Télécharger le forêt-MAIL 77 en version pdf ![]()
Le choix de l’essence en boisement de terres agricoles [989]La germination et l’établissement durable d’espèces herbacées typiques des forêts anciennes constituent le talon d’Achille de la restauration des habitats forestiers. Une étude, menée par l’INBO et l’UGent, a tenté d’en savoir plus sur le rôle joué par les différentes essences d’arbre dans le contexte du reboisement des terres agricoles. L’idée de départ était de savoir si les essences peuvent influencer ces processus d'installation sur des sols sensibles à l’acidification, via leurs effets sur les sols. Sept espèces herbacées de forêts anciennes ont été semées sous quatre essences : l’Érable sycomore, l’Aulne glutineux, le Hêtre commun et le Peuplier hybride euraméricain. En ce qui concerne la germination, elle semble bien être influencée par les essences. Seules Anemone nemerosa et Paris quadrifolia n’ont pas germé. Ce sont le peuplier et l’aulne qui ont le mieux accueilli les espèces herbacées, aussi bien tolérantes qu’intolérantes à l’acidité. Il semble donc bien que le choix des essences influence la germination des espèces herbacées typiques des forêts anciennes, et spécialement celles possédant une fane de bonne décomposition. [C.H.] Thomaes A., De Keersmaeker L., De Schrijver A., Vandekerkhove K., Verschelde P., Verheyen K. [2011]. Can tree species choice influence recruitment of ancient forest species in post-agricultural forest ? Plant Ecology 212 : 573–584 (12 p., 1 fig., 6 tab., 71 réf.). La cueillette de champignons : une source de revenus supplémentaires accessible à tous [990]Les revenus engendrés par la commercialisation de champignons comestibles augmentent fortement ces vingt dernières années en Finlande. Ils peuvent, dans certaines forêts, être équivalents à ceux générés par la vente de bois. Les études sur l’activité socio-économique des cueilleurs sont rares et manquent souvent de données. En effet, les cueilleurs gardent jalousement l’emplacement de leurs endroits de récolte ainsi que toute information qui pourrait attirer de nouvelles personnes sur leur lieu de prélèvement. De plus, la production peut varier très fortement d’une année à l’autre en fonction des aléas climatiques, ce qui engendre une variation du pourcentage de la population concernée par la récolte. Une étude a été réalisée dans l’est de la Finlande, pendant la saison 2008, pour connaître la nature des cueilleurs, leur emploi du temps et leur revenu. Il en ressort que les pensionnés et les chômeurs sont les plus nombreux à s’adonner à la collecte de champignons. Sur cette saison 2008, une personne qui passait en moyenne 5h30 par jour pendant quarante cinq jours pouvait gagner environ 1 224 euros. Par contre, la majorité des personnes qui cueillaient par passe-temps pouvait espérer 257 euros sur la saison. Cette catégorie est représentée largement par les jeunes personnes et celles à faible revenu pour qui la collecte correspond à des revenus supplémentaires. Cette filière, bien que restreinte, est rendue rentable notamment par le fait que les produits non ligneux issus de la forêt ne sont pas taxés et que l’accessibilité à cette ressource est gratuite en Finlande. [L.D.] Cai M., Pettenella D., Vidale E. [2010]. Income generation from wild mushrooms in marginal rural areas. Forest Policy and Economics 13 : 221-226 (6 p., 5 tab., 34 réf.). Reconstitution de forêts du XVIIIe siècle en Allemagne [991]La végétation des forêts datant du XVIIIe siècle a été reconstituée virtuellement pour la région de Prignitz, au nord-est de l’Allemagne. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé les données historiques de différentes sources, comme par exemple d’anciennes cartes. Ils ont alors créé, grâce à Arc GIS, une carte des forêts anciennes de la région. Le but de cette méthode est de se rendre compte de l’évolution de la végétation et d’évaluer si elle concorde bien avec divers paramètres environnementaux (type de sol, relief, régime hydrique…). Après analyse de cette carte, la conclusion est que les forêts anciennes étaient plus adaptées à leur environnement. En effet, dans les forêts actuelles, des résineux ont été plantés en masse sans forcément vérifier que les conditions du milieu étaient optimales. Pour la région de Prignitz, les résineux occupent jusqu’à deux tiers de la surface forestière actuelle, ce qui était loin d’être le cas auparavant, où la sylviculture se consacrait essentiellement aux feuillus. D’autres applications sont envisageables à partir de cette étude, et notamment comprendre l’impact que l’homme a pu avoir sur les forêts au cours des trois derniers siècles. De plus, cela pourrait permettre de prendre des dispositions en matière d’aménagement du territoire ou de maintien et de restauration des écosystèmes. [G.G.] Wulf M., Rujner H. [2010]. A GIS-based method for the reconstruction of the late Eighteenth century forest vegetation in the Prignitz region (NE Germany). Landscape Ecology 26 : 153-168 (16 p., 4 fig., 8 tab., 49 réf.). Les manchettes de protection TS testées en Autriche [992]En automne 2008, le Centre autrichien de recherche et de formation forestières de Gmunden (BWF) a mené une expérience d’utilisation des manchettes de protection des pousses terminales, ou manchettes TS. Le peuplement testé était issu principalement de régénération naturelle et se composait d’épicéas, de sapins et de quelques feuillus isolés. Quelques touffes de mélèzes y avaient aussi été introduites artificiellement. Les manchettes TS ont été utilisées dans le but de protéger le peuplement de l’abroutissement hivernal par le principal gibier nuisible présent (le chevreuil) ou de passage (le cerf). En raison de leur forte attractivité, ce sont essentiellement les sapins qui ont été protégés par les manchettes TS de différentes couleurs. Composées de plastique résistant aux ultraviolets, elles sont fixées en dessous du bourgeon terminal. Petit bémol pour le mélèze : sa pousse terminale, non encore lignifiée, a tendance à se courber vers le bas sous le poids de la manchette. Elles sont ensuite replacées, d’une année à l’autre, au-dessous du nouveau bourgeon pour être efficaces l’hiver suivant. Une particularité de la manchette TS de couleur bleu réside dans le fait d’être repérée plus rapidement lors de ce repositionnement, elle est donc conseillée par rapport aux autres couleurs. L’étude a permis de calculer le temps de travail nécessaire au repositionnement des manchettes et son coût associé. Ce résultat, ajouté au coût de la manchette et au coût du travail de placement initial, a abouti au calcul du coût total par plant protégé pour 4 ans. Dans le cas de parcelles de petite taille ou de forme très allongée ou irrégulière, le placement des manchettes TS est plus facile à mettre en place et plus économique par rapport à la pose d’une clôture. [N.P.] Reiter K., Kienesberger S., Nemestóthy N. [2011]. Les manchettes de protection TS en test. La Forêt 64(5) : 25-26 (2 p., 1 fig.).
Adaptation réciproque de la forêt et de l’industrie du bois [993]Dans cet article, le président de Pro Silva France répond aux requêtes formulées par le président de la Fédération nationale du bois aux gestionnaires forestiers quant à l’approvisionnement de l’industrie en matière première. Il s’accorde sur la nécessité d’investir en forêt, soulignant les déficits de plantation, d’éclaircie, de soins culturaux et de volume sur pied de bois de qualité. Il souligne cependant la grosse différence existant entre investissements et dépenses. Sur l’enrésinement, il prône la prudence. Les forêts boréales ne sont ni un modèle ni un objectif pour les forêts françaises, les conditions de croissance étant fort différentes dans le nord de l’Europe. Dès lors mieux vaut s’atteler à la production de beaux bois feuillus plutôt que d’essayer de concurrencer laborieusement des petits bois résineux scandinaves. Sur le raccourcissement des révolutions, il y voit dans un premier temps une inondation de l’industrie par des volumes importants de bois âgés et la diminution probable de la proportion de bois de qualité dans le futur. Sur l’augmentation de la mobilisation, il prône la prudence quant à la quantité à mobiliser et la façon de la mobiliser, soulignant que la forêt peut rapidement passer de la fonction de puits de carbone à celle de source de carbone. D’après lui, la biodiversité dans les peuplements forestiers est un impératif éthique et une nécessité économique car elle favorise leur stabilité et leur résilience. La régénération naturelle est à favoriser même si la plantation est nécessaire en cas d’insuffisance en termes de quantité et de qualité. Le rôle de stockage de carbone dans nos forêts peut être assuré notamment par le maintien de peuplements de volumes importants mais aussi par une production élevée de bois d’œuvre de qualité permettant des usages de longue durée du bois transformé. L’auteur conclut que la forêt multifonctionnelle a plus à apporter que la forêt « industrielle » et qu’elle est tout à fait compatible avec les besoins de l’industrie française. [D.A.] Givors A. [2011]. Sur la nécessaire adaptation réciproque de la forêt et de l’industrie du bois. Forêt de France 542 : 6-7 (2 p.). Forêts, tempêtes et changement climatique [994]Des chercheurs allemands ont mis au point une méthodologie pour évaluer l’impact des tempêtes sur les peuplements forestiers, et spécialement dans la perspective des changements climatiques. L’originalité de leur recherche consiste à mettre sur un même gradient la sensibilité du peuplement et sa vulnérabilité (exposition au risque). La sensibilité est principalement due à la proportion de peuplements résineux, au relief et aux sols de qualité pauvre. Des cartes de risques pour le nord de la Rhénanie-Westphalie ont pu être établies et montrent les impacts des tempêtes hivernales en fonction du changement climatique jusqu’en 2060. Les impacts potentiels vont augmenter mais varieront selon les régions, avec les impacts les plus forts en région montagneuse. Les résultats mettent en lumière la nécessité de développer des mesures ciblées de protection des forêts. Par exemple, la transformation des peuplements résineux en peuplement feuillus ou mixtes dans les zones les plus exposées est une évidence. D’autre part, le régime hydrique et la vitalité des stations devraient être mieux mesurés. La structure de la propriété complique également la mise en place de mesures de protection (les forêts privées ont été davantage touchées lors de la tempête Cyril de 2007). [C.H.] Klaus M., Holsten A., Hostert P., Kropp J.P. [2011]. Integrated methodology to assess windthrow impacts on forest stands under climate change. Forest Ecology and Management 261 : 1799–1810 (12 p., 7 fig., 2 tab., 69 réf.). Couper l’extrémité des cotylédons de glands de chêne pédonculé améliore la germination des plants [995]Des chercheurs avaient déjà montré que certaines essences tropicales à dissémination zoochore germaient plus rapidement lorsque l’extrémité des cotylédons était coupée. D’autres ont cherché à comprendre comment cette simulation de prédation accélérait la germination. Ils en ont déduit que cette opération permettait à l’eau de pénétrer plus rapidement dans la graine, ce qui enclenchait les mécanismes de germination. Des chercheurs de l’INRA en France ont testé la coupe des cotylédons sur le chêne pédonculé, essence à dispersion zoochore, elle aussi, et qui est beaucoup semée en godet, ce qui permettrait de mettre cette technique en pratique si elle s’avérait bénéfique. L’étude a montré que la coupe des cotylédons permet effectivement de faire germer les plants plus tôt et d’obtenir des pousses plus grandes. Ce résultat est obtenu à la condition de ne pas enlever plus d’un cinquième des cotylédons. Au delà, la perte de substances de stockage et de nutriments provoque des baisses de croissance visibles après deux saisons de végétation. La technique permet donc bien d’accélérer la germination des plants, le seul bémol étant que cette opération doit être effectuée manuellement. [E.B.] Marian J. G., Jan S. [2011]. Consequences of cutting off distal ends of cotyledons of Quercus robur acorns before sowing. Annals of Forest Science 68 : 433-442 (10 p., 6 fig., 39 réf.). La valeur de conservation des espèces non-indigènes [996]Les espèces non-indigènes peuvent causer une diminution de la biodiversité et menacer le bien-être des citoyens lorsqu’elles deviennent envahissantes. Cependant, certaines d’entre elles peuvent également être bénéfiques à la conservation du milieu. Une étude menée par des chercheurs français et américains a voulu démontrer par quels processus ces espèces pouvaient avoir un effet positif. L’intérêt de cette recherche est de prévoir si, dans le contexte des changements climatiques, certaines espèces non-indigènes pouvaient apporter une solution partielle pour la conservation des espèces rares ou protégées. Pour cela, il faut néanmoins accepter qu’elles rentrent dans la définition même de la conservation. Dans leur travail, les chercheurs n’ont pas voulu mettre en avant l’apport économique de ces espèces, mais seulement leurs intérêts écologiques. Les éventuels apports positifs qui ont été étudiés sont les suivants : fourniture d’habitat, de nourriture ou de ressources trophiques aux espèces indigènes, rôle de catalyseur pour leur restauration ou encore augmentation de la stabilité et de la résilience de l’écosystème. L’étude aborde aussi la création de nouvelles lignées évolutives au sein des espèces. Il peut s’agir de croisement génétique avec les espèces indigènes ou simplement de l’influence des non-indigènes qui poussent les espèces locales à évoluer. Enfin, la notion de gestion des non-indigènes est abordée, mais elle dépend évidemment de l’effet positif ou non de leur présence. [A.R.] Schlaepper M.A., Sax D.F., Olden J.D. [2011]. The potential conservation value of non-native species. Conservation Biology 25(3) : 428-437 (10 p., 2 tab., 121 réf.). Compromis entre taille des oreilles et performance de vol chez les chauves-souris [997]Jusqu’à présent la plupart des études qui tentaient de relier la morphologie de la chauve-souris à son type de vol s’intéressait principalement à la membrane de l’aile. Or, il apparaît que la queue et la taille des oreilles peuvent également être mises en relation. Le vol avec de grandes oreilles serait ainsi particulièrement coûteux en énergie, surtout aux vitesses de vol élevées. Il est donc vraisemblable que seules les chauves-souris à vol lent, dont la recherche de nourriture se fait plutôt par glanage, peuvent se permettre de grandes oreilles. À l’inverse, les espèces qui cherchent leur nourriture en vol plus rapide possèdent des oreilles plus petites, probablement pour diminuer la puissance nécessaire au vol. Les variations trouvées lors de cette recherche dans la taille des oreilles et des membranes caudales s’expliquent principalement par la stratégie de recherche de nourriture. La taille des oreilles des chauves-souris pourrait donc être le résultat d’un compromis entre les performances acoustique et aérodynamique. [C.H.] Gardiner J.D., Codd J.R., Nudds R.L. [2011]. An association between ear and tail morphologies of bats and their foraging style. Canadian Journal of Zoology 89(2) : 90-99. Une méthode d’évaluation du taux de reproduction du renard dans l’ouest de la France [998]Les méthodes d’estimation des populations de renard ne sont pas toujours très fiables et très comparables dans le temps. Par contre, les scientifiques connaissent bien les corrélations entre les variations de population et les taux de fertilité. Ils se sont donc penchés sur l’analyse des placentas pour évaluer la taille des portées. Ce sont les cicatrices placentaires qui sont observées. Grâce à une coloration, les cicatrices des grossesses de l’année peuvent être différenciées des précédentes. Plusieurs variables sont observées (largeur, aspect des cicatrices, présence de sang, de gonflements). Cette méthode est facilement reproductible année après année et permettra de mieux comprendre comment évoluent les populations de renards. Au terme de cette première étude, les résultats montrent que les placentas contiennent en moyenne 4,85 cicatrices par renarde. Les femelle de un an ont un taux de fertilité inférieur à celui des femelles plus âgées (4,66 et 5,55 cicatrices par placenta). [E.B.] Ruette S., Albaret M. [2011]. Reproduction of the red fox Vulpes vulpes in western France : does staining improve estimation of litter size from placental scar counts ? European Journal of Wildlife Research 57(3) : 555-564 (10 p., 2 fig., 3 tab., 51 réf.). |
![]() |



forêt-MAIL

