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L’effondrement des régimes communistes a provoqué des modifications énormes dans l’aménagement et l’occupation du territoire des pays de l’Est. Pendant ces périodes de changements rapides du point de vue socio-économique et institutionnel, l’efficacité des aires protégées est souvent compromise. Une étude a été réalisée en Roumanie pour analyser les activités liées à l’exploitation forestière dans un site protégé durant la période post-communiste (1989-2009). En particulier, l’efficacité des aires protégées à contrôler l’exploitation illégale a été évaluée. Le territoire étudié est situé dans les Carpates, dans le nord du pays, et abrite des populations importantes de loup, de lynx et d’ours brun. Les résultats de l’étude montrent que de fortes perturbations (modifications de la surface forestière) ont eu lieu à deux moments bien précis (1995 et 2005). Ces perturbations résultent d’exploitations massives déclenchées par des changements rapides et fréquents de propriétaires ainsi que par des modifications institutionnelles. Les auteurs concluent que l’efficacité des aires protégées s’est considérablement réduite depuis la chute du communisme. Les activités d’exploitations forestières illégales mettent en péril les objectifs nationaux du réseau des aires protégées de Roumanie, notamment concernant la sauvegarde de la biodiversité. [C.S.] Knorn J., Kuemmerle T., Radeloff V.C., Szabo A., Mindrescu M., Keeton W.S., Abrudan I., Griffiths p., Gancz V., Hostert p. [2012]. Forest restitution and protected area effectiveness in post-socialist Romania. Biological Conservation 146 : 204-212 (9 p., 3 fig., 2 tab., 75 réf.).
Une étude allemande a testé les relations entre présence de pourriture de cœur et début de cavité de pic noir sur des hêtres. La pourriture de cœur a été mesurée grâce à des perceuses à résistographe. L’étude met en évidence le lien très clair entre la présence des deux phénomènes : la pourriture de cœur est significativement plus commune dans les hêtres avec début de cavité que dans les autres pris au hasard. De plus, la distance à la pourriture de cœur est plus petite depuis les débuts de cavité que depuis n’importe quel point de l’arbre, suggérant par là une préférence du pic à initier ses cavités au plus proche de la pourriture. Les pics semblent détecter les hêtres touchés par la pourriture grâce à des signaux inaccessibles aux humains. [C.H.] Zahner V., Sikora L., Pasinelli G. [2012]. Heart rot as a key factor for cavity tree selection in the black woodpecker. Forest Ecology and Management 271 : 98-103 (6 p., 5 fig., 27 réf.).
La littérature et les études déjà réalisées ont pu mettre en évidence des habitudes ancestrales dans le comportement des cerfs. Cependant les connaissances sur ces ongulés restent encore aujourd’hui incomplètes. En se penchant sur leurs grands déplacements, il serait probable que ceux-ci soient des conséquences d’épisodes-clé de leur vie. Le premier déplacement, pas toujours systématique, est appelé dispersion natale. Il survient à l’âge de la maturité sexuelle des jeunes cerfs, pour plus de 50 % d’entre eux. Ces derniers se font chasser par les mâles adultes en période de reproduction. Les jeunes mâles parcourent alors parfois de longues distances dans le but de conquérir de nouveaux territoires. En Hertogenwald, 62 % des jeunes mâles se sont dispersés, 7/8e vers le nord-ouest et le dernier huitième vers le sud-est. La cause de cette division entre le nord et le sud n’est pas encore connue. Différents auteurs pensent que la distance de dispersion est d’autant plus grande que la population est plus petite afin d’augmenter les flux de gènes. La dispersion de reproduction est le deuxième déplacement et se produit chaque année au moment du rut. Elle est représentée par la distance entre la zone d’hivernage et la zone de reproduction ou place de brame. Cette dispersion fait partie du domaine vital qui correspond à la superficie nécessaire pour s’alimenter, se reproduire et soigner les jeunes. On a pu observer lors de ces vingt dernières années, grâce à la photographie, que des « courants migratoires » se produisaient au moment du rut. Pour ce qui est des non boisés, ceux-ci gardent une grande fidélité à leur lieu de naissance et possèdent des domaines vitaux restreints afin de créer des lignées matriarcales liées au territoire. Bien de connaissances sur cet animal mythique des forêts, doivent être encore acquises afin d’appliquer une gestion raisonnée de ces ongulés. [L.D.] Licoppe A., Herman R. [2012]. Observation et suivi d’une population de cerfs en Hertogenwald. Hautes Fagnes 285 : 18-26 (9 p., 15 fig., 1 tab.).
Le LIFE Hautes Fagnes s’est livré à une étude préliminaire sur les enjeux économiques de son projet. Les résultats sont donc encore parcellaires mais permettent toutefois de dégager certaines tendances. Pour rappel, le but du projet est de restaurer les habitats naturels de lande et tourbière du plateau. Il s’étend sur 10 000 ha, dont 5000 sont couverts par la réserve naturelle domaniale. À terme, 1400 ha supplémentaires de tourbière devraient être restaurés. Le projet s’étale de 2007 à 2012 et a bénéficié d’un budget de 4,5 millions d’euros provenant pour moitié de l’Union Européenne et pour moitié de la Wallonie. Une des actions typiques est par exemple la transformation de plantations d’épicéa en réserves naturelles ouvertes. Les impacts financiers du projet peuvent être directs ou indirects. Parmi les premiers, citons les emplois générés dans les entreprises locales par les activités de restauration de la nature (146 008 €/an) ou les dépenses locales des touristes (170 000 €/an) dont la fréquentation a augmenté de 6 % grâce à la transformation du paysage (200 000 visiteurs arpentent chaque année les Hautes Fagnes). À cela s’ajoutent, à long terme, les travaux d’entretien des zones restaurées. Parmi les impacts indirects, plus difficiles à monétiser et basés notamment sur la notion de paiement du bien-être, viennent dans l’ordre : la biodiversité (9 781 206 €/an), l’usage récréatif (324 300 €/an) et le rôle de puits de carbone (245 399 €/an). Le bilan est donc positif même s’il demande à être précisé, notamment sur les méthodes d’évaluation de la valeur monétaire de la biodiversité. [C.H.]. Loute M., Lorette F., Plunus J., Janssens X. [2012]. LIFE Hautes Fagnes : restaurer la nature, mais à quel prix ? Résumé de l’étude préliminaire. Hautes Fagnes 285 : 12-14 (3 p., 1 fig.).
Des chercheurs espagnols se sont penchés sur une espèce d’Acacia originaire d’Australie, mais invasive en Espagne. Les acacias sont souvent connus pour leur caractère invasif hors de leur aire de répartition naturelle. Acacia dealbata, plus communément appelé Mimosa d’hiver ou Mimosa des fleuristes, envahit les chênaies pédonculées espagnoles. L’étude a analysé l’influence de cette espèce ligneuse sur les propriétés du sol, la modification potentielle en lumière dans le peuplement mais aussi sur les banques de graines du sol et la végétation en place. Les résultats montrent que cette espèce invasive : augmente l’azote facilement mobilisable dans le sol, ce qui a tendance à favoriser d’autres espèces exotiques à croissance rapide au détriment des espèces autochtones habituées à de faibles niveaux d’azote ; diminue le pH du sol ; n’affecte pas les caractéristiques lumineuses dans le peuplement ; modifie la composition de la banque de graines du sol, en diminuant la richesse en espèces, la densité des graines, les proportions de mousses et de fougères, mais aussi en augmentant la proportion d’astéracées et d’espèces exotiques ; diminue la richesse spécifique du sous-étage, ainsi que la couverture végétale ; et enfin, Acacia dealbata réduit la similarité entre la banque de graine du sol et la végétation en place, au détriment des espèces autochtones. Les chercheurs, au vu de ces résultats, estiment qu’une invasion des chênaies pédonculées par le mimosa d’hiver, a un impact considérable sur ces peuplements naturels en entravant leur régénération, même après une élimination des individus invasifs. Les conséquences, modifications biotiques et abiotiques confondues, ont des effets sur le long terme. [B. de P.] Gonzalez-Munoz N., Costa-Tenorio M., Espigares T. [2012]. Invasion of alien Acacia dealbata on Spanish Quercus robur forests : Impact on soils and vegetation. Forest Ecology and Management 269 : 214-221 (8 p., 4 fig., 4 tab., 58 réf.).
L’étude s’intéresse aux coléoptères de type Ips ou Dendroctonus dont les pullulations ont des impacts importants dans leur aire d’origine. Malgré des détections fréquentes de ces espèces les plus agressives à l’entrée des ports, elles ont jusque maintenant toujours échoué à s’établir en dehors de leur aire d’origine. Les auteurs de la recherche ont démontré que les populations d’Ips typographe qui sévissent chez nous pourraient se développer sur six espèces nord-américaines d’épicéa : Picea engelmannii, P. glauca, P. sitchensis, P. X lutzii, P. mariana et P. rubens. Cela suggère que les différences entre ces espèces et nos espèces autochtones ne sont pas des barrières insurmontables. Néanmoins une diminution de la qualité de la descendance pourrait réduire les chances d’installation de l’insecte. Des simulations d’hypothétiques interactions entre Dendroctonus rufipennis et Ips typographus montrent qu’il pourrait y avoir des facilitations inter-espèces à l’origine de pullulations plus sévères que celles causées par l’Ips seul. [D.A.] Økland B., Erbilgin N., Skarpaas O., Christiansen E., Langström B. [2011]. Inter-species interactions and ecosystem effects of non-indigenous invasive and native tree-killing bark beetles. Biological Invasions 13 : 1151-1164 (14 p., 2 fig., 3 tabl., 91 réf.).
Par définition, la dimension d’exploitabilité individuelle d’un arbre correspond au diamètre hypothétique auquel l’arbre devrait être récolté, de sorte à maximiser la valeur économique du peuplement. En d’autres termes, il s’agit de la maturité économique d’un arbre ou encore le diamètre de récolte. La plupart des études sur la dimension d’exploitabilité se focalisent sur l’estimation d’une dimension commune à tous les arbres ou à un groupe d’arbre du peuplement. Pourtant, tous les arbres d’une parcelle ne parviennent pas simultanément à leur maturité économique. Cette disparité peut s’expliquer par la vitalité de chaque tige, la concurrence et dominance entre individus mais aussi aux conditions locales de croissance. Une étude effectuée dans une hêtraie du sud de la Suède a estimé les diamètres d’exploitabilité individuels en considérant à la fois la valeur économique du peuplement, la qualité individuelle, la position spatiale et les interactions entre individus. Les résultats montrent que, comparée à une approche de gestion plus simplifiée, la prise en compte de ces différents facteurs améliore considérablement la rentabilité de la gestion forestière. [C.S.] Meilby H., Nord-Larsen T. [2012]. Spatially explicit determination of individual tree target diameters in beech. Forest Ecology and Management 270 : 291-301 (11 p., 7 fig., 3 tab., 33 réf.).
Après une massive reforestation des terres espagnoles au XIXe siècle suivie d’un manque de gestion de ces massifs, le Pin d’Alep (Pinus halepensis Mill.) forme actuellement des peuplements à très haute densité. Ceux-ci peuvent aggraver la perte d’interception de la pluie, contribuer à une diminution du débit des rivières au sein des bassins versant boisés qui conduit à une réduction et une dégradation des performance hydrologiques du territoire. Sous le climat méditerranéen, la relation eau-forêt attire l’attention à cause de la rareté de l’eau naturelle mais également à cause de l’importance de la protection des sols érodés et dégradés. Le processus d’interception de la pluie est fonction du type de forêt, de sa structure et des conditions climatiques. Les quatre variables utilisées dans cette étude, expliquant la structure de la forêt sont : l’indice de surface foliaire (LAI), le couvert forestier (FC), la surface terrière (BA) et la densité (D). La pluie interceptée se répartit de deux manières, soit comme des précipitations au sol sous le couvert, soit comme un écoulement le long du tronc. Lors de cette étude, trois intensités d’éclaircies ont été appliquées au sein d’un massif pour étudier leur effet sur la répartition des précipitations et ainsi créer un outil de gestion sylvicole basé sur l’hydrologie. Les trois traitements sylvicoles, faible (L), modéré (M) et élevé (H) ont conduit respectivement à des surfaces terrières de 26,3, 20,9 et 8,3 m2/ha. La parcelle témoin (C), représentant le massif forestier à l’origine, possède une surface terrière de 35,6 m2/ha. L’étude a mis en valeur l’effet net des éclaircies sur la répartition des précipitations. Les précipitations sous couvert augmentent graduellement avec l’intensité d’éclaircie et inversement pour le ruissellement le long du tronc des arbres. Par conséquent, il a été observé que c’était la surface terrière qui était la variable la plus significative pour expliquer les précipitations sous couvert. La valeur moyenne de l’interception sur une période de 14 semaines est de 47,4 % pour la parcelle témoin et diminue avec une augmentation d’intensité d’éclaircie à 37,4, 40,6 et 16,8 % pour L, M et H, respectivement. Il faut donc une intervention sylvicole forte pour permettre à la pluie de rejoindre le sol sous le couvert. Dans les régions semi-arides, la gestion forestière est un outil important pour modifier le cycle de l’eau et ne pas dégrader les sols, et ainsi donner la possibilité aux arbres d’avoir un accroissement maximum. [L.D.] Molina A.J., del Campo A.D. [2012]. The effects of experimental thinning on throughfall and stemflow : A contribution towards hydrology-oriented silviculture in Aleppo pine plantations. Forest Ecology and Management 269 : 206-213 (8 p., 5 fig., 3 tab., 45 réf.).
C’est la question que des chercheurs ont étudié, en Finlande, avec de jeunes épicéas présents sous des bouleaux pubescents mûrs. Trois types d’exploitation ont été comparées : un peuplement où l’exploitation devait respecter les épicéas du sous-étage, un peuplement où l’exploitation ne devait pas particulièrement respecter les épicéas, et un peuplement sans sous-étage. Les grumes ont ensuite été évacuées par un porteur et les épicéas de l’étage inférieur inventoriés pour étudier les dégâts. La productivité de l’abatteuse dans cette étude est : entre 15 et 29 m3/h sans étage inférieur ; de 14 à 24 m3/h sans attention particulière au sous étage ; et entre 13 et 21 m3/h en préservant les épicéas sous couvert. La productivité du porteur est quant à elle diminuée de 7 à 14 % lorsque l’opérateur doit faire attention à l’étage inférieur. Lors de l’exploitation, il faut compter, par arbre, une seconde supplémentaire pour le positionnement de la tête avant coupe, une autre pour l’abattage de l’arbre, et entre une demi et deux secondes de plus pour ébrancher et billonner l’arbre. Les rendements inférieurs s’expliquent pas une moindre visibilité, des mouvements plus prudents de l’abatteuse, la plus grande importance du choix de la direction d’abattage et une manipulation des arbres plus prudente lors de l’ébranchage et du billonnage. L’étude visait aussi à savoir s’il ne serait pas plus intéressant de planter des épicéas quelques années avant la récolte de bouleaux plutôt que de passer par une mise à blanc avant plantation. Les chercheurs estiment, d’après leurs résultats, que préserver le sous-étage lors de l’exploitation doit être vu comme très acceptable pour l’exploitation et comme une méthode très profitable. Cela limite les coûts de régénération tout en limitant les effets négatifs d’une coupe à blanc, comme les gelées plus importantes des jeunes plants à découvert et la remontée de l’eau contenue dans le sol. [B. de P.] Niemisto p., Korpunen H., Lauren A., Salomaki M., Uusitalo J. [2012]. Impact and productivity of harvesting while retaining Young understorey spruces in final cutting of downy birch. Silva Fennica 46(1) : 81-97 (17 p., 4 fig., 14 tab., 32 réf.).
Comment marteler dans un peuplement feuillu régulier en retard d’éclaircie ? C’est la question sur laquelle s’est penché François Moyses, en considérant ici une hêtraie-chênaie sur un bon sol profonds du plateau lorrain. Les manifestations visibles d’un retard d’éclaircie sont une surface terrière trop importante (21 m2/ha alors que la fourchette recommandée est de 15 à 18 m2/ha), ainsi que des houppiers compressés, qui ont tendance à se déformer : la partie la plus large se situe alors dans le tiers supérieur de l’arbre. De plus, les essences d’accompagnement (frêne, merisier, charme…) sont peu présentes et les essences principales (hêtre et chêne) possèdent des dimensions inférieures à leurs dimensions potentielles. Face à un tel cas, le propriétaire ne peut que constater l’impossibilité d’atteindre les dimensions-cibles à l’âge souhaité, accompagnée d’une chute du potentiel de qualité A+B dans le peuplement, et d’une perte de vigueur des feuillus précieux. Ce qui est alors préconisé est d’abandonner une répartition spatiale homogène des arbres de qualité, tout en abaissant légèrement les dimensions-cibles et en rehaussant l’âge d’exploitabilité. Pour cela, l’auteur préconise de désigner les tiges abritant de la qualité A+B potentielle et de cibler le martelage autour de ces tiges, sans pour autant les détourer. En privilégiant les parties du houppier les plus développées et les plus horizontales possibles, les arbres devraient bien réagir à l’apport de lumière, il s’agit donc plutôt d’une éclaircie en faveur des charpentières développées de chaque arbre désigné. Il est alors important pour la suite de la vie du peuplement de faire un suivi de celui-ci grâce à divers indicateurs, pour éviter de retomber dans les mêmes travers. [B. de P.] Moyses F. [2012]. Marteler au sein d’un peuplement feuillu régulier en retard d’éclaircie. Première partie : dans un peuplement au stade théorique de l’expansion/grossissement. La Forêt Privée 323 : 41-46 (6 p., 6 réf.).
Une expérience menée dans les landes sub-arctiques a mis en évidence l’influence sur la faune du sol des extrêmes climatiques, particulièrement les événements chauds survenant durant l’hiver. En réchauffant artificiellement certaines placettes de sol à l’aide de lampes à infrarouge et de câbles passant dans le sol, l’étude a mis en lumière l’effet des cycles gel-dégel inhabituels sur le changement de composition des communautés animales. Sachant que ces événements extrêmes pourraient être plus fréquents dans le contexte des changements climatiques, les auteurs de l’étude mettent en garde contre ses effets à conséquences potentielles importantes pour les écosystèmes et le fonctionnement des sols. [C.H.] Bokhorst S., Phoenix G.K., Bjerke J.W., Callaghan T.V., Huyer-Brugman F., Berg M.P. [2012]. Extreme winter warming events more negatively impact small rather than large soil fauna : shift in community composition explained by traits not taxa. Global Change Biology 18(3) : 1152-1162 ( 11 p., 3 fig., 4 tab., 82 réf.).
Des chercheurs allemands ont inventorié les espèces d’araignée présentent dans les houppiers de hêtre, en Bavière. L’idée était de découper cet inventaire en trois strates : hautes (20-26 mètres pour des arbres de plus de 150 ans), intermédiaire (13-19 mètres pour des arbres de 50 à 60 ans) et basse (5-6 mètres pour des arbres de 20 à 25 ans) afin de pouvoir estimer la richesse spécifique et la diversité des araignées arboricoles. Les résultats montrent qu’estimer la diversité des araignées arboricoles uniquement dans les basses strates, à la manière de la plupart des inventaires de biodiversité en forêt, amène à sous-estimer la diversité des araignées présentes, et probablement celle des arthropodes en général. Dans l’étude allemande, huit espèces (10 %) n’avaient jamais été observées sur des hêtres européens, et une d’entre elles est carrément une nouvelle espèce. Deux espèces sont sur la liste rouge de Bavière. Au total, 102 espèces ont été inventoriées dans les trois strates, alors que seules 55 l’ont été dans les strates les plus basses. L’étude a également montré que la composition en famille changeait entre les strates haute et basse, notamment à cause du type d’habitat proposé. Les houppiers des vieux arbres sont plus clairsemés et abritent des espèces à toile large pour un plus petit nombre d’individus. À l’inverse, les jeunes arbres ont un feuillage plus dense, mieux adapté aux espèces qui chassent à la course et qui sont ainsi capables de sauter de feuille en feuille. Les résultats suggèrent donc que la strate la plus basse prise seule ne présente pas une image réelle de l’inventaire total de la faune de la canopée des hêtres. Toutefois, puisque la majorité des hêtraies d’Europe Centrale sont composées d’arbres jeunes ou matures, et que les forêts anciennes comportant de très vieux arbres sont rarement préservées, les auteurs recommandent que les jeunes hêtres soient utilisés dans un protocole simple pour une évaluation rapide de la biodiversité mais que les résultats soient acceptés comme partiels. [C.H.] Hsieh Y.-L., Linsenmair K. E. [2011]. Underestimated spider diversity in a temperate beech forest. Biodiversity and Conservation 20 : 2953-2965 (13 p., 1 fig., 4 tab., 63 réf.).

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