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forêt-MAIL n° 98 (mai 2013)

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Le mélange d’essences pour augmenter la rentabilité
et la stabilité des peuplements d’épicéa [1198]

À l’heure actuelle, les peuplements d’épicéa sont généralement monospécifiques. Une des raisons qui pousse à ce genre de sylviculture exclusive vient du fait qu’il est souvent admis que la rentabilité y est plus élevée.

Cependant, au cours des dernières décennies, la sylviculture de l’épicéa a été quelque peu remise en question. Notamment, en raison de son manque de capacité d’adaptation lors d’événements climatiques extrêmes. Dans ce contexte, le mélange d’essences semble être une solution de choix afin de maintenir une productivité élevée tout en augmentant la résilience des peuplements. Malheureusement, les études économiques concernant le mélange d’essences n’en sont qu’à leurs débuts et les effets écologiques sont encore rarement pris en compte.

Des études récentes ont pourtant montré le bien-fondé du mélange sur la productivité des peuplements d’épicéa. Ainsi, accompagné de hêtre, les épicéas peuvent augmenter leur production en volume de 15 % selon les conditions stationnelles. Leur survie est également améliorée grâce à une résistance accrue aux chablis et aux attaques de pathogènes.

Dans ce contexte, des chercheurs allemands ont comparé la rentabilité de six types de peuplements différents :

  • peuplement pur d’épicéa ;
  • peuplement pur de hêtre ;
  • peuplement mélangé avec 93 % de tiges d’épicéa et 7 % de hêtre répartis en petits groupes ;
  • peuplement mélangé avec 49 % de tiges d’épicéa et 51 % de hêtre répartis en petits groupes ;
  • peuplement mélangé avec 93 % de tiges d’épicéa et 7 % de hêtre répartis en groupes importants ;
  • peuplement mélangé avec 49 % de tiges d’épicéa et 51 % de hêtre répartis en groupes importants.

Il en ressort que les peuplements comportant 7 % de tiges de hêtre ont une valeur actuelle nette supérieure de 8 % aux peuplements purs d’épicéa, alors que le risque (représenté par la déviation standard de la valeur actuelle nette), est inférieur de 18 %. Les peuplements avec 51 % de hêtre voient leur valeur actuelle nette diminuer de 23 % par rapport à un peuplement pur d’épicéa, mais leur risque est réduit de 55 %. Dans la plupart des cas, le mélange d’essences par petits groupes offre une meilleure rentabilité et un risque amoindri.

L’hypothèse provenant d’études plus traditionnelles, ne prenant pas ou peu en compte les aspects écologiques, est ainsi remise en question. Plus particulièrement, cette étude montre que l’introduction d’une faible proportion de hêtre au sein des peuplements d’épicéa procure des bénéfices substantiels en termes économique et écologique. [S.P.]

Griess V. C., Knoke T. [2013]. Bioeconomic modelling of mixed Norway spruce-European beech stands : economic consequences of considering ecological effects. European Journal of Forest Research 132 : 511-522 (12 p., 5 fig., 4 tab., 59 réf.).

La végétation accompagnatrice favorise
la croissance des jeunes chênes [1199]

La présence d’une plante peut faciliter directement ou indirectement le développement d’autres espèces végétales. Par exemple, de manière directe, la présence d’une espèce végétale peut amener une augmentation de la disponibilité de ressources ou modifier favorablement le microclimat. De manière indirecte, la présence de deux espèces de plante, luttant pour s’approprier une ressource limitée peut favoriser le développement d’une troisième.

Partant de ce constat, des chercheurs suédois se sont demandé si la présence de végétation accompagnatrice ligneuse pouvait faciliter le développement des plants de chêne pédonculé en éliminant la compétition herbacée. Ils ont maintenu leur expérience pendant trois années afin de mesurer l’évolution des effets de compétition et éventuellement de facilitation de la croissance des chênes. Pour ce faire, quatre modalités de compétition différentes ont été mises en place :

  • pas de végétation concurrente ;
  • compétition herbacée ;
  • compétition de végétation ligneuse ;
  • compétition de végétation ligneuse et herbacée.

Après trois années de suivi, l’expérience montre que la végétation concurrente aussi bien herbacée que ligneuse réduit le diamètre des plants de chêne ainsi que leur biomasse par rapport à une situation sans aucune concurrence. Cependant, la présence de l’une ou l’autre de ces végétations provoque une différenciation de l’allocation de biomasse. En effet, les plants soumis à la compétition ligneuse allouent plus d’énergie à la croissance en hauteur de leur tige. En revanche, ceux subissant la compétition herbacée investissent plutôt dans le développement de leur système racinaire.

La présence des deux types de végétation concurrente réduit le développement aérien des herbacées, ce qui permet un meilleur développement des chênes durant les deux premières années. Ensuite, au cours de la troisième année, la compétition de la végétation ligneuse a un impact négatif sur la croissance des plants. L’absence totale de concurrence permet le meilleur développement des chênes. Cependant, il n’est pas envisageable de pratiquer des dégagements complets en forêt. En raison de la relativement courte période durant laquelle les effets de la végétation ligneuse sont positifs, les auteurs recommandent de mener des investigations plus poussées avant d’appliquer les résultats de cette étude sur le terrain. [S.P.]

Jensen A.M., Löf M., Witzell J. [2012]. Effects of competition and indirect facilitation by shrubs on Quercus robur saplings. Plant Ecology 213 : 535-543 (9 p., 3 fig., 1 tab., 40 réf.).

Exploitation de gros bois au-dessus d’îlots de régénération [1200]

Le cantonnement de Bullange a participé à l’élaboration d’un petit film, d’une durée de 3’15’’, montrant les méthodes à suivre pour exploiter les gros bois en présence de régénération. L’exploitation a lieu dans un peuplement d’épicéa de 81 ans, avec un volume moyen de 2,1 m3 de bois fort par arbre abattu. Ce support vidéo est un moyen efficace de mettre des images concrètes sur des recommandations théoriques.

On y voit en premier lieu le gestionnaire délimiter à la peinture les layons de débardage, d’une largeur de 5 mètres et distants de 40 mètres. En utilisant ces seuls accès, l’abatteuse et la débardeuse concentrent les tassements sur ces layons et préservent ainsi le reste du peuplement.

Les arbres à couper, de plus de 30 mètres de hauteur, sont abattus manuellement en direction des layons, ce qui aura pour effet de faciliter la sortie des bois, tout en préservant les îlots de régénération naturelle d’une largeur d’environ 7 mètres.

L’ébranchage se fait ensuite sur les layons, à l’aide d’une abatteuse, et les rémanents disposés au sol permettrons de limiter les tassements et les créations d’ornières dans les cloisonnements. Il est fortement conseillé d’utiliser des machines munies de tracks, chenilles montées sur pneus, pour diminuer les risques de tassement.

La vidange des grumes, du bord des layons jusqu’à l’air de dépôt, est réalisée par la débardeuse. Il est utile de commencer la vidange tant que l’abatteuse est encore sur place, afin de permettre une coopération ou une entraide si besoin. Cela a surtout l’avantage de faciliter la manipulation des gros bois et donc de préserver la régénération.

Au final, cette vidéo est l’exemple d’une exploitation délicate, mais possible, et surtout respectueuse des sols et de la régénération. [A.D.]

Voir la vidéo

Conséquence du prélèvement des rémanents d’exploitation
sur l’accroissement des peuplements de pin et d’épicéa [1201]

L’intérêt des bioénergies ne cesse d’augmenter ces dernières années, du fait de leur caractère renouvelable. En Norvège, le gouvernement souhaite doubler l’utilisation des bioénergies d’ici 2020, la plupart de cette augmentation provenant de la biomasse forestière.

Une étude a été réalisée en Norvège, depuis 1972, afin de quantifier les effets de l’exploitation des arbres en entier, où l’arbre est sorti sans être ébranché ou façonné, sur la productivité de la station et l’accroissement des arbres restants.

L’étude s’est portée sur huit sites où les peuplements étaient jeunes et n’avaient jamais été éclaircis. Quatre étaient composés de peuplements purs de pin sylvestre en station pauvre (4,5 à 7,5 m3/ha/an) et quatre autres en peuplements purs d’épicéa commun sur station plus riche (9 à 13 m3/ha/an). Dans chacun de ces sites, les deux modalités d’éclaircies ont eu lieu (exploitation des arbres en entier et exploitation avec ébranchage et façonnage sur la coupe). Les peuplements comparés avaient le même stade, les mêmes caractéristiques dendrométriques et subissaient les mêmes intensités d’éclaircie.

Après 20 ans de suivi pour les pins et 25 ans pour les épicéas, les résultats sont plus significatifs pour ces dernier. En effet, pour le pin la croissance en volume a diminué seulement de moins de 5 % pour les peuplements ayant subi l’exploitation des arbres en entier par rapport à ceux ayant subi des éclaircies traditionnelles. En revanche, les résultats pour l’épicéa sont plus démonstratifs. La croissance en volume a diminué de 15 % pour les peuplements dont les rémanents n’étaient pas laissés sur le parterre de la coupe par rapport aux peuplements éclaircis traditionnellement. [A.D.]

Tveite B., Hanssen K.H. [2013]. Whole-tree thinnings in stands of Scots pine (Pinus sylvestris) and Norway spruce (Picea abies) : Short and long term growth results. Forest Ecology and Management 298 : 52-61 (10 p., 8 tab., 50 réf.).

La sécheresse réduit la biomasse et la conductivité hydraulique
des aiguilles et des racines d’épicéa [1202]

La vulnérabilité des arbres à la sécheresse est un risque majeur dans le contexte des changements climatiques. Pour mieux la comprendre, des chercheurs norvégiens et tchèques ont soumis de jeunes épicéas de 5 ans à onze semaines de sécheresse en laboratoire.

Leurs observations ont notamment porté sur la structure des trachéides et la croissance racinaire et aérienne.

Au niveau du houppier, les aiguilles présentent une biomasse moindre et les rameaux ont moins de trachéides que les plants non asséchés.

Mais c’est au niveau des racines que l’effet se fait le plus sentir. Les tissus racinaires sont plus touchés que les aériens. Pour les racines fines (moins de 2 mm de diamètre) la sécheresse réduit la biomasse, le diamètre, la longueur et la surface des racines en contact avec le sol. Le diamètre des trachéides et la conductivité hydraulique sont aussi diminués, quelle que soit la taille des racines. [C.H.]

Eldhuset T.D., Nagy N.E., Volařík D.,Børja I., Gebauer R., Yakovlev I.A., Krokene p. [2013]. Drought affects tracheid structure, dehydrin expression, and above- and belowground growth in 5-year-old Norway spruce. Plant and Soil 366 : 305-320 (16 p., 4 fig., 4 tab., 64 réf.).

Les infestations de scolytes dans les lisières forestières récentes [1203]

Le scolyte de l’épicéa (Ips typographus) est considéré comme un des ravageurs les plus néfastes de l’épicéa commun. La dispersion et le comportement des scolytes sont des processus complexes et peu compris et donnent lieu à des formes d’infestations bien spécifiques.

Une étude réalisée en Allemagne s’est donnée comme objectif de quantifier l’attrait de différents types de lisières forestières en analysant leur probabilité d’infestation. Plus précisément, l’analyse porte sur la probabilité que les arbres de lisière soient infestés en comparaison avec les arbres à l’intérieur du peuplement mais situés à la même distance d’une source de scolytes.

Des images aériennes couplées à des informations dendrométriques, biologiques (concernant les infestations de scolytes), des coupes sanitaires et des lisières forestières ont été utilisées dans l’analyse. Des méthodes de SIG et d’analyse d’images ont été combinées pour investiguer les probabilités d’infestations dans trois types de lisières, en comparaison avec des arbres situés à l’intérieur du peuplement.

Une nette prédisposition à l’infestation a été démontrée en ce qui concerne les arbres de lisière situés dans les zones ayant fait l’objet de coupes sanitaires, en particulier dans le secteur face au sud. Les lisières proches de zones infestées n’ayant pas fait l’objet d’une coupe sanitaire se sont révélées moins vulnérables aux attaques, tout en restant plus sensibles que les arbres situés à l’intérieur du peuplement.

L’étude définit certaines conditions microclimatiques (appelés « sun-effect ») comme facteurs décisifs facilitant l’infestation dans les lisières récentes de pessières. Ces résultats pourront contribuer à la prise de décision en matière de gestion forestière. [C.S.]

Kautz M., Schopf R., Ohser J. [2013]. The « sun-effect » : microclimatic alterations predispose forest edges to bark beetle infestations. European Journal of Forest Research 132 : 453-465 (13 p., 6 fig., 1 tab., 71 réf.).

Les plantes ont une conscience… de leur forme [1204]

Contrairement à ce qui est encore souvent admis, les plantes sont conscientes de la forme qu’elles prennent. À ce titre, elles doivent orienter leur développement en fonction des contraintes qu’elles subissent. Notamment, la gravité et le vent, deux contraintes primordiales à considérer étant donné leur orientation perpendiculaire et très variable en ce qui concerne la deuxième. Dans ce contexte, des chercheurs de l’INRA (en France) ont montré que la forme des plantes ne résulte pas de la seule perception de la gravité, mais aussi de leur propre forme.

Ainsi, les plantes corrigent non seulement leur inclinaison par rapport à la gravité, mais aussi la courbure de leur tige et tentent toujours de la rectifier. Il s’agit d’un phénomène de proprioception, identique à ce qui est observé chez les animaux et qui leur permet d’être conscients de leur forme et de leur mouvement.

Cette découverte, établie sur des organes allant du germe de blé au tronc de peuplier, change l’idée que nous avions de la sensibilité des plantes. Qui plus est, elle promet de grandes améliorations génétiques en matière de verse des cultures et de production de troncs rectilignes. [S.P.]

Communiqué de presse INRA, 5 décembre 2012 (mis à jour le 13 février 2013).

Équilibre forêt-gibier : outils techniques et légaux [1205]

L’équilibre sylvo-cynégétique consiste à rendre compatible, d’une part, la présence durable d’une faune sauvage telle que le gibier et, d’autre part, la pérennité et la rentabilité économique des activités sylvicoles, notamment la régénération des peuplements forestiers.

Pour estimer si cet équilibre est atteint, une évaluation des effectifs du gibier est bien sûr à effectuer. Mais l’unique estimation de la densité d’animaux ne renseigne par sur l’adéquation des populations avec la capacité d’accueil des milieux. En effet, pour une quantité donnée d’animaux, la pression peut être plus ou moins forte, en fonction de l’état du massif. L’évolution des populations de gibier doit ainsi être évaluée dans sa globalité, par le suivi de bio-indicateurs : bio-métriques (poids des jeunes animaux, reproduction), variation des effectifs (indice kilométrique, écoute de brames) et impact sur la végétation, qui dépend de son accessibilité pour le gibier.

Il est possible, pour une même densité de gibier, d’accroître la capacité d’accueil du milieu forestier et de permettre ainsi, pour une même population, de causer moins de dégâts aux peuplements. Cet équilibre passe par des mesures sylvicoles améliorantes vis-à-vis de l’accueil de la faune sauvage, telles que :

  • la création de cloisonnements sylvicoles : créant de nouvelles lisières, les cloisonnements augmentent l’offre alimentaire facilement accessible, ne poussant pas les ongulés à chercher les plants forestiers appétents ;
  • éclaircir dynamiquement : en apportant de la lumière, les éclaircies entraînent l’installation d’une flore variée et diverse, renforçant l’offre alimentaire ;
  • favoriser la présence de trouées : en ne replantant pas systématiquement les trouées naturelles (chablis, dépérissements…), le forestier favorise la création de puits de nourriture et de zones refuges ;
  • maintenir du taillis : les jeunes taillis constituent des zones d’alimentation et de refuge ;
  • entretenir les bords de route : la fauche ou le gyrobroyage des bas cotés de voirie permettent d’améliorer sensiblement le milieu pour la faune ;
  • maintenir des prairies en forêt : les prairies permettent de favoriser ou de conserver des herbages naturels en forêt ;
  • répartir dans l’espace les parcelles en régénération : les parcelles isolées en renouvellement constituent des points attractifs pour le gibier, surtout lorsque les secteurs contigus sont peu favorables (peuplement à forte surface terrière avec absence de végétation au sol ou dans le sous-étage) ;
  • maintenir des arbres abîmés : un même arbre pouvant être écorcé à plusieurs reprises, le maintien d’un certain nombre d’arbres abîmés par le cerf peut aider à limiter l’expansion des tâches de dégâts.

D’un autre côté, une fois l’équilibre atteint, le recours à l’engrillagement doit rester exceptionnel. Les protections individuelles peuvent être utilisées parfois pour protéger des essences très sensibles introduites en amélioration de la régénération naturelle existante.

Ces préconisations sont bien sûr à compléter par des plans de chasse adaptés qui peuvent être soutenus par les communes (lorsque celles-ci sont les bailleurs). Plusieurs outils légaux sont à leur disposition à cette fin. La commune peut par exemple décider de louer la chasse à l’amiable ou de procéder à une adjudication. Dans les deux cas, un contrat de location complet doit définir les droits et devoirs des parties prenantes et garantir les aspects techniques et financiers.

En France, une commune peut réaliser la demande du plan de chasse si cela est prévu dans son cahier des charges. Dans ce cas, la commune reçoit le plan de chasse et le notifie au locataire qui est tenu de le respecter. Dans le cas de dépôt par le locataire, il est vivement recommandé de prévoir dans les clauses que le bailleur puisse donner son avis sur la demande de plan de chasse. [A.D.]

Warzée p. [2013]. Équilibre forêt-gibier, regards croisés en forêt transfrontalière. Les infos de RND, 1er trimestre 2013 : 12-19 (8 p.).

Monitoring des coléoptères : un effort d’échantillonnage
plus poussé est nécessaire [1206]

L’observation des coléoptères saproxyliques est couramment utilisée pour évaluer la pertinence des mesures de conservation en forêt. Les forestiers et les écologues utilisent traditionnellement des pièges à fenêtres qui interceptent l’insecte en vol. Les auteurs de cette étude ont voulu estimer la différence pouvant apparaître dans la richesse spécifique et la composition en espèce des groupes lorsqu’on augmente l’effort d’échantillonnage.

Ils ont montré qu’en ajoutant des pièges et en allongeant la durée de l’étude, le nombre d’espèces de coléoptères récolté augmentait significativement, que ce soit au niveau de la placette ou de la forêt. Au niveau de la placette, le fait d’ajouter un piège supplémentaire et une année d’étude en plus permet de détecter en moyenne 50 % d’espèces en plus. Pour les espèces rares l’effet est encore plus fort, avec 75 % d’espèces en plus. Au niveau plus global de la forêt, l’effet est moindre, mais reste conséquent, 25 et 31 % respectivement si l’on augmente le nombre de pièges ou d’années.

Cette mise en lumière des différences montre qu’une légère variation dans l’effort d’échantillonnage (ajouter un piège ou une année) affecte profondément les données récoltées et donc l’estimation de la richesse spécifique et la composition en espèce des groupes de coléoptères saproxyliques. [C.H.].

Parmain G., Dufrêne M., Brin A., Bouget C. [2013]. Influence of sampling effort on saproxylic beetle diversity assessment: implications for insect monitoring studies in European temperate forests. Agricultural and Forest Entomology 15 : 135-145 (11 p., 3 fig., 4 tab., 58 réf.).

Du bois illégal dans le marché européen ? [1207]

Le commerce de bois illégal est un problème mondial qui aggrave le changement climatique et détruit des habitats forestiers de valeur. Il contribue également à affaiblir la viabilité économique de la gestion durable des forêts en décourageant la gestion respectueuse de la nature. Pour combattre de telles pratiques, un plan européen (FLEGT pour « EU Forest Law Enforcement, Governance and Trade ») qui interdit le commerce de bois exploité illégalement a été adopté en 2003. Ce plan est entré en vigueur en mars 2013.

Une étude a analysé l’offre de bois et le commerce international à partir de données de la FAO et de l’ONU. La méthodologie adoptée pour l’estimation intègre non seulement le commerce entre deux pays, mais également le commerce « tierce personne », c’est-à-dire lorsque le bois illégal transite par un pays pour être transformé avant d’être vendu dans un autre pays. Les auteurs insistent sur la pertinence d’inclure ce type de commerce dans les estimations.

Les résultats montrent que les importations de bois illégal en Europe s’élèvent entre 8 et 18 millions de mètres cubes en 2009, ce qui représente entre 6 et 13 % des importations totales. Malgré l’incertitude qui persiste dans ces résultats, les auteurs concluent que cette méthodologie constitue un pas en avant dans l’obtention de résultats plus fiables et fournit actuellement les meilleures estimations disponibles. [C.S.]

Dieter M., Englert H., Weimar H. [2013]. Wood from illegal harvesting in EU Markets : estimations and open issues. Applied Agricultural and Forestry Research 62(4) : 247-254.

 

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