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Forêt Wallonne n° 128 (janvier/février 2014)

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La régénération naturelle du chêne sessile et du hêtre en Ardenne

Gauthier Ligot, Philippe Balandier, Benoît Mackels, François Lehaire, Hugues Claessens

Le chêne connaît actuellement un déficit de régénération en forêt wallonne. Pourtant, son maintien est bénéfique pour bon nombre d’aspects : décomposition de la fane, adaptation aux changements climatiques, capacité d’accueil pour la biodiversité. Une étude a été menée afin d’étudier le potentiel de développement de cette essence et d’identifier les situations d’échec de régénération en Wallonie. Pour cela, vingt-sept sites répartis sur l’Ardenne ont été étudiés depuis 2007. L’état initial des régénérations a permis de voir si la situation a évolué de manière favorable ou non au cours des dernières années.

Les résultats montrent qu’en dessous de 20 % d’éclairement relatif (proportion de lumière parvenant au sous-bois par rapport à la lumière au-dessus de la canopée), la situation pour le chêne est défavorable alors que le hêtre continue de grandir. Cependant, la quantité de lumière n’explique pas à elle seule l’évolution défavorable. Il semble que si la proportion initiale de chêne dans le peuplement et dans la régénération est faible, les chances de le régénérer sont d’autant plus faibles. À ce titre, la concurrence du hêtre doit être gérée pour que le chêne puisse survivre. Des interventions du forestier seront donc certainement nécessaires pour maintenir les semis de chêne.

Par ailleurs, l’étude a montré qu’en Ardenne, quel que soit l’éclairement, le hêtre grandit plus rapidement que le chêne. Les accroissements du chêne sont ainsi de 20 à 25 % inférieurs à ceux du hêtre.

Malheureusement, vu la complexité de la structure des peuplements irréguliers, il n’existe pas de lien entre la surface terrière et l’éclairement transmis au sous-bois. Cependant, des éclairements supérieurs à 20 % ont été observés si la surface terrière était inférieure à 15 m2/ha.

La recherche qui est en cours se poursuivra afin de déterminer s’il est possible, à l’aide de travaux sylvicoles, de sauver les régénérations qui se trouvent en situation défavorable. [S.P.]

Ligot G., Balandier p., Mackels B., Lehaire F., Claessens H. [2014]. Suivi scientifique de vingt-sept régénérations naturelles de chêne sessile et de hêtre en Ardenne : retour d’expérience. Forêt Wallonne 128 : 3-13 (11 p., 9 fig., 4 réf.).

Étude paysagère de la forêt de Soignes bruxelloise

Mirham Blin, Stéphane Vanwijnsberghe, Patrick Huvenne, Jean-François Plumier

En 2012, les gestionnaires de la partie bruxelloise de la forêt de Soignes ont commandé à l’ONF une étude paysagère de cette forêt emblématique de 1654 ha située aux portes de la capitale belge.

Le programme de travail comptait quatre partie : l’élaboration d’un diagnostic paysager, la caractérisation des enjeux paysagers, la définition du projet paysager et la rédaction de fiches-actions. La réalisation du travail s’est étalée sur 1 an.

Le diagnostic s’est appuyé sur les nombreuses études qui ont trait à la forêt de Soignes. Il s’agissait de comprendre les paysages qui composent la forêt, de caractériser leur identité, leur composition, leur structuration, leur dynamique, leur répartition… Une cartographie des entités paysagères s’est naturellement rendue nécessaire afin de hiérarchiser et spatialiser les composantes des paysages. Douze grands ensembles paysagers, vingt-six secteurs et soixante-deux sous-secteurs composent ainsi la forêt de Soignes bruxelloise.

Les enjeux décrivent les grandes orientations que les forestiers sont invités à prendre. Il s’agit, par exemple, de valoriser les arbres remarquables, de préserver ou de renouveler les paysages de futaie cathédrale, conforter les connexions paysagères et écologiques…

La définition du projet paysager s’appuie sur les deux premières parties du travail pour proposer à l’échelle de la forêt et à celle de chacun des douze grands ensembles paysagers des intentions générales et ses déclinaisons pour les peuplements, les drèves, les lisières…

Enfin, des fiches-actions ont été rédigées et des formations données afin d’aider les gestionnaires et les praticiens à s’approprier le projet. Parmi les thèmes des fiches-actions, citons : gérer les sites remarquables, développer la valeur écologique de la forêt ou encore valoriser les composantes minérales patrimoniales.

La présentation de l’étude aux gestionnaires des autres parties de la forêt de Soignes (flamande et wallonne) devrait ouvrir la voie à une extension de l’étude à l’ensemble du massif (4400 hectares). [C.H.]

Blin M., Vanwijnsberghe S., Huvenne p., Plumier J.-F. [2014]. Étude paysagère de la forêt de Soignes bruxelloise. Forêt Wallonne 128 : 14-25 (12 p., 3 réf.).

Les arbres remarquables en forêt de Soignes (partie bruxelloise)

Stéphane Vanwijnsberghe

Les arbres remarquables représentent une composante importante des paysages forestiers. En ce sens, et afin d’en assurer leur préservation, le service forestier de la partie bruxelloise de la forêt de Soignes a réalisé un inventaire des arbres remarquables du massif en collaboration avec une association active sur la forêt.

Les arbres recherchés ont été scindés en deux groupes : les arbres remarquables sensu stricto et les arbres curieux qui, sans être remarquables, présentent des particularités morphologiques intéressantes. Les premiers sont 91, les seconds 53. Le hêtre se taille naturellement la part du lion avec 77 % des arbres désignés. Suivent les chênes et le charme avec 12 % de l’ensemble. Les feuillus divers (érables, frêne, merisier…) représentent 7 % des arbres et les résineux moins de 4 %. La plupart des arbres notés comme remarquables sont « sur-mature », compris dans une gamme de circonférence de 300 à 500 cm.

Un programme de marquage et de mise en valeur est en cours, visant à améliorer leur visibilité et la valeur paysagère de leur environnement. [C.H.]

Vanwijnsberghe S. [2014. Arbres remarquables en forêt. Leur identification, préservation et valorisation en forêt de Soignes (partie bruxelloise). Forêt Wallonne 128 : 26-37 (12 p., 2 fig., 11 réf.).

Le projet LIFE+ Ardenne liégeoise

Julie Plunus, Denis Parkinson, Philippe Frankard, Marc Dufrêne

Les hauts-plateaux ardennais sont caractérisés par des étendues importantes de bois très humides, des tourbières, des landes humides et des marais associés à des landes sèches sur sols pauvres, des hêtraies sur les meilleurs sols et des prairies alluviales dans les vallées.

Ces milieux ont été malmenés au cours des siècles passés, notamment à travers un drainage et un enrésinement intensifs.

Les projets LIFE et LIFE+ qui se sont succédés depuis 2002 sur les hauts-plateaux ardennais ont permis d’appliquer progressivement une stratégie de restauration de ces écosystèmes naturels de haute valeur patrimoniale. Le LIFE Ardenne liégeoise est le dernier des projets en date. Il couvre la période 2012-2018. Il permet de relier les zones de restauration de façon presque continue depuis la frontière française jusqu’à la frontière allemande, constituant ainsi un véritable réseau écologique efficace. Les travaux de restauration envisagés sur la durée du projet prévoient la reconversion des sols humides à tourbeux envahis de molinie ou plantés d’épicéas peu productifs en tourbières dégradées mises sous eau, landes et prairies, forêts feuillues indigènes en station.

L’article fait également le point sur le suivi scientifique réalisé sur cinq autres projets LIFE menés sur les hauts-plateaux ardennais. Le bilan est globalement positif avec 4484 ha restaurés sur un objectif de 3200 ha. [D.A.]

Plunus J., Parkinson D., Frankard p., Dufrêne M. [2014]. Le dernier maillon de la chaîne des tourbières des hauts plateaux ardennais : le projet LIFE+ « restauration des habitats naturels de l’ardenne liégeoise ». Forêt Wallonne 128 : 38-49 (12 p., 1 tab., 12 réf.).

Bilan de vingt années de collaboration franco-allemande
dans la vente de feuillus précieux

Georges Wilhelm, Gernot Scheerer, Bruno Vuidel

Les responsables de la vente franco-allemande de feuillus précieux ont fait le point sur cette vente de prestige après 20 ans d’existence. Cette vente regroupant les produits issus de trois parcs à grumes, se déroule via une séance groupée en un seul endroit.

Le regroupement des offres profite à tous les partenaires du marché et offre des opportunités nouvelles aux propriétaires forestiers en leur permettant de mettre en vente des bois de haute qualité. Cinq essences ou groupes d’essences constituent l’offre principale de la vente : les chênes, les merisiers, les frênes, les érables et les pomacées (avec l’alisier torminal en tête).

L’analyse des 20 ans de soumissions permet de relever que ces bois précieux proviennent certes du même terroir naturel, mais de forêts gérées de façon très différente. Plusieurs constatations intéressantes issues de ces vingt années et qui méritent d’être mentionnées sont énumérées dans l’article. Parmi celles-ci : la fibre torse ne nuit pas à un classement dans le niveau supérieur de prix des bois de qualité tranchage.

L’article relève encore une des spécialités de cette vente : l’alisier de très haute qualité. Présent en très petite proportion dans la récolte annuelle (1 %), elle représente pourtant 25 à 50 % du revenu net des forêts du territoire couvert.

Cette vente constitue une vitrine par excellence pour l’évaluation des prix des feuillus précieux et le concept de la « franco-allemande » est largement éprouvé. Elle s’est révélée comme une réussite pour la commercialisation des bois précieux et rares et elle fait école. Ainsi, des forestiers du DNF en Wallonie et de l’ANB en Flandre y ont envoyé des grumes à l’essai en 2013 et 2014. [C.S.]

Wilhelm G.J., Scheerer G., Vuidel B. [2014]. Vingt années de collaboration et 28 500 m3 de bois vendus lors des ventes franco-allemandes de bois précieux. Forêt Wallonne 128 : 50-56 (7 p., 2 fig., 1 tab.).

 

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