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Les chablis du 18 janvier 2007 ont stabilisé un marché euphorique. Et l’évolution de ces cinq dernières années conduit à des capacités de sciage bien plus importantes que les disponibilités en grumes. Le danger est la surexploitation. En prélevant plus que la croissance, on dessine de sombres perspectives : augmentation continue des prix de sciage, fermeture de petites et moyennes scieries, pertes d’emplois, concentration de grosses scieries. Et on installe un climat malsain : perte de certification PEFC pour les propriétaires, manque de bois pour les scieries dans un avenir proche… La gestion durable est elle-même à deux vitesses. D’une part, elle représente un fardeau pour les entreprises avec son lot de mesures et de règlements fastidieux. De l’autre, elle peut être utilisée pour relancer la production et le commerce local. En imposant par exemple la notion de « wood miles », on fait prendre conscience au consommateur de l’énorme et inutile distance parcourue par la porte en chêne fabriquée en Chine au départ d’une grume belge… Une certaine façon d’innover en matière de bilan environnemental, éthique et social. Anonyme [2007]. La Fédération Nationale des Scieries. L’Écho des Bois 99(24) : 2, 8-11 (5 p.).
Les chercheurs du projet européen CARBOAGE et leurs homologues américains du réseau Fluxnet ont montré que la fixation de carbone par les forêts dépend des activités humaines via deux grands mécanismes : l’effet direct de l’exploitation des forêts et l’effet indirect des dépôts d’azote atmosphériques provenant de la pollution automobile et industrielle. Il convient donc de tenir compte de ces effets dans l’établissement des bilans de fixation et de rejet de gaz carbonique par les forêts et leur prédiction. Diverses études ont montré que pour les forêts, le bilan des flux entrants et sortants se traduit généralement par une fixation nette de carbone, ce qui confère aux forêts un statut de « puits de carbone ». Cependant, ce flux varie suivant de nombreux paramètres. On connaît déjà l’influence de la quantité de gaz carbonique atmosphérique, celle de la température et des sécheresses : le flux net positif peut même s’inverser lors d’épisodes de canicule. Fait nouveau, les chercheurs montrent dans ce travail que les activités humaines influent de façon importante sur la fixation nette de carbone. La fixation nette de carbone par les forêts varie avec l’âge des arbres, déterminé par les cycles d’exploitation Les chercheurs du réseau européen ont mesuré les flux de carbone pour plusieurs essences européennes : pin maritime, épicéa, chênes, pin sylvestre pendant des cycles de vie de 20 à 50 ans, correspondant à la fréquence des coupes et des incendies. Au cours du cycle de vie, la fixation nette de carbone décrit une courbe en forme de « S », en partant de valeurs négatives. Après la coupe ou les incendies, la forêt rejette du carbone du fait de la minéralisation des débris organiques laissés au sol, rejet que ne compense pas la fixation de carbone par les jeunes arbres, ce qui donne un bilan négatif. La fixation nette de carbone devient positive au bout d’un laps de temps variable, de 2 à 10 ans pour les essences à croissance rapide comme le pin maritime, plusieurs dizaines d’années pour certaines forêts boréales. Puis, la fixation nette diminue lorsque les arbres vieillissent. En synthétisant les résultats sur un ensemble de quinze écosystèmes différents, les chercheurs ont calculé la valeur moyenne de fixation nette de carbone au cours d’un cycle de vie complet d’une forêt. Ils ont alors montré que cette valeur moyenne était égale à 56 % des valeurs maximales de fixation de la forêt adulte. Ce qui signifie que l’on surestime la fixation de carbone si on la mesure ponctuellement sur une forêt adulte. La fixation nette de carbone par les forêts dépend de l’apport d’azote d’origine humaine La variation de la fixation nette de carbone avec l’âge des arbres est si importante qu’elle masque d’autres causes de variation. En calculant la valeur moyenne de fixation sur 20 ou 50 ans, les chercheurs s’affranchissent de l’influence de l’âge. C’est ainsi qu’ils ont montré l’importance d’un nouveau paramètre, à savoir la quantité d’azote apportée par voie atmosphérique. Ils ont en effet observé une corrélation positive entre la fixation nette de carbone calculée sur un cycle de vie entier et la quantité annuelle moyenne de dépôts azotés atmosphériques calculée sur les différents sites expérimentaux. Ces dépôts proviennent des rejets automobiles, industriels et agricoles. Les chercheurs avancent l’hypothèse que cet apport exogène d’azote pourrait être l’une des causes principales de la fonction de puits de carbone des forêts dans l’hémisphère Nord. Communiqué de presse INRA, 14 juin 2007.
Différents indicateurs, tant au niveau des populations estimées sur pied que des résultats de tirs indiquent clairement une hausse permanente des trois espèces de grand gibier en Région wallonne. Ainsi, au cours des trente dernières années, les populations estimées sur pied pour l’espèce cerf ont doublé (passant de 5000 à près de 10000), celles de l’espèce chevreuil ont également doublé (passant de 20000 à près de 40000) et celles du sanglier ont été multipliée par 2,5 (passant de 8000 à 21000 individus). Les chiffres obtenus par comparaison des résultats de tirs sur une période de trente ans montrent que le prélèvement annuel de l’espèce cerf a été multiplié par 2,6 (passant de 1250 à 3200 animaux prélevés annuellement), celui du chevreuil a doublé (passant de 9000 à 18000 animaux prélevés annuellement) et celui du sanglier à également doublé (passant de 7800 à 14900 animaux prélevés annuellement). Encore plus impressionnant en France… Sur les mêmes trente dernières années, en France, le tir du cerf a été multiplié par 8 (passant de 5000 à 40000 individus prélevés annuellement), celui du chevreuil a décuplé (passant de 50000 à 500000 individus prélevés annuellement) et l’augmentation est identique pour l’espèce sanglier (passant de 48000 à 470000 animaux prélevés annuellement). « Les populations de grand gibier ont donc bien, sans conteste possible, explosé en Région Wallonne comme dans d’autres pays européens, conclut l’auteur. Les causes en sont bien multiples, tant législatives que propres au monde cynégétique, tant économiques que culturelles, tant climatiques que d’offre de nourriture. Le constat de ces hausses de densités a traditionnellement toujours été analysé dans une logique d’équilibre forêt/gibier et même, plus singulièrement, d’équilibre entre le gibier et la forêt de production. La pression de la faune gibier sur un milieu peut avoir des incidences majeures en termes de biodiversité. Il est trop aisé de penser que la seule réduction des densités de grand gibier suffira à nous garantir une forêt durable et diversifiée. Ce sera un des outils indispensables mais pas le seul. (…) il sera difficile de faire l’économie d’une réflexion sur la finalité même de la chasse, sur la pertinence de tableaux de chasse chaque année revus à la hausse, sur la continuelle inflation des loyers, sur ces plans de tir qu’on peine, dans tous les sens du terme, à terminer en fin de saison. » Jadoul G. [2007]. Quelles densités pour quelle forêt ? Chasse et Nature 99(4) : 21-24 (4 p., 9 fig.).
L’article traite du concept européen traditionnel de gestion forestière multifonctionnelle qui englobe des considérations économiques, écologiques, récréatives et de conservation. Dernièrement, sous les pressions de la crise économique, une volonté de restructuration de la foresterie apparaît au niveau européen. Le concept de multifonctionnalité forestière est remis en cause. Une enquête auprès d’experts européens montre qu’une classification fonctionnelle de la gestion forestière est appliquée dans la plupart des pays. L’enquête révèle aussi que l’utilisation récréative de la forêt a gagné en importance. Deux cas d’étude l’un en Europe, l’autre en Afrique, montrent la contribution de la multifonctionnalité forestière au développement durable. L’article défend ce concept et met en garde scientifiques et gestionnaires forestiers sur l’importance de ne pas le sacrifier au profit de bénéfices économiques à court terme. Pröbstl U. [2007]. Forests in balance ? Forest under the spill of economic, ecological and recreational requirements. Considerations about the European model. Allgemeine Forst- und Jagdzeitung 178(4) : 68-73 (6 p., 5 fig., 31 réf.).
En France, l’été 2003 a connu un déficit pluviométrique aggravé par une canicule intense et prolongée. L’article présente un résumé des principales observations réalisées depuis cet été 2003 par le Département de la Santé des Forêts (DSF, France). Le DSF s’est doté, en plus de ses réseaux conventionnels de collecte d’informations (réseau européen de suivi de dégâts forestiers), de moyens spécifiques pour diagnostiquer et suivre les dégâts liés à l’été 2003 : une enquête nationale réalisée à l’automne 2003 pour dresser un premier bilan cartographique des symptômes anormaux pour les principales essences ; des observations supplémentaires sur les arbres de 250 placettes de ses réseaux conventionnels pour quantifier l’état du feuillage ; un réseau complémentaire semi-permanent de 377 placettes mis en place en automne 2003. À la fin de l’automne 2003, les observations ont montré que : • l’incidence de la canicule était plus forte sur feuillus que sur résineux ; • les feuillus les plus touchés par des jaunissements ou brunissements prématurés étaient le charme, le châtaignier, le hêtre, le bouleau et le chêne pubescent ; • les résineux les plus affectés par des chutes d’aiguilles étaient l’épicéa, le sapin et le douglas. Entre 2003 et 2004, on a pu noter des évolutions contrastées pour les feuillus et les résineux. Pour les feuillus, les arbres très défeuillés à l’automne 2003 n’ont en général pas présenté de déficit foliaire aussi marqué en 2004, ce qui traduit que les symptômes de 2003 relevaient d’un processus d’évitement pour préserver au mieux les organes pérennes. À l’inverse, les résineux fortement détériorés en 2003 présentent toujours, un an après, un fort taux de déficit foliaire, ce qui confirme leurs plus faibles potentialités de récupération. La hausse des mortalités en 2004 a donc surtout concerné les résineux. Cette observation est cohérente avec les différences connues de contrainte hydrique sous feuillus et résineux : la durée de la période de contrainte hydrique 2003 a été significativement plus longue sous les résineux, qui interceptent l’eau toute l’année, donc plus dommageable aux arbres. Trois essences accusent un taux de mortalité particulièrement élevé en 2004 : l’épicéa, le sapin de Vancouver et le bouleau. À mesure que l’on s’éloigne de l’été 2003, il devient plus difficile d’établir une relation certaine entre les évolutions notées et leurs causes. Si l’on veut connaître la véritable étendue des dégâts de l’été 2003 sur la forêt française, il convient de suivre les observations sur les différents réseaux ces prochaines années. Belrose V., Pauly H., Nageleisen L.-M., Bréda N. [2007]. Conséquences visibles de l’été 2003 sur les forêts : des réactions immédiates contrastées, des incertitudes sur les conséquences à long terme. Rendez-Vous techniques 11 : 24-27 (4 p., 2 fig., 8 réf.).
Les mécanismes de base par lesquels les forêts influencent le climat sont désormais bien connus : le bilan positif de la fixation de CO2 par la photosynthèse, la captation du rayonnement solaire transformé en partie en chaleur ou le rafraîchissement de l’atmosphère par l’évapotranspiration, pour ne citer que ces exemples. Mais des outils plus performants sont nécessaires pour quantifier cet impact des forêts sur le climat global et prédire des effets possibles d’un changement climatique potentiel. Un de ces outils est le DGVM (Dynamic Global Vegetation Model). C’est un modèle qui recourt au concept de Types Fonctionnels des Plantes (TFP) pour mettre en relation forêts et climat. Chaque TFP représente une classe de végétation et est défini par des limites écoclimatiques très générales. Là où plusieurs TFP se superposent, le DVGM les met en compétition pour la lumière, l’eau et les matières nutritives. Avec ce genre d’outil, il est dès lors possible d’élaborer des scénarios sur l’effet des futurs changements climatiques sur les forêts. L’auteur de l’article a utilisé un DVGM pour simuler la répartition actuelle de la végétation de l’Arctique et celle résultant d’un réchauffement global de 2 °C. L’Arctique étant une des régions du monde qui vit les changements climatiques les plus rapides, il est en effet intéressant de connaître les effets qu’aura le réchauffement sur sa végétation. Le DVGM prédit une extension de la surface forestière de l’Arctique de 55 %, mais une réduction de 42 % de la surface de la toundra arctique. La limite potentielle septentrionale des arbres se déplace à 400 km au nord de la limite actuelle. Cette extension forestière aurait des effets positifs et négatifs. Elle donnerait d’une part la possibilité de piéger quelques 6 milliards supplémentaires de tonnes de carbone, mais augmenterait également l’absorption du rayonnement solaire, provoquant une libération de carbone consécutive au dégel. Ces changements de la végétation arctique entraîneraient certainement des conséquences pour la biodiversité, avec des effets sur les populations animales et les activités humaines. Kaplan J.O. [2007]. Le rôle tampon des forêts : les modélisations de végétation ont apporté des révélations. La Forêt 60(4) : 22-23 (2 p., 2 fig., 1 réf.).
L’objectif du Réseau de Surveillance Sanitaire de la Faune Sauvage mis en œuvre par la faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Liège est d’améliorer la gestion de notre faune sauvage en proposant des solutions adaptées aux problèmes de santé rencontrés sur le terrain. Le contrôle des agents pathogènes qui circulent en faune sauvage est stratégique en termes de santé des animaux domestiques et sauvages. Le projet permet d’analyser les causes de la mortalité du gibier et constitue un réseau d’alerte attentif aux maladies infectieuses et parasitaires des animaux sauvages. L’équipe réalise deux types d’analyses : la surveillance active sur le gibier tiré en période de chasse et la surveillance passive sur le gibier trouvé mort. Depuis 2001, plus de 5 800 animaux ont été analysés (toutes espèces confondues). Outre les maladies fréquentes suivies depuis plusieurs années, l’équipe assure aussi des surveillances ciblées en fonction de l’actualité. En 2006, quatre maladies ont fait l’objet d’une attention particulière. La bluetongue ou fièvre catarrhale ou maladie de la langue bleue, est une maladie virale qui affecte les ruminants domestiques et sauvages. Le virus est transmis via la piqûre de petits insectes hématophages. Cette maladie n’affecte pas l’homme et ne présente aucune incidence sur la sécurité des denrées alimentaires. Le problème majeur est d’ordre économique. En Belgique, entre le mois d’août 2006 et le mois de janvier 2007, 700 foyers ont été confirmés. Mais l’étude menée sur les cerfs, chevreuils et mouflons montre qu’il n’y a pas d’indication d’une infection massive chez les ruminants sauvages à l’heure actuelle en Belgique. La grippe aviaire. En Europe, le monitoring des oiseaux sauvages est toujours imposé et le réseau y participe depuis 2005 avec le CERVA (contrôle des canards prélevés à la chasse). Pour la Région wallonne, aucun échantillon n’était positif pour des HPAI ou LPAI (High and Low Avian Influenza). Le monitoring sera maintenu en 2007. La maladie d’Aujeszky. Maladie virale causée par un herpèsvirus, les porcs ainsi que les sangliers sont les hôtes naturels de ce virus qui n’est pas transmissible à l’homme. Certains hôtes accidentels, tels le chien, peuvent être infectés. Chez ces hôtes accidentels, le virus provoque une encéphalite rapidement mortelle. Il existe un vaccin inactivé pouvant être administré par un vétérinaire. La tuberculose, maladie sous haute surveillance. L’apparition de la tuberculose en faune sauvage (Mycobacterium bovis) est un réel problème. De nombreuses espèces animales sont susceptibles d’être infectées. Certaines d’entre elles (cervidés, sangliers, blaireaux…) peuvent, en outre, représenter un risque important de contamination pour les animaux domestiques et pour l’homme. Linden A. [2007]. Surveillance sanitaire de la faune sauvage. Chasse et Nature 99(4) : 31-33 (3 p., 3 fig.).
Alors que le prix moyen d’un hectare de forêt est de 4 920 euros en 2006, 10 % des forêts se vendent moins de 700 euros l’hectare et 10 % plus de 7 710 euros l’hectare, précise l’Indicateur du marché forestier français, réalisé par la Société Forestière de la Caisse des Dépôts avec la collaboration de Terres d’Europe - Scafr et la Fédération Nationale des Safer. Ces écarts de prix allant de 1 à 11 sont importants et s’expliquent par plusieurs facteurs : • les arbres plantés (essences, âges et qualités) ; • les emplacements (les prix des forêts d’Île-de-France ont ainsi augmenté de 9,1 % sur un an, ceux des forêts du Nord-Est de 8,3 % tandis que les forêts d’Aquitaine ne prenaient que 1,6 %) ; • la desserte de la forêt et sa facilité d’entretien et d’exploitation ; • la valeur du gibier (revenus tirés des locations de chasse) ; • la valorisation résidentielle de la forêt (forêt de loisirs, pourtour méditerranéen très prisé). Les prix des grandes forêts (plus de 100 hectares) ont connu une hausse moyenne de 6 % en 2006. Une fiscalité favorable En hausse régulière depuis une dizaine d’années, le prix moyen des forêts a cependant connu, dans un passé plus lointain, des mouvements très heurtés : forte hausse dans les années ‘70 et jusqu’au début des années ‘80, puis une période de baisse entrecoupée de quelques années favorables (1986 à 1989). La fiscalité est également un moteur de ce dynamisme des prix. Différents régimes fiscaux existent suivant le moyen utilisé pour acquérir la forêt, mais en règle générale la forêt permet une défiscalisation à plusieurs niveaux. Le Court B. [2007]. L’hectare de forêt se vend près de 5 000 euros. Les Échos, 15 mai 2007.
La difficulté de traduire les valeurs environnementales et sociales des forêts urbaines et péri-urbaines en termes économiques pénalise ce type de forêt dans les tables de discussion sur le développement urbain et l’aménagement du territoire. L’article prend l’exemple de trois procédés d’estimation différents visant à pallier ce problème : • la méthode des prix hédonistes : analyse économique de l’influence des reboisements périurbains sur les prix des maisons au Danemark ; • la cartographie des valeurs sociales à Helsinki ; • la combinaison de plusieurs outils d’estimation des coûts et bénéfices pour préserver une des dernières forêts naturelles dans les environs de Kuala Lumpur. Konijnendijk C.C., Thorsen B.J., Tyrväinen L., Anthon S., Nik A.R., Haro, N., Ghani A.N.Abd [2007]. Decision support for land-use planning through valuation of urban forest benefits. Allgemeine Forst- und Jagdzeitung 178(4) : 74-84 (11 p., 4 fig., 2 tab., 47 réf.).
Le Gouvernement wallon, à l’initiative de Benoît Lutgen, Ministre de la Ruralité et de l’Environnement, a approuvé le 16 mai dernier une vingtaine de projets d’arrêté portant création, extension ou modification de Réserves Naturelles. Dix concernent des Réserves Naturelles Domaniales : elles sont situées à Chiny, Tintigny et Paliseul (extension), et Binche, Ciney, Dinant, Hamoir, Houyet, Viroinval et Vresse-sur-Semois (création). Onze concernent des Réserves Naturelles Agréées : elles se situent dans la Vallée de la Haute-Sûre et à Marche-en-Famenne (extension), et à Bassenge, Braine-le-Comte, La Hulpe, Péruwelz, Philippeville et Plombières (création). Au total, c’est donc une nouvelle surface de 224 hectares qui pourra bénéficier d’un statut de protection au sens de la conservation de la nature. Sous l’actuelle législature, la superficie des réserves naturelles s’est étendue de 620 hectares. L’ambition de la Région wallonne est d’atteindre les objectifs fixés dans diverses recommandations en matière de création de réserves, dont celles de l’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature (IUCN) et du Conseil de l’Europe. C’est pour cette raison que Benoît Lutgen entend accélérer les procédures liées à la reconnaissance des réserves naturelles. Ces dernières constituent en effet d’importants réservoirs de biodiversité, tant dans les territoires ruraux que dans certaines régions ayant connu un passé industriel, comme par exemple certains terrils. Aujourd’hui, cent quarante sites sont reconnus comme Réserves Naturelles Domaniales Dirigées (RND). Ils représentent plus de 6 938 hectares. Ces terrains sont pour la plupart propriété de la Région wallonne. Les autres terrains sont généralement mis à la disposition de la Région wallonne par d’autres pouvoirs publics, comme les communes, et plus rarement par des particuliers, grâce à des conventions ou des baux emphytéotiques. Les Réserves Naturelles Agréées (RNA) sont au nombre de cent cinquante-deux et couvrent quelques 2 039 hectares. Plus de 80 % des terrains concer-nés appartiennent à des associations qui en sont les gestionnaires. Aux RND et RNA, il convient d’ajouter les Réserves Forestières (RF) et les Zones Humides d’Intérêt Biologique (ZHIB). Elles couvrent respectivement 548 et 1 065 hectares. Soit un total de 1 613 hectares supplémentaires sous statut de protection « public ». Quant aux Cavités Souterraines d’Intérêt Scientifique (CSIS), elles sont au nombre de soixante-trois. Une majorité de RND, de RNA et d’autres aires protégées font partie des sites Natura 2000 qui, pour leur part, totalisent 220 944 hectares, soit près de 13 % du territoire wallon. Communiqué de presse du cabinet du Ministre Benoît Lutgen, 18 mai 2007.
Au début de l’année 2006, la revue « Nature » publiait un article montrant que les plantes étaient des productrices de méthane, gaz à puissant effet de serre (bien supérieur à celui du gaz carbonique). Des chercheurs avaient montré que ces émissions de méthane étaient non seulement liées au fonctionnement propre de la plante mais, de plus, qu’elles augmentaient avec la température et l’ensoleillement. La communauté scientifique et politique s’était majoritairement émue des conclusions avancées, pour plusieurs raisons. Le première était que les auteurs de l’article n’avançaient pas d’explication du phénomène, ils ne faisaient pour l’instant qu’une constatation d’expérimentations menées en atmosphère contrôlée. La deuxième était que ces chercheurs ont voulu extrapoler sommairement leurs résultats à la terre entière pour en mesurer la portée, et c’est là que le bât blessa. La communauté scientifique estima qu’un pas de trop était franchi dans ce qu’ils pouvaient faire et, de plus, leurs estimations globales lui sembla surestimée. La polémique s’enflamma lorsque les propos atterrirent sur le terrain politique pour remettre en question le rôle de puits de carbone assigné aux forêts dans le cadre du protocole de Kyoto. Or, même en prenant, sans les remettre en cause, ces chiffres, qui semblent surestimés, l’émission de méthane par les plantes en croissance ne viendrait réduire le bénéfice de la fixation de gaz carbo-nique que de moins de 5 %. Cette découverte intéresse donc au plus haut point les spécialistes du bilan global de méthane mais ne remet pas en cause le fonctionnement de puits de carbone des forêts. Peyron J.-L. [2007]. Forêts émettrices de méthane ? L’avis des experts. Forêt-entreprise 173 : 9-10 (2 p., 2 réf.).
La Fédération royale espagnole de chasse (FREC) et sa Fondation pour l’étude et la défense de la nature et de la chasse (FEDENCA) financent depuis plusieurs années des recherches sur la mise au point d’un vaccin contre la myxomatose et la VHD. Sans grands résultats jusqu’à présent, les recherches ont pourtant été relancées face au souci de sauvegarde d’espèces patrimoniales d’intérêt européen (Lynx ibérique, Aigles impérial, royal et de Bonelli) qui, toutes quatre, ont besoin du lapin en masse dans leur bol alimentaire. Son absence mettait en péril leur propre existence. Un enjeu majeur de la recherche était de trouver un vaccin transmissible entre individus. Il semble que ce soit le cas pour celui qui s’apprête à être autorisé très prochainement partout en Europe. Ce vaccin appelé 6918VP60 est un recombinant, c’est-à-dire un OGM. Une souche virale de myxomatose découverte sur le terrain en Espagne (souche 6918) a été rendue non pathogène et a reçu une protéine protégeant contre la VHD (VP60). De plus un marqueur a été intégré au recombinant afin de mieux le suivre et l’identifier tant en laboratoire qu’en nature. Quatre voies de vaccination ont été testées : • la vaccination par injection assure 83 % de survie à la myxomatose et 100 % à la VHD ; • la vaccination par contact assure 67 % de survie à la myxomatose et 50 % à la VHD, alors que pour le deuxième passage, seul 17 % des lapins résistent à la VHD et aucun à la myxomatose ; • la vaccination par l’intermédiaire de puces (X. cunicularis) donne comme résultat que 50 % des lapins vaccinés par cette voie survivent tant à la myxomatose qu’à la VHD. Par contre, seuls 17 % des lapins vaccinés au deuxième passage par les puces survivent à la myxomatose et aucun ne résiste à la VHD ; • la vaccination par voie orale engendre 100 % de survie à la myxomatose et à la VHD, pour les deux passages. La nouveauté de ce vaccin recombinant est donc de pouvoir « passer » de lapin à lapin. Cette particularité accroît l’efficacité en nature ou lors de repeuplements. Néanmoins, son efficacité étant limitée au mieux à 6 mois pour la myxomatose et à un an pour la VHD, les rappels de vaccinations sont indispensables. Ils se feront via des individus d’élevage vaccinés lâchés en début de saison de chasse. Faye A. [2007]. Un formidable espoir pour le lapin. Chasse et Nature 99(1) : 39-41 (3 p., 7 fig.).

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