger [1371]

Les grands vieux arbres ont ceci de particulier qu’ils prennent une place, une dimension et une forme qu’aucune autre espèce vivante ne peut venir rivaliser. Ajouté à cela l’âge parfois important qu’ils peuvent avoir, ils éveillent alors des sentiments esthétiques, des liens entre générations et acquièrent de l’importance culturelle, religieuse et symbolique ou tout à la fois, en plus de leur aspect utilitaire (marque dans le paysage ou fourniture de fruits, par exemple).

Des chercheurs suédois proposent de mettre davantage en évidence ces aspects dans les politiques de conservation. L’idée est de tenir compte du fait que dans beaucoup de cultures, les grands arbres sont traités avec déférence. De plus, la culture populaire contemporaine utilise l’image des arbres comme des êtres sensibles et reliés à des mythes anciens qui attribuent aux grands arbres des pouvoirs particuliers.

Une proposition serait d’inclure certaines espèces d’arbre à partir d’une certaine dimension et âge dans la directive Habitat comme habitat d’intérêt communautaire à l’échelle de l’Europe. Ces grands arbres âgés seraient ainsi reconnus comme des éléments structurants complexes de l’environnement, supportant eux-même de nombreuses espèces tout en fournissant aux populations des valeurs sociales et culturelles de grande importance.

Ils pourraient également être plus directement incorporés dans les services écosystémiques qui ont permis de construire un cadre entre les scientifiques et les politiques sur l’utilité de conserver la biodiversité. [C.H.]

Blicharska M., Mikusinski G. [2014]. Incorporating social and cultural significance of large old trees in conservation policy. Conservation Biology 28(6) : 1558-1567 (10 p., 4 fig., 77 réf.).

 

La « nourriture sauvage », service écosystémique important [1372]

La « nourriture sauvage » représente un service écosystémique emblématique. Cependant, cet aspect reçoit peu d'attention en raison du manque de données et de la faible importance qui lui est octroyée en général. Une étude française a synthétisé les données disponibles sur l'importance de la nourriture sauvage, sa distribution et les relations entre l'offre et la demande ainsi que les avantages en Europe.

Une grande variété de gibier (38 espèces), de champignons (27 espèces) et de plantes vasculaires (81 espèces) est recueillie et consommée dans toute l'Europe. Plusieurs facteurs liés au consommateur expliquent l’importance de sa consommation d’aliments sauvages : revenus, âge, sexe, possibilités de collecte et facteurs culturels. Malgré que la valeur économique et nutritionnelle des aliments sauvages ne représente qu’une faible part du PIB et de la consommation totale, plus de 100 millions de citoyens européens en consomment. En effet, la collecte de nourriture sauvage est une activité récréative appréciée et, de ce fait, représente un service écosystémique culturel important.

En raison de ces avantages, les aliments sauvages devraient être inclus dans l'évaluation des services écosystémiques de l'Union Européenne. De meilleures estimations pourraient être réalisées si de meilleures données sur l'abondance et la production de la nourriture sauvage étaient disponibles notamment par le biais d’inventaires systématiques de la participation à la récolte d’aliments sauvages. [C.S.]

Schulpa C.J.E., Thuillerb W., Verburga p.H. [2014]. Wild food in Europe: A synthesis of knowledge and data of terrestrial wild food as an ecosystem service. Ecological Economics 105 : 292-305 (14 p., 6 fig., 5 tab., 115 réf.).

logoFMnewL’influence positive de l’irrégularistion des pessières sur le sol forestier [1373]

La gestion forestière intensive est connue pour son influence négative sur la structure et sur la composition du sol. En effet, les forêts équiennes gérées par un système de coupe à blanc voient le taux de carbone et de nutriments du sol se réduire progressivement. Les forêts à couvert continu sont considérées comme une alternative durable. Cependant, leur influence sur le taux de carbone du sol et les stocks d'azote du sol est peu connue.

Dans cette étude réalisée dans la province autrichienne de Styrie, la restitution du taux de carbone du sol et les stocks d'azote ont été analysés après la transformation de forêts équiennes d'épicéa vers des forêts irrégulières.

Les auteurs ont comparé les différences édaphiques de dix paires de parcelles, constituées chacune d'une parcelle équienne et une parcelle irrégulière, cinquante ans après le début de la transformation. Les deux parcelles d'une paire sont caractérisés par les mêmes conditions stationelles, et ont le même historique de peuplement avant la transformation d'une des deux parcelles.

Les différences dans les peuplements et les caractéristiques du sol en fonction du type de gestion sont évidentes. Les taux de carbone et les stocks d'azote du sol étaient plus élevés dans les peuplements transformés que dans les équiennes. Ces résultats suggèrent clairement que les conditions du sol sont influencées par des changements dans les pratiques de gestion forestière. [C.S.]

Pötzelsberger E., Hasenauer H. [2015]. Soil change after 50 years of converting Norway spruce dominated age class forests into single tree selection forests. Forest Ecology and Management 338 : 176-182 (7 p., 3 tab., 2 fig. 50 réf.).

 

Densité et sécheresse estivale affectent la croissance des chênes et douglas [1374]

La croissance des arbres est un élément crucial dans la compréhension de la dynamique des peuplements et plus particulièrement pour la sylviculture puisqu'elle conditionne la densité des plantations et l'intensité des éclaircies. Étant donné que la croissance est régie par l'allocation des ressources environnementales disponibles entre les arbres, les modifications du climat engendrent de nouvelles questions sur le comportement des essences. Cependant, des tests avec des gradients de densité de peuplement plus larges sont nécessaires pour évaluer au mieux les réactions des essences.

Deux expérimentations ont donc été étudiées, l'une en chêne sessile et l'autre en douglas. La différence de densité de plantation va de la croissance libre à la situation d'auto-éclaircie.

Pour le chêne, ce sont les sécheresses qui semblent produire la plus grande réduction de croissance des plants. Pour le douglas, en revanche, il semble que ce soit les fortes températures qui ont le plus d'influence sur leur développement.

Bien que la densité des peuplements joue un rôle crucial dans la croissance des peuplements, les facteurs climatiques jouent donc aussi un rôle prépondérant dans le développement des jeunes plantations. Maintenir les arbres à une densité moyenne grâce à des éclaircies dynamiques permet de réduire la durée des révolutions et donc de minimiser les risques d'exposition aux événements climatiques extrêmes. [S.P.]

Trouvé R., Bontemps J.-D., Collet C., Seynave I., Lebourgeois F. [2014]. Growth partitioning in forest stands is affected by stand density and summer drought in sessile oak and Douglas-fir. Forest Ecology and Management 334 : 358-368 (11 p., 5 fig., 3 tab., 75 réf.).

 

Les smartphones comme outils de mesure en forêt [1375]

Les données principales récoltées lors d’un inventaire forestier sont le diamètre à hauteur d’homme et la hauteur des arbres. Diverses applications actuellement disponibles pour Android permettent l'estimation de la hauteur des arbres en utilisant un smartphone. Ces mesures se basent sur une technologie appelée « 3D accéléromètre » qui indique l'inclinaison de l’appareil par rapport à trois axes. Certaines applications font l'estimation en utilisant l'image sur l'écran, tandis que d'autres utilisent les lignes présentes sur les bords de l’appareil.

La présente étude analyse les erreurs de mesure obtenues avec deux smartphones différents en comparaison avec les données obtenues par le Blume Leiss et le Vertex IV.

Les résultats indiquent que les erreurs des smartphones non calibrés dépassent largement celles des appareils traditionnels forestiers. Cependant, le calibrage est une procédure très simple, facilement réalisée. Grâce à cet ajustement, les smartphones atteignent des niveaux de qualité adéquats, même si le biais n’est pas totalement éliminé. Les applications qui utilisent l'image de l'écran donnent de meilleurs résultats (pas de différences significatives avec le Vertex). Il n’existe toutefois actuellement aucune application qui propose une bonne mesure en présence d’une pente, qui est une condition essentielle pour assurer la précision des mesures de hauteur obtenues avec les smartphones. [C.S.]

Villasanta A., Fernandez C. [2014]. Measurement errors in the use of smartphones as low-cost forestry hypsometers. Silva Fennica 48(5), article n° 1114 (11 p., 4 fig., 2 tab., 19 réf.). Télécharger l'article complet

 

La traçabilité du chêne assurée par son ADN [1376]

En France, la filière de la tonnellerie connaît actuellement une croissance importante grâce aux investissements dans les nouveaux pays du vin et à l'essor des vins de qualité. Les producteurs doivent toutefois faire face à la concurrence des copeaux pour le boisage œnologique, la diversification des produits et aux difficultés d'approvisionnement. Les bois recherchés sont rares, il doivent être de grosses dimensions (ils ont entre 200 et 300 ans) et avoir un grain fin et régulier. La concurrence sur ces bois génère des inquiétudes et des doutes sur leur origine. Pour répondre à la demande des producteurs de vin, des chercheurs ont donc mis au point des marqueurs génétiques permettant de confirmer l'origine annoncée d'un lot de bois de chêne et ainsi s'assurer de leur région de provenance. [S.P.]

Communiqué de presse FCBA, octobre 2014.

 

Ancienneté et maturité des forêts [1377]

Des chercheurs français se sont penchés sur les qualités d’ancienneté et de maturité des forêts. Pour rappel, l’ancienneté concerne la durée de l’état boisé d’une forêt et la maturité l’âge des arbres qui la composent.

Si plus personne ne conteste les différences écologiques notables entre forêts anciennes et récentes, il semble que le niveau de précision de cette ancienneté ne soit pas suffisant pour tout expliquer. Très souvent, la continuité de l’état boisé est exprimée de façon binaire (ancien ou récent) à partir d’une date clé qui varie en fonction des sources cartographiques des différentes régions européennes. Ainsi, la date utilisée pour délimiter une forêt ancienne en Angleterre et au Pays de Galles est 1600, en Écosse 1750, en Belgique 1775 (carte de Ferraris) et en Hollande 1850, par exemple. Il en résulte des différences notoires de surfaces forestières considérées comme anciennes, variant de 15 à 30 % des forêts dans les pays étudiés.

Les auteurs proposent donc d’autres seuils d’ancienneté liés à l’histoire humaine et des forêts :

  • une ancienneté supérieure à 8000 ans, soit une forêt boisée depuis la fin de l’emprise des glaces ;
  • une ancienneté supérieure à 2000 ans, soit un espace boisé depuis l’époque gallo-romaine qui correspond au début des fortes pressions sur la forêt et sa mise en culture, et dont les répercussions sont encore visibles aujourd’hui ;
  • une ancienneté supérieure à 600 ans, soit une superficie forestière continue depuis la fin du Moyen-Âge (12e-13e siècle) ;
  • une ancienneté supérieure à 150 ans, soit le milieu du 19e siècle qui correspond, en France et en Belgique, au minimum de la surface forestière qu’a connu le pays.

Ancienneté des forêts

En ce qui concerne le degré de maturité de la forêt, les auteurs proposent de l’affiner en y intégrant quatre critères :

  • l’âge moyen de arbres ;
  • le nombre de très gros bois ;
  • la quantité et la diversité du bois mort ;
  • la quantité et la diversité de dendro-microhabitats.

Enfin, les auteurs plaident pour une modification de la législation qui, souvent, protège les écosystèmes forestiers sur la seule base de leur type de végétation et rarement sur leur état de conservation. [C.H.]

Cateau E., Larrieu L., Vallauri D., Savoie J.-M., Touroult J., Brustel H. [2015]. Ancienneté et maturité : deux qualités complémentaires d’un écosystème forestier. Comptes Rendus Biologies 338 : 58-73 (16 p., 4 fig., 2 tab., 110 réf.).

 

Globalisation et commerce de bois : l'avis d'un exportateur [1378]

Une interview relate le point de vue de négociants en bois suisses qui exportent un tiers de leur volume vers l'Extrême-Orient. Selon eux, les plaintes avancées par les scieurs locaux ne sont pas fondées.

La première, souvent évoquée, est que les scieries ont du mal à s'approvisionner. Pourtant, aucune scierie de bois feuillus n'a fermé depuis la seconde guerre mondiale par manque de bois. De plus en plus, des billes de hêtre sciables partent en bois énergie.

Deuxième plainte récurrente, le coût écologique du transport de bois vers l'Orient. Bien qu'on puisse effectivement s'interroger sur le bien-fondé du commerce mondial, c'est alors toute notre manière de consommer qui est à remettre en question et il faudrait dès lors arrêter tout achat de vêtements et appareils électroniques (téléphone, télévision…) fabriqués en Asie. De plus, le bois est transporté sur des navires venant d'Asie, qui repartiraient vides et dont on devrait lester les cales pour naviguer. Par ailleurs, et contrairement à la croyance, la plupart du bois exporté vers l'Asie ne revient pas en Europe car les pays d'Extrême-Orient ont des besoins très importants en bois, que leurs propres forêts ne peuvent combler.

Les deux exportateurs interrogés expliquent la délocalisation du secteur de la transformation par le manque d'adaptation et d'innovation des unités de sciage européennes. Autre argument, la concurrence internationale et par conséquent le prix, qui est le critère numéro 1 pour le client aujourd'hui, ce qui ne laisse aucune chance aux fabricants locaux. Par ailleurs, les habitudes de consommation ont évolué et désormais le marché du mobilier est dicté par des modes très éphémères. [S.P.]

Oberer F. [2014]. Exportation vers l'Asie : on arrête pas la marche du temps. La Forêt 67(10) : 22-23 (2 p.).

 

Rapport cerf 2013-2014 : suivi des populations de cerfs en Wallonie [1379]

En Wallonie, la seule espèce dont les prélèvements ne sont pas laissés à l'appréciation du chasseur est le cerf. Ses populations font donc l'objet d'une attention particulière afin d'évaluer le nombre d'animaux présent et de déterminer judicieusement les plans de tir. Le rapport conjoint émis pas le DNF et le DEMNA, premier du genre, expose les résultats des suivis effectués au cours de la saison de chasse 2013-2014. Le nombre de cerfs boisés et non boisés prélevé et l'évolution au cours des dernières années peuvent être consultés. La réalisation des plans de tir ainsi que l'analyse de la structure du tableau de chasse est également accessible. [S.P.]

Bertouille S., Duran V., Licoppe A., Malengreaux C., Manet B., Petit F., Villers M. [2014]. Rapport Cerf 2013-2014. SPW/DGO3/ DEMNA et DNF, Gembloux. 58 p. Télécharger le rapport complet

 

Intervenir dans la lisière pour sauver le muscardin [1380]

Les populations de muscardins sont en déclin dans tout le Nord-Ouest de l’Europe. Les causes sont connues : isolation et fragmentation de son habitat (principalement des forêts feuillues anciennes ou semi-naturelles) et un manque de gestion appropriée du taillis. L’espèce est présente sur les listes rouges de plusieurs pays et vu son statut de protection international, il y a urgence à se pencher sur des stratégies de conservation efficaces.

C’est ce qu’on fait des chercheurs néerlandais pour la zone Meuse-Rhin. Le fait de couper 75 à 100 % des arbres matures dans la lisière forestière induit une augmentation du nombre de nids trouvés dès l’année qui suit l’éclaircie.

Les éléments qui semblent importants sont, au niveau structurel, la hauteur de l’étage des arbustes supérieurs et, au niveau de la composition, la présence de ronce, de framboisier, de sorbier et d’aubépine.

L’effet immédiat de ce type de gestion sur le nombre de nids trouvés est encourageant. Les auteurs la préfèrent en tous cas à la gestion par taillis préconisée traditionnellement. [C.H.]

Ramakers J.J.C., Dorenbosch M., Foppen R.P.B. [2014]. Surviving on the edge : a conservation-oriented habitat analysis and forest edge manipulation for the hazel dormouse in the Netherlands. European Journal of Wildlife Research 60 : 927-931 (5 p., 2 fig., 1 tab., 24 réf.).

 

La chytridiomycose décime nos salamandres et tritons [1381]

L’université de Gand, travaille actuellement sur le suivi de l’expansion de la chytridiomycose, une maladie qui touche les urodèles et plus particulièrement les salamandres.

Le champignons Batrachochytrium salamandrivorans, responsable de la maladie, s’attaque à la peau des animaux et fini par les étouffer. Des tests menés en laboratoire ont montré la très forte mortalité due au champignons sur les salamandres et les urodèles. Il semble que les anoures ne soient pas touchés.

Un champignon proche, le Batrachochytrium dendrobatidis, provoque la même maladie mais s’attaque plutôt aux anoures (grenouilles et crapauds) et est responsable de la disparition de plusieurs espèces dans le monde.

B. salamandrivorans est originaire d’Asie orientale (Thaïlande, Viêt Nam et Japon) où il ne provoque pas de maladie. Chez nous, le champignon a été découvert près d’Eupen et du Lac de Robertville, probablement arrivé des Pays-Bas où depuis 2010 il a déjà provoqué la disparition de 96 % de la population de salamandres. Sa présence n’est pas signalée ailleurs dans le monde.

Le champignon a très probablement été introduit avec des animaux issus du commerce. La mondialisation du trafic humain et du commerce des animaux favorise la transmission des pathogènes, qui infectent alors des hôtes qui n’ont pas l’opportunité de se bâtir une résistance. Ce type de pathogène est une menace potentielle d’extinction. [C.H.]

Martel A., Blooi M., Adriaensen C., Van Rooij p., Beukema W., Fisher M.C., Farrer R.A., Schmidt B.R., Tobler U., Goka K., Lips K.R., Muletz C., Zamudio K.R., Bosch J., Lötters S., Wombwell E., Garner T.W.J., Cunningham A.A., Spitzen-van der Sluijs A., Salvidio S., Ducatelle R., Nishikawa K., Nguyen T.T., Kolby J.E., Van Bocxlaer I., Bossuyt F. Pasmans F. [2014]. Recent introduction of a chytrid fungus endangers Western Palearctic salamanders. Science 346(6209) : 630-631 (2 p., 1 fig., 8 réf.).

 

Biodiversité et gestion forestière [1382]

Le groupement d’intérêt public ECOFOR, en France, a publié trois synthèses à destination des gestionnaires et décideurs. Les résultats présentés sont issus de seize recherches financées par le programme « Biodiversité, gestion forestière et politiques publiques ». Ce programme de recherches vise à développer les connaissances nécessaires pour une meilleure prise en compte de la biodiversité dans la gestion forestière.

Synthèse 1. Lisières, connectivité, colonisation : la biodiversité dans l’espace et le temps forestiers. Comment la faune et la flore répondent-elles aux modifications de la trame forestière ?

Synthèse 2. Évaluation de la gestion durable des forêts. Quels indicateurs pour la biodiversité forestière ? Quels indicateurs pour suivre et évaluer l’état de la biodiversité forestière ?

Synthèse 3. Biodiversité, production et autres services forestiers. Quels compromis pour la gestion forestière ? Comment concilier l’intensification attendue de l’exploitation de la forêt avec la préservation de sa biodiversité ?

Communiqué Ecofor, 18 septembre 2014.

logo forêt-MAILLa restauration des forêts après tempête grâce à la culture d’abri [1383]

Le rétablissement rapide des forêts suite à de grandes perturbations est considéré comme une action importante dans le contexte du changement climatique. L’utilisation d’essences pionnières telles que le bouleau et le peuplier en culture d’abri sur des sites perturbés peut faciliter la mise en place d'essences cibles et peut également augmenter la productivité et la fertilité des sols.

Dans une étude réalisée en Rhénanie-Palatinat, la productivité et le cycle des éléments nutritifs ont été comparés dans deux types de peuplements : avec ou sans la présence d’espèces pionnières, les essences-objectif à terme étant le chêne pédonculé et le chêne sessile.

Les résultats de simulation pour une rotation complète de chênes (180 ans) ont indiqué que les deux types de peuplements, avec et sans culture d’abri, ont une productivité totale comparable. Cependant, dans les peuplements bénéficiant de la culture d’abri, une quantité importante de biomasse est déjà exploitable après 20 ans, alors que la première récolte de biomasse dans le peuplement sans culture d’abri se produirait au moins 30 ans plus tard. De plus, les peuplements à culture d’abri présenteraient une capacité d'échange cationique bien supérieure dans le sol superficiel (0-30 cm), ceci étant surement dû à la réduction du lessivage grâce à la culture d’abri.

Ces résultats montrent que le rétablissement de la forêt en présence d’essences pionnières peut constituer un outil favorable pour la reprise rapide de la productivité forestière ainsi que l’atténuation des perturbations tout en aidant à maintenir ou à augmenter la fertilité du sol. [C.S.]

Stark H., Nothdurft A., Block J., Bauhus J. [2015]. Forest restoration with Betula ssp. and Populus ssp. nurse crops increases productivity and soil fertility. Forest Ecology and Management 339 : 57-70 (14 p., 10 fig., 119 réf.).

 

Les systèmes racinaires sont surtout opportunistes [1384]

La structure et le développement du système racinaire des arbres sont très difficiles à apprécier et peu connus en conditions naturelles à cause de l’hétérogénéité des sols et de la difficulté d’extraire des systèmes racinaires d’arbres matures sans les endommager.

Cette étude tente de mieux comprendre la plasticité du développement du système racinaire par rapport à des paramètres biologiques et physiques : l’espèce, l’âge et la taille de l’arbre, le matériel pédologique, la disponibilité en eau, la pente et le climat.

243 arbres matures de douze espèces différentes ont été déracinés. Ces arbres étaient présents sur des digues en France. La structure du système racinaire (nombre et taille des racines, envergure, profondeur et volume du système racinaire) a été comparée entre deux sols : l’un composé de matériaux grossiers et l’autre de matériaux fins.

L’espèce de l’arbre a peu d’influence sur la structure du système racinaire : tous les types de systèmes racinaires et les tailles de racines peuvent être trouvés pour la plupart des essences en fonction des conditions de la station. Le système racinaire en forme de cœur est limité aux matériaux fins alors que les systèmes racinaires mixtes et pivotants sont plutôt trouvés dans les matériaux grossiers.

Dans les matériaux grossiers, les arbres développent peu de racines mais plus grosses (plus de 5 cm en diamètre et plus de 4 mètres de long). Dans les matériaux fins, les systèmes racinaires ont trois fois plus de racines mais elles sont 40 % plus petites et plus courtes. Les racines sont 20 % plus nombreuses et 65 % plus grandes dans le bas de la pente grâce à la disponibilité en eau de la digue ou de la berge.

La structure du système racinaire est surtout influencé par le matériel du sol et la disponibilité en eau et beaucoup moins par l’espèce d’arbre. Les systèmes racinaires ont un développement opportuniste dans la direction où l’eau et les éléments minéraux sont abondants : quel que soit l’espèce, prédire la dimension et la structure du système racinaire requière une investigation approfondie du sol et des autres conditions environnementales. [C.H.]

Zanetti C., Vennetier M., Mériaux p., Provansal M. [2015]. Plasticity of tree root system structure in contrasting soil materials and environmental conditions. Plant and Soil 387 : 21-35 (15 p., 6 fig., 6 tab., 55 réf.).

 

La résilience des forêts anciennes est plus grande que celle des forêts récentes [1385]

Il est amplement prouvé que les forêts anciennes par opposition aux boisements sur terres agricoles diffèrent au niveau du fonctionnement de l'écosystème et des services tels que la séquestration du carbone, le cycle des nutriments et la biodiversité. Cependant, aucune étude n'a encore été menée sur les impacts à long terme (plus de 100 ans) de la continuité écologique des peuplements forestiers sur la croissance des arbres.

Dans cette étude menée dans le Nord-Ouest de l'Allemagne (Lüneburg Heath), la largeur des cernes de 250 chêne sessile adultes a été analysée. Les différents arbres de l'échantillon étaient présents sur des sites dont l'historique d'occupation du sol variait (forêts anciennes, boisement sur terres agricoles et boisement sur landes). La relation entre les modèles de croissance et les paramètres climatiques (température, précipitations) a également été analysée.

Les résultats ont montré que les cernes formés entre 1896 et 2005 étaient les plus larges sur terres agricoles, ce qui est sans doute dû à la plus grande disponibilité en azote et en phosphore. Cette constatation indique que la fertilisation ancienne peut continuer à affecter l'état nutritionnel des sols forestiers plus d'un siècle après que ces activités aient cessées. En outre, ces arbres ont réagi plus fortement aux perturbations climatiques, comme le montre une sensibilité moyenne plus élevée des largeurs des cernes que chez les arbres de forêts anciennes. Les auteurs supposent que les horizons d'humus incomplètement développés ainsi que les différences dans l'édaphon (l'ensemble des organismes vivant dans le sol) sont responsables de la réponse plus sensible de chênes des forêts récentes aux variations des conditions environnementales.

Les auteurs concluent que les forêts caractérisées par une longue continuité écologique peuvent être mieux adaptées au changement climatique que les écosystèmes forestiers récents. [C.S.]

Von Oheimb G., Härdtle W., Eckstein D., Engelke H.H., Hehnke T., Wagner B., Fichtner A. [2014]. Does forest continuity enhance the resilience of trees to environmental change ? Plos One, DOI : 10.1371/journal.pone.0113507 (18 p., 2 fig., 4 tab, 71 réf.).

 

Pour mieux valoriser vos douglas, vendez les bord de route ! [1386]

Le numéro de janvier de Forêt Entreprise relate l'interview d'un sylviculteur de douglas dans l'Orne (France). Ce dernier vend ses douglas bord de route depuis quelques années et en obtient un prix supérieur à la moyenne française. Pour expliquer cela, il évoque la sylviculture pratiquée depuis plusieurs décennies et qui est tournée vers la qualité des grumes et non la quantité de produits. Qui plus est, la vente bord de route permet un tri plus sélectif des produits. Sur des grumes de 55 à 60 ans, faisant en moyenne 4 à 5 m3, les billes de menuiserie sont vendues à 140 €/m3 et les billes destinées à la charpente à 90 €/m3. Le fait de vendre bord de route lui permet d'estimer au mètre cube réel la qualité des bois, ce qui est primordial pour le gain de marge. Par ailleurs, la proportion d'aubier et l'absence de noeuds sont directement visibles et garanties. Dernier point, l'abattage et le débardage maîtrisés permettent de répondre de manière plus flexible aux demandes des acheteurs et surtout, de préserver les sols. [S.P.]

Gauthier J.-C. [2015]. Vendre mes douglas bord de route valorise mieux leur qualité. Forêt Entreprise 220 : 11-14 (4 p., 2 fig.).

 

Ventes de bois de gré à gré, premières réalisations en Wallonie [1387]

En mai 2014, le Gouvernement wallon a modifié le plafond autorisé pour les ventes de bois feuillu de gré à gré, le faisant passé de 2 500 à 35 000 €. L'objectif de ce nouvel arrêté est de permettre aux scieries locales d'assurer une partie de leur approvisionnement. Quelques réalisations de ventes de gré à gré plus importantes ont déjà eu lieu à Florenville ou à Habay-la-Neuve. Les bois sont ainsi valorisés localement et les scieries peuvent maintenir la tête hors de l'eau. Ce mode de vente n'a pas vocation à se substituer aux adjudications publiques puisque l'arrêté du Gouvernement limite les quantités à 15 % du volume total mis en vente en Wallonie lors de l'année précédente (hors bois de chauffage). Qui plus est, les scieries ne pourront s'approvisionner de cette manière qu'à concurrence de maximum le tiers de leur approvisionnement moyen lors des cinq dernières années. [S.P.]

OEWB, communiqué de presse, janvier 2014.

 

Conseil d’un négociant pour les ventes de bois précieux [1388]

Un négociant en bois suisse, habitué des ventes de bois précieux dans son pays, expose, dans une lettre ouverte, les problèmes qu’il rencontre fréquemment lors de ces ventes : cubage peu clair, présentation inadéquate des grumes et secrets de Polichinelle.

Le négociant précise d’abord qu’il est légitime que les producteurs tentent de vendre leur bois au plus offrant.

Les points à améliorer pour l’organisation de ces ventes :

  • uniformiser les conditions générales de vente ;
  • plus de souplesse dans la durée des visites ;
  • un format uniformisé pour les listes de cubage ;
  • vu le taux d’erreur important dans le cubage, une seule personne devrait mesurer les grumes exposées. Ainsi, l’acheteur comprend tout de suite comment les lots ont été mesurés ;
  • possibilité de soumettre les offres par voie électronique ;
  • envoi d’une confirmation d’attribution ;
  • transparence lors de l’attribution en publiant la liste des acheteurs et, pour chaque lot, les trois offres les plus élevées ;
  • facturer le bois certifié séparément du non certifié.

Pour ce qui est de l’entreposage des grumes, le négociant précise encore :

  • dégagement suffisant à l’avant et à l’arrière ;
  • un espace d’un mètre minimum entre chaque bille ;
  • extrémités fraîchement sciées ;
  • grumes classées dans le même ordre que celui du catalogue ;
  • déneiger les grumes ;
  • enlèvement des bois, après adjudication, uniquement en présence du responsable du site. [C.H.]

Wüst J. [2015]. Remettre les pied sur terre. La Forêt 68(2) : 26-27 (2 p., 3 fig.).

 

Les grains de pollen s'envolent plus loin qu'on ne le pense [1389]

Au cours des dix dernières années, l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) en Suisse a mené des tests de paternité auprès de diverses espèces d'arbres indigènes. À l'aide de méthodes génétiques et statistiques, il est possible de déterminer quel arbre a fécondé telle ou telle graine d'un arbre mère dans ce peuplement, ou de constater qu'aucun des arbres du peuplement ne peut être l'arbre père. Une des informations clés qui en ressort est la distance de fécondation par le pollen. Deux exemples sont analysés de plus près dans l'article : le chêne (pédonculé et sessile) et le poirier sauvage.

Les principaux résultats de l'étude révèlent que les grains de pollen s'envolent loin et qu'il existe un mélange génétique important en forêt. Les petits peuplements sont rarement isolés sur le plan génétique et les graines des peuplements semenciers sont rarement pures comme on le supposait.

Un des principaux avantages est que de nombreux arbres participent à la régénération d'un peuplement et la diversité biologique et la capacité d'adaptation des arbres sont conservées sur les surfaces rajeunies naturellement. Par contre, un des inconvénients est l'hybridation potentielle en cas d'introduction d'espèces exotiques si celles-ci sont en mesure de se reproduire avec des espèces indigènes. [C.S.]

Holderegger R., Bolliger M., Gugerli F. (2015). Jusqu'où les graines de pollen s'envolent-ils ? La Forêt 68(2) : 17-19 (3 p., 5 fig., 3 réf.).

 

Les effets du sel de déneigement sur les arbres et les haies [1390]

En Suisse, le sel de déneigement est un des principaux facteurs de dommages aux arbres et aux haies qui bordent les routes, les chemins et les places. Ces dernières années, entre 300 000 et 350 000 tonnes de sel de déneigement ont été répandues.

Cet épandage a un impact défavorable sur l'environnement et notamment sur la qualité de l'eau. Les impacts négatifs sur les arbres et les écosystèmes sont très nombreux, mais complexes et difficilement quantifiables avec précision. Le sel entré en contact direct avec les arbres passe dans les tissus végétaux et perturbent le métabolisme. Le dessèchement et la brûlure des tissus se manifestent par un brunissement des aiguilles et des feuilles, qui ne seront cependant visibles qu'au printemps et en été. L'apport du sel dans le sol en modifie la structure, qui devient plus compacte.

Il est, selon l'auteur, impossible de définir des valeurs limites de quantité de sel tolérée par les différents milieux concernés. Les mesures préventives des gardes forestiers et des services des parcs atteignent leur limites. Par contre, du côté de la voirie, il subsiste un grand potentiel d'amélioration selon l'auteur, que ce soit par la mise en œuvre systématique de « concepts de service hivernal », par la formation du personnel ou par le recours à des moyens d'épandage plus modernes. [C.S.]

Zuber R. [2015]. Les effets du sel et comment y remédier. La Forêt 68(2) : 9-11 (3 p., 1 fig., 3 réf.).

 

Le régime alimentaire de l'alouette sous la loupe [1391]

La connaissance du régime alimentaire des oiseaux des champs durant l'hiver, période la plus difficile, est primordiale pour leur conservation. Cependant, la composition du régime alimentaire des espèces comme l'alouette des champs (Alauda arvensis) est encore peu connue durant la période hivernale.

Pour en savoir plus, les contenus de gésiers collectés au milieu de l'hiver pendant un intervalle de 10 ans et dans deux régions de l'Ouest de la France ont été analysés. L'étude a porté sur la quantité de graines ingérées et les différences entre sexes, régions et périodes. Les graines ingérées ont aussi été analysées pour déterminer si leurs caractéristiques favorisaient leur rang dans le régime alimentaire. Ainsi, leur taille, leur valeur nutritive ou leur fréquence dans le paysage agricole a fait l'objet d'une attention particulière. La quantité de graines nécessaire pour remplir les besoins journaliers des alouettes a également pu être calculée en se basant sur des estimations réalisées en captivité.

De nombreuses graines venant de différentes espèces (seize familles différentes au total) ont pu être identifiées. Toutes les graines ingérées sauf une venaient de graminées adventices, aucune ne provenait de céréales. La différence de régime entre sexe est peu marquée, mais est contrastée entre régions et périodes. Les chercheurs n'ont pas pu mettre en évidence une sélection préférentielle des graines ingérées en fonction de leurs caractéristiques. Inversement, les résultats montrent que les graines ingérées dépendent uniquement de leur fréquence relative et donc de leur abondance dans le paysage agricole. D'après les estimations, une alouette devrait manger 8 g de graines par jour pour satisfaire ses besoins nutritionnels, soit de 4 200 à 5 600 graines !

Ces résultats montrent la grande nécessité de maintenir des habitats herbeux puisqu'ils sont cruciaux pour les populations d'alouettes des champs qui passent l'hiver dans l'Ouest de la France. [S.P.]

Eraud C., Cadet E., Powolny T., Gaba S., Bretagnolle F., Bretagnolle V. [2015]. Weed seeds, not grain, contribute to the diet of wintering skylarks in arable farmlands of Western France. European Journal of Wildlife Research 61 : 151-161 (11 p., 1 fig., 3 tab., 59 réf.).

 

Les plantes exotiques non naturalisées reçoivent moins de visites d’insectes [1392]

Le jardin botanique de Berne, en Suisse, a été le théâtre d’une expérience particulière. Des chercheurs ont compté le nombre d’insectes pollinisateurs qui se posaient sur les fleurs des plantes indigènes et sur celles des plantes exotiques. Ces dernières n’ont généralement pas été importées avec leurs insectes d’origine. Il a toutefois été montré précédemment que de nombreuses espèces non indigènes mais naturalisées, c’est à dire qui parviennent à créer des populations stables et à se reproduire, peuvent attirer facilement les insectes présents dans leur nouveau milieu.

Mais qu’en est-il des espèces non indigènes et non naturalisées ? Peuvent-elles aussi attirer les insectes pollinisateurs ? C’est ce que le comptage du jardin botanique a tenté de déterminer.

185 plantes indigènes, 37 non indigènes mais naturalisées et 224 non indigènes et non naturalisées ont été observées. Résultats : les non naturalisées reçoivent moins de visites de pollinisateurs que les deux autres catégories. Les trois catégories de plantes accueillent les mêmes communautés de visiteurs, toutefois, parmi les plantes naturalisées, celles qui sont largement répandues en Suisse sont visitées par une plus grande diversité d’insectes.

Cela montre que la capacité pour une plante exotique de se naturaliser dans un nouveau milieu pourrait être lié à sa plus ou moins grande intégration dans les relations plantes-pollinisateurs. [C.H]

Razanajatovo M., Föhr C., Fischer M., Prati D., van Kleunen M. [2015]. Non-naturalized alien plants receive fewer flower visits than naturalized and native plants in a Swiss botanical garden. Biological Conservation 182 : 109-116 (8 p., 2 fig., 2 tab., 61 réf.).

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