Home forêt-MAIL

forêt-MAIL n° 111 (juillet 2014)

Envoyer Imprimer

Télécharger le forêt-MAIL n° 111 en version imprimable (pdf)

Impact de l’oïdium sur l’architecture des semis de chêne [1324]

On sait qu’un parasite tel que l’oïdium du chêne impacte négativement la croissance de son hôte, à travers l'exploitation des ressources de celui-ci. Une étude française s’intéresse plus spécifiquement aux modifications que le parasite peut provoquer sur l’hôte, favorisant une tolérance accrue au parasite ou facilitant sa transmission. En d’autres mots : aux manipulations phénotypiques qu’il induit sur l’hôte pour son propre compte.

Une expérience de terrain a donc été menée sur des semis inoculés et suivis pendant 3 ans. Les résultats montrent que l’infection d’oïdium a provoqué à la fois une perte de croissance importante et des changements qualitatifs dans l'architecture des plants. Le changement le plus étonnant a été l’augmentation du polycyclisme (plusieurs pousses au cours de la même saison de végétation) chez les plants infectés. Cela a bénéficié à la fois à l'hôte, en lui procurant une forme de compensation pour la perte de hauteur causée par l'infection, et à l'agent pathogène, en augmentant sa sporulation. [D.A.]

Desprez-Loustau M.-L., Gilles Saint-Jean G., BarrèsB., Dantec C. F., Dutech C. [2014]. Oak powdery mildew changes groxth patterns in itd host tree : host tolérance response and potential manipulation of host physiology by the parasite. Annals of Forest Science 71 : 563-573 (11 p., 6 fig., 3 tab., 42 réf.).

Peupliers OGM ré-autorisés en Flandre [1325]

La Ministre fédérale des affaires sociales et de la santé publique et le Ministre fédéral de l’environnement, de l’énergie et de la mobilité ont autorisé le renouvellement pour une période de 5 ans de la culture de peuplier génétiquement modifié à Wetteren. Un première autorisation avait été accordée en 2009 en vue de tester en conditions réelles de croissance les potentialités de ces peupliers destinés à la production de bioéthanol.

C’est le Vlaamse Insituut voor Biotechnologie de Gand qui coordonne les recherches. L’AFSCA précise que le Conseil Consultatif de Biosécurité a rendu un avis favorable et que « selon le Conseil, les risques pour la santé humaine et pour l’environnement sont négligeables pourvu que des conditions strictes soient respectées ».

Inter-Environnement Wallonie, de son côté, a relevé plusieurs anomalies liées à ce dossier et au fonctionnement du Conseil Consultatif de Biosécurité (voir le communiqué de presse) [C.H.]

Anonyme [2014]. Actualités populicoles : autorisation de culture OGM en peuplier. Bulletin du Centre de Populiculture du Hainaut n° 1-2014 (1 p.).

L’apport d’un inventaire national
pour les inventaires d’aménagement [1326]

En Finlande, il y a actuellement deux types d’inventaire forestier en cours qui diffèrent de par leur méthodologie, leur plan d’échantillonnage et leur objectif. L’Inventaire Forestier National (IFN) se base sur des placettes relascopiques et vise à récolter de l’information fiable sur la ressource forestière à l’échelle nationale ou régionale. Sa méthodologie est optimisée pour des estimations très précises de volumes (et notamment de disponibilités futures).

L’autre inventaire en cours est un inventaire de type « aménagement » dont le but est d’obtenir des informations locales et précises à l’échelle de la forêt. Ce dernier se base sur l’interprétation de données issues d’images aériennes et de télédétection par laser (LiDAR) avec l’aide de placettes de terrain.

Dans l’étude, les auteurs ont testé la faisabilité de l’apport de l’IFN comme information complémentaire à l’inventaire d’aménagement. Diverses combinaisons de placettes IFN et de placettes d’aménagement ont été testées en complément à l’interprétation des données laser et d’images aériennes.

Les résultats de l’étude montrent que l’utilisation des placettes IFN en complément des placettes d’inventaire d’aménagement a amélioré la précision des estimations de volume par essence. En revanche, les estimations de volume total, de hauteur et de diamètre moyens ne sont pas améliorées. Malgré les difficultés liées aux différences méthodologiques entre les inventaires (combinaison difficile des deux bases de données), ces résultats encouragent le développement de l’utilisation des placettes IFN en complément des inventaires d’aménagement. [C.S.]

Tuominen S., Pitkänen J., Balazs A., Korhonen K. T., Hyvönen p., Muinonen E. [2014]. NFI plots as complementary reference data in forest inventory based on airborne laser scanning and aerial photography in Finland. Silva Fennica 48(2) : 1-20 (20 p., 3 fig., 4 tab., 46 réf.).

Les inventaires « multi-ressource » ont de l’avenir [1327]

Afin de répondre aux exigences de la gestion forestière durable et aux engagements internationaux, les pays européens ont développé une panoplie de systèmes de monitoring forestier pour des besoins spécifiques. Dans la plupart des pays, ces inventaires sont indépendants et à but unique. Néanmoins, certains pays ont fusionné leur IFN avec d’autres systèmes de monitoring (notamment le monitoring de la santé des forêts) pour obtenir un inventaire « intégré » ou « multi-ressource ».

Une étude européenne a analysé l’efficacité statistique de plusieurs inventaires intégrés. Les paramètres statistiques estimés étaient le volume sur pied, la proportion d’arbres endommagés et le volume de bois mort. Les aspects méthodologiques de trois inventaires (Slovénie, Suède et Bavière) ont été présentés et les caractéristiques statistiques ainsi que l’efficacité financière ont été analysées. Un état des lieux des dernières innovations d’autres inventaires intégrés déjà existants en Europe a également été présenté.

Les auteurs concluent qu’il y a un besoin grandissant d’informations fiables sur les forêts au sein d’un pays mais également dans le cadre de la collaboration internationale. Ce type d’information peut être fourni de manière rentable à condition que les inventaires indépendants au sein d’un pays fusionnent et s’harmonisent correctement afin que les résultats soient cohérents et puissent être facilement comparés entre pays. Le développement d’inventaires multi-ressource apporterait non seulement des données intégrées nécessaires aux évaluations statistiques complexes, mais également des économies financières. [C.S.]

Kovac M., Bauer A., Stahl G. [2014]. Merging national forest and national forest health inventories to obtain an integrated forest resource inventory – Experiences from Bavaria, Slovenia and Sweden. PLoS ONE 9(6) : e100157 (doi:10.1371/journal.pone.0100157) (13 p., 3 fig., 7 tab., 66 réf.).

Peu d’espoir dans la restauration assistée des sols tassés [1328]

L’ONF a installé deux sites expérimentaux pour mesurer les effets du tassement dû aux engins d’exploitation en forêt et la capacité de restauration de ces sols.

Les deux sites font 5 et 6 ha et sont situés dans les départements de la Meurthe-et-Moselle et de la Meuse. Les objectifs de l’étude sont triples :

  1. Identifier les modifications physiques, chimiques et biologiques des sols après tassement.
  2. Identifier les dynamiques de régénération de la structure et du fonctionnement biologique et géochimique des sols.
  3. Évaluer l’intérêt d’une assistance physique ou chimique en vue de récupérer les propriétés du sol.

Les parcelles ont été exploitées au câble-mât et ensuite tassées à l’aide d’un porteur. Elles ont ensuite été replantées en chêne sessile. Les traitements pour aider la régénération des sols ont été de deux types : décompactage par discage en plein ou par potet localisé au profit des plants et amendement calco-magnésien.

Quatre ans après l’installation des dispositifs, les premiers résultats montrent que même si l’orniérage est faible, les impacts de la circulation du porteur sur le fonctionnement du sol et sur les plantations de chêne sont importants.

La limitation de l’enracinement des plants a un effet variable sur leur croissance mais risque surtout de les rendre vulnérables face aux événements climatiques extrêmes.

Les techniques de restauration assistée (cover crop, potet et amendement) ne semblent pas suffisantes pour contrer les effets négatifs du tassement sur les sols et les plantations.

Ces résultats démontrent une fois de plus l’impérieuse nécessité d’utiliser un réseau de cloisonnements en forêts. Les auteurs insistent aussi sur l’importance de dégrader le moins possible ces cloisonnements en n’y circulant que lorsque le sol est « sec » ou gelé et en les protégeant à l’aide de rémanents d’exploitation. [C.H.]

Télécharger l’article complet sur le site de l'ONF

Goutal-Pousse N., Bock J., Ranger J. [2014]. Impacts de la circulation d’un porteur forestier sur deux sols sensibles au tassement et dynamique de restauration naturelle. Rendez-Vous techniques 43 : 33-39 (7 p., 3 fig., 5 réf.).

L’effet des changements climatiques
sur les conditions de travail en forêt [1329]

Les changements climatiques ont des conséquences non seulement sur l’écosystème forestier, mais également sur les forestiers et sur les conditions de travail en forêt. Un séminaire a été organisé sur ce thème par la FAO à Genève (Suisse) en fin d’année 2013.

Le Réseau européen des entrepreneurs de travaux forestiers était invité à présenter sa position sur le sujet. Il déplore le peu de débat actuel avec la recherche scientifique et les administrations forestières qui envisagent surtout les conséquences des changements climatiques sous l’angle de la protection de l’écosystème.

En ce qui concerne les conditions de travail qui vont se dégrader, l’évolution de l’état des sols est évoquée : les durées de gel vont diminuer et la teneur en eau des sols va augmenter. Les périodes d’exploitation vont se concentrer sur des laps de temps de plus en plus courts. Et les exigences pour la protection des sols deviendront plus grandes.

Plusieurs pistes sont évoquées pour pallier ces inconvénients :

  • l’utilisation de systèmes de management du personnel et de planification des chantiers ;
  • le ciblage des interventions sur la saison d’été en augmentant les jours de travail et les horaires par journée (même le travail la nuit est envisagé) ;
  • l’édition de nouvelles cartes forestières indiquant la praticabilité des sols ;
  • l’emploi du câble aérien.

En ce qui concerne les surcoûts liés à ces changements, ce sont les entrepreneurs de travaux forestiers qui devront les assumer selon le Réseau européen, ce qui risque de rendre le métier d’ETF moins attractif, à moins que des mesures compensatoires ne soient prises. [C.S.]

Wood R. [2014]. ETF, préparez-vous aux changements climatiques ! Le Journal de la Mécanisation Forestière : 54-55 (2 p., 1 tab.).

La végétation en place ne reflète pas le potentiel
de la banque de graines d’un sol [1330]

Des chercheurs allemands et tchèques ont mis en évidence la différence pouvant exister entre la composition de la banque de graines d’un sol et sa végétation effective. Ils ont travaillé sur la comparaison de prairies calcaires anciennes et récentes et ont trouvé que la banque de graines dans les prairies calcaires contemporaines reflète l’histoire de l’usage ancien de ces terres (même si cet usage ancien date de plus de 150 ans).

Entre les prairies calcaires anciennes (gérées en pâture de manière continue depuis au moins 1830) et récentes (établies sur des terres arables abandonnées), une des différences est la présence dans les secondes de graines d’adventices, absentes dans les premières.

Parmi les espèces adventices présentes dans la banque de graines, plusieurs ne sont pas présentes dans la végétation actuelle des prairies et sont même rares ou en danger dans la région de l’étude. Cet aspect plaide pour une meilleure connaissance et conservation de ces espaces. [C.H.]

Karlík p., Poschlod p. [2014]. Soil seed-bank composition reveals the land-use history of calcareous grasslands. Acta Oecologica 58 : 22-34 (13 p., 6 fig., 4 tab., 120 réf.).

301 loups en France [1331]

Le réseau Loup-Lynx de l’ONCFS (Office national de la Chasse et de la Faune sauvage, en France) publie les dernières statistiques de présence du loup en France pour cet inventaire hivernal 2013-2014.

On y compte 301 individus contre 250 lors du dernier comptage. Le taux de croissance de l’espèce, depuis 1992, date de son retour naturel dans les Alpes, est de 20 %. Ce sont maintenant 38 zones qui sont occupées de manière permanente (voir la carte de l'évolution de la répartition du loup en France entre 1992 et 2014).

La dispersion des individus a lieu avant et après l’hiver, respectivement lors de la compétition pour la nourriture et lors de la période du rut. Les individus qui cherchent un nouveau territoire peuvent se déplacer de 40 à 50 km par nuit pour s’installer en moyenne à 200 km de la meute d’origine.

Le nombre de brebis tuées ou blessées est passé de 1476 en 1998 à 6786 en 2013. Parallèlement, les indemnisations ont été multipliées par 11 depuis 1998 pour atteindre 2 548 000 € en 2012.

Le « Plan national Loup 2013-2017 » prévoit le prélèvement de 24 loups par an. Ils peuvent être tirés par les agents de l’ONCFS à la condition que les tirs d’effarouchement et de défense aient échoué à éloigner l’animal. Pour l’hiver 2013-2014, 12 loups ont été tués, dont 4 par braconnage. [C.H.]

Garric A. [2014]. La population de loups en France atteint plus de 300 individus. Le Monde, 10 juin 2014.

Suivi du Milan royal en Haute-Ardenne [1332]

Une étude a été lancée cette année par Aves-Natagora dans le but de suivre des Milans royaux en Haute-Ardenne, territoire où les populations de cette espèce se portent bien par rapport à d’autres régions d’Europe. Le but est de comprendre les facteurs qui permettent le maintien de ces oiseaux.

Quatre adultes ont été équipés de balises GPS fin mai et une première carte de localisation du mâle et de la femelle d’un même couple illustre clairement les comportements de chacun liés à l’utilisation de l’espace en période de développement des oisillons. Une affaire à suivre… [D.A.]

Voir la carte de localisation

AVES [2014]. Suivi des milans royaux. Aves-COA News n° 66.

Le projet LIFE Hautes-Fagnes à l’honneur [1333]

Chaque année la Commission européenne finalise l’évaluation d’un certain nombre de projets LIFE arrivés à leur terme. Parmi ceux-ci, elle attribue une distinction honorifique au projet qui s’est montré le meilleur selon les critères suivants : améliorations biologiques, économiques et sociales immédiates et à long terme, degré d'innovation et de transférabilité, pertinence de la stratégie et du rapport coût-efficacité. Parmi les projets évalués en 2013, le projet LIFE Hautes Fagnes s’est donc vu attribuer la distinction de « Best of best LIFE Nature Project » parmi un panel de trente-quatre autres projets. Il partage ce titre avec trois autres projets LIFE en Grèce et en Finlande.

Le projet LIFE Hautes-Fagnes s’est déroulé de 2007 à 2012. C'est le quatrième projet LIFE élaboré dans le cadre d’un vaste programme de restauration des tourbières en Wallonie couvrant les différents Hauts-Plateaux ardennais et comptant six projets LIFE au total. Il visait initialement la restauration de 1800 ha de plusieurs habitats naturels de grand intérêt biologique. À l’issue du projet, c’est plus du double de cette superficie qui a pu être restauré. [D.A.]

Herman R. (2014). L’Europe célèbre la réussite du projet LIFE Hautes Fagnes. Hautes Fagnes 294 : 3 (1 p.).

Seulement quatre Tétras lyres mâles recensés ce printemps [1334]

Malgré des conditions d’observations idéales, seulement quatre Tétras lyres mâles ont été dénombrés lors des trois recensements collectifs de ce printemps 2014. C’est le nombre le plus bas jamais constaté depuis le début des recensements en 1967.

L’hiver dernier, particulièrement clément, n’a pratiquement pas permis aux tétras de s’abriter dans des igloos. En revanche, l’absence de couverture neigeuse leur a permis d’accéder très facilement aux ressources alimentaires. En plus, les températures douces et les précipitations réduites ont été favorables à la survie des oiseaux. Les conditions météorologiques n’expliquent donc pas à elles seules la diminution constatée ce printemps.

Il est probable que la prédation représente un facteur explicatif important du déclin, vu l’effectif de départ particulièrement faible de la population. En effet, un Autour des palombes, prédateur potentiel du Tétras lyre, a été observé à plusieurs reprises en Fagne Wallonne en février et mars dernier. [C.S.]

Ghiette p. [2014]. Compte rendu des recensements des Tétras lyres de 2014. Hautes Fagnes 294 : 6 (1 p., 1 tab.).

 

Newsletter

forêt-MAIL
Événements
Publicité
L'asbl Forêt Wallonne ne transmet ni ne revend vos données personnelles à des tiers.